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CHAPITRE III

LES CAISSES d’épargne

§ 1. — L’épargne collective et la consommation : les caisses d’épargne ; leur origine et leur développement.

L’individu ne consomme pas toujours immédiatement les richesses qu’il a produites ou reçues en échange. En termes plus concrets, l’individu qui a perçu un revenu en monnaie ne consacre pas toujours tout ce revenu à la satisfaction de ses besoins immédiats ; souvent il en épargne, il en « met de côté » une partie. Nous avons vu plus haut comment il arrive que le capital monnayé soit ainsi épargné en vue de créer ou d’agrandir des entreprises. Mais il arrive aussi que l’individu mette de côté une partie de son revenu dans le seul but de pouvoir le consacrer ultérieurement à ses besoins, de le consommer plus tard.

A vrai dire, dans la société moderne, il est générale- ,

ment possible de poursuivre simultanément ces deux ;

fins : l’individu qui n’a pas d’autre préoccupation que de ?

conserver une partie de son revenu actuel pour ses i

’uesoins futurs trouve néanmoins avantage à se dessaisir î

momentanément de la somme qu’il veut mettre de côté, ,

-OO LIVRE TROISIÈME. — CONSOMMATION a la prêter à ceux qui ont besoin de capitaux, — le nlus

souvent en vue d un acte productif— . En procédant aiLi

non seulement il épargne, mais il perçoit sur la somme épargnée un nouveau revenu, l’intérêt. Le prêt fût-il et

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une simnlp ^ prêteur,

c'est si rémunérée. Et

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du cSit *'yp°'hecaires et autres manifestations

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U tioir dril^ ^ '? consommation : c’est ia manifes-

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valeurs mobilières, constituent aujourd’hui des movens

assu' frlaT' r populaires 'ils ne suffisant p'a^ à

M ' cpargne. Pour acheter un titre

‘ .ne 1 d one somme relativement impôt!

tante, les coupures les plus usuelles des valeurs mo-

chois?r' 5,°o francs; il faut aussi, pour le

itXe d’achf" c-ompetence ; et, pour faire exécuter 1 ordre d achat ou de revente, il faut s’adressera un

intermediaire ; il y a de plus, les risques de non rem-

Ceï^f a”uTéna°“ variation des cours.

procède- d'"" autre

procédé , et comme celui qui conserve chez lui ses

économies s expose aux risques de vol ou T destruc!

on, et plus encore a la tentation de remettre en circulation la monnaie épargnée, il convient aux petits épargnants de mettre en commun leurs économies, d’abord pour les mieux conserver, et subsidiairement pour Tes faTe

CHAP. III. — LES CAISSES d’ÈPARGNE

fructifier : telle est la fonction primordiale des caisses d'épargne.

L’institution moderne des caisses d'épargne paraît remonter à la fin du xviii' siècle et elle a commencé à se généraliser au début du xix® : on mentionne, en effet, l’existence de caisses d’épargne en Allemagne à partir de 1765 ; la première saving bank anglaise date de 1808 ; et, dès 1817, l’Angleterre en possédait une cinquantaine ; la caisse de Paris a été fondée en 1818.

Le progrès de cette institution a été rapide, à en juger tant par le nombre des déposants que par le montant total des dépôts : ainsi en France, le nombre des déposants est passé de 350.000 en 1840 a 3.800.000 en 1880 et 13.200.000 en rgo.8, et le montant total des dépôts s’est élevé, en partant des mêmes dates, de 200 millions à 1.300, puis à plus de 5 milliards. Et pourtant, la France n’est pas, de tous les pays, celui où ce mode d’épargne collective est le plus développé : l’Allemagne la dépasse de beaucoup par le chiffre des dépôts, qui est supérieur cà 17 milliards; et la proportion des déposants par rapport à la population totale, qui n’est en France que de 33 0/0, atteint 48 0/0 en Danemark et 42 0/0 en Suisse.

On voit donc que, si les dépôts des caisses d’épargne constituent encore un total bien modeste par rapport ''ux placements en valeurs mobilières et aux dépôts en banque, le nombre des participants et leur proportion par rapport à la population totale attestent cependant la place que cette institution a prise dans la vie sociale contemporaine.

Le rôle qu’elles remplissent varie d’ailleurs, non moins que leur importance, d’un pays à l’autre, et dépend à ia fois du régime juridique et des principes économiques qui président à leur fonctionnement.

CHAP. III

§ 2. — Régime juridique et fonctionnement des caisses d’épargne. — Caisses d’Etat et caisses privées.

Les caisses d’épargne restituent généralement les éconornies des déposants, à première réquisition. Quoiqu il s agisse ainsi de dépôts à vue, elles servent habituellement un intérêt sensiblement plus élevé que les banques pour des dépôts de même ordre. Toutefois, comme elles ont pour but moins encore de fliire fructifier que de conserver les économies des déposants, elles

doivent, avant tout, ne les engager que dans des opérations très sûres.

Aussi l’Etat intervient-il, soit pour assumer directement la gestion des caisses d’épargne, soit pour contrôler leur fonctionnement. En France, il existe actuellement deux catégories principales de caisses d’épargne : la caisse nationale, ou postale, qui reçoit des dépôts par

l’intermédiaire de tous les bureaux de poste ; et les caisses privées ou municipales.

La caisse nationale, fondée en i88i, détient pour plus d un milliard et demi de dépôts appartenant à 4 milliards et demi de déposants : cela fait une moyenne de moins de 300 francs par dépôts, sensiblement inférieure à la moyenne générale française (380 francs): ce qui s’explique par le fait que cette caisse, possédant des guichets dans tous les quartiers des villes et dans les moindres bourgades, est tout particulièrement destinée à recueillir les plus modestes économies.

Les caisses d’épargne dites privées ünt été en partie fondées par des sociétés philanthropiques ’y mais, depuis longtemps, il n’en a plus été créé que par des municipalités : il en existe actuellement en France 549, dont 430 sont d’origine municipale, avec 1.654 succursales. Ces

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