‹ Éléments d'économie politique [microform]Chapitre 53 sur 173 · CHAR. H · texte numérisé non relu

CHAR. H

la banque en général 187

__ Quant à Vimportance, il en est des banques comme des autres entreprises commerciales : on rencomte i la fois de grands, de moyens et de pet. ts etablissements. Les établissements de banque les plus i. portants sont généralement constitues soüs la forme de Lciétés paradions; ils ont le plus souvent leur sitg central dans une capitale, telle que fans ou Berlin, et possèdent pour la plupart des succursales . a ce } correspondent notamment les grandes cie .

françaises, telles que le Crédit lyonnais, \t Comptoir d Es^ compte, la Société générale{\), et beaucoup de banque .

'"cependant, il y a aussi des banques privées tort importantes, ne serait-ce que par leur anctennete et leur notoriété, que l’on désigne souvent sous le nont de

Haute banque : telle la banque Rothschild.

Il existe, en outre, en tous pays, un grand nombre de sociétés ou de banques privées de moyenne envei-

gure, dans les grands centres Fr

France, à Nancy, Lyon, Grenoble, Marseille, etc. enfin, on trouve, jusque dans d humbles petites villes, de petits banquiers, quiont à peine quelquesemployes^).

Sur les grandes sociétés de crédit françaises, on peut consulter notamment l’article de M. Albin Huart, L. developp^ement des

opérations de crédit des grandes banques françaises, dans la Revue eco-

(2) Il s’est produit, en matière de banque, comme pour le commerce en général, un mouvement de concentration qui a abouti à la orédominance des grands établissements, ou plus exactement, depuis la seconde moitié du xix* siècle, des grandes sociétés par actions. Ces sociétés se sont constituées, pour la plupart, entre 1852 et 1865.

Elles ont généralement engagé une lutte avec les petites banques . en France, la concentration a été particuherem''-m énergique, et s est Sé^Q lfplus souvent par la substitution des succursales des

prands établissements aux banques locales. (Voir Saurel, Soetehs % crédit contre banques tocales. th., Paris 1901). Cependant, les plus solides des banques régionales se sont maintenues : les unes, en

PART. II

3- La classification des banques à'nprès leurs lonctions est plus délicate. On rencontre d’abord des établissements qui acct:>mplissent sensiblement toutes les opérations mentionnées au paragraphe précédent ; ce sont notamment les sociétés decrédit françaises. En efidt, elles reçoivent des dépôts, ouvrent des comptes, font les encaissements et recouvrements, les opérations de c lange , elies tout 1 escompte et les avances sur titres ouvrent, ù la rigueur, quelques crédits à découvert, et loin des acceptations ; elles ont un service de garde collectif (dépôt libre des titres) et individuel (cofirestorts) ; elles transmettent les ordres de bourse de leur clientèle, se chargent de toutes les opérations que comporte la conservation et le maniement des titres; elles participent aux émissions, en ouvrant leurs guichets aux souscriptions et en envoyaiu des démarcheurs au domicile de leursclients, etelles interviennent même directement sur la bourse (voir plus loin, sect. , ch . Il, 4et 5 ) Cependant, nous verrons plus loin que, en raison rneme de la multiplicité de leurs opérations, ces étabiîssements de crédit ne peuvent donner une é^ale extension à toutes leurs affaires : en France, ils font peu

Lorraine notamment, sont devenues des banques d’affaires- les

^ obtenu,

grâce a la Socictc centrale îles batnpies de pros’ince, établie à Paris une

nnportante panicipation aux grandes émissions. (Voir L. Brocakd

Loticentrat'on et centralisation dans le commerce de hanqiie (Bulletin de’

Commerce de Meurthe-et-Moselle, janvier-février

Un mouvement de concentration analogue s’est opéré à l’étranger, notamment en Allemagne et en Angleterre. (Voir H. Depitrr Le mouvement de concentration dans les banques allemandes ih Pal

ns, 190S et R.vFFARn, Le mouvement de concentration dans les hanqfies anglaises, t h.. Pans. 1909. ‘

Pour l’ensemble de ce sujet, consulter B NooARoet W Ouai in L évolution au commerce, du crédit et des transports.

