‹ Éléments d'économie politique [microform]Chapitre 22 sur 161 · PRINCIPE DE LA LIBERTE ]JÜ TRAVAIL · texte numérisé non relu

PRINCIPE DE LA LIBERTE ]JÜ TRAVAIL

sens que chacun doit pouvoir travailler a ce qu’il veut et comme il veut.

Deux ordres de considérations militent en faveur de ce principe-

1 Le travail, ayons-nous vu, est un devoir moral, non moins qu une nécessite economique. Or, il est irrationnel qu’un individu soit en meme temps obligé et empêché do faire la même choseoblige par la loi morale, empêché par des lois humaines posi-

2" La liberté du travail est un moyen d’améliorer dans l’ensemble la condition de la société. Nous avons déjà vu que la oon-

* Ecclésiastique, vu, 16,

Publo Lafarg’ue, le Dvoit la 'i^a-Te'^se i -r^ • «

dans son exposé de principes devanVle irihin';,^ a r^- I^^insdorf,

deux heures sufliraient tribunal de Leipzig, a déclaré que

currence entre les offres des producteurs, d’une part, et la concurrence entre les demandes des consommateurs, d’autre part, doivent multiplier les richesses consommables et abaisser les conditions auxquelles on pourra se les procurer.

Nous considérons donc la liberté du travail comme un principe, au même titre que le droit et le devoir pour chacun de se nourrir soi et les siens.

Partant de là, ce ne sera pas la liberté du travail qui aura besoin d’être prouvée, mais bien au contraire les restrictions qu’il pourrait être question d’y apporter.

L’histoire de la liberté du travail peut être ramenée à trois phases;

l°Les régimes de contrainte. C’est l’esclavage des temps anciens;

2^’ Les régimes d’obstacles coïncidant avec la disparition graduelle des anciens systèmes de contrainte. C’est le système des corporations du moyen âge;

3“ Le régime de liberté. C’est celui sous lequel la chute de l’ancien régime a achevé de nous mettre.

l'esclavage

L’esclavage, en droit pur, est caractérisé par le domaine de l’homme sur l’homme, domaine qui, dans la rigueur des termes, implique le droit de disposer de l’esclave comme d’une chose et par conséquent le droit de le mettre à mort. Pour l’honneur de l’humanité, l’esclavage a rarement existé avec cette rigidité de logique : le droit effectif de disposer allant jusqu’au droit de tuer ne se rencontre que dans les périodes de brutalité sauvage ou bien en certains temps de dépravation raffinée tels que la fin de la République romaine et le commencement de l’Empire.

Au point de vue économique, l’esclavage est caractérisé par le droit du maître sur le travail de l’esclave et sur la totalité du produit de ce travail. Le maître nourrit et entretient l’esclave, non pas parce qu’il lui doit un salaire, mais parce que la machine humaine, comme toute machine, a besoin, pour ainsi parler, de recevoir son combustible.

L’esclavage, par rapport à un état social plus grossier, a pu être cependant un progrès, en ce que: 1° il a pu servir de prétexte pour laisser la vie sauve aux prisonniers de guerre ; 2“ il a pu préparer une certaine division du travail, sous des régimes où le maître abandonnait à l’esclave les travaux pénibles et

^ première partie — PRODUCTION

rebutants et se réservait pour lui-même certains offices d’un ordre réputé plus élevé. “

Mais de ce que le travail matériel, qui doit toujours occuper

1 immense majorité du genre humain, était abandonné a^ux esclaves, il s’ensuivait : ‘«uaunne aux

méprisé. Le fait n’est pas douteux pour les civilisations grecque et romaine;

2“ Que ce travail était peu productif, faute d’intérêt direct et ner-

sonnel .nez le travailleur manuel et faute d’une libre adaptafion des capacités aux carrières; ^

® “f réalisait aucun progrès, parce que les autes classes n étaient pas mêlées au travail de la production et que les classes inferieures ou serviles n’avaient aucun intérêt à produire plus ou mieux. Aussi a-t-on remarqué avec raison qu’il n est pas une période du moyen âge qui n’ait fait plus d’inventions que tous les siècles ensemble de l’Empire romain Le mépris et l’improductivité du travail furent au nombre des causes qui amenèrent la misère et le malaise universels des derniers siècles avant l’établissement définitif des barbares A ce

Constantinople,

légalement a sa profession chaque artisan des classes e leures de la société. Ce lut le système des collegia du Ras- Empire corporations fermées, non pas comme celles du moyen âge et de 1 ancien régime contre les concurrents qui auraient voulu y entrer, mais contre les membres qui voulaient en sortirL Le servage est un esclavage adouci. On n’y parle plus du droit de disposition sur la personne, pas même du droit du maître à la totalité du produit du travail; le lien ancien subsiste seulement en ce que le serf, maître d’une partie des produits qu’il a obtenus

ne peut pas disposer de lui-même pour quitter l’exploitation à laquelle il est attaché.

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