‹ Éléments d'économie politique [microform]Chapitre 38 sur 161 · CLASSIFICATION DES INDUSTRIES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES INDUSTRIES

Dans son sens large, le mot industrie désigne tout usage reguher et suivi de l’activité humaine dans l’ordre des richesses a produire ou à échanger. C’est en ce sens qu’on appelle 1 économie politique «la philosophie de l’industrie». Alors si l’on veut préciser une branche distincte, on ajoute un qualiticatif et 1 on dit, par exemple, l’industrie agricole.

chsLs^"^"^ usuelle partage ordinairement l’industrie en trois Elle distingue : 1» l’agriculture ;

2» L’industrie proprement dite ou tout simplement l’industrie en prenant ici ce mot dans un sens étroit. Il désigne alors toute espece de fabrication autre que celle des produits mêmes du sol- 3® Le commerce. ’

Les transports, dans cette classiflcation-là, n’occupent aucune

place a part : Us sont confondus avec le commerce, soit que jadis

ndustrie des transports n’eût rien de son importance actuelle,

boit qu alors les négociants lissent eux-mêmes le transport de leurs marchandises. “aspori ae

J.-B. Say distingua < :

««i puisent les matières premières

uîtTrienre ™ ti’nne transformation

ulferienre Elles comprennent, d’une part, l'agricnlture et à côté

elle la chasse et la peche; d’autre part, les mines, que la classi-

tication nsuelle sépare de l’agricnlttire et met dans l’industrie

proprement dite, à côté des usines et ateliers quelconques'

de So* GwKmmr”""'” "■ "■ '•

analogues à ceux de ranricnuni des mines, dont les produits sont

immédiatement dl •nains dl L n^

ail commencé lUmvre de leur créer de Ta"va'leu1’'»“j“ intérieur

«omic pouti^iue, ii« partie, ch. vfi! 1. 1, p. 2^1).

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J.-B. Say, semble-t-il, s’inspirait encore des doctrines des phvsiocrates qui aimaient à opposer la production première aux trLsformations subséquentes ;

2» Les industries manufacturières, qui reçoivent leurs matières

ElT C’ett industries précédentes et qui les trans-

proprement dite de la classification

usuelle, moins les mines;

3» Les industries commemaZes, qui prennent les produits au

P^ductWe fournissent, soit à la consommation

rsontlompr^s^ ' consommation de jouissance. Les transports

cla^ses^^^^’ ensuite, distingua les industries en cinq

1“ Les industries agricoles ou l’agriculture au sens ordinaire I convient d y rattacher comme annexes la chasse et la pêche, maigre 1 avis contraire de Dunoyer : car ces deux industries secondaires ont toujours accompagné l’agriculture et l’ont même

ï«êmes besoins:

elles exigent (a 1 exception de la grande pêche) un certain nombre de connaissances communes ; enfin elles ont fourni, par des

tTqueÎ^™^*^°°^ ^ sensibles, nos races d’animaux domes-

2“ Les industries extractives, qui tirent de la nature des produits déjà tout formés par elle : des minerais, de la houille, du sel pmme ou du sel marin, etc. Cette définition faisait rentrer a chasse et la pêche parmi les industries extractives, mais nous venons de noos expliquer sur ce point ;

3» Les industries manufacturières, qui renferment toutes les transformations de matières premières fournies par l’une ou 1 autre des deux catégories précédentes et même l’industrie du batiment, autrement dit la construction. Garnier propose de sous-distinguer en industries manufacturières proprement dites et industries constructives. Exemples des premières : la filature, le tissage, l’imprimerie, les produits chimiques, la métallurgie, etc. Bien entendu, nous maintenons dans les industries agricoles, soit certaines transformations rudimentaires qui s’accomplissent chez le cultivateur, comme la fabrication du beurre

^ f culture des plantes qui sont destinées à

satistaire a des besoins autres que ceux de l’alimentation : c’est la culture des plantes industrielles (lin, chanvre, coton, garance, plantes tinctoriales quelconques, etc.).

Enfin Dunoyer, qui avait dédoublé les industries extractives de

LES INDUSTRIES 193

J,*B. Say en deux caté<;ories, dédoubla également le commerce, pour en tirer :

4® L’industrie des transports (roulage, navigation maritime, actuellement chemins de fer) ;

Et enfin : 5® l’industrie commerciale, qui concentrait les marchandises, le tout à la disposition de quiconque en a besoin. Le commerce comprend la banque, dont nous aurons à faire une étude particulière.

