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Les fonctions générales du banquier

La banque mérite une place immédiatement à côté de la monnaie, parmi les institutions qui dominent le mécanisme moderne des échanges. En effet, le règlement des transactions ne suppose pas seulement l’intervention de la monnaie, mais aussi celle dTin personnage qui fait profession de manier la monnaie : le banquier. Sans doute, les affaires de banque ne se limitent pas strictement au règlement des échanges ; mais toutes les opérations qu’accomplit un banquier proprement dit s’y rattachent très étroitement ; et, en outre, elles présentent un caractère de généralité tel qu’elles dominent toutes les autres opérations commerciales.

Le banquier se présente sous deux aspects principaux :

D’une part, c’est un caissier et un comptable ;

D’autre part, c’est un donneur de crédit.

Mais le caissier et le donneur de crédit ne sont bien que les deux faces d’un même personnage : car les deux fonctions sont intimement liées, et l’une découle de l’autre.

Le banquier est tout d’abord le trésorier de ses clients :

CHAP. II* — la banque en GÉNÉRAL

le plus souvent car la grande made fonds sont accompgnés de l’ouvere-couranl ■ C’est donc lui qui paie ce qu ils le montant des chèques tirés sur lui dans la ville par ses garçons de

fait recouver au loin par ses correspondants

charge aussi des

d’une seule maimouvement de ularité, les rentrées d’un les sorties d’un

. fonds de

: chacun de

dans son tiroir s il réglait

sans inconsurtout à cerd’une partie des

non seulement il reçoit leurs fonds, mai il tient leur caisse, et leurs comptes^ jorité des dépôts ture d’un compt doivent, en versant par eux, et qui encaisse recettes, ou ^

les sommes qui leur sont dues. 11 se règlements avec les pays étrangers.

Mais, comme il est le caissier non d’un grand nombre, son ésente une certaine régi ’ enant compenser fréquemment Il iTa donc pas besoin de conserver un

son, mais caisse pr compte V

autre. . , .

roulement égal à la somme des encaisses que

ses clients devrait conserver d..- ses comptes lui-même. En f^it, il peut vénients, à la condition d etre prudent, taines époques d’échéances, disposer < fonds dont il est dépositaire et comptable

D’autre part, les sommes qu’il détient constituent, en droit, un dépôt dit irrégulier. C’est-à-dire que, de-biteur vis-à-vis de ses clients de la somme abstraite qui constitue leur crédit, il n’est pas tenu de conserver matériellement les espèces à lui rernises. Ainsi, quoique ces sommes soient généralement exigibles a vue, c est-adire à la première réquisition, il n est pas oblige de les conserver intégralement, pourvu qu’il reste en mesure de satisfaire immédiatement à toute demande de retrait que ses clients peuvent lui adresser individuellement. C’est donc tout à fait légalement que le banquier fait circuler une partie des fonds déposés entre ses mains. Et, comme il est manifeste qu’ils ne lui ^ généralement pas été remis en vue d'être retirés d un seul coup, et que, d’ailleurs, en temps normal, tous les clients ne

se présenteraient pas à la fois pour être remboursés, le banquier peut habituellement user de cette latitude sans danger pour les déposants.

C’est d’ailleurs grâce à cet usage, consacré par une tradition plusieurs fois séculaire, que le banquier, caissier et comptable collectif, peut remplir une seconde fonction : celle de donneur de crédit. Ayant la dis’iosition d’une pariie des fonds de roulement de ses déposants, il peut la prêter à d’autres personnes, On peut même dire aujourd’hui qu’il y est obligé : car, les banquiers privés ayant pris l’habitude, pour encourager les dépôts, de servir un modique intérêt (en France généralement un demi pour cent) sur les sommes qui leur sont confiées, il leur faut trouver un bénéfice au moins équivalent, en plaçant la part dont ils peuvent disposer. Les prêts qu’ils consentent sont des opérations actives, qui font la contre-partie des opérations, passives en quelque sorte, qui résultent de la réception des dépôts (i j.

