LIVRE ï
Ilutcheson, le père de la philosophie écossaise, jntercalajt dans son cours de philosophie morale (1729- 1747) des leçons « d'économique » (on Economies).
Le livre d'Adam Smith, la Richesse des nations, considéré comme TÉvangile de l'économie politique, n'était qu'un fragment d'un ouvrage plus vaste qui comprenait les Sentiments moraux.
Dans son traité d'idéologie, Destutt de Tracy* étudie l'économie politique comme une application de la théorie de la volonté.
L'économie politique, à son tour, est, comme l'a dit Droz, le meilleur auxiliaire de la morale, car elle montre les avantages qui résultent de la pratique des vertus, et les maux qui sont la conséquence inévitable des vices.
En résumé, la morale est la science du bien, et l'économie politique, la science des biens. Celle-ci est donc l'application de celle-là, c'est-à-dire la morale en action.
Les anciens, comme Xénophon et Aristote*, ont entendu par économie politique certaines règles que l'individu ou l'État doivent suivre dans la poursuite du bien-être et dans l'emploi des biens.
i. Destutt de Tracy, né en 1754, mort en 1836. En 1806, il publia Ks Éléments d* idéologie^ auxquels il voulait ajouter un traité de la Volonté cl de tes effets, qu'il ne put achever. Le Traité d'économie politique en forme la première partie : c'est la seule qu'il publia. Ce traité ne contient rien d'original, mais il peut servir de modèle pour la précision du langage et la rigueur des déductions.
1. Xénophon, né en 445 avant J.-G. et mort en 354, dans son livre de CÉconomte, et Aristote, né en 384 et mort vers 322, dans tes écrits la Politique et VÉconomique, ont émis quelques vues très justes sur cer* tains faits de Tordre économique, mais leur attention se portait plutôt lor l'emploi que sur la production des biens.
ÊLtlIENTS D'SCONOJIIE POLITIQUE, .c plus savant des économistes contemporains, Roschcr*, a dit que les règles qu'ont formulées les iens pour l'emploi des biens sont la chose esseulé. C'est dans ces maximes qu'apparaît à toute éviice le lien qui unît l'économie politique à la morale.
§ 3. Happort entie l'èocHMnnl* politique H !• drok.
L chaque moment il est pour les sociétés un ordre , respecté, serait le plus favorable au perfeclionui;nt de l'espèce humaine. Cet ordre est le droit: droit il, droit politique, droit économique, droit interional. S'y conformer est un devoir et, en mëmtr ips, l'utilité suprême.
jB droit est donc le droit chemin vers le bien, c'estire vers la perfection de l'homme et de la société, sanscrit Rila, en allemand Reckt, en anglais Right, lificnt à la fois le droit chemin et le droit, le juste, oi.
ilarcher dans le droit chemin ou dans le chemin du it, c'est donc faire tout ce qui est vraiment utile. jO Juste et l'Utile prononcent les mêmes commanocnts. Comme l'a dit un philosophe français, Bor- •Demoulin : « l'Utile est l'aspect pratique du Juste, e Juste» l'aspect moral de l'Utile. >
Roichcr, ii^en IRIT.a publié de nombreui traroux économiques, œuvre pi'inci pn te esl intitulée Syttem (ter Volksairlluchafl {Stjs- •.d' Economie politique). Trm* rolumei ont paru. I:ei clcui pre- 1 ont ili triduiia par H. Wolowski. Ce qui rend surtoul ce livra !, c'est que chiqiie principe qu'il énonce etlippujé lur un gi'aud bre defaîlB eniprunlés i l'LiatoIra,
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Ils ne peuvent se contredire, et, s'il y a contradiclion Apparente, choisissez ce qui est juste, et vous ferez ce qui est utile.
Ce qui est injuste ou immoral ne peut jamais cire vraiment utile : Nihil utile quod non sit honcstum^ dil un ancien adage.
« Le projet de Thémistocle, dit Aristide, est très avantageux; mais il est souverainement injuste, » et il le fit rejeter.
Cherchez d'abord la justice, et le reste vous viendra par surcroît.
L'économie politique et le droit se pénètrent. Celui qui ignore le droit ne pourra approfondir rcconomic politique, et celui qui ignore l'économie politique ne pourra remonter aux raisons du droit.
Tous les actes de la vie économique s'exercent sous Tempire des institutions civiles, et toutes les institutions civiles ont pour raison dernière des intérêts économiquet.
Si les codes civils ont établi la propriété, l'hérédité, le testament, les servitudes, le partage égal des successions ou le droit d'aînesse, l'hypothèque et la prescription, c'est parce que le législateur a cru que ces lois étaient les plus favorables à la conservation et à Taccroissement de la richesse. Car les lois doivent être telles, que l'homme ait intérêt à être toujours probe, laborieux et économe.
Le droit commercial qui règle les relations juridiques naissant de l'échange est entièrement dicté par des considérations économiques.
§ 4. Rapport entre l*éo<moime politique et la polîtî<{ue.
La politique cherche quelles sont, à une certaine époque et pour un certain pays, les formes de gouvernement qui assurent le plus complètement la liberté et le bien-être des individus. L'économie politique cherche, d'une manière plus générale, quelles sont les lois qui favorisent le plus une abondante production, une équitable répartition et une saine consommation des biens.
Ces deux sciences, comme leur nom l'indique, ont donc le même but. Une bonne constitution politique est la première condition du travail productif et de répargne créant le capital, c'est-à-dire du progrès économique.
Le despotisme et l'anarchie y mettent également obstacle.
Avant d'édicter une loi politique, il faut toujours examiner quelle sera son influence sur l'accroissement du bien-être.
La science de l'administration, qui n'est que l'application du droit public, doit prendre pour guide les nïêmes principes.
§ 5. Rapport entre rëoonomie politique et le droit International.
L'économie politique a donné au droit international une base nouvelle.
Pendant toute l'antiquité, et jusqu'aux économistes