CH AP. PRÉLIM. — LE PROBLÈME DE LA RÉPARTITION
Il apparaît également que l étude de la lormation des revenus se rattachera à celle de V échange. Mais, tandis que, dans la première partie de cet ouvrage, nous avions envisagé le mécanisme des échanges pour montrer comment ils aboutissent à la production en commun des richesses, nous avons désormais à examiner comment ccs échanges donnent naissance aux revenus individuels.
§ 3. — Valeur d’échange et Répartition.
Il est encore manifeste que tout revenu dépenti du taux de l’échange qui lui a donné naissance : voici des ouvriers qui ont gagné lo francs chacun dans la journée ; c’est parce qu’il avait été convenu que leur journée de travail vaudrait lo francs. Si une cause quelconque vient modifier cette convention, leur revenu se trouvera accru ou diminué. Les revenus résultant d’échanges juridiquement libres, il y a lieu, pour savoir comment ils se forment, de rechercher quelles sont les conditions générales qui déterminent le taux des échanges, c est-à-dire la valeur d’échange des marchandises ou des services, — ou, en termes un peu plus concrets, leurs prix. C est ce que nous avons exposé, dans la mesure strictement nécessaire pour expliquer l’adaptation spontanée de la production aux besoins : nous aurons à y revenir pour expliquer comment le mécanisme de la lormation des prix détermine les revenus.
§ 4. — La propriété privée et la distribution des revenus.
En ne considérant d’abord que des entreprises individuelles. on peut passer très rapidement de l’étude du prix des marchandises et des services à celle des revenus. Voici,
/ LIVRE DEUXIÈME. — REPARTITION
en effet, un producteur travaillant seul, on en famille, j-ar exemple un menuisier qui vend des tables, un culi vateur qui vend du blé, un prolesseur de musique qui conne des leçons au cachet il nous suffit de savoir combien le premier a livré de tables, le second de sacs de blé, et combien le tioisième a donné de kçons, pendant un laps de temps déterminé, pour connaître le revenu de chacun deux pendant cette période.
Toutefois, même dans ce cas tiès simple, 1er principes e les circonstances qui régissent les échanges ne donnent pas l explication intégrale des conditions dans lesquelles s opère la répartition. En ellet, nous avons V J plus haut que l’entreprise privée repose sur la prop ieté privée : la disposition de richesses antérieurement a(quises, disons ici de capitaux, est presque toujours nécessaire au chef d entreprise. Ainsi, même notre professeur de musique a besoin, pour exercer lucrativement SC n art, d un certain capital, qui comprend non seule- DTtnt ses instruments et ses frais d etude, mais tout ce qui, dans son habitation ou meme dans son vêtement, est moins destiné à satisfaire à ses besoins qu’à plaire à sa clientèle. Or, les produits de l’rntieprise ou les services quelle peut fournir, et le ne ::,bre, sinon le taux même, des échanges qu elle effectue sur le marché, sont souvent en rapport avec le capital dont elle dispose. N )tre menuisier vend moins de tables que son voisin, qt i a plus de bois ou plus d outils j notre cultivateur vend moins de blé que son voisin qui possède un champ plus grand , notre maître de musique lui-même donne moins de leçons, ou se les fait payer moins cher, qu'un CO leurrent, meme non mieux doué, qui dispose d’un m<illeur instrumient, qui a pu étudier plus longtemps,
qui a un loyer moins modeste ou des vêtements moins râpés.
in d autres termes,le rendement de l’entreprise dépend