‹ Éléments d'économie politique [microform]Chapitre 69 sur 173 · CHAR. I. — LA NOTION DE CRÉDIT · texte numérisé non relu

CHAR. I. — LA NOTION DE CRÉDIT

^3. — La monnaie , instrument primordial du crédit.

On peut dire que tous les contrats qui représentent une opération de crédit de quelque importance pratique ’ sont des contrats pécuniaires, en d’autres termes, des

:-t contrats où l’une au moins des prestations a pour objet

une somme d’argent (i). Et, en effet, si c’est sous la 4 forme de monnaie que la richesse se conserve et s accu-

î mule le plus aisément, c’est aussi sous celte forme

J qu’elle se prête le mieux à un transfert, et que son trans-

I fert est le plus utile : peu encombrante de sa nature, et

î souvent transmise par simple jeu d écriture, la monnaie

I est, de toutes les richesses, celle qui se déplace le plus

] facilement, et la seule qui puisse être également utilisée

1^ par tout preneur, puisqu’elle est immédiatement

échangeable contre toute marchandise ou tout service. La monnaie est donc, par excellence, l’instrument de transfert des capitaux ; c'est, en d’autres termes, 1 insirument primordial du crédit.

On a cependant coutume, dans les ouvrages d'économie politique, non seulement de distinguer la notion de monnaie et celle de crédit, mais mêm.e de les oppo- , ser l’une à l’autre. C’est à tel point que certains écono- ’l mistes prennent chacune d’elles comme critérium de

deux phases successives de l’évolution économique. Cette distinction correspond, sans doute, à une réa- 1; lité : une économie à crédit possède, en outre de la monnaie, des institutions qui permettent de la mieux

î (i) Le prêt à usage ou le prêt de consommation portant sur des

[ marchandises iongibles autres que la monnaie sont sans importance

I notable, et comme, d'ailleurs, ils sont généralement gratuits, ils

I rentreraient moins dans la notion d échange que dans celle de

R\ donation.

PART. IT

Utiliser. On la caractérise à la fois par l'existence de divers instruments de crédit, et par celle des banques.

Parmi les instruments de crédit, on cite généralement la lettre de change, le billet à ordre, le billet de banque et mênie le chèque ; et l’on attribue ensuite au crédit," en dehors de sa fonction propre, un certain nombre U autres vertus, notamment celle de faciliter les paiements entre places éloignées et de se substituer à la monnaie métallique : on qualifie, en effet, certains de ces instruments de monnaie fiduciaire. Cependant, s’il est vrai que le crédit se mêle parfois aux opérations de reglements et de change, l’utilisation des efiets de commerce dans ces opérations se rattache surtout à une autre notion. Et, d’autre part, si la lettre de change et le billet à ordre peuvent servir à des opérations de crédit indépendantes de la 'banque, le chèque n’y peut contribuer que par sa place dans l’ensemble des opérations de banque.

Or, la banque développe d’une façon considérable le

-ledit . d abord par le fait seul qu’elle perfectionne le

lîécanisme des échanges, et rend ainsi disponible une

orte part des espèces monnayées; ensuite, parce qu’elle

rouve constamment des affectations à ces sommes dislonibles.

Il ne faut pas, cependant, exagérer la signification <le la distinction entre l’économie à monnaie et l’écono'

suppose qu’un accroissement (I elhcacité de cet instrument de crédit primordial qu’est

la monnaie. En effet, les opérations de crédit se caractérisent bien parce qu’elles reposent sur une simple pmmesse de payer en monnaie. — tandis que les opérations au comptant supposent un paiement immédiat en 1 lonnnie , mais la monnaie elle-même, en somme,

1 e vaut que comme promesse d’arriver à une prestation ■ce service ou à une livraison de marchandises.

SI

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