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CHAP. 1. — LES ÉCHANGES INTERNATIONAUX PO

ment dit, la balance des comptes d’une nation avec une autre nation, ou l’ensemble des nations étrangères, dresser un tableau analogue à celui-ci :

Ar.tiJ.

1) Marchandises vendues.

2) Transports effectués pour le compte de l’étranger.

3) Commissions perçues.

4) Placements faits par des étrang. rs.

3; intérêts ou dividendes touchés.

6) Economies réalisées par les n.^tiünaux à l’étranger et ren-

• voyées au pajs d’origine,

7) Disponibilités ménagées dans le pays par des étrangers.

Passif ( I ).

1) Marchandises achetées.

2) Transports effectués par des entreprises étrangères.

3) Commissions dues.

4) Placements faits à l’étranger.

5) Intérêts ou dividendes payés.

6) Economies réalisées par des étrangers et renvoyées dans leur pays d’origine.

7) Disponibilités ménagées par des nationaux à l’extérieur.

On pourrait assurément dresser un tableau plus long en procédant à une analyse plus détaillée des divers cléments qui entrent dans les comptes internationaux j mais ilsrentrent, en somme, dans deux groupes principaux: les transactions se rattachant au commerce proprement dit prix de vente, transports, commissions relatives aux marchandises) ; les transactions accomplies en dehors des besoins commerciaux (2), ou opérations financières (sous-

(1) Pour bien comprendre la signification du bilan international

ou de la balance des comptes, il faut se rappeler qu'il représente un état strictement momentané des créances et des dettes. Ainsi, le pays qui fait actuellement un placement à l’étranger bien

créancier de son emprunteur ; mais, pour le moment, il lui faut d’abord faire passer dans le pays emprunteur le montant de l’emprunt souscrit : il doit donc le capital de cet emprunt qui figure au passif de lu balance des comptes actuelle.

(2) Nous examinerons un peu plus loin, au 5; 4, s'il existe cependant un lien entre les transactions commerciales et les opérations financières.

criptions et achats de titres, paiement de coupons, envoi d’économies, ouvertures de crédit à l’étranger, etc.)

En dehors des éléments qui rentrent dans la balance des comptes, il 3^ a lieu d envisager, dans les échanges internationaux, un élément tout à fait distinct : les moHvetucnts de populcttion. Ce n est pas qu’il convienne, à vrai dire, de chercher à chiffrer la valeur des individus gagnés ou perdus par une nation, par l'émigration ou l’immigration ; mais les mouvements de population ont le plus souvent une cause économique, et ils intéressent, en tous cas, par leurs conséquences, l’économie des nations qu'ils affectent.

3. — Les grands courants des échanges internationaux à l’époque contemporaine.

Sans prétendre empiéter sur le domaine de la géographie économique, il convient d’indiquer ici le sens des grands courants d’échange internationaux ^mouvements de marchandises, de capitaux, de population , et

d’en exposer la signihcation.

Marchandises. — En ce qui concerne les marchandises, les échanges résultent à la fois de différences d’aptitudes naturelles et de ditférencv.s d aptitudes sociales, a la production. Ainsi, ils résultent tout d abord de différences de climat ou de constitution géologique . les pays tropicaux fournissent divers produits icate, thé, épices, etc.,) aux pays tempérés ; les pays riches en minerais, et surtout en houille, en approvisionnent les pays moins favorisés par la nature. Mais les échanges de marchandises dépendent aussi beaucoup du degré de développement économique et social ; ainsi, les pays tempérés de l’hémisphère austral (Argentine, colonie du Cap, Australie méridionale, NouveUe-Zélande, etc.), qui ont sensiblement les mêmes productions naturelles (bétail, laine,

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céréales, etc. , et les mêmes aptitudes industrielles, que lespa}’s de l’Europe se livrent cependant avec eux à un échange intense de matières premières contre des articles manufacturés, — parce qu’ils n’ont pas encore atteint le même développement industriel.

2° Capitaux. — Les mouvements de capitaux tiennent aujourd’hui également une très grande place dans les échanges internationaux ; mais leur importance est récente. Elle date de la diffusion des valeurs mobilières, c’est-à-dire du milieu du xix'^ siècle. Aujourd’hui, un grand nombre de valeurs sont cotées, comme nous l'avons vu, à la fois sur diverses bourses valeurs internationales), ainsi à Paris, à Londres, à Berlin. Les bourses étant reliées par le télégraphe, les légères différences de cote résultant de l’état du marché des capitaux — abondance plus ou moins grande des capitaux flottants sur la place — donnent lieu à des arbitrages de place à place, c’est-à-dire à l’achat sur la place où le cours est le plus bas, accompagné d’une vente de la même valeur sur elle v)ù il est plus élevé. De là des mouvements incessants de capitaux entre les grands marchés financiers.

Mais, en dehors de ces mouvements en quelque sorte oscillatoires, entre le^ grands marchés financiers, il existe des courants bien établis, dans le mouvement des capitaux comme dans celui des marchandises. Dans les pays neufs ou insuffisamment outillés, le besoin de capitaux se traduit par un intérêt élevé, qui les attire, en quelque sorte automatiquement ; c’est ainsi que certaines nations d'Europe, en tête desquelles se placent l’Angleterre et la France, envoient leurs capitaux, soit dans d’autres pays d’Europe (Russie, Espagne, Turquie, etc. , soit dans les autres parties du monde, et principalement en Amérique (Brésil, Argentine, Mexique, Canada, etc.).

