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LES PARTIES PRENANTES

est traitée immédiatement à forfait, l’autre est aléatoire. Le forfait s’appelle le salaire-, l’aléa s’appelle le profit. Le forfait est pour l’ouvrier; l’aléa est pour l’entrepreneur ou le patron.

En est-il nécessairement ainsi ?

Oui, nous semble-t-il, au moins toutes les fois qu’il y a des hommes discutant leurs intérêts et respectivement libres les uns à l’égard des autres, et aussi longtemps qu’on n’aura pas trouvé le secret de mettre et de maintenir les hommes dans un état d’égalité absolue et perpétuelle, soit au point de vue des biens qu’on leur permettra d’avoir, soit au point de vue des facultés qu’ils affecteront à leur travail.

Au premier cas, quand la liberté personnelle manque et quand les intérêts ne sont pas discutés, en un mot sous un régime d’esclavage, le maître a toute la part du travail : ce qu’il abandonne à ses esclaves, juridiquement incapables d’avoir quelque chose, ne constitue point une part dans la répartition : ce n’est que l’amortissement du capital humain ou bien l’entretien de la machine humaine, comme le charbon et l’huile pour la machine, comme la nourriture et la litière pour les animaux de travail.

Le second cas, celui de l’égalité absolue et constante dans la jouissance des capitaux et dans les facultés de les faire valoir, est une hypothèse chimérique que le socialisme tentera vainement de réaliser.

Alors, tant que la possession du capital ne sera pas égale, ou bien même tant que les hommes — supposés jouissant de capitaux égaux — ne seront pas égaux aussi dans leurs facultés personnelles de les mettre en œuvre par le travail, il arrivera que les uns prendront les risques pour eux et seront des entrepreneurs, tandis que les autres préféreront, par goût ou par nécessité, cette part immédiate et fixe que nous appelons le salaire.

On voit donc que la distinction do profit et du salaire s’impose d’une manière absolue, encore que ces deux parties prenantes correspondent à un facteur unique qui est le travail.

D’un autre côté, il peut très bien arriver que le même individu ait plusieurs parts à prétendre, parce qu’il réunit en lui plusieurs titres de répartition. Ainsi le propriétaire foncier réclame un loyer de capital pour les constructions et la fertilité artificielle de son domaine, en même temps qu’il prend peut-être une rente foncière pour la fertilité naturelle du sol. De même encore, le fermier a : 1" un loyer de capital fixe et un intérêt de capital circulant, parce qu’il a certainement fourni un certain matériel agricole et un fonds de roulement ; 2° un salaire, parce qu’il doit en quelque sorte se payer à lui-même ses journées ; 3° éventuelle-

ment aussi un profit, parce que, entrepreneur, il a les risques de l’exploitation à sa charge.

Dans tous les cas de ce genre, la distinction entre les parties prenantes de la répartition est purement intellectuelle. Aussi, quand on veut étudier un des titres de la répartition, faut-il choisir un cas où ce titre se présente nettement isolé, comme la chimie isole de leurs combinaisons et même de leurs mélanges les corps simples qu’elle veut étudier.

On appelle travailleur autonome l’individu qui seul ou à peu près seul travaille manuellement comme un ouvrier, mais pour son propre compte comme un patron et avec son propre capital. C’est le cas du petit propriétaire cultivateur ou du pêcheur propriétaire de sa barque et de ses filets. Le travailleur autonome a ou doit avoir par définition : 1» un salaire implicite, qui est égal à ce qu’il gagnerait s’il louait ses bras dans le même lieu et le même métier; 2° un profit; 3» un loyer ou intérêt pour son propre capital qu’il se fournit à lui-même.

Cette distinction du travailleur autonome et du travailleur salarié, du salaire implicite et du salaire explicite ou détaché, n’est pas une simple distinction d’école. Elle engendre, une fois reconnue, des conséquences d’une sérieuse portée pratique. Ainsi, si l’on admettait que le travail pour compte d’autrui dût donner un salaire toujours égal aux besoins des ouvriers et supérieur en certains cas au rendement effectif de son travail, et si l’on admettait en même temps que l’Etat dût assurer par des lois le paiement intégral de ce salaire minimum au nom d’une justice dite justice sociale, il faudrait admettre aussi que tes mêmes obligations de justice sociale existent au profit des travailleurs autonomes, au cas où leur gain total serait inférieur à ce qu’exige la satisfaction de leurs besoins.

