LIVRE I. in
Un philosophe-économiste, Destutt de Tracy» montre la raison économique du fait que constate Thistorien. « La société, dit-il, procurant à chacun la sûreté de sa personne et de ses propriétés, cause le développement de nos facultés. Ce développement produit Taccroissement de nos richesses; leur accroissement amène plus oa moins vite leur très inégale répartition, qui, ramenant Tinégalité de pouvoir, que la société avait commencé par contenir et était destinée à détruire, produit son afTaiblissement et quelquefois sa dissolution finale.» (Éléments (Tldéotogief IV® iTartie, chapitre x.)
Puisque la chute des États a tmijours été amenée par rimperfection des institutions et des lois, produisant un désordre économique, on peut croire que le progrès des sciences sociales permiettra d'échapper à ce cercle vicieux et assurera à Thumanité un progrès indéfini.
C'est l'espoir de notre temps et probablement la destinée de notre race.
La philosophie de l'histoire qui cherche dans la suite des événements une loi providentielle, comme l'a fait Bossuet, ou une loi physique et nécessaire, comme l'a fait Buckle^ est à la fois chimérique et peu utile. Celle qui ferait connaître les causes qui ont rendu certains peuples libres et prospères, d'autres esclaves et misérables, serait très utile, car elle apprendrait aux hommes ce qu'ils doivent faille et ce qu'ils doivent éviter.
§ 7. Rapport entre réoonomie politique, 1a géographie
et la ttatiftique.
La géographie est la description des faits naturels, et la statistique est la science des faits sociaux, exprimés par des nombres; ces deux sciences senties auxiliaires indispensables de l'économie politique. Car c'est par Tétude des faits qu'elles constatent, que l'économiste peut connaître l'effet des lois, et en conclure, par conséquent, si elles sont favorables ou nuisibles à la production des choses utiles et à l'accroissement du bienêtre.
Exemple : la petite propriété est-elle préférable à la grande propriété ? C'est la statistique qui apprendra quelle est la production des denrées, la quantité du bétail, la longueur des routes, le nombre et l'état des habitations, en un mot quelle est la richesse des pays de grande et de petite propriété, et qui permettra ainsi de comparer les résultats de l'un et de l'autre système.
D'autre part, l'économie politique dictera les questions auxquelles la géographie et la statistique doivent répondre, et que trop souvent elles négligent. Ainsi quel est, dans tel pays, le régime de la propriété, des successions, la répartition de la terre, les modes de l'échange, etc.
§ 8. Lef loîf naturelles an économie politique.
On appelle généralement les lois économiques des luis naturelles; c'est à tort. Les lois de la nature, celle