LES SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS
Les sociétés de secours mutuels sont des associations de prévoyance qui, formées entre ouvriers, employés, travailleurs quelconques, unissent leurs membres par une sorte de confraternité personnelle et leur donnent droit à des visites de médecin et a des secours en cas de maladie, moyennant une modique contribution hebdomadaire ou mensuelle.
L’idée en fut lancée dès la Restauration. Des catholiques illustres, parmi lesquels il est juste de citer le comte de Melun, se distinguèrent au premier rang des promoteurs. Enfin l’institution sortit définitivement de la loi du 15 juillet 1850, qui chargeait concurremment le maire et le curé de la créer dans toutes les communes, et du décret-loi du 26 mars 1852. Mais les rédacteurs de ce dernier décret craignirent que les associations professionnelles, dont on voulait plus que jamais empêcher la reconstitution au lendemain des troubles de 1848 et 1849, ne se reformassent sous le couvert de sociétés mutuelles; et le nombre des membres de ces sociétés fut limité à 500.
On distingue : 1® des sociétés libres; 2® des sociétés reconnues ; 3“ des sociétés approuvées. Ces dernières admettent des membres honoraires, qui payent des cotisations sans pouvoir prétendre à des secours, et elles sont autorisées à prévoir des pensions de retraite en faveur de leurs membres.
On a souvent prédit pour les sociétés de secours mutuels des jours difficiles à franchir. Toute société de ce genre qui débute, s enrichit d’adhérents nouveaux qui apportent, et qui ne prennent à peu près rien ; le roulement normal des recettes et des dépenses ne s établit que lorsque la société déjà ancienne a un nombre stationnaire de membres représentant toutes les phases de la vie et reproduisant la constitution moyenne d’une population. Or, on a pu se laisser entraîner, dans les premières années, à promettre trop de retraites ou bien des retraites trop élevées ; et dans cette voie la difficulté peut se compliquer de l’abaissement progressif du taux de l’intérêt. On sait déjà que toutes les
* Voir la note, supra, p. G7T,
INSTITUTIONS d’ÉPARGNE, D’ÉCONOMIE ET D’ASSISTANCE 683
combinaisons de rentes et de paiements différés reposent sur la puissance de l’intérêt composé.
La môme remarque a été faite pour les Trade's Unions anglaises, dont les trois quarts ne possèdent pas un capital correspondant aux charges en cours.
Institutions d’assistance.