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Procurer au peuple un revenu abondant, fournir a 1 Etat

un revenu suffisant, c’est là assurément un double but très se-

rieux, et, si l’économie politique nous le fait atteindre, elle nous rend un service signalé. Mais je ne vois pas cependant qu’il v ait en cela l’objet d’une science proprement dite. En effet, le caractère de la science proprement dite, c’est le désintéressement complet de toute conséquence avantageuse ou nuisible avec lequel elle s’attache à la poursuite de la vérité pure. Ainsi le géomètre, quand il énonce que le triangle équilatéral est en même temps équiangle, l’astronome, quand il énonce que les planètes se meuvent suivant une orbite elliptique dont le soleil occupe un des foyers, font de la science proprement dite. Il est possible que la première de ces deux vérités, ainsi que les autres vérités de la géométrie, conduise à des résultats précieux poui- la charpente, pour la coupe des i)ierres, pour toute l’architecture ou la construction des maisons; il est possible que la seconde, et tout l’ensemble des vérités astronomiques, soit du plus grand secours à la navigation; mais ni le charpentier, ni le maçon, ni l’architecte, ni le navigateur, ni même ceux qui font la théorie de la charpente, de la coupe des pierres, de l’architecture et de la navigation, ne sont des savants et ne font de la science dans l’acce|)tion véritable de ces mots. Or les deux opérations dont parle A. Smith sont analogues non

a celles que font le geometre et l astronome, mais à celles que font l’architecte et le navigateur. Si donc l’économie politique était ce que dit A. Smith, et si elle n’était j)as autre chose, elle .serait une étude très intéressante à coup sûr, mais elle ne serait pas une science i)roprement dite. Aussi faut-il l’affirmer; l’économie politique est autre chose que ce que dit A. Smith. Avant de songer à procurer au jieuple un revenu abondant, et avant de s’occuper de fournir à l’Etat un revenu suffisant, l’économiste poursuit et saisit des vérités purement scientifiques. Ainsi fait-il quand il énonce, par exemple, que la valeur des choses tend à augmenter quand la quantité demandée augmente ou quand la qua^itité offerte diminue, et que cette valeur tend à diminuer dans les deux cas contraires; que le taux de V intérêt s'abaisse dans une société progressive ; que l'impôt établi sur la rente foncière tombe tout entier à la charge du pro-

ju'iétaire foncier, sans affecter les prix des denrées. Dans tous ces cas, et dans bien d’autres, l’économiste fait de la science pure. A. Smith en a fait lui-même. Ses disciples, Malthus et Ricardo, le premier dans son Essai sur le principe de population (1798), le second dans ses Principes de l’économie politique et de l’impôt (1817), en ont fait plus encore. La définition d’A. Smith est donc incomplète en ce qu’elle omet de signaler l’objet de l’économie politique considérée comme une science proprement dite. Dire, en effet, que l’économie politique a pour objet de procurer au peuple un revenu abondant et de fournir à l’Etat un revenu suffisant, c’est comme si l’on disait que la géométrie a pour objet de construire des maisons solides, et que l’astronomie a pour objet de naviguer avec sécurité sur les mers. C’est, en un mot, définir la science par

ses applications.

5. Cette première observation sur la définition d’A. Smith se rai)porte à l’objet de la science; j’en ai une autre non moins grave à faire relativement à son caractère.

Procurer au peuple un revenu abondant et fournir à l’Etal un revenu suffisant sont deux opérations également importantes, également délicates, mais de caractères très distincts. La première consiste à placer l’agriculture, 1 industrie, le commerce dans telles ou telles conditions déterminées. Selon que ces conditions seront favorables ou défavorables, la production agricole, industrielle et commerciale, sera abondante ou restreinte. Ainsi, l’on a vu jadis, sous le régime des corporations, des jurandes et des maîtrises, de la réglementation et des tarifs, l’industrie souffrir et végéter; on la voit aujourd’hui, sous le régime opposé de la liberté du travail et de 1 échange, grandir et prospérer. C’était tant pis dans le premier cas, et c’est tant mieux dans le second; mais, dans 1 un et 1 autre, c est 1 intérêt seul qui est contrarié ou favorisé, ce n’est pas la justice qui est atteinte ou respectée. Il en est tout autrement quand il s’agit de fournir à l’Etat un revenu suffisant. C’est là, en effet, une opération qui consiste à prélever sur les revenus particuliers ce qui est nécessaire pour constituer le revenu de la

