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CHAPITRE II

De quelques institutions ayant pour objet d'encourager certains emplois de la richesse. — Associations coopératives de consommation. — Caisses d'épargne. — Assurances. Assistance publique.

Programme officiel : L’Epargne (suite). — Assurances sur la vie, contre l’incendie et les divers accidents. — Caisses d'épargne. — Sociétés de secours mutuels.

Parmi les divers emplois que les hommes peuvent faire de la richesse, il n’en est guère qui, dans les sociétés avancées, ne donnent lieu à certains arrangements entre Îles particuliers ou à quelque intervention de l’État. Mais notre intention n’est pas d'examiner ici toutes ces combinaisons.

On connait déjà celles par lesquelles les producteurs incitent ceux qui épargnent à leur confier les fonds épargnés. La création des Bourses et des titres qui s'y négocient, les nombreuses variétés de rémunération, d’amortissement, de primes de remboursement, etc., n'ont pas d'autre objet. Nous nous bornerons à renvoyer aux renseignements antérieurement fournis sur ces divers sujels.

Le développement de la science et de l’art est également facilité par divers procédés : associations des intéressés en vue de s’aider les uns les autres, d'éclairer le goût du

public, etc., subventions de l'État ou des villes sous diverses formes. De même, l'éducation et l'instruction de la jeunesse sont généralement l’objet d’une sollicilude spéciale de la part de l'État. En France, par exemple, l'Etat fait de grands sacrifices pour l’enseignement à ses trois degrés, le supérieur, le secondaire et le primaire, et l'on a rendu d'instruction primaire obligaloire et gratuite en 18352. Dans tous ces cas, on se trouve en présence d’arrangements ayant pour but de faire en sorte qu'une partie de la puissance productrice de la sociélé soit employée d'une certaine façon que l’on croit bonne. Mais nous n'avons pas à entrer dans l’étude détaillée de ces arrangements. Une seule question intéresse directement l'économie politique en ce qui lès concerne : celle de savoir si l'intervention de l'État y cest légitime ou s’il ne ferait pas mieux de s'abstenir. Celte intervention, on l'a approuve où on la condamne, selon l'idée qu on se fait du rôle qui revient à l'État dans l'ordre économique. C’est là un problème d'ordre énéral dont nous renvoyons l'examen au prochain chapitre.

Nous concentrerons donc pour le moment notre allention sur quelques institutions dont nous n'avons pas encore parlé, et qui, visant surtout la classe laborieuse, ont poui objet : d'augmenter son bien-êlre et ses chances d'avenir, d'alténuer les risques de lexistence et de soulager la misère. Ces inslilutions sont : les associations coopératives de consommation, les caisses d'épargne, les assurances et - l'assistance. Toutes, elles influent sur les habitudes de la consommalion.

Associations Coopératives de consommation. — Nous avons déjà décrit les associations coopératives de consommalion!. Plusieurs individus, souvent un très grand nombre, forment à l’aide de cotisations périodiques un fonds commun : ce fonds sert à acheter des objets de consommation personnelle, aliments, vêtements, elc., qu'on revénd aux associés, ou même à lout venant, au prix du commerce de détail. Les bénéfices réalisés sont employés, partie à augmenter le capital de la société, partie à resti-

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tuer aux associés, sous forme d’une distribution de dividendes, une portion du prix de leurs achats. C’est là une excellente combinaison, qu’on ne saurait qu'approuver. Elle exige une grande abnégation de la part de ceux qui dirigent ces sortes d'associations. Il leur faut apporter un soin extrême dans leurs opérations et une rigueur implacable dans la répression des fautes de leur personnel ou des tentalives de fraude, de sophistication des commerçants auxquels ils achètent; la prospérité de l'institution est à ce prix. Souvent aussi ils sont en butle aux colères des détaillants de la localité, auxquels l'association coopérative se trouve faire concurrence. Leur tâche est donc pénible et ingrate, et presque toujours c’est gratuitement qu'ils la remplissent. Mais le service rendu est considérable. Procurant aux associés, à un prix très modéré, des objets sérieusement contrôlés : vivressains, vêtements solides, etc., l'association coopérative augmente leur bien-être tout en leur permetlant d'épargner davantage. En même temps, comme le payement au complant y est de règle absolue, elle développe en eux de précieuses qualités d'ordre et d'exactitude. |

Il n'existe aucune raison pour que ce genre d’associalion ne soit pas praliqué par toutes les classes de la société, riches ou pauvres. Mais c’est surlout dans les milieux ouvriers qu'il est appelé à rendre de grands services. Malheureusement, en France, il n’a encore pris qu’un développement insuffisant. C’est chez nos voisins les Anglais et les Allemands qu'il faut aller chercher des exemples dignes d'être cités. En Angleterre, le nombre des associalions de consommalion s'élève à près de 1 500, réunissant près de 2 millions de membres et groupant 550 millions de capitaux. Chaque année, ces sociélés vendent pour plus de 1 400 millions de marchandises et réalisent 15 1/2 p. 100 de bénéfices. En Allemagne, on en trouve environ 1500, se partageant plus de 800 000 associés et faisant pour plus de 300 millions d’affaires. Nous restons bien loin de ces chiffres, au moins en ce qui concerne l'importance des ventes.

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