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petite exploitation. Cette distinction ne se confond pas avec celle qui vient d’être établie entre le commerce de gros et le commerce de détail. Quoique les maisons de gros soient le plus souvent des cntrepiises d’une certaine importance, ce ne sont pas nécessairement de grandes exploitations, comportant de gros capitaux et un nombreux personnel. Inversement, quoique le commerce de détail soit souvent entre les mains de petits entrepreneurs, il y a aussi des établissements importants, souvent constitués sous la forme de sociétés par actions, qui se livrent au commerce de détail. Tels sont aujourd’hui les grands magasins de « nouveautés » (à Paris, le « Bon Marché » (200 millions d’affaires par an), le « Louvre » etc), les grandes épiceries, 'les grands bazars.
La formation de ces établissements et leur développement sont parmi les traits caractéristiques de l’économie contemporaine. Leur existence atteste un mouvement de concentration zsst Z analogue à celui que nous avons constaté dans l’industrie, et qui s’explique aussi en partie par des raisons techniques : par exemple, les progrès des transports, et principalement des transports urbains, qui permettent aux habitants d’une grande ville d’aller s’approvisionner dans un même magasin.
Cependant, la concentration commerciale se différencie de la concentration industrielle par divers caractères. D’abord, l’outillage y joue un rôle assurément beaucoup moindre. La supériorité des grandes exploitations sur les petites est ici beaucoup plutôt d'ordre économique que d'ordre technique : il y a bien le plus souvent, économie de frais généraux, les grands établissement obtenant de leur matériel local etc.,) et de leur personnel un rendement proportionnellement plus élevé que les petits ; mais la supériorité des grands établissements est
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surtout dans les conditions d’achat, de crédit et de
vente , comme ils constituent une clientèle très impor-
.ante, ils obtiennent des avantages de leurs fournisseurs ^
Is peuvent de meme accorder de grandes facilités au oublie (i). ^
Il faut remarquer, en outre, que la concentration comnerciale ne consiste pas seulement dans la formation 1 exploitations importantes, mais souvent aussi dans le groupement de plusieurs exploitations sous une même direction generale. D une part, des « rayons » correspondant à des spécialités assez diverses : vêtements, (haussures, ameublement, articles de ménage, papeteiie etc., sont réunis dans le même magasin, ce qui constitue un type d’entreprise intégrée (2). D’autre part ces établissements similaires situés dans les villes différentes font partie d’une même entreprise : telles sont lus divers^ sociétés de banque, de bazars, d’épicerie, etc.,
cjui se développent au détriment des petites exploitat ons locales (3).
La constitution de ces grandes exploitations comnierciales est si notoire, surtout dans le commerce de détail, que des statistiques ne sont pas indispensables p3ur démontrer la réalité du phénomène. Cependant,
0 1 assiste également, en France notamment, cà un pullulefïitHt des petites exploitcitions tel qu’on ne saurait affirmer te ut d abord que le développement des grandes entre-
(i) On sait qu une des innovations des grands magasins de « Nou- \ ( autés » parisiens a consisté à permettre au public de rendre les ot Jets achetés, si^ après réflexion ou après essai, ils paraissent ne pa> convenir.
2) Voir plus haut, p. 76.
3) Sur la lutte des grands magasins, et notamment des soaétés à succursales multiples, avec les petits détaillants, voir H, \ OUTERS Les weîures legislatives tendant à enrayer la concentra-tio'i du commerce de détail, th. Paris 191 1.
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prises l'emporte sur celui des petites. Mais, si le nombre des petits établissements commerciaux va croissant y il semble que l’on puisse dire en général que leur importance dans Vememble du mouvement commercial va diminuant, ainsi que l’attestent les statistiques relatives au I personnel 0)- Cependant, en ce qui concerne la France, 1 le recensement de 1906, tout en attestant une augmen- 1 tation sensible des très grandes entreprises commerciales,
i montre aussi un développement plus considérable encore
I des petits établissements : et la proportion de leur per-
I sonnel par rapport à l’ensemble est plus forte qu en 1901
il (34, 4 contre 50, 3 pour cent) (2).
! § 4. — L’étude de l’échange et ses divisions.
Nous venons de voir quelle est la fonction de 1 échange, et quel est son rapport avec l’organisation conimerciale en général. Il nous reste à analyser le mécanisme,
très complexe, de la circulation.
Nous allons d’abord rechercher s:lon quelles^ règles générales s'effectuent les échanges dans une organisation économique essentiellement fondée sur l initiative privée et sur la coopération spontanée des activités individuelles : cela nous conduira à exposer la théorie des prix.
(i) Voir Boürgüin. Systèmes socialistes, p. 135. Ceci paraît encore j établi, pour l’Allemagne notamment, parle recensement de 1907. Voir l’article déjà cité Lexis de Gross und Kleinbetrieb dans le « Hdw
Ider Staaisw. ».
(2) Voir le recensement français déjà cité, t. I, 2^ partie, p. 123. Consulter aussi l’étude de M. E. A. Sayous dans La concentration des entrep'-ises industrielles et commerciales, recueil de conféiences par MM. A. Fontaine, L, March, etc., un vol. Voir ausM le chapitre de M. OuALiD dans L'évolution du commerce, du crédit et des transports depuis ijo ans, par B. Nogarü et W. Oualid [Histoire générale du travail, dirigée par G. Renard).
PART. II
Nous examinerons ensuite un à un les éléments ton
cLZé',f,T, r fonctionnement
combine sous ses deux aspects principaux : règlement
des changes et orgamsalion du crédit. ^
ferons générales, nous considé-
dès -f"Moe!ques cltapitres à l’étude