CHAP. 1. — SOC. COOPERAT. DE CONSOMMATION
aboutit à donner à certaines sociétés un caractère mercantile, et les met, en tout cas, en concurrence directe et en conflit avec le commerce de détail.
Celui-ci, d’ailleurs, se défend avec âpreté, et il a ^.btenu, dans la plupart des pays, l’application aux coopératives d’une législation fiscale rigoureuse : en France, la loi du 19 avril 1905 a soumis les sociétés de consommation à la patente (i), même quant elles ne vendent pas au public. En Allemagne, les bonis sont frappés, dans un grand nombre d'Etats, par l’impôt sur le revenu ; et cette mesure est également demandée en Angleterre.
Les commerçants emploient parfois aussi des armes plus détournées pourcombattre la coopération: quelquesuns ont dc'cidé certains groupements coopératifs à les accepter comme fournisseurs, et à se réduire ainsi au simple rôle dégroupements d’acheteurs (2). Enfin, il en est d’autres qui lui empruntent ses principes et ses procédés, et certains détaillants ont formé des groupements coopératifs d’achat.
Toutefois, la principale difficulté que rencontrent les sociétés coopératives réside en elles mêmes. Constituées sous la forme de sociétés par actions, elles ont d’abord les faiblesses inhérentes à ces sociétés, où l’unité de direction fait parfois défaut; de plus, leurs administrateurs et leurs gérants risquent de n’avoir pas l’aptitude aux affaires; car, généralement, les hommes aptes aux affaires consacrent leur activité à des entreprises lucratives ; enfin, même lorsque des sociétés de ce genre ont la bonne fortune d’avoir à leur tête des hommes à la fois aptes aux affaires et désintéressés, ceux-
(1) Sauf toutefois pour celles qui n’ont que des magasins de dépôt et non de vente et se bornent à centraliser les commandes, c’est-à-dire, en fait, les coopératives d’achat agricoles.
(2) Telle est, en France, la situation de \a Coopération des familles, fondée en 1901.
Nogaro 1 1
COxNSOMMATION
ci ne jouissent pas de la liberté d’un patron, maître de son entreprise, et il leur arrive d’être paralysés dans leur action par les attaques de l’incompétence ou de Tenvie Aussi un grand nombre de coopératives en sont-elles réduites, en France notamment, à végéter, sans assurer à leurs membres les avantages qui sont leur raison d’être Cependpt, nous verrons un peu plus loin qu'il n’en est pas ainsi toujours ni partout, et que la société coopérative de consommation, constituée sur des bases psychologiques tout à fait différentes de celles sur lesquelles reposent les entreprises à but lucratif, a su
dans certains pays, se créer, à côté d’elles une placé très notable.
§ 4. — Les principes coopératiis.
^ La société de consommation a pour but de procurer a ses membres des économies sur leurs dépenses, et non des profits : c est pourquoi le revenu du capital engagé doit etrefixe(i), etla société doit rester ouverte tandis qu une société par actions ordinaire refuserait de nouveaux actionnaires, dès que son capital serait suffisant, afin de ne pas restreindre ses dividendes. C’est là
un principe essentiel que nous avons déjà eu l’occasion de noter (2).
souscription d’actions
et de cmisations!'^ remplacée par le versement de droits d’entrée
(2) Cependant, il y a des sociétés, et elles comptent précisément parmi les plus puissantes (par exemple le Civil service store de Londres), qui distribuent des dividendes proportionnels au capital et d autres, comme celle des employés civils de Paris et de la Line qui nontquun nombre d’actionnaires limité, de telle sorte qu’iî faut payer 1 action a un prix parfois très supérieur à la souscripnon