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CHAP. II. — TECHNIQUE ET INDUSTRIE

ticulièrement rapide du personnel des grandes et très grandes exploitations (accroissement de 64 0/0 pour les établissements de 50 ^ i.oco personnes et de 1040/0 pour les établissements de i.ooo personnes) (0*

En France, entre les recensements de 1896 et de 1901, la proportion du personnel des grands établissements (plus de 50 salariés') a également progresse, passant de 36, I à 39,7 0/0 de l'ensemble, tandis que celui des établissements moyens (5 à 50 salariés) et petits (moins de cinq salariés) diminuait d une façon correspon-dante (2). — Le recensement de 1906^ atteste aussi l’importance croissante des très grands etablissements industriels ; toutelois, il marque une progression du nombre des établissements de i à 10 salaries et un état stationnaire des établissements de 10 à 100 salariés (3)'

La tendance à la concentration dans l’industrie apparaît généralement dans les pays où il existe des statistiques permettant de l’enregistrer, et notammen-

(1) Voir \diBerufund Detrîehinhlung du I2 juin v^O'] ,Staiistik des deiitschen Reichs, vol, 202, i, et l’article de Lexis, Gros-nnd Kleinbelrieb dixos \& HcirdivHr terhuch der Staatsu/isseuschaften, '^^ éd.

(2) Voir Boürgui'^ ^ Les systèmes socialistes et révolution écononnquCj

Il faut noter que les données fournies par le recensement français ne sont pas exactement comparables à celles du recensement allemand. Ce dernier tient compte du nombre de personnes,^ et range dans les petits établissements ceux qui ne comprennent qu un seul travailleur tandis que les chiffres précités du recensement français ne visent que les établissements ayant au moins un satarie donc deux personnes ; si l’on y ajoute les artisans isolés, le personnel de la petite industrie se trouve augmenté et la proportion du personnel de la grande industrie se trouve ramené à 31, 7 0/0 (au lieu de 39, 7) pour 1901.

ij (3) Voir les RésuUals statistiques du recensement général de tapopu-

I lation, 1906, notamment t. 1, 2® partie p. 187. ^ — Voir aussi

I C. Sabatier, Le morcellistne dans l'industrie {Rev. d'eç. polit., 1907,

p. 73 1 et suiv.).

CONDITIONS GI^NliRALES, ETC.

encore en Belgique, en Autriche, aux Etats-Unis. On voit par le nombre des personnes employées dans la rande industrie concentrée que celle-ci gagne toujours eu terrain. Et, comme elle emploie une bien plus grande part de la force motrice, que la petite industrie, i est évident que sa prédominance est encore plus grande que ne l’indique e dénombrement du personnel.

La prédominance actuelle de la grande industrie concentrée s’explique par les raisons mêmes qui ont fait apparaître cette torme nouvelle d’organisation industrielle, îson seulement la grande entreprise est mieux proportionnée à la nature et à l’étendue des débouchés qu’oftrent hs moyens de communication modernes; mais la grande industrie concentrée bénéficie à la fois de la supériorité de son outillage, de la meilleure division du tra- ’< ail parmi les employés, et de divers avantages accessoires, tels que Tutilisation dessous-produits, etc. Aces avantages d’ordre technique s’en ajoutent d’autres d’ordre economique, tels que l’obtention de meilleures conditions il’achat ou decrédit, en raison même de l’importance et de la notoriété de l’entreprise.

Au total, la grande industrie concentrée est, le plus ou vent, la mieux adaptée aux conditions générales de 'économie contemporaine, et rien ne donne présentement à penser qu’elle soit en voie de faire place à une orme nouvelle d’organisation industrielle. Cependant, TOUS allons voir que des formes d’organisation plus an- :iennes conservent encore à côté d’elle, une place notadé, et peuvent même, dans quelques cas, tendre à regagner du terrain.

2° La grande industrie occupant des travailleurs à domit ile. — La grande industrie à domicile répond à la néces- :.ité moderne d’une organisation commerciale adéquate a l’étendue des débouchés, là où les nécessités du machinisme n’ont pas imposé la concentration, notam-

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