CHAP. II. TE MÉCANISME DU CRÉDIT
gée de relever son escompte pour défendre son encaisse, alors que la Banque de France, pourvue d’une encaisse bien plus considérable, et ayant d’ailleurs la faculté de retenir son or en se libérant en pièces de cinq francs, a bien moins souvent recours à cette mesure. Et, par là, le marché financier français se trouve moins exposé que le marché anglais à de brusques resserrements. Le marché financier de New-York est, au contraire, exposé à de dangereux ébranlements, en raison notamment de l’absence d’une banque centrale d’émission (i).
Aussi, malgré les mouvements incessants de capitaux qui s’eflectuent entre les divers marchés financiers, chacun d’eux conserve ses caractères propres, dûs non seulement à la plus ou moins grande abondance des capitaux disponibles, mais aussi au système monétaire, au régime légal et à l’organisation pratique des établissements de banque et de bourse, au régime fiscal des valeurs mobilières, etc.
Cependant, il faut reconnaître qu’un grand marché financier est, dans une large mesure, le reflet de la situation économique d’un pays : il dépend surtout des capitaux disponibles et de V affectation que les circonstances et les habitudes économiques peuvent leur donner.
De tous les marchés financiers, celui de Londres vient en tête, sinon par son importance actuelle — qui est sensiblement égalée aujourd’hui par celle du marché de Paris — du moins par son ancienneté, et par le nombre et la variété des titres admis à sa cote (2). Viennent en-
(1) Notons toutefois qu’une notable solidarité existe entre les divers marchés financiers. Nous avons vu plus haut (p. 248) comment l’élévation du taux de l’escompte attire momentanément les capitaux sur les marchés qui souffrent d’un resserrement monétaire ; et nous verrons au chapitre suivant le rôle des arbitrages internationaux sur les valeurs mobilières.
(2) La cote de Londres comprend environ 4.400 valeurs de toutes
PART. Il