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CHAR

LA MONNAIE

sont acceptés communément dans les échanges et remplissent ainsi l’office de monnaie. Il en est de meme aussi de certains objets qui ne semblent pas, en dehors de la fonction monétaire, avoir d’autre destination qu un usa^e d’ornementation ; tels sont les cauris, coquillages blancs qui, recueillis dans les îles de la Sonde, circulent comme monnaie en Afrique, notamment au Soudan, ou encore diverses perles ou pièces de verroterie, dont le

domaine est plus limité. , . , ^

a) Monnaies mélalliques. — L’usage monétaire du invitai remonte aussi fort loin : le cuivre, le ploinb^ argent, l’or, l’électrum servirent de numéraire en Lg>yte plusieurs milliers d’années avant l'ère chrétienne. Mais ces métaux circulaient sous la forme de lingots, évalués directement d’après leur poids. L’antiquité grecque connut la monnaie frappée, et les spécimens qui nous restent attestent à la fois le talent de ses artistes et son degre

d’évolution économique. , -i- i

Aujourd’hui, le monde civilisé n utilise plus — en

dehors du papier que contiennent les monnaies fiduciaires dont nous allons parler - d’autre matière monétaire que les métaux : d’abord les métaux precieux, or et argent; puis, comme appoint, en vue des menus paiements, des métaux de moindre valeur, tels que le nickel et le bronze. Les raisons de cette prédilection s’expliquent à la fois par leurs qualités physiques et pnr les conditions auxquelles doit satisfaire une monnaie pour bien remplir toutes les fonctions que nous avons indiquées. La monnaie doit être une : en etfet, tant que ce n'est pas un seul et même oujet qui est accepte habituellement en vue d’un échange ultérieur, il n y a pas. à vrai dire, de monnaie; il faut aussi qu elle som durable, et que la matière dont die est faite puisse se diviser sans détérioration ; elle doit encore etre aisemenl

transportable.

PART. II

Ür, les métaux répondent parfaitement à ces desiderata : à l’état pur, ce sont des corps simples, et, partant, toujours identiques à eux-mêmes, quel que soit le point du globe d où ils sont extraits ; même les alliages sont

parhütement homogènes. Donc, rien ne s’oppose, de ce tait, à leur division. L’or et l’argent, qui sont inoxydables, présentent les garanties les plus parfaites de bonne con-

servation. Sans doute, ils s’usent bien un peu eux aussi, par le trottement : c est ce que, dans la technique monétaire, on nomme le frai. Mais c’est un inconvénient

auquel on pare, dans une certaine mesure, par l’alliage de ces métaux avec le cuivre, et que l’on ne saurait guère se llatter d éviter complètement avec aucune autre ma-

tière.

Les métaux aujourd hui consacrés aux usages monétaires présentent d’ailleurs des propriétés qui ont permis de porter la monnaie métallique à son plus haut degré de perfection : tout en étant très résistants, ils sont très malléables; et c’est grâce à ces caractères qu’ils ciiculent sous les apparences de ces petits disques couverts d’une empreinte qui nous sont familiers, autrement ^dit sQus la forme de monnaies frappées (i).

F.nfin, 1 argent et surtout l’or, ont une valeur assez élevée pour permettre de conserver et de transférer aisément des sommes considérables. ,Î1 convient de remarquer, cependant, que, par suite de l’importance croissante des transactions, on leur préfère souvent des instruments monétaires moins encombrants, tels que des billets de papier.

b) Monnaies de papier. — On a coutume de désigner sous le nom de monnaie fiduciaire des instruments mo-

(i) Sur tous ces points, on trouvera de plus amples détails dans 1 ouvrage déjà cité de M, de Foville, ancien directeur de la Monnaie de Pari , notamment au chap. i\^ de la première partie, et dans la deuxième partie, Technique monétaire.

CHAP. I- — la monnaie 1^9

nétaires n’ayant pas, comme on dit, une « valeur intrinsèque « appréciable, et dont la circulation repose, par conséquent, sur la confiance -(fiducia) du publie, sur e crédit qudl veut bien leur faire. Tels sont les billets de papier, ou, parfois, des jetons faits d un métal \i, qui sont en usage dans certaines colonies. ^

Tout en réservant pour la suite de ce chapitre I examen de la distinction usuelle entre les monnaies ayant

une «valeur intrinsèque » et les monnaies « fiduciaires »,

nous devons exposer ici- même ce que sont les instruments monétaires qui se présentent sous la forme d un

billet de papier.

On en peut distinguer trois sortes :

D’abord les certificats, comme les gold et silver cerlificales des Etats-Unis : ces bulletinsde papier n ont de la

monnaie de papier que la forme extérieure ; car ils représentent strictement l’or on l’argent qui se trouvent en barres dans les caves du Trésor. Tons les porteurs de certificats ont la foculté de ;e faire remettre la quantité de métal mentionnée sur leur titre, et ils ont la certitude de le trouver, même s’ils venaient à le^ réclamer simn tanément. L’émission de ce papier n est donc qu une

autre forme de monnayage des lingots (i).

Secondement, ce sont les billefs garantis, tels que les

billets de banque et les billets d’Etat pourvus d une garantie spéciale. ,

Le billet de banque n’est, en principe, qu une promesse

de payer, et non pas une monnaie. Cependant, lorsque l’Etat lui donne cours légal il) — et c est un cas noimal

(,) Et non la moins onéreuse, car, d’après M. de p. 205, ’d e" plus d’tntretenir une circulation de billets que

de refondre les monnaies frayées. . . i lArrol np

(2) Ne pas confondre cours légal et cours force : le corn s tv

perL, pas à U ha,njue é,„eitnce Je payer

cel!e-ci reste tenue de les rembourser a vue, c est-a-dire a la pre mière réquisition d un porteur quelconque.

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CIRCUI.ATION

aujourd’hui, — les particuliers sont tenus de le recevoir en paiement les uns des autres, et il remplit, entre eux le rôle d une monnaie. Sans doute, il est convertible^ c’est à dire que le porteur est autorisé à en demander le remboursement en métal, aux guichets de la Banque j et, par là, le billet se rapproche du certificat américain. Cependant, 1 émission est généralement supérieure à l’encaisse , et, si tous les porteurs réclamaient simultanément la conversion de leurs billets en espèces, il serait presque toujours impossible, en fait, de leur donner satisfaction immédiate. Donc, pour la différence entre 1 émission et 1 encaisse, autrement dit, en termes techniques, pour le montant du découvert, le billet de banque constitue bien, au point de vue de la circulation moné-

taire, un élément distinct , qui vient s'ajouter à la monnaie métallique.

Les caractères des billets d’Etat, pourvus d’une garantie spéciale, semblent d abord être assez analogues ; toutefois, lorsque la garantie ne consiste pas dans une couverture métallique, mais, par exemple, dans unehypotheque(i), elle est inefficace à assurer la conversion des Dillets et, comme ils sont sans garantie effective, nous devons les confondre avec la catégorie suivante.

La troisième et dernière catégorie des instruments monétaires se présentant sous la forme d’un bulletin de papier est constituée par les billets sans garantie. Ceuxlà sont nécessairement, dans leur intégralité, un élément de la circulation distinct de tout'élément métallique, et ils méritent seuls la dénomination de papiermonnaie. ^

Le papier-monnaie ne résuite pas d’une création directe et systématique, mais d’un expédient gouverne-

(t .' Tel fut notamment le cas des mandats territoriaux émis par le Directoire. ^

Sî

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