Nous sommes ici parvenus, en ce qui concerne l’échaime
de deux marchandises entre elles, au but que nous nous étions assigne au début de cette théorie mathématique de l’échange -aO) et qui était d’arriver à la rareté en partant de la valeur
c échangé, au heu d’arriver à la valeur d’échange en partant de la rareté comme nous l’avions taii
pour l’échangeur (2)
pour l’échangeur (3)
et ainsi de suite. On a donc
ce qu’on peut aussi exprimer do cette manière
CüiisacnV à l’objet et aux divisions de réeoiiomie politique et sociale. En etïet, la rai'eté telle que nous l’avons ici, c’est-àdire l’intensité du dernier besoin salistait, se confond ligoureusenient avec la rareté telle que nous 1 avons délinie piccédeninienl (21) par la double condition de rutilité et de la limitation dans la quantité. 11 ne saurait y avoir de dernier besoin satisfait s’il n’y avait ))as de besoin, si la marchandise n’avait ni utilité d’extension ni utilité d intensité, si elle (dait viHtile. Et l’intensité du dernier besoin satisfait serait nulle si la marcbandise, ayant d’ailleurs une courbe d’utilité, existait en quantité supérieure à l’utilité d’extension, si elle était ilUmitéo en quantité. Notre rareté actuelle est donc bien la même (jue notre rareté antérieure. Il y a ceci de [ilus seulement (pi’elle est connue comme une grandeur appréciable, et que la valeui d’échange non seulement l’accompagne nécessairement, mais se proportionne nécessairement à elle comme cela a heu poui le |3oids relativement à la niasse. Or s’il est certain que la rareté et la valeur d’échange sont deux phénomènes concomitants et proportionnels, il est certain que la rareté est la cause
de la valeur d’échange.
La valeur d’échange, comme le poids, est un tait relatil ; la rareté, comme la masse, est un lait absolu. Si, des deux marchandises en présence, (A) et (11), l’une devenait inutile, ou, tout en restant utile, devenait illimitée en quantité, elle ne serait plus rare et n’aurait iilus de valeur d’échange. En ce cas, l’autre cesserait aussi d’avoir une valeur déchange, mais elle ne cesserait pas d’être rare; elle serait môme pins ou moins rare, elle aurait telle ou telle rareté déterminée, chez
chacun de ceux qui en seraient jiorleurs.
Je dis chez chacun de ceux qui en seraient porteurs. Et, en elfet, il est essentiel de le remarquer encore: il n’y a rien qui soit la rareté de la marchandise (A) ou de la marchandise (B), rien non plus, par conséquent, qui soit le rapport de la rareté de (A) à la rareté de (B) ou le rapport de la rareté de (B) à la rareté de (A) ; ce qu’il y a, ce sont les raretés de (A) ou de (B) pour les porteurs (1 ), (2), (3)... de ces marchandises et les rap-
asm
I torts des raretés de ( A ) a celles de ( B) ou des raretés de ( B) à celles de (A) pour ces porteurs. La rareté est i>ersonnelle ou subjective; la valeur d’échange est réelle ou objective. C’est seulement en ce qui concerne tel ou tel individu (pi’un peut, par l’assimilation rigoureuse de la rareté, de l'utilité effective et de la quantité possédée, d’une pari, avec la vitesse, l'espace parcouru et iQ temps emploqéuu parcours, d’autre part, définir la rareté; la déru'éede l' utilité effective jxir rapport ci la quantité possédée, exactement comme on définit la vites.se ; la dérivée de l'espace parcouru par rapport au temps emplopé ci le parcourir.
Si l’on voulait avoir quelque chose qui tVit la rareté de la iiiarcliandise(A)ou de la marchandise (B), il faudrait pnmdi-e la rareté monenne (jiii serait la moyenne arithmétique des raretés de chacune de ces marchandises chez chacun desécliangeiirs apiés l’échange, conception qui n’aurait rien de plus (Extraordinaire que celle des tailles moyennes ou des vies inou'iines dans un pays donné et ipii a la plus grande utilité dans certains cas. Ces raretés moyennes seraient elles-mêmes proporlionnel les aux v^aleurs d’écliange.
102. C’est le droit du théoricien de supposer les éléments des |)rix invariables duraid le temps qu’il emploie à formuler la loi d’établissement des jn-ix d’é(piilibre. Mais c’est son devoir, une fois cette opéi-ation tenninée, de se soiivenii- que les éléments des prix .sont essentiellement variables et de formuler en conséquence la loi de variation des prix d’équilibre.
C est ce qui nous i-este à faire ici. Et, au surplus, la i)reniière opération conduit immédiatement à la seconde. En effet, les élémenls d’établissement des prix sont aussi les éléments de variation des prix. Ces éléments d’établissement des prix .sont les utilités des marchandises et les quantités possédées de ces marchandises. Telles sont donc les causes et conditions premières de variation des prix.
Sup|)osons que, sur le même marché où l’échange de (A) et de (B) s etîectuait tout d’abord aux prix courants ci-dessus
mentionnés-- de (A) en (B) et /« de (B) en (A), cet échange
s’effectue ensuite aux prix courants différents de (A) en (B)
et/?' de (B) en (A», nous pouvons aftirnu'r tpie cette variation de prix proviendra de l'nne des quatre causes ci-après, ou d(> plusieui's d’entre elles, ou même de toutes :
1« Un changement dans l’utilité de la marchandise (A) ;
2" Un changement dans la quantité de cette marchandise possédée par un ou plusieurs porteurs;
Un changement dans l’utilité de la marchandise (B) ;
4" Un changement dans la quantité de cette marchandise possédée par un ou plusieurs porteurs.
