SECT. III. — RÉPARTITION DES REVENUS GLOBAUX
Malgré les imperfections de la statistique, on peut donc en termes généraux, tirer les conclusions que voici: hn France, pays de 39 millions d’habitants, un quart es biens mobiliers ou immobiliers qui composent la (•rtune privée, revient à 0,13 0/0 des possédants, — soit à ui peu moins de vingt mille personnes ou familles.
Plus de la moitié ojo en réunissant les deux der- D leres classes) des biens appartient encore à une très petite ' P -oportion (environ 2,03 0/0) des possédants, gens ais'és riwhes ou très riches (plus de 100.000 francs de fortune)
-- soit environ iS) .000 personnes ou familles. '
Moins de la moitié (41 ojo) de la fortune totale se répartit entre 97,7.0/0 des possédants, et, là-dessus, / y 0/0 se dement de la richesse totale sont répartis entre 85 0/0 d< s possédants, soit près de /y millions d' individus ou fa~ dont les plus favorisés ont moins de 10.000 francs. Lesta cette extrême dispersion d’une partie, d’ailleurs minime, de a fortune privée totale que l’on fait allusion
er disant habituellement que la propriété est très divisée en France.
De ces données statistiques il résulte que, dans une paion moderne telje que la France, la propriété est très inégalement répartie. Un tout petit nombre d’individus pcssèdent une fortune qui constitue une véritable puiss.. ice financière ; une très faible proportion (20/0 des pcssédants) dispose de capitaux suffisants pour pouvoir vv.re de revenus sans travail en les prêtant, ou pour poiivo r prendre une participation notable à des entreprises irnpo -tantes; enfin une assez forte proportion de la population, près des deux tiers de la population totale, sans disposer de capitaux suffisants pour pouvoir vivre sans tn vail, dispose de très petits capitaux : ceux-ci sont
E. CHATELAIN. La répartition de la richesse en France (Revue sodalisiî, octobre 1909.)