CH.\P. 11. — T..^ BANQUE EN GENERAL

de crédit à découvert, et interviennent beaucoup plus dans l’émission des fonds d'Etat que dans les émissions de valeurs industrielles.

En dehors des sociétés de crédit, les banques sont généralement spécialisées. En France, notamment, on peut distinguer tout d’abord celles qui s occupent des affaires commerciales courantes (encaissements, recouvrements, escompte) ’. ce sont notamment beaucoup de moyennes et petites banques privées. Puis celles qui s'occupent spécialement des ordres de bourse et du service des titres : il y a ainsi des banques dont la principale fonction est de gérer la fortune mobilière d une clientèle souvent peu nombreuse, mais riche. Elles sont, par là même, tout naturellement amenées à s'intéresser aux émissions. On peut classer dans cette catégorie à la fois les vieilles et importantes maisons dont certaines constituent la Haute banque, d’autres maisons plus modestes, mais anciennes, de la capitale et de la province, et enfin de très petites maisons de médiocre surface, fondées souvent par d’anciens employés des établissements de crédit.

Dans une catégorie un peu difTérente, on doit ranger les banques qui se chargent uniquement ou principalement à' émettre des valeurs nouvelles, surtout des valeurs industrielles, et qu’on qualifie de banques d affaires. Ce sont, d'une part, de grandes sociétés par actions comme, àParis, la Banque de Paris et des Pays-Bas, ou le Crédit Mobilier, d’autre part, des sociétés de moindre envergure ou des banques privées, et notamment un certain nombre de banques locales, telles que celles de la région de Nancy.

En dehors de ces grandes catégories, il y a des banques très étroitement spécialisées : d’une part, celles qui se consacrent aux règlements internationaux (banquiers arbitragistesl ; d’autre part, celles qui se consacrent à

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igo

des branches de crédit très particulières : banques d’exportation, pour le crédit à l’exportation ; banques hypothécaires pour le crédit foncier ; sociétés — souvent coopératives — de crédit agricole, etc. Nous reviendrons sur les plus importantes d’entre elles dans le chapitre relatif à l’organisation du crédit, (4*^ sect., chap. II).

4. — On doit aussi distinguer les banques d’après leurs moyens d’action. La banque du type le plus banal, la banque de dépôt et d’escompte, fait principalement ses opérations avec les fonds de ses déposants. Son capital propre sert surtout à la mettre en mouvement, mais il ne joue qu^un rôle accessoire dans la conduite de ses opérations, et nous avons pu, jusqu’ici, en faire abstraction, dans un exposé nécessairement un peu schématique.

Mais il y a des banques qui se procurent des ressources plus stables en recevant des dépôts à échéance fixe, auxquels elles servent un intérêt plus élevé qu’aux dépôts à vue (obligations à six mois portant un intérêt de 2 o^ O, par exemple). D’autres, comme les banques hypothécaires, émettent des obligations à long terme. Il y en a enfin qui font leurs opérations avec leurs propres capitaux, et pour lesquelles les dépôts ne jouent qu'un rôle insignifiant, ou même qui ne reçoivent pas de dépôts des particuliers ; telles sont certaines banques d’affaires ou sociétés financières.

Enfin, il y a des banques qui accomplissent leurs opérations actives (esconiptes et avances) non pas, pour la plupart, avec le numéraire de leurs déposants, mais avec des billets. C’est à ces banques que la terminologie moderne réserve la dénomination de banques d émission, ’i)

fl) Du moins, en langue française ; car, én allemand, le terme d Emissionsbank continue à s’appliquer aux banques qui se chargent des émissions de valeur. (Les banques d’émiSSion, s’appellent en allemand Zettelbanhen ou Kotenbanken.)

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