‹ Éléments d'économie politique [microform]Chapitre 89 sur 173 · PART. 111. — I.’ÉQUILIBRE DE LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

PART. 111. — I.’ÉQUILIBRE DE LA PRODUCTION

leurs eux-mêmes ; de telle sorte que l’ofFre peut rester inférieure à la demande, ou la dépasser. — Enfin, même lorsque les indications du marché orientent les activités économiques dans un sens tout à fait conforme aux besoins, l’adaptation est subordonnée à la lenteur du processus productif : il faut des années pour mettre en exploitation des terres nouvelles, pour créer des moyens de transport, pour installer des usines, pour aménager des mines. La production peut donc, pendant fort longtemps, ne pas répondre à l’appel de la demande, malgré le stimulant de la hausse des prix. Il y a plus : lorsque les moyens de production sont constitués et commencent à fonctionner, comme les chefs d’entreprise n’étaient pas toujours instruits du nombre et de l’importance des entreprises concurrentes, il arrive parfois que la production se trouve tout à coup surabondante. Et, malgré la baisse de cours qui se produit, elle ne se règle pas aisément; car les capitaux fixes, pour employer la terminologie classique, c’est-à-dire l’outillage, les bâtiments, etc., ne peuvent guère changer de destination : on ne saurait transformer une distillerie en une filature. Il faut donc que certains chefs de maison abandonnent leur entreprise, ou qu ils se contentent d’un rendement médiocre, et sacrifient , une partie du revenu du capital pour ne pas perdre le capital lui-même ; — à moins que les producteurs ne se concertent pour se soustraire à 1 action de la concurrence et ne parviennent à relever leurs prix de vente en instituant un monopole (cartel) ( i).

- Mais nous ayons vu que le régime du monopole luimême est loin d impliquer une adaptation normale de la production au besoin.

Ainsi, il y a, à tout moment, une proportion notable

(i) Sur l'influence des cartels en cette matière, voir A. E. Sa vous, La crise allemande 1900-1902.

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