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CHAP. I. — ÉCHANGES ET PRIX

l’unité de prix dans un même état du marché et de la variation du prix en raison des variations qui se produisent dans l’état du marché lui-même, l’analyse des conditions de l’échange sous un régime de concurrence aboutit à mettre en relief le rôle du coût de production dans la détermination des prix de concurrence. En effet, parmi les facteurs qui fixent les conditions de l’offre, il y en a un dont l’influence .s’exerce d’une façon particulièrement impérieuse : c’est le coût de production, ou prix de revient. En effet, le producteur ne peut pas, sous peine de se ruiner, vendre, d’une façon durable, sa marchandise moins cher qu’elle ne lui a coûté : son coût de production constitue donc une limite minima aux conditions de l’offre. Et comme, d’autre part, la concurrence que se font entre eux les vendeurs tend plus ou moins à ramener les prix au niveau où il leur est possible de vendre, on a vu longtemps dans le coût de production, l’élément déterminant de la valeur d'échange normale: on l’a représenté comme constituant, en quelque sorte, la trame d’un tissu sur lequel le jeu de l’offre et de la demande, variable selon l’état du marché, ne ferait que tracer des festons.

C’est là une conception un peu simpliste, et la réalité est un peu plus complexe. Car, tout d’abord, le coût de production n’est pas nécessairement identique pour tous les vendeurs; et, si nous avons admis jusqu ici que les vendeurs sur un marché se classent en diverses catégories suivant le prix-limite qu’ils se sont fixés, on est en droit de penser que la considération de leurs coûts de production respectifs est pour beaucoup dans la fixation de leurs limites respectives. Dès lors, le coût de production détermine — du moins pour la plus grande part — la quantité de marchandises offerte à un certain prix, et c’est par là qu’il agit sur le prix du marché. En effet, tant que la demande n’est pas satisfaite, il faut faire

a 3pel à une ^catégorie de vendeurs exigeant un prix plus élevé, et si 1 on considère que leur exigence est basée en général sur un coût de production supérieur, on arrive à la proposition suivante : que le prix d’un marché soumis à la concurrence correspond au coût de production le plus élevé des marchandises nécessaires pour satisfaire à la demande, dans l’état actuel du marché (i).

On voit, par cette analyse, comment se précise le rôle du coût de production. On aperçoit aussi comment il se combine avec 1 action de la demande, pour déterminer les^ prix de concurrence. Et, comme la demande ellemême est 1 expression du besoin de marchandises, ou, en d autres termes, de 1 utilité des marchandises pour les acheteurs, on peut dire que les prix de concurrence dépendent à la fois du coût de production et de l’utilité, et que c est 1 action et la réaction incessantes de ces deux facteurs qui déterminent l’état du marché. Certains auteurs ont meme soutenu que la notion de coût de pro- Juct.ion se décomposé et se réduit à son tour à celle J utilité, de telle sorte que Tutiliié serait, en dernière malyse, le principe essentiel de la détermination desvaleurs. Nous reviendrons sur ces conceptions lorsque nous lurons à rechercher le principe de la valeur, dans l’étude ie la Répartition.

Mais la notion de coût de production est une notion ï laquelle s'arrêtent en fait ceux qui participent à l'activité productrice, et à laquelle il convient de s’arrêter également orsqu’on étudie le mécanisme de la production. Et, tout în ne perdant pas de vue que l’établissement d’un prix ie marché suppose une demande, et par conséquent une jtilité, il nous suffira de retenir, dans cette partie du

(i) Voir une démonstration pratique de cette idée dans l’article le M. W. OüALiD sur la Régulansation de l'approvisionnement co~ .onnier, dans la Revue d' Economie politique, 1912, p. 43 et suiv.

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