communauté. Cela se fait dans des conditions bonnes ou mauvaises. Mais, selon que ces conditions sont bonnes ou mauvaises, il n’arrive pas seulement que le revenu de l’Etat est suffisant ou insuffisant, il arrive en outre que les individus sont traités avec équité ou avec iniquité: avec équité si tous contribuent, chacun pour sa part, avec iniquité si les uns sont sacrifiés et les autres privilégiés. C’est ainsi qu’on voyait jadis des classes de la société exemptes des charges de l’impôt lesquelles pesaient exclusivement sur certaines autres classes. On trouve aujourd’hui que c’était là une injustice flagrante. Ainsi, procurer au peuple un revenu abondant, c’est faire œuvre d’utilité, et fournir à l’Etat un revenu suffisant, c’est faire œuvre d’équité. L’utilité et l’équité, l’intérêt et la justice, sont deux ordres de considérations très différents, et l’on pourrait souhaiter qu’A. Smith eût mis cette différence en évidence en disant, par exemple, que l’objet de l’économie politique était d’indiquer les conditions d’abord d’une production abondante du revenu social, et ensuite d’une répartition équitable du revenu produit entre les individus et l’Etat. La définition serait meilleure; mais elle laisserait toujours de côté la partie vraiment scientifique de l’économie politique.

fi. Jean-Raptiste Say, qui, dans l’ordre historique, est, après Adam Smith, le nom le plus illustre de l’économie politique, a dit de la définition de son prédécesseur: — «J’aimerais mieux » dire que l’objet de l’économie politique est de faire connaître » les moyens par lesquels les richesses se forment, se distri- » huent et se consomment. » Et, en effet, son ouvi-age, dont la première édition parut en 1803, mais dont la seconde, arrêtée par la censure consulaire, ne put être publiée qu’après la chute du premier Empire, est intitulé: Traité d’ économie politique, ou simple e.vposition de la manière dont se forment, se distribuent et se consomment les richesses. Cette définition et les divisions qu’elle consacre ont été très généralement approuvées et suivies par les économistes. Ce sont assurément celles qu’on serait le plus tenté de considérer comme classiques. Mais je

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demande la permission de ne pas m’y ranger, et cela précisément pour le motif qui a fait leur succès.

7. Il est évident à première vue que la définition de J .-B. Say est non seulement différente de celle d’A. Smith, mais qu elle en est, en un certain sens, tout le contraire. Tandis qu’à en croire A. Smith, toute l’économie politique serait un art plutôt qu’une science (4), selon J. -B. Say, toute la science serait une science naturelle. Il semble, d’après lui, que les richesses se forment, se distribuent et se consomment sinon toutes seules, au moins d’une manière en quelque sorte indépendante de la volonté de l’homme, et que toute l’é(;onomie politique consiste dans la simple exposition de cette manière.

Ce qui a séduit les économistes dans cette définition, c’est précisément cette couleur exclusive de science naturelle qu’elle donne à toute l’économie politique. Ce point de vue, eu effet, les aidait singulièrement dans leur lutte contre les socialistes. Tout plan d’organisation du travail, tout plan d’organisation de la propriété était repoussé par eux à priori et, pour ainsi dire, sans discussion, non jias comme contraire à l’intérêt économique, ni comme contraire à la justice sociale, mais simplement comme une combinaison artificielle se substituant aux combinaisons naturelles. Ce point de vue naturaliste était, du reste, emprunté par J. -B. Say aux [ihysiocrates et insjiiié par la formule: Laissez faire, laissez passer qui résumait leur doctrine en matière de production industrielle et commerciale. C’est lui qui a valu à l’école économiste, de la part de Proudhon, l’épithète de fataliste, et l’on ne saurait croire, en effet, jusqu’à quel point elle en a poussé les conséquences. Il faut lire, pour s’en rendre com|)te, certains articles du Dictionnaire de V écommiie politique, tels que les articles Concurrence, Economie politique. Industrie, de Charles Coquelin, ou l’article Morale, de M. André Cochut; on y trouve les passages les plus significatifs.

