DEUXIEME PARTIE
— CIRCULATION OU ÉCHANGE
Evidemment, il y a erreur quelque part, et nous allons tout d’abord en fournir la preuve par un examen de la balance du commerce de la France dans ces vingt-trois dernières années*.
De 1872 à 1875 inclus, cette balance nous fut favorable: il y eut un excédent de sorties de marchandises de 953 millions en quatre ans. Puis le courant changea de sens. De 1876 à 1878, les importations dépassèrent les exportations de 1.642 millions au total ; pendant les sept années suivantes de 1879 à 1885, leur excédent annuel fut de plus d’un milliard, et leur excédent total, de 8.942 millions. Les excédents décrûrent ensuite, mais üs restèrent tou-
programme électoiMl de VC/nion nationale. De même, la Justice sociale de M. rabbé Xaudet. « En avril 1S94, dit le no du â juin de la Justice sociale. les importations se sont élevées à 345.109.000 fr., et les exportations, seulement à 286.529.000 fr., soit une perte de 58.580.000 fr. Pour les quatre premiers mois, Xù. perte s'élève déjà à 529.045.000 fr, ». Erreur. Personne ne sait si pendant ce temps-Ià la France, malgré cet achat non compensé de 529 millions, ne s'est pas enrichie par des placements à l’étranger.
Il est étonnant que ceux qui s'occupent si activement de questions sociales n’aient jamais ou connu ou tenté de réfuter l’explication que les économistes ont SI fréquemment donnée d’un excédent même considérable et continu des importations.
* Voici le tableau de ce mouvement, d'après les chiffres du commerce spécial (nous nous expliquerons plus loin [même chapitre. sect. II, § 2| sur le sens technique de ce mot).
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