SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES DE CONSOMMATION ET LIGUES DE CONSOMMATEURS
§ 1. — Les sociétés coopératives de consommation : définition ; historique.
Les sociétés coopératives de consommation peuvent se définir par leur but, qui est facile à saisir : il s’agit, pour leurs membres, de faire, en quelque sorte, leurs ; achats en corntfiun, afin d’obtenir des réductions de prix. Mais cette préoccupation, en apparence modeste et terre à terre, a pu cacher de vastes desseins, et donner naissance à des institutions complexes et puissantes. En ' effet, les coopérateuts, qui font leurs achats en commun 1 pour les faire à meilleur compte, ont un moyen essen-
I tiel de réaliser leur désir ; c’est d'éviter le premier in-
termédiaire qm perçoit sur eux un bénéfice : \e commerçant de détail. Ils doivent donc adresser leurs commandes aux producteurs, ou aux commerçants de gros, et avoir un magasin. Ce local commun, et le personnel nécessaire pour recevoir et distribuer les marchandises, constituent généralement le premier élément matériel d’une société coopérative. Mais les coopératives peuvent,
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en se groupant, éviter, dans une certaine mesure, les commerçmits de gros ; elles peuvent parfois même éviter de s adressera des producteurs, en orgamscint elles-métues la production de certaines marchandises de consommation courante. Voilà comment, en partant de l’idée simple de faire leurs achats en commun, les coopérateurs ont pu en arriver, dans certains cas, à prendre l’initiative de la production, et suggérer à certains penseurs fidée d'une organisation econoniuj lie ou la production serait dirigée par des groupements de consommateurs (i).
Quoiqu’on trouve dès le xv.-ir siècle des traces de sociétés ’de ce genre, et que des coopératives de consommation bien caractérisées existent dès le début du xix^ siècle, le mouvement coopératif moderne ne date guère que de la célèbre association des Equitables pionniers de Kochdale, fondée en i8qq. Les membres de ce groupement historique étaient des ouvriers tisserands, dont quelques-uns étaient disciples d'Owen (2). Ils étaient 28, et mirent en commun, pour commencer leurs opérations, un capital de 28 livres sterling (environ 700 francs).
Malgré la modestie de leurs débuts, leur programme atteste qu’ils avaient entrevu tout le développement que contenait en germe leur entreprise. Voici, en effet, les projets qu’ils se proposaient de réaliser :
c( Ouvrir un magasin pour la vente de denrées alimentaires, vêtements, etc.
« Acheter ou construire des maisons pour ceux de leurs membres qui désireront s’aider mutuellement pour
'i) Parmi les plus enthousiastes, nous citerons M. Ch. Gide, auteur notamment d’un ouvrage sur les Scc-iétés cooperatives de consommation, et d une série de délicieuses conférences réunies en un volume^ sous ce litre « La coopération ».
\2) \ oir plus loin. Le développement de la pensée économique , §