CHAP. II. — REVENUS ET CHARGES DE FAMILLE
cette circonstance, l’accroissement démesuré de la population que redoutait Malthus ne s’est pas produit, il convient de noter cependant que la natalité n est qu un des deux fadeurs de la situation démographique. L’autre tacteur est la mortalité. Or, la mortalité n a cesse de décioilie plus vite encore que la natalité. Si bien que, contrairement à l'opinion commune, notre époque est, d unetaçon générale, une période de très grand accroissement de population : par un étrange paradoxe, jamais la population de race blanche ne s’est accrue aussi vice que depuis que sa natalité diminue. Et 1 on pourrait croire, si 1 on s en tenait aux données du présent, que le problème posé par Malthus, et ajourné par la découverte de terres nouvelles et de nouveaux moyens d’existence, reste néanmoins posé pour l’avenir (i).
Cependant, l’écart entre la natalité et la mortalité
tend à s’affaiblir, et le taux d'accroissement de la population commence à diminuer. En France, 1 écart entre les deux éléments est depuis fort longtemps si faible que, en certaines années, les décès 1 emportent sur les naissances, et que les m.oyennes quinquennales ne présentent plus que de très légers accroissements de population. En Allemagne même, où, malgré la diminution de la natalité, l’excédent des naissances sur les décès allait croissant jusqu’au début du xx^ siècle, cet excédent commence à diminuer ', en quelques années, il es^ tombé de 900.000 à Dans ce pays, pourtant
encore si prolifique, l’accroissement spontané de la population, ne suit plus le développement de l’industrie; et il faut recourir à l’immigration pour trouver la maind’œuvre nécessaire à une production toujours plus
intense.
(i) C’était, jusqu’à ces dernières années, l’opinion de la plupart des économistes allemands.
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