CHAP. I. — SOC. COOPÉRÂT. DE CONSOMMATION I
améliorer les conditions de leur vie domestique et sociale. »
Entreprendre la fabrication des articles que la Société jugera convenable de produire.
Acheter ou affermer des terres... (i)
C’est d’ailleurs en Angleterre que la coopération de consommation a eu, jusqu’ici, le développement le plus rapide et le plus complet; dès 1864, fut fondée à Manchester la Cooperative lohoîesale society , fédération des sociétés destinées aux achats en gros. Le progrès fut plus lent sur le Continent. En France, la vogue des coopératives de production, en i8q8, favorisa indirectement la création de quelques coopératives de consommation, notamment à Lyon ; mais le mouvement coopératif ne s’y est généralisé qu'à dater de 1885, époque où se réunit à Paris le premier congrès coopératif. L’essor des sociétés de consommation (Consumvereine) n a pas été moins tardif en Allemagne, mais il a été plus rapide, et nous verrons plus loin que l’Allemagne compte aujourd’hui quelques-uns des groupements les plus puissants qui soient dans la coopération de consommation.
§ 2. — Le domaine d’application de la coopération de consommation.
Le domaine Ftvori de la coopération de consommation est précisément celui où semble se justifier le mieux l’existence d’un entrepreii'^’ur chargé de réunir des produits ayant les origines les plus diverses pour les mettre, en tout lieu, à la disposition immédiate d’un
(1) Il est vrai, que ces deux dernières dispositions avaient pour but d’aider les membres sans travail. Voir le texte complet dans l’ouvrage de M. Ch. Gide, L^’s sociétés coopératives de consommation, 2® éd., p. 21.
public ; c Iç domaine par excellence du commerce de détail . I épicerie. C est par l epicerie que commencent la grande majorité des coopératives, et beaucoup d entre el-'es n’étendent pas leur activité au delà. Cette prédilection de la coopération de consommation pour 1 épicerie s explique d ailleurs par plusieurs considérations : la coopérative, destinée par sa nature même à se substituer au commerce de détail se substitue d’abord à celui qui pourvoit aux besoins les plus courants, les plus réguliers, et qui, en même temps, comporte le moins d’aléas, grâce à la variété des produits et à leur conservation généralement facile.
^ Cependant, aussitôt après l’épicerie vient la boulangequi répond, elle aussi, a un besoin très régulier. Il y a même un certain nombre de groupements coopéraceux surtout qui voient dans la coopération un puissant moyen de propagande ~ qui font de la boulangerie la base de leur système: car quotidien
du P‘Oii permet de maintenir un contact permanent entre
a société et ses membres, et de contrôler leur fidélité.
Après la boulangerie, la brasserie prend, en France du moins, une place assez importante dans la coopéranon. On peut signaler ensuite les coopératives destinées à 1 achat du vin, et aussi du charbon.
^ La coopération s’étend plus difficilement à la boucherie, surtout en raison de la régularité moins grande du débit,et des aléas relatifs à l’acquisition et à la conservation de la viande, et à 1 utilisation des déchets.
Ces diverses catégories d’activité peuvent être poursuivies, soit séparément par des sociétés spécialisées, soit cumulativement par des sociétés qui pourvoient ainsi aux divers besoins de l’alimentation. Parmi les sociétés coopératives dont les rayons d’action sont multiples, il en est d ailleurs un assez grand nombre qui
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pourvoient encore à d’autres besoins usuels, en fournissant les vêlements^ la mercerie, les chaussures, la quincaillerie, le mobilier.
La pharmacie se prête aussi à une exploitation coopérative. Mais, en France, la législation, qui exige que le pharmacien responsable soit propriétaire de son officine ne permet pas de réaliser sur ce domaine la coopération sous une forme directe. Une place à part doit être laite aux sociétés coopératives de construction, destinées à tournir un logement à leurs membres. Elles ont pris un grand développement en divers pays, notamment en Angleterre. Nous y reviendrons au chapitre suivant.
Enfin, nous verrons plus loin comment, par suite de la fédération des sociétés coopératives et de l’accumulation de leurs capitaux, elles en sont arrivées, dans certains pays, à pratiquer sur une large échelle les productions les plus variées.
§ 3. — Conditions économiques et juridiques de la constitution et du fonctionnement des sociétés coopératives.
Au point de vue économique, la constitution d'une société coopérative de consommation ne présente pas de grosses difficultés matérielles : il suffit généralement, pour la mettre en marche sur les bases modestes qui conviennent à un début, d’un petit capital constitué par les seuls versements des sociétaires. M. Gide l’évalue à une somme de 6o à loo francs pour chacun des niembres (i). Ceux-ci souscrivent des actions qui, en France (d après la loi du 24 juillet 1867), peuvent n’être que de 25 francs, et dont un dixième seulement doit être versé au moment de la constitution de la société.
(i) Ch, Gide, Op. cit.^ p. 96,
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les versements ultérieurs peuvent être prélevés sur les bonis.
Le plus souvent, les coopérateurs n’ont pas besoin de Lire appel aux capitalistes du dehors ; certaines sociétés, en Angleterre notamment, se bornent, pour augmenter leurs disponibilités, à encourager leurs membres à hisser une partie de leurs bonis en dépôt dans leurs caisses. Les actionsdessociétéscoopérativesdoivent — c'est là le principe essentiel de la coopération — ne rapporter quun intérêt fixe à leuis souscripteurs, tandis que les bénéfices ou bonis, sont répartis entre les membres, non en proportion de leurs actions, mais au prorata de leurs achats .hoxsc\Mt la société est prospère, ces bonis représentent d’ailleurs un gros rendement du capital (i).
La société coopérative, une fois constituée, reste, en principe, ouverte; c’est essentiellement, comme dit le texte de la loi de 1867, société à « capital et à personnel variables » ; le soejétaire doit également pouvoir en sortir librement ; cepjs’hdant, des restrictions peuvent être mises par les statuts au droit de céder les actions, et le remboursement par la société du capital souscrit n’est généralement prévu que dans des cas limités (décès du sociétaire ou départ de la ville).
Les coopératives de consommation ne se bornent pas toujours à approvisionner leurs propres membres, elles vendent souvent aussi au public, ou à des « adhérents » non actionnaires, auxquels elles remettent une partie des bonis correspondant à leurs achats. La venteau public permet aux coopératives d’acheter en plus grandesq -.antités, et, par conséquent^ à meilleur compte ; elle sert aussi à faire connaître et à répandre la coopération. Mais elle
(i) Ainsi, d’après M. Gide {op. cit., p. 97), les bonis des sociétés anglaises représentent un rendement de 36 0/0.