CHAP. II. LP MÉCANISME DU CRÉDIT
partie des souscriptions soient faites par des banquiers ; et les banquiers émetteurs, qui emploient le même procédé, s’exposent à ce qu’une partie des souscriptions soient faites par des spéculateurs. Dans les deux cas, il n’y a pas de classement immédiat ; les intermédiaires que l’on aura voulu écarter revendront les titres à un prix supérieur à celui de l’émission ; puis, si les acheteurs définitifs font défaut, l’émetteur sera amené à -racheter des titres pour éviter la baisse.
2° Pour ces raisons, les banquiers préfèrent souvent écouler les titres qu’ils ont pris en charge dans des ventes de gré à gré aux guichets des agences, ou par
l’intermédiaire des démarcheurs qui vont trouver la clientèle à domicile. L’émission se fait plus lentement, l’immobilisation des capitaux est un peu plus longue ; mais le classement est définitif, et le prix de vente peut être supérieur à celui que donnerait le procédé de la souscription publique.
3° La vente peut aussi être faite directement m bourse'. c’est un procédé employé pour les fins de placement, ou pour les introductions de titres déjà colés sur des bourses étrangères (i).
D’une façon assez analogue, l’Etat émet souvent des titres en les écoulant progres.'^ivement à ses acheteurs réguliers, tels que les caisses d’épargne.
Les banques ne se bornent pas à intervenir dans l’émission des valeurs ; les valeurs une fois sur le marché, elles ont souvent intérêt à en soutenir le cours, soit oarce qu’elles ont un lot important de ces valeurs dans eur portefeuille, soit pour éviter le discrédit qui trappe
i ('.) Sur l’emploi de ces divers procédés et les critiques qu’ils sug-
gèrent, on peut consulter l'ouvrage, capital en la matière, de p; M. André E. Sa vous. Les banques de dépôt, les banques de crédit et les
I sociétés finunrières, 2® éd. Paris, 1907.
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une maison, longue les valeurs qu elle émet viennent à se déprécier brusquemeiu. Cela les conduit souvent à racheter des valeurs récemment émises, l'augmentation des achats devant provoquer une hausse, ou tout au moins enrayer la baisse. Les banques ont cependant un procédé indirect pour contribuer à maintenir les cours, sans avoir à engager beaucoup de capitaux : c’est de placer une partie de leurs disponibilités en vôpovt sur les valeurs qu’elles veulent soutenir. En eti'et, les capitaux placés en report permettent aux haussiers qui veulent maintenir leur position de se faire reporter à meilleur compte, et facilitent ainsi le mouvement de hausse. — - Inversement, une banque qui s interesse à un mouvement de baisse peut mettre des titres à la disposition des vendeurs disposés à reporter.
§ 6. — Les marchés financiers.
II existe, d'ailleurs, entre les banques de toutes calé- ,,mries et la bourse des valeurs tout un ensemble de rap* )orts très complexes dont l’influence, jointe à la situa- •ion économique du pays, déterminent les conditions du crédit sur cliaque place, et lorme des miirchcs JiHciucicvs ayant chacun leur physionomie propre.
Il y a, en effet, tout d’abord une certaine solidarité, entre les diverses modalités du crédit : nous venons de '^oir, par exemple, comment les placements à court terme en reports, peuvent influer sur le marché des valeurs mobilières; mais il existe un lien nécessaire entre ces ]>lacements en reports et les autres placements à court lerme : escompte ou avances sur titres; or, le taux de 1 escompte et des avances dépend de l'organisation des banques, notamment des banques d’émission, et sou- ^’ent même du système monétaire. Nous avons vu plus haut que la Banque d Angleterre est fréquemment obli-