fi) La banque, du moins sous sa forme la plus rudimentaire, remonte à la plus haute antiquité civilisée. M. Revillout(I« ohlieations en droit égyptien comparé aux antres droits de Vantiquilé, p. 3y4) cite un banquier babylonien du vi° siècle avant J.-C., qui recevait des dépôts et prêtait à intérêt. Cependant, les banquiers anciens étaient surtout des changeurs. Au début du Moyen Age, iU ne furent pas autre chose. Au xii« siècle, les changeurs de Gênes commencent à être dénommés hanchieri, parce qu’ils s’installent sur des bancs, près des places publiques. Ces cambistes deviennent peu à peu des banquiers modernes, ils reçoivent des dépôts, font des virements, font du. crédit sous la forme de prêt ou de commandite. Au début du xiiie siècle, les banquiers passent d’Italie en France, en Angleterre et en Allemagne, plus tard en Hollande. Ce sont d’abord, outre les Juifs, des Lombards, puis des Toscans, et, en France, des gens de Cahors qui s’adonnent au commerce de banque. Enfin, au xviie et au xviii' siècles, ce commerce se développe et se perfectionne surtout en Hollande et en Angleterre. (Voir l’article de R. Ehrenberg dans le Fldw. d. Staatsw.)

— LA BANQUE EN GÉNÉRAL

*î 2. - Les principales opérations de ’^anque Pr^ prement dites : escompte, avances, crédit a découvert,

crédit d’acceptation.

Cepemi.im, les placements qu’ils réels par des principes très stricts. D abord, ils e doivent être faits, dans une banque °rdnyue. q^e p une échéance très rapprochée : les

è Sr^&"Va"l le banquier

sera en mesure de rembourser la

bilité et sécurité

bien remplies par V escompte des effets de lement des lettres de clnnige.

ou traite, est une invitation de commerciale, par un creanle tiré. — Elle peut dire que le débi-

re invité à payer, non entre les mains de son ais entre les mains d’une autre personne, n est mentionné au dos ou verso. ne

uim>e est payable tantôt à vue, c est-a-dne, même de la présentation, tantôt au bout délai, généralement assez bief (un mois ou otsff qui est indiqué. - Quand la trai e avable^ à vue, elle doit, en principe, etre 1 J débiteur ou tiré. Après quoi, elle peut etie r le tireur, c’est-à-dire vendue à quelqu un qui

__mble, sans prunte

d'autres termes, qu de l’écliéance, il somme avancée.

Ces deux conditions — sont assez commerce, et principa La lettre de change payer adressée, en matière ^ cier — le tireur — à son debiteur^

.,i,élnccée nn nrofit d lin tiers, c est-a

rapide

1 encaissera à 1 échéance (i). Le tireur, en effet, a généralement accorde un crédit à son client, en lui fixant un délai de paiement plus ou moins éloigné, et postérieur à la livraison. Mais il peut désirer de son côté, pour faire de nouvelles opérations, entrer immédiatement en possession de la somme qui lui est dùe. En ce cas, il se tourne tout naturellement vers son banquier. C’est à lui, en effet, qu il remet ses traites à encaisser ; il peut donc lui demander de lui remettre leur montant ayant leur échéance. Si le banquier consent à lui en faire ainsi le paiem.ent anticipé, il retient immédiatement (2)

1 intérêt ou escompte correspondant à la durée de l’avance. De là les expressions escompte, escompter que l’on emploie pour désigner le prêt lait par le banquier lorsqu’il consent à verser par anticipation le paiement d’une lettre de change.

L escompte constitue, pour le banquier, un placement qui correspond très bien à la nature de scs propres engagements. Les fonds disponibles d’une partie de sa clientèle lui permettent de consentir des avances : mais, les dépôts étant faits, pour la plupart, à une, et les demandes de retrait pouvant augmenter rapidement, le banquier ordinaire est tenu de ne faire que des avances à court terme. Or, les lettres de change sont tirées, pour la plupart, à un, deux ou trois mois, — parfois six mois ou un peu plus dans le commerce avec les pays lointains. Si le banquier veut, à un moment donné, renforcer son encaisse, il laisse rentrer progressivement le

(i) En fait, cependant, le banquier se cliarge souvent de faire accepter lui-même la traite, et, plus souvent encore, se passe de 1 acceptation, lorsqu'il connaît le tireur et le tiré.

principe, l’escompte est retenu d'avance. Cependant en tait, U n en est pas toujours ainsi. Sur la façon de calculer l’escompte

(escompte en dehors, escompte en dedans), consulter les traités de comptabilité.

LA BANQUE EN GENERAI

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