Malheureusement, le point de vue dont il s agit est aussi taux qu'il est commode. Si les hommes n’étaient que des animaux d’une espèce supérieure, des abeilles exerçant instinctivement

leur industrie et leurs mœurs, il est certain que l’exposition et l’explication des phénomènes sociaux en général et des phénomènes de production, de distribution et de con.somrnation de la richesse en particulier constitueraient une science naturelle laquelle ne serait, à vrai dire, qu’une branche de l’histoire naturelle, l’histoire naturelle de l’homme pour faire suite à celle de l’abeille. Mais il en est tout différemment. L’homme est un être doué de raison et de liberté, capable d’initiative et de progrès. En matière de production et de répartition de la richesse, comme généralement en toute matière d’organisation sociale, il a le choix entre le bien et le mal, et il va du mal au bien de plus en plus. C’est ainsi qu’il est venu du système des <-orporalions, règlements et tarifs au système de la liberté de l’industrie et du commerce, au système du laisser faire et laisser passer, de l’esclavage au servage, du sei-vage au salal'iat. Les combinaisons jjIus récentes sont supéiûeures aux anciennes non pas |)récisément comme plus naturelles (elles sont artificielles les unes et les autres, et les dernières encore plus <[ue les premières, puisqu’elles ne sont apparues qu’ensuite), mais comme plus conformes à l’intérêt et à la justice. C’est seulement après démonstration de cette conformité qu’il faut laisser faire et laisser passer. Et c’est comme contraires à l’intérêt et à la justice qu’il faut repousser, s’il y a lieu, les combinaisons socialistes.

8. Inférieui'e à celle d’A. Smith, qui n’est qu’incomplète, la détmition de J. -B. Say est donc inexacte. .T’ajoute que les divi- |

•sions qui en résultent sont tout à fait empiriques. La théorie fie la propriété et la tliéorie de l’impôt, qui ne sont en réalité que les deux moitiés de la théorie unique de la répartition de la richesse entre les hommes en société considéi’és d’abord isolément comme individus et ensuite collectivement comme Etat, et qui toutes deux dépendent si essentiellement de princqies moraux, sont séparées et rejetées, l’ime, celle de la propriété, dans la théorie de la production, et l’autre, celle de l’iinpot, dans la tliéorie de la consommation, et toutes deux élabolees au point de vue exclusivement économique. La théorie

de la valeur d’échange qui, elle, présente au contraire si nettement le caractère d’une étude de phénomènes naturels, fait ])artie de la théorie de la distribution. Il est vrai que les disciples en prennent à leur aise avec ces classitications arbitraires et classent non moins arbitrairement l’un la théorie de la valeur d’échange dans celle de la production, l’autre la théorie de la propriété dans celle de la distribution. C’est ainsi que se fait et que s’enseigne aujourd’hui l’économie |)olitique ; mais n’est-on pas fondé à dire qu’il n’y a là que des cadtes biisés dont il ne subsiste que l’apparence, et qu’en présence d’un tel état de choses, le droit et le devoir de l’économiste est de taire avant tout et avec soin la philosophie de la science?

9. Le vice de la définition de J. -B. Say a ])Ourtant été entre\ u par quelques-uns de ses élèves mais qui u’y ont pas remédié.

— « C’est en Allemagne et en France, a dit Adolphe Blanqui, » qu’on s’est le plus écarté du véritable terrain aujourd’hui » généralement assigné à l’économie politique. Quelques éco- » nomistes ont voulu en faire la science universelle; d’autres » ont essayé de la restreindre à des proportions e.xiguës et vul- » gaires. La lutte ([ui existe en France entre ces deux opinions » extrêmes consiste à savoir si l’économie politique sera consi-

fipfép pnmme l’exuosition de ce oui est ou comme le pio-

iciuia qu li 11 uii pas reconnu tout üe suite combien cet enchevêtrement et cet amalgame qu’il nous propose de deu.x définitions eu une seule est une chose bizarre et incohérente. C’est là un curieux e.xemple du manque de philosophie qui compense et qui dépare, chez les économistes français, tant de qualités de l’esprit dont la clarté et la précision sont les principales. Comment l’économie politique serait-elle à la fois et en même temps une science naturelle et une science morale? Et quelle idée se fait-on d’une science pareille? Il y aura d’un côté la science morale qui aura pour but de déterminer comment la richesse doit être le ])lus équitablement répartie, et de 1 autre ta science naturelle qui aura pour but de déterminer comment la richesse est le plus naturellement produite. Encore cette dernière serait-elle avantageusement remplacée par un art, celui de produire abondamment la richesse. En somme, de la définition de J. -B. Say nous retombons, comme on voit, sur

celle d A. Smith (5), et, en tout cela, la vraie science naturelle nous échappe toujours.