Mais les mouvements de capitaux rendent ces nations

respectivement créancières et débitrices les unes des autres, par des voies différentes ; les pays prêteurs exportent chaque année leurs capitaux, en souscrivant ou achetant des titres étrangers, ou en fondant directement des établissements à l’étranger ; mais, en échange, ils reçoivent le montant des intérêts et dividendes des emprunts antérieurement souscrits, ou des entreprises antérieurement fondées par eux. Il y a ainsi, pour ces deux causes, deux courants de capitaux en sens inverse entre les pays prêteurs et les pays emprunteurs.

A l’époque actuelle, les pays comme la France et l’Angleterre, qui tout des prêts à l’étranger depuis déjà plus d’un demi-siècle, se trouvent avoir, de ce fait, une créance supérieure au montant de leurs exportations annuelles de capitaux. Si bien que, la compensation une fois operée, ils restent en possession d’un solde créditeur, qui, comme nous le verrons au paragraphe suivant compense leurs uettes en marchandises et leur laisse généralement un reliquat en numéraire (i).

Ÿ Population. — La population est infiniment moins mobile que les capitaux : elle est attachée au sol national par la langue et les habitudes; et elle n’émigre pas volontiers, si ce n’est dans des colonies cù elle retrouve des conditions d’existence analosiues à celles de la mèrepatrie. Aussi l’émigration a-t-elle eu longternps des causes en partie extra-économiques, — causes religieuses principalement. — Et malgré la lacilité^ croissante des moyens de communication, une population même rapidement croissante tend à rester sur le sol national.

Cependant, on peut distinguer deux catégories de mouvements internationaux de la population : premièrement des migrations temporaires, et secondement des

(i) Pour plus de détails, voir Fernand Faure, Le mouvement international des capitaux (Revue écon. intern. oct. 1911).

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migrations suivies d’un établissement définitifs l’étranger. Les ouvriers de certains pays, attirés au loin par un salaire plus élevé, comme les capitaux le sont par le taux de l’intérêt, vont travailler à l’étranger pour une saison ou pour une année; c’est ainsi que des Belges ou des Espagnols viennent en France faire la moisson ou les vendanges, que des Italiens vont faire la récoLe jusque dans la République Argentine. D'autres émigrent — tels les Français des Basses-Alpes qui vont au Mexique — pour la durée de leur vie active, mais avec l’idée de se retirer dans leur pays.

Au contraire, il y a des émigrants qui abandonnent leur patrie sans esprit de retour : tels sont le plus souvent les Anglais qui vont s’établir dans leurs colonies de peuplement (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Coloniedu Cap' ; les Irlandais, les Allemands, les Suédois,

■ les habitants de l’Europe centrale et orientale qui se i rendent aux Etats-Unis; et. souvent aussi, les Portugais, I Espagnols, Italiens et Français qui vont se fixer dans

I l’Amérique du Sud. Il y a là des courants d’émigration

I réguliers, continus, et qui ne changent que iente- I ment(i).

§ 4. — Le mécanisme des échanges de marchandises et de capitaux, et leur règlement. — L’idée d’un équilibre de la balance des comptes. — Influence du change sur les arbitrages internationaux de valeurs mobilières

Les institutions propres au commerce extérieur, et

! surtout les procédés de règlement usités dans les échanges internationaux, suffisent à suggérer l’idée que ces échanges ont un mécanisme particulier^ qui leur

(i) \ oir Gonnard, L' émigration européenne

au XIX® siècle.

Nogaro

PART. II

donne un caractère différent de ceux qui s’accomplissent à l’intérieur d’un pays. Etant donné le rôle qu’y joue la compensation, et la torme qu’elle y prend, on est amené à considérer les transactions internationales comme fermant un tout distinct j et 1 idée s’est peu à peu tait jour, parmi les économistes, que les exportations payaient les importations, qu il y avait là une sorte de/ror entre marchandises de valeur égale, la monnaie constituant à peine un appoint très minine, et nécessairement limité, qui peut pour ainsi dire, être négligé. Ainsi se sont constituées les théories de {équilibre du commerce international.

La plus simple est celle de J. -B. Say, proposition detachee de sa « théorie des débouchés », dont la lormule générale est la suivante : <c les produits s’échangent contre les produits. On peut la résumer ainsi.

Les^pays qui produisent des métaux précieux les ont tout d’abord exportés comme de simples marchandises, et ceux qui n’en produisent pas ont dû tout d’abord les acquérir contre des marchandises ; si bien que, en réglant une part de leurs importations avec de la monnaie, c est bien au fond, avec leurs produits qu’ils les payeiit. Le commerce international se réduit donc à un troc de marchandises contre marchandises. — Telle est 1 application de la théorie des débouchés au commerce international. Mais elle ne résout le problème de l’équilibre du commerce international qu’en comptant la monnaie parmi les marchandises échangées ; or, ceux qui examinent ce^ problème se proposent généralement de rechercher, si, le stock monétaire du pays une fois constitué, les^ échanges ont une tendance à se régler, sinon

sans soities de métaux précieux, du moins sans drainage du stock monétaire. ^

La théorie que l’on a coutume d’attribuer à (i),

(i) On la trouve cependant avant lui, notamment dans Hume.

CHAH. I

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