Ces circonstances sont absolues et pourraient se déterminer à la rigueur. Pratiquement, cette détermination pourrait être' plus ou moins difficile; mais, théoriquement, rien ne nous olelige à la déclarer impossible. Une enquête par laquelle on interrogerait successivement tous les échangeurs au point de vue des éléments de leurs courbes de demande partielle éclaircirait la question. On conçoit même tel cas oii la cause première d’une variation de prix s’imposerait en quelque sorte a l’attention des observateurs. Qu’on suppose, par exemple, une hausse de /? à /?' survenant en même temps que la décou\erte d’une propriété remarquable de la marchandise (B) ou qu’un accident qui aurait détruit en partie l’approvisionnement de cette marchandise, on ne pourrait pas taire autrement que de rattacher l’un ou l’autre de ces deux événements à ta hausse survenue. Ce n’est pas une chose imi)Ossible que celle que l’on fait malgré soi, et il en est souvent ainsi de la détermination des causes et conditions premières de variation des ])rix.
103. Soit l’équilibre établi et divers échangeurs en possession des quantités res|)ectives de (A) et (B) qui, aux prix courants réci|)i'oques — de (A) en (B) et /? de (B) en ( A), leur don-
lient la satisfaction maxima. Cet état a lieu en raison de 1 égalité des rai)ports des raretés avec les pi'ix, il n’aura plus lieu si cette égalité cesse d’exister. Voyons donc comment les variations de l’utilité et de la quantité possédée peuvent troubler
l’état (le satisfaction maxima et quelles doivent être les conséipiences de ce trouble.
Quant aux variations dans l’utilité, elles peuvent s’effectuer de façons très diverses : il peut y avoir" augmentation de l’utilité d’intensité et diminution de l’utilité d’extension ou vicel'evsK, ('te. Aussi nous faut-il prendre quelques précautions pour énoncer à cet égard des propositions générales. C’est pourquoi nous réserverons les expressions d’angmrnt((tion et de diminution de l’utilité aux déplacements de la courbe de besoin (pii auront pour résultat d’augmenter ou de diminuer l’intensité du dernier besoin satisfait, ou la rareté, api'és l’échange. Cela bien entendu, supposons une augmentation de l’utilité de (B), c’est-à-dire un déplacement de la courbe de besoin de (B) d’où résulte une augmentation de la rareté de (B), pour certains échangeurs. Il n’y a plus satisfaction maxima pour c('s individus. Au coidraire, il y a avaidage pour eux, aux
prix courants réciproques — et/?, à demander du (Bien offrant
de l’( A). Donc, puisqu’il y avait égalité de l’olfre et de la demande des deux marchandises aux prix et ??, il va v avoir,
à ces [U’ix, excédent de la demande sur l’offre de (B) et excédent de l’otïre sur la demande de (A). D’où hausse de pu et baisse de Mais, dès lors aussi, il n’y aura plus satisfaction maxima pour les autres échangeurs. Au contraire, il y aura avantage pour eux, à un prix de (B) en (.A) supérieur à /? et à
un prix de (A) eu (B) inférieur à — , à offrir du (B) en deman-
dant de l’(A). L’équilibre se rétablira lorsque, à ce prix de(Bi
supérieur à /? et à ce prix de (A) inférieur à-^, l’olTi'e et la
demande des deux marchandises seront égales. Ainsi l’augmentation de l’utilité de (B) pour nos individus aura eu pour résidtat une élévation du prix de (B).
Une diminution de l’utilité de (B) aurait eu évidemment pour résultat un ahaissement du prix de (B).
Il n'y a qu’à regarder les courbes de besoin pour voir qu’une augmentation ou une diminution de la quantité possédée a pour résultat une diminution ou une augmentation de la rareté. D’ailleui’s, la rareté diminuant ou augmentant, nous venons de voir que le prix s’abaisse ou s’élève. Ainsi les etîèts de la variation dans la quantité ])ossédée sont purement et simplement contraii’es à ceux de la variation dans l’utdité, et nous pouvons énoncer la loi que nous cbeirbons dans les termes suivants:
— Deux marchandises étant données éi l’état d’équilibre sur un marché, si, toutes choses restant égales d’ailleurs, l’utilité d’une de ces deux marchandises augmente ou diminue gour U7i ou pour glusieui's des échangeurs, la râleur de cette marchandise gar raggort éi la valeur de l’autre, ou son gri.r, (tugmente ou diminue.
Si, toutes choses restant égales d’ailleurs, la quantité d’ une des deux marchandises augmc77te ou diminue chez un ou jtlusieia's des gorteurs, le gri.r de cette inarchandise di^ninue ouaugmente.
Remarquons, avant de passer outi’e, que, si la variation des prix indique nécessairement une variation dans les éléments de ces prix, en revanche, la persistance des prix n’indique pas nécessairement la persistance des éléments de ces prix. En effet, nous pouvons, sans autre démonstration, énoncer encore la double proposition suivante :
— Deux marchandises étant dominées, si l’utilité et la quantité d’une de ces deu.r marchandises ci l’égard d’un ou glusieio's des échangeurs ou gorteurs, varient de telle sorte que les raretés ne varient gas, la valeur de cette marchandise gar rapgort Il la videur de l'autre, ou son gri.r, ne varie pas.
Si r utilité et la quantité des deu.r marchandises éi l’égard d’un ou glusieurs des échangeurs ou gorteurs, varient de telle sorte que les raggorts des raretés ne vcunent gas, les gri.r des deux marchandises ne varient gas.