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CHAPITRE II

La part du capitaliste dans la répartition.

Programme officiel : La part du capital dans la répartition de la richesse ; L'intérêt; Légitimité du prêt à intérêt.

L'intérêt. — À côté du propriélaire foncier, il convient de placer le capitaliste proprement dit qui coopère à la production en fournissant à l'entrepreneur les capitaux mobiliers dont celui-ci a besoin : oulils, machines, matières premiéres, etc.

Il est très -rare, il est vrai, que l'entrepreneur emprunte directement au capitaliste ces divers objets, mais il en reçoit une somme de monnaie qui les représente, qui lui permet de les acquérir. En fait, le prêt a bien, presque toujours, pour objet de l'argent, mais au fond ce sont les machines, la laine, le coton, le fer, le charbon, etc., nécessaires pour produire que le capitaliste procure à l'entrepreneur.

On appelle sntérét la rémunération promise par l’emprunteur au capitaliste pour le décider à faire l'avance qui lui est demandée, et le taux de l'intérêt n’est autre chose que la relation existant entre la somme prètée à titre

de capilal et celle qui est promise à titre d'intérêt. On exprime cette relalion en prenant pour unité l'inlérêt promis pour une somme de 100 francs prêtée pendant une année. Si, par exemple, un capilal de 50000 francs est prêlé moyennantune rémunération annuelle de 2 500 francs, on dit qu'il est placé à 5 p. 100, car chacune des sommes de 100 francs dont ce capital se compose rapportera au prêteur 5 francs d'intérêt par an, jusqu'au jour où le capital lui-même sera reslilué.

Comment se détermine le taux de l’intérêt. — C'est aux deux parties intéressées à s'entendre pour fixer les conditions du prêt. La détermination du taux de l'intérêt est donc le résultat d'un débat entre l’emprunteur et le prêteur. Or, ce débat n’est pas, comme on pourrait le croire, le choc de deux fantaisies déréglées : la volonté de chacun est dirigée par des mobiles qu'on peut aisément analyser, et dominée par certaines circonstances exlérieures.

Le capitaliste ne consentira évidemment pas à se contenter d’un intérêt inférieur à ce qu'il juge nécessaire pour être indemnisé de la privation de son capital et du risque de ne pas être remboursé. Et, de son côté, l'entrepreneur ne peut accorder plus que la somme qui représente l'utilité que le capital a pour lui, c’est-à-dire la productivité probable de ce capital dans l'emploi auquel il le desline.

Il y a donc un minimum au-dessous duquel lé taux de l'intérêt ne peut descendre, parce que le capitaliste, plutôt que de subir des conditions qu'il juge inaccepläbles, préférerait ne pas prêter ; et il y a un maximum que ce taux ne peut dépasser, car l'entrepreneur renoncerait à emprunter plutôt que dele faire à perte. |

Or, le plus souvent, ce maximum et ce minimum ne coïncideront pas: on peut supposer par exemple que le premier soit à 6 p. 100 et lé second à 4 p. 100. Comment donc le taux de l'intérêt se fixera-t-il entre ces deux limites? Tout dépendra du plus ou moins d’abondance des capitaux disponibles entre les mains d’autres capitalistes, et de la quantité de demandes failes par d’autres entrepreneurs. S1, en effet, d'autres capitalistes en grand nombre désirent

placer des capitaux et ont peine à trouver des entrepreneurs désirant les leur emprunter, leur concurrence obligera celui qui nous occupe à abaisser ses prétentions : s’il s’y refusait, l'emprunteur avec lequel il cherche à s'entendre rcnoncerail à traiter avec lui, et s’adresserait aux autres. Ce Serait l'inverse au cas contraire.

Or, ce que nous venons de dire d’un emprunteur et d’un prêteur peut être généralisé et appliqué à l’ensemble de ceux qui empruntent où qui prêtent à un moment donné, dans un pays. On voit alors que, d'une façon générale, le taux de l'intérêt dépend :

1° De l'abondance des capitaux épargnés par les par: ticuliers ;

2° Des circonstances qui les décident à s’en dessaisir malgré la privalion que ce dessaisissement leur impose. Ces circonstances peuvent être nombreuses et variées; nous cilerons notamment: l'habitude du placement se substituant à la thésaurisalion, le plus ou moins de durée moyenne des prêts et le perfectionnement des procédés qui permettent au capitaliste de rentrer à volonté dans ses avances ‘ ;

3° De la quantité de demandes dont les capitaux sont l'objet; |

4° De la productivité probable de ces capitaux dans les emplois auxquels on les destine ;

5° Enfin, des risques auxquels ils vont se trouver exposés entre les mains des entrepreneurs, le capilalisté perdant tout ou partie de ses avances quand l’emprunteur se ruine et tombe en faillite.

LE TAUX MOYEN DE L'INTÉRÊT. — On ne peut évidemment s'altendre à ce que le taux de l'intérêt soit identique pour les diverses entreprises à un moment donné, car la produclivité des capitaux n’est pas la même dans tous les emplois, et les risques dépendent de la nature de l'affaire ct de l'habileté de celui qui la dirige. Un inventeur, par exemple, n'obtiendra bien souvent le capital dont il a besoin qu'à des conditions onéreuses, parce qu’il est in- Connu et que son invention h'a pas encore fait ses preuves ; el lui-même consentira à payer un intérêt élevé parce qu'il

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