LE CHANGE. — LES CRISES COMMERCIALES
Programme officiel : Le commerce intérieur et extérieur : le change. — Les crises commerciales : leurs causes et leurs remèdes. — Importation et exportation ; les débouchés. — Balance du commerce; comment elle se règle par le numéraire ou par les fonds « internationaux ».
Le commerce intérieur et extérieur. Son rôle. Son utilité. Importation et exportation. Les débouchés. — On vient de voir à quel point l'emploi de la monnaie et celui du crédit sont utiles aux échanges. On n'aurait cependant qu'une vue bien incomplète des phénomènes de la circulation des richesses si l’on s'en tenait à ces deux inventions des hommes. Il ne suffit pas, en effet,
pour qu’un échange ait lieu, qu'il existe des instruments
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propres à en faciliter le règlement, il faut encore, il faut surtout que celui qui désire vendre et celui qui peut acheter se rencontrent. L’industriel, occupé de sa fabrication, et le consommateur, relenu par ses occupations, ont besoin d’un intermédiaire qui les dispense désé chercherere commerçant est cet intermédiaire. Achelant aux uns pour revendre aux aulres, il va chercher le produit là où il est fabriqué pour l'expédier là où il est demandé. Au besoin même, il devance la demande, acquiert le produit avant de savoir à qui il le pourra vendre, le transporte à portée des acheteurs, le conserve, le tient à la disposition du public et le. lui présente sous l'aspect le plus séduisant c'est-à-dire paré pour la vente! Chez tous les peuples avancés, un cer-
tain nombre, considérable, d'individus bornent à à celte fonction tous leurs efforts. L'industrie à laquelle ils se livrent ainsi s'appelle le commerce. C’est le commerce intérieur lorsque l'achat et la revente ont lieu sans que la marchandise franchisse la frontière. Au cas contraire, c’est le commerce extérieur délerminant un double courant : d’ importation en faisant venir de l'étranger les produits dont le pays a besoin, d'exportation en expédiant à l'étranger une partie des produils obtenus dans le pays. De là ces transports incessants de produits, qui alimentent les chemins de ler, les entreprises de roulage et la marine marchande; de là ces marchés ou foires de toutes sortes où l'industriel vient acheter ses matières premières, où le cultivateur se procure ses chevaux, ses bestiaux, ses outils, où les consommaleurs trouvent réunis les mille objets dont ils ont besoin; de là les magasins généraux agglomérant, dans certains ports, des quantités énormes de marchandises amenées de l'étranger dans l'espérance d’un placement avantageux; de là ces maisons de gros qui achètent, dans le pays ou au dehors, les produits en grande quantité et les revendent par les soins de leurs commis-voyageurs et préposés de toute espèce à leur clientèle de petits commerçants; de là enfin, dans nos villes, bourgs et villages, ces riches magasins où ces humbles boutiques où la marchandise altend' docilement le bon plaisir de l'acheteur. Tout cela, c’est la vie commerciale dans ses agitations, son activité ou son calme.
Les services ainsi rendus sont considérables. Le commerce a, en somme, pour rôle d'approvisionner l'industrie etle public et de découvrir les débouchés qui permettent à chaque entrepreneur d'écouler ses produits. Il assure ainsi, nous l’avons déjà montré‘, une meilleure distribulion des capitaux et des bras, parce qu'il permet aux habitants de chaque contrée, de chaque pays, de consacrer le meilleur de leurs forces aux industries qui leur sont le plus lucralives. Grâce au commerce extérieur, par exemple, la France consomme du thé, du café, du coton qu'elle ne pourrait produire elle-même et qu'elle paye en vins, en tissus, en arlicles de Paris, elec. Elle achète de même avec avantage des produits qu'elle pourrait fabriquer, mais à grands frais, tandis que d’autres pays les lui offrent à bon marché. D'autre part, on vient de le voir, le commerce dispense le producteur et le consommateur de l'embarras de se chercher l’un l’autre, et chacun peut ainsi se livrer lout entier à l’occupalion qu'il a choisie. Ajoulons enfin qu'il sert encore d'éclaireur à l'industrie, car il renseigne le producleur sur les besoins et les goûts à satisfaire, et qu'il met le public à l'abri des diseltes et des hausses de prix exagérées en comblant, le cas échéant, par des achats à l’étranger, les insuffisances de la produelion nationale.
Le change. — Au point de vue de la circulation des richesses, l'intervention de l'industrie commerciale se traduil par une extraordinaire multiplicalion des échanges. Le produit, au lieu d'aller directement du producteur au consommateur, n'arrive à ce dernier qu'après avoir passé entre les mains d’un certain nombre de commerçants, peul-être de beaucoup. Ce n'est pas un mal, comme on pourrait le croire, car c’est ici l’un des cas où l’on peut dire que la route la plus courte ne serait pas la meilleure ?. La voie à suivre s’est, il est vrai, allongée, mais comme elle est tracée d'avance, elle est aussi plus rapidement parcourue.
Celte mulliplication des échanges, nécessaire à son fonctionnement, rend particulièrement précieux pour le