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partie la place au froment dans la confection du pain à la cam- j

pagne.

L’Angleterre, qui sauf le traité de 1786 avait vécu jusque-là sous

* Pour les prix moyens des blés, toutes zones confondues, voici les chiffres.

par période de cinq ans.

Années. Prix moyen Prix moyen

à l’hectolitre. aux HX) kil.

1811 1815 24fr05 32fr06

* L’hectolitre valut :

En 1801 : il fr. dans la Marne;

46 fr. dans les Alpes-Maritimes;

En 1817 : 36 fr. dans les CGtes-du-Nord ;

SO fr. dans le Haut-Rhin (ce qui mit le pain à 0 fr. 45 i;

ia livre) ; ^

En 1847 : 20 fr. dans l’Aude ;

49 fr. dans le Bas-Rhin.

(On commence, en 1847, à s’apercevoir du progrès des conununicatious.)

43 i DEUXIÈME PARTIE — CIRCULATION OU ÉCHANGE

un régime étroitement prohibitionniste, avait accompli son évolution vers le libre-échange dans la première moitié de ce siècle. Des idées il avait cherché à passer dans les faits. Huskisson, président du Board of trade (ou Ministre du commerce) de 1823 à 1827, avait signalé son passage aux affaires par de nombreuses mesures hardiment libérales : en 1823, suppression presque intégrale du privilège de la marine britannique, établi par l’Acte de navigation; en 1824, suppression de la prohibition d’importer des soieries; en 1825, permission d’exporter des laines et des machines; enfin, en 1826, abaissement des droits, simplification des règlements, et suppression de la douane intérieure entre la Grande- Bretagne et l’Irlande. Après cela cependant le parti de la résistance reprit momentanément le dessus, jusqu’à la grande campagne de la Corn-Lea(fue de Cobden et jusqu’à la suppression des droits sur les blés par Tact du 26 mai 1846. Sir Robert Peel y avait largement contribué. La réforme fut continuée après lui sous le ministère Gladstone, et elle aboutit finalement à un régime douanier très simple, d’où les articles de consommation courante et obligée sont exclus, tandis que certains produits exotiques (thé, café, vins, etc., etc.) sont grevés de droits purement fiscaux, dont le rendement atteint 500 millions de francs. Il est vrai que l’Angleterre, pays manufacturier, à population très dense et à grande propriété territoriale, ne pouvait avoir ni l’espoir de fournir à sa consommation alimentaire ni le moyen d’aider par la protection agricole de petits propriétaires travailleurs autonomes. Les droits sur les blés y avaient eu d’une manière trop marquée le caractère d’un privilège purement oligarchique. Cependant après 1846 l’agriculture ne fut pas non plus abandonnée: l’Etat lui fit un prêt de 15 millions sterling (375 millions de francs), principalement pour les drainages.

En France la rigueur du régime prohibitif de 1816, spécialement dirigé contre l’Angleterre, était aussi quelque peu atténuée dans cet intervalle, surtout dans la première moitié du règne de Louis-Philippe, après une tentative libérale de 1829 qui fut emportée avec Charles X avant d’avoir abouti. Pourtant nombre de droits sur les produits fabriqués se maintinrent entre 30 % et 50 ®/o de la valeur de la marchandise.

Le commerce international se développait peu à peu. Les importations n’avaient guère dépassé 400 millions par an sous la Restauration ; en 1840, on les trouve à 700 millions ; en 1853, à 1.200; en 1856, à 1.990. La balance du commerce nous était invariablement favorable depuis 1808, sauf quatre années isolées (1822, 1824, 1830 et 1837), sauf la période 1840 à 1848 et sauf encore une autre période 1855-1857, influencée par les mauvaises

LE COMMERCE INTERNATIONAL 435

récoltes 1853-1855 L Le stock métallique se constituait : de 1815 à 1859, les importations de numéraire (toutes compensations faites) avaient donné un excédent de 4.770 millions de francs, dans lequel la seule année 1859 figurait pour 636 millions. C’est du reste un fait d’expérience que la période du développement économique d’un peuple est caractérisée par la constitution du capital et l’excédent des ventes, avant que les forces d’acquisition de ce peuple se traduisent par les excédents d’importation.

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