Cette classification nous semble la meilleure. Elle se rapproche du langage usuel, ce qui est toujours un avantage au point de vue de la clarté, et elle échappe cependant aux critiques que méritait la division tripartite ordinaire.

Bien d autres classifications d’un caractère plus philosophique ont été proposées. Nous nous bornerons à signaler les aperçus que l’on peut tirer d’une théorie de Stuart Mill sur la destination des produits L En substance, on peut distinguer :

1® Les industries préparatoires de consommation, donnant des produits inachevés qui, une fois achevés, seront consommés à titre de jouissance ou d’entretien personnels. Ainsi la culture des céréales ; la meunerie (mais non la boulangerie) ; la filature et le tissage (mais non la confection des vêtements) ;

2® Les industries définitives de consommation, donnant des produits achevés qui vont etre consommés à titre de jouissance ou d entretien personnels. Ainsi la boulangerie; la confection des vêtements; l’industrie du bâtiment;

3® Les industries auxiliaires ayant pour objet des travaux qui ne doivent servir quMndirectement à la consommation personnelle. Ainsi la fabrication des outils et machines et celle des produits chimiques.

L avantage de cette classification serait défaire nettement ressortir que 1 homme lui-meme est le but dernier de toute production et de tout eflort, et que chaque chose ne vaut la peine qu’on se donne pour l’avoir, que par le rapport direct ou indirect qu’elle a avec la satisfaction de nos besoins. Par exemple, le pâturage du mouton dans les pampas de la Plata, la construction et la conduite du navire qui amènera sa toison aux ports deLiverpool, du Havre ou de Dunkerque, n’ont de cause et ne peuvent espérer de rémunération que par la lointaine destination que doit recevoir cette laine peignée, filée, tissée, mise en vêtements pour nous couvrir des intempéries de nos climats.

Un inconvénient de cette classification, c’est qu’elle s’écarte par

^ Stuart Mill, Principes (^économie politique, I. I, ch. ii, §§ 1-2.

19i PREMIÈRE PARTIE — PRODUCTION

trop de notre classification obvie, laquelle est à ce titre plus féconde en applications pratiques et rend mieux compte des différences de régime entre les populations adonnées à tel ou tel genre de travail. Un autre inconvénient, c’est qu’elle laisse parfois en suspens le caractère de l’industrie aussi longtemps que la destination du produit n’est pas connue. Ort mettrons-nous, par exemple, l’industrie houillère? Avec les industries préparatoires de consommation, s’il s’agit de charbon pour l’éclairage au gaz ; avec les industries définitives de consommation, s’il s’agit de chauffage domestique ; enfin avec les industries auxiliaires, s’il s’agit de charbon d’usine et de chaudière.

La répartition des populations par professions est la partie la plus défectueuse et la plus incertaine de nos recensements L En France, bien que l’on attribue à l’industrie proprement dite les ouvriers de métier travaillant exclusivement pour la campagne, tels que charrons, maçons et maréchaux de villages, le recensement de 1886 donnait encore à l’agriculture une proportion de près de moitié (47,8 ®/o) ^ • Cependant, de recensement en recensement, cette proportionnalité tend à décroître, en même temps que la population dite urbaine tend à prendre le pas sur la population dite rurale

La proportion de moitié environ pour l’agriculture est générale pour toute l’Europe centrale et occidentale, si l’on excepte l’Angleterre, où cette proportion s’abaisse au quart. Inversement, le rapport de moitié est de beaucoup dépassé dans l’Europe orientale; la proportion s’y élève à 80 et 85 %. Ces derniers rapports laissent conclure à une agriculture plutôt arriérée que prospère, tout au moins à un mauvais équilibre des forces de la production ; car une agriculture développée, disposant de vastes territoires et de régions suflîsamment fertiles, peut produire beaucoup plus que pour les besoins de ceux qui s’y adonnent, et les excédents considérables de ses produits sont plus avantageusement consacrés sur place aux besoins des travailleurs de l’industrie. S’il en est autrement, il faut supposer que dans ces pays-là les besoins autres que ceux de l’alimentation sont mal

1 Levasseur, la Population française^ t. I, p. 356.

® De Foville, France économique^ 1890, chap. v, pjt. 55 et suiv.

2 Ainsi le recensement de 1856 donnait à l’agriculture 52,94 o/o de la population totale; celui de 1886, seulement 47,82 o/o,

\ Quant à la population urbaine (ioaie population agglomérée de plus de

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