PART. IM. L ÉQUMJBRE DE LA PRODUCTION
paiement le crédit qui se fait par l’intermédiaire des banques. Nous avons vu, en effet, que, si le crédit fourni par les banques contribue considérablement au développement de la production, en permettant d’utiliser les moindres parcelles de capitaux momentanément dis- Donibles, il e d Eutre pErt pour effet de fEire reposer la production sur ^ une base instable. Le banquier prête à 1 un ce qu il doit à un autre ; et il prête à terme — encore qu’à court terme — des fonds qu’il doit restituer à vue. La nature même du dépôt en banque le place entre deux obligations qui peuvent devenir contradictoires. En cas d une demande de retrait anormale, il se trouve exposé, soit à « couper » l’escompte à ses emprunteurs habituels, soit a ne pouvoir rembourser immédiatement ses déposants. Dans les deux cas, l’embanas dans lequel le placent certains de ses clients se répercute sur toute sa clientèle ; et, comme ses clients appartiennent aux professions les plus diverses, il étend le malaise des entreprises atteintes les premières, non seulement à des entreprises connexes au point de vue technique, mais aux autres entreprises de toute sorte. On peut donc constater que le crédit de banque porte à son maximum la généralisation des perturbations écono -
miques résultant d un accident de production quelconque.
C est ainsi que, à certaines époques^ la proportion des entreprises qui périclitent et des activités économiques qut ne trouvent pas à s’employer — notamment des ouvriers qui chôment — devient très supérieure à la normale. On dit alors qu’il y a crise.
§ Ees crises générales et périodiques : notions i générales.
L’enchevêtrement des activités économiques, enche-
vêtrement qui résulte, comme nous venons de le voir, .principalement des liens techniques qui unissent entre elles les entreprises, et de 1 organisation du crédit, su à expliquer comment une perturbation, résultant d une cause quelconque, dans quelque branche de la production. peut se généraliser et aboutir à une crise, a un mo-
on a^observé que, principalement depuis le début du xix^ siècle, c’est-à-dire depuis que la production a pris le caractère capitalistique que nous avons signale plus haut, les crises les plus remarquables par leur étendue, par leur généralité, se produisaieut avec unt périodicité asse:;^ régulière : à peu près de dix en dix ans. L’idée s est donc présentée à l’esprit des économistes que ces crises n’étaient pas seulement l’effet de ces accidents qui peuvent se produire, à tout instant, par suite des hasards de la production, mais qu elles résultaient de r organisation capitaliste elle-même. On en est venu a penser^que le processus productif a quelque chose de rythmique, qu’il comporte des alternances d essor et de dépression, et que les accidents qui font éclater les crises n’y jouent que le rôle de causes occasionnelles.
Les historiens et théoriciens des crises sont à peu près d’accord pour signaler comme marquant des crises generales les années :
i8to, 1815, 1818, 1825, 1836-1839, 1847, I8)7r
D’autre part, on constate, en consultant les statistiques des prix, que ces années de crises marquent /a dmine période de hausse de prix, et sont suivies d une chute
brusque des cours 'i).
(0 On peut s’cn rendre compte en consultant des index-mivibcrs, pat exemple ceux de Sauerbcek, reproduits pour les .^^nees ^ ,907 par M. Jean- Lescure, dans son ouvrage, Des enses generales et
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l/ÉQUILIBRE DE
LA
PRODUCTION
Aussi M. Clément Juglar a-t-il défini la crise générale « la cessation brusque de la hausse des prix ». Mais la crise n’est précisément que le moment critique qui sépare une alternance de hausse et de baisse, ou, en d’autres termes, une période d’essor et une période de dépression. Elle se produit, d'après M. Juglar, quand à la confiance générale qui a fait monter les prix succède une défiance générale telle qu’ « il se trouve plus de personnes qui souhaitent vendre, que de personnes qui désirent acheter ».
Dans son ouvrage intitulé : Des crises et de leur retour périodique en France, en Angleterre et aux Etats-Unis, cet auteur s’est efforcé d’établir et d’expliquer la corrélation qui existe entre la genèse, l’éclatement et la liquidation de la crise, et lorganisaiion du crédit : par l'analyse du bilan des principales banques d’émission, il a pu démontrer que les crises étudiées par lui correspondent au moment où leur portefeuille commercial — c est-à-dire le montant de leurs escomptes — atteint son maximum, — tandis que 1 encaisse tombe à son minimum. Et il a donné de cette corrélation l’interprétation suivante : le développement du portefeuille commercial s’explique par le désir général qu'ont les chefs d entreprise d’augmenter leur chiffre d’affaires (i) : en effet.
périodiques^ de surproduction, 2* éd. 191c, p. 604-605. Ce tableau montre, d’une part, des mouvements de prix très amples, d’autre part, à 1 intérieur de ces larges ondulations, des oscillations plus restreintes . et, s il est vrai que 1 on constate des chûtes des cours en dehors des périodes de crise, il faut ajouter que chacune des années mentionnées ci-dessus est suivie d’une dénivellation brusque, et généralement assez notable, des prix. ’
(i) Quant à la baisse de 1 encaisse, M. Juglar l’expliquaif parl’ex-
portation de numéraire résultant de la diminution des exportations
de marchandises, les pays étrangers diminuant leurs achats dans des pays où se manifeste une forte hausse des prix. — A une époque plus récente, pour 1 Allemagne en 1900, on a pu, avec plus