Nous allons la chercher pour notre propre compte. Nous

allons se[)arer, s’il le faut, l’économie politique en science naturelle, science mopalp pf or*f T?f I,

2'«e LEÇON

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Distinction entre la science, Vart et la morale.

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'Jo.MM\mE' — 10. L’art consfiüe. prescrit, dirige; la science

luî^e explique. - H. .\utre chose est la distinction entre la science et l art,’ autre cho.se la distinction entre la théorie et la l>'’aOque^ j,, ';,4s science éclaire l’art ; l’art tire parti de la science. — Id. Les Uonntxs fuuniies par une science peuvent éclairer plusieurs arts; un ait peu tirer parti des données fournies par plusieurs sciences. - l4, lo. Du

JWinctio,, : fait, ««-

miwitaires, prenant leur source dans ^ ^xe çice de la ^ ^

I homnie Faits naturels et humanitaires, objet de ta sutnct puit Lchîü'rpropn^^^^^^ -rite et lus, aire). - IH. l.enxième distinction : laits

lininanitiLes imluslriels, ou de rapports «fre persom^^^^ paonnes' faits humanitaires mocmi.r, ou de rap|H>rts de j)eis9unes a •

l^S^^ Ohjèt de la science ou

moraux ohiet de la science morale ou de la nun nie. — 20. Leu ai, innt CriHic;* cnteriuins respectifs de la science, de l’art et de la morale.

10. Il y a un certain nombre d’années, Charles Coqnelin, auteur d’un assez bon Traité du crédit et des banques, et l’un des collaborateurs les iilus actifs et les plus estimables du Dictionnaire de l’économie politique, constatait, à l’article Economie politique de ce dictionnaire, que l’économie politique était encore à ilétinir. A l’aiipui de cette assertion, il citait les détimtions d’A. Smith, de J.-B. Say, que j’ai fait connaitre, celles de Sismondi, de Storch, de Rossi, montrant les différences qni les séparaient les unes des autres, déclarant qu’aucune d’elles n’avait été acceptée avec une préférence décidée, établissant même que leurs auteurs avaient été les premiers, dans leurs propres ouvrages, à ne s’y point contormer. Ch. Coqnelin tait ensuite observer très judicieusement qu’avant de définir l’économie politique, il y a lieu de se demander si elle est une science ou un art, et si elle n’est point à la fois l’une et l'autre, et qu’avant tout, il convient de bien distinguer l’art de la science. Les considérations qu’il émet à ce sujet sont d’une justesse frappante, et, puisque la question en est toujours au même point, il n’y a qu’à les reproduire.

« L’art, dit-il, consiste... dans une série de préceptes ou de » règles à suivre ; la science dans la connaissance de certains » phénomènes ou de certains rapports observés ou révélés... » L’art conseille, prescrit, dirige; la science observe, expose, » explique. Quand un astronome observe et décrit le cours » des astres, il fait de la science ; mais quand, ses observations » une fois faites, il en déduit des règles applicables à la navi- » gation, il fait de l’art... Ainsi, observer et décrire des i>hé- » nomènes réels, voilà la science; dicter des préceiites, pres- » crire des règles, voilà l’art. »

11. L’auteur ajoute en note une observation qui achève de préciser la distinction et qui mérite également d’être reproduite.

a La distinction très réelle, dit-il, que nous établissons entre » la science et l’art n’a rien de commun avec celle qu’on fait, » à tort ou à raison, entre la théorie et la pratique. Il y a des » théories d’art comme de science, et c’est même des jjremières » seulement qu’on peut dire qu’elles sont quelquefois en oppo- » sition avec la pratique. L’art dicte des règles, mais des rè- » gles générales, et il n’est jias déraisonnable de supposer que » ces règles, fussent-elles justes, puissent se trouvei- en désac- )) cord avec la pratique dans certains cas particuliers. Mais il » n’en est pas de même de la science, qui n’ordonne rien, qui » ne conseille rien, qui ne prescrit rien, qui se borne à obser- » ver et expliquer. En quel sens pourrait-elle jamais se trouver » en opiiosition avec la pratique? »

12. L’art et la science ainsi distingués, Coquelin indique très bien leur rôle et leur importance respectifs.

c( Nous sommes loin, dit-il, de nous plaindre ni de trouver » étrange qu’on cherche à tirer des vérités scientifiques, une » tois bien observées et bien déduites, des règles applicables » à la conduite des affaires humaines. Il n’est pas bon que les » vérités scientifiques demeurent