Telle que nous venons de la présenter, la distribution ou répartition s’appelle primitive. Elle est celle qui attribue la valeur produite aux facteurs de la production.

Mais il y en a une autre qu’on appelle secondaire, faite entre ceux qui n ont pas produit, et leur attribuant des richesses produites par les autres.

Il y a, en effet, dans toute société un certain nombre d’hommes qui, necessaires à cette société ou à certains de ses membres, demandent à consommer les richesses produites par d’autres, en échange de services qu’ils ont eux-mêmes rendus. Tels sont les fonctionnaires, les magistrats, les soldats, le clergé ; tels sont encore les médecins, les avocats, les professeurs d’arts libéraux ou de belles-lettres, etc.

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Ces services sont rémunérés par ceux qui les reçoivent, c’est-àdire par l’Etat s’il s’agit de services rendus indistinctement à la société tout entière, par les particuliers s’il s’agit de services privés tels que ceux des médecins. On voit déjà qu’une notable partie de la distribution secondaire va s’opérer par le moyen des impôts, à tel point que quelques auteurs ont essayé de rattacher les impôts à la répartition et d’en faire comme un cinquième titre, additionnel à ceux de rente, loyer ou intérêt, salaire et profit '.

La loi de l’offre et de la demande, qui est dominante dans la distribution primitive, n’est pas non plus sans application dans la distribution secondaire. Elle s’y rencontre sous deux formes :

1® En ce que des services non tarifés sont ou ne sont pas demandés selon la quantité de richesses qu’il faudra donner en retour. Ainsi tel médecin est pris de préférence à tel autre, parce que ses prix sont réputés moins élevés ; ou bien, en sens inverse, tel autre, parvenu à la réputation et jouissant d’une nombreuse clientèle, augmente ses demandes d’honoraires pour gagner davantage en travaillant peut-être beaucoup moins ;

2® En ce que certaines professions rémunérées par voie de distribution secondaire sont plus ou moins recherchées selon les avantages qu’elles offrent. D’où, parfois, la nécessité pour le public de relever le taux des rémunérations si la carrière est désertée quoique indispensable; et, en sens contraire, la nécessité pour ceux qui l’exercent, de diminuer leurs prétentions si la concurrence entre eux devient trop vive.

Même entre l’Etat et les fonctionnaires, pour des services tarifés sous forme de traitements, la loi de l’offre et de la demande se manifeste par l’attrait plus ou moins vif que présentent certaines situations. Toutefois, il est juste de dire que les considérations d’honneurs et de goûts personnels à satisfaire pèsent ici d’un poids au moins égal à celui des considérations d’intérêt purement pécuniaire.

Mais entre l’Etat et la société dont l’Etat est l’organe, la méthode d’autorité ou de contrainte est seule en vigueur. Gomme il s’agit, par définition, de services rendus à la société tout entière sans qu’on puisse distinguer ni mesurer la part personnelle de chacun dans le service reçu, le système des parts fixées de gré à gré et après discussion est radicalement impraticable. On ne peut pas maintenir le service pour les uns et le supprimer pour les autres : donc, on ne peut pas arracher des acquiescements individuels à

* Voir sur ce point Block, Progrès de la science économique, t- TI, p. in fînr.

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Laissant ici la distribution secondaire, qui reviendra seulement

d propos des consommations, soit privées, soit publiques nous reprenons la distribution primitive. Publiques, nous

Nous l’étudierons dans cet ordre ;

1" Le loÿer ou intérêt du capital;

20 La rente foncière, qui correspond aux agents naturels mais don la discussion est mieux à sa place après lelptoT pùisoue

varist apparents de rente comme def cas’de

variation dans le rendement du capital;

3“ Le salaire (proprement dit ou détaché) ;

nff ®st forcément étudié en dernier lieu Fn

effet, SI I on suppose pour la clarté de l’analyse que les diverses parties prenantes soient des individus physiquement distincts et n’mvoquant chacun qu’un seul titre de répartiLn ’eLr p eneur a qui reviendra ce profit, se servira forcément le derXr ernè prendra jamais que ce qui restera après le désintéressement de toutes les autres parties prenantes, auxquelles i! aX. ni sairement garanti la pleine exécution de ses propres engagemenï”

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