‹ Éléments d'économie politique pure [microform]Chapitre 2 sur 53 · OBJET ET DIVISIONS DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE ET SOCIALE · texte numérisé non relu

OBJET ET DIVISIONS DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE ET SOCIALE

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Définitions d’A. Smith et de J. -B. Say.

Sommaire : — 1. Besoin d’une définition. — 2. Physiocratie. — 3. Double objet assigné par A. Smitb à l’économie politique: 1» Procurer au peuple un revenu ou une subsistance abondante ; 2» Fournir à l’Etat un revenu suffisant. — 4. Première observation. Deux buts également sérieux, mais dont ni l’un ni l’autre n’est l’objet d’une science proprement dite. Il y a un autre point de vue pour l’économie politique. — 5. Deuxième observation. Deux opérations également importantes mais de caractères distincts: l’une d'intérêt, l’autre de justice. ’

G. L’économie politique envisagée par .I.-B. Say comme la simple exposition de la manière dont se forment, se distribuent et se consomment les richesses. — 7. Point de vue naturaliste, permettant une réfutation facile du socialisme, mais en partie inexact. En matière de production ou de répartition de la richesse, l'homme doit choisir les combinaisons les plus utiles ou les plus équitables. — 8. Divisions empiriques. — 9. Corrections imparfaites de Blanqui et de Garnier.

1. La première chose à faire, au début d’un cours ou d’un traité d’économie politique, est de définir la science même, son objet, ses divisions, son caractère, ses limites. .le ne songe point à éluder cette obligation; mais je dois avertir qu’elle est plus difficile et jilus longue à remplir qu’on ne le suppose peut-être. La définition de l’économie politique manque. De toutes les définitions qui se sont produites, aucune n’a rencontré cet assentiment général définitif qui est le signe des vérités acquises à la science. Je vais citer et critiquer les plus intéressantes, et je tâcherai d’en fournir une. Au cours de ce travail, je trouverai 1 occasion de mentionner quelques noms, quelques titres d ouvrages et quelques dates qu’il faut connaître.

2. Quesnay et ses disciples sont le premier groupe important d économistes. Ils ont une doctrine qui leur est commune, ils tonnent une école. Ils ajjpelaient eux-mêmes cette doctrine physiocratie, c’est-à-dire gouvernement naturel de la société;

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cest pourquoi on les appelle aujourd’hui les physiocrates. Les

principaux sont, outre Quesnay, auteur du Tableau econominue (1758); Mercier de la Rivière, Du|)ont de Nemours, auteurs de deux ouvrages intitulés l’un; L ordre naturel et essentiel des sociétés politiques (1767), l’autre ; PlujsiocraHe ou eonstitution naturelle du gouvernement le plus avantageux au gem e humain (1767 et 1768), l’abbé Bandeau, Le Trosne. Turgot a sa place à part. On voit par les titres même de leurs ouvrages que les i)hysiocrates étendaient plutôt qu’ils ne le restiei- "naient le domaine de la science. La théorie du gouvernement naturel de la société, c’est moins l’économie politique que la science sociale. Le mot de physiocratie serait donc une définition trop vaste.

8. Adam Smith, le premier, dans ses Recherches sur la natur e et tes causes de la richessedes nations, parues en 17 /6, a essaxe avec un succès remarquable de grouper en un corps d’etudes les matières de l’économie iiolitique. Ce n’est toutefois qu au début de l’introduction au Livre IV de cet ouvrage, intitule ; Des systèmes d'économie politique, qu’il a songé à donner une définition de la science, et voici celle qu’il a alors formu ee. ce L’économie i>olitique, nous dit-il, considérée comme une » branebe des connaissances du législateur et de l’bomme « d’Etat, se propose deux objets distincts ; le premier, de’ pro- » curer au peuple un revenu ou une subsistance abondai! e,

» ou, i.our mieux dire, de le mettre en état de se procurer lui- ,) même ce revenu ou cette subsistance abondante ; le second )) objet est de fournir à l’Etat ou à la communauté un revenu » suffisant pour le service public; elle se propose d’enrich.r » à la fois le peuple et le souverain.» Cette définition, donnée par celui qu’on a nommé le i>ère de l’économie politique, non au début, mais vers le milieu de son ouvrage, a un moment où il devait avoir la pleine intelligence de son sujet, mente qu’on s’y arrête. Elle me parait donner lieu à deux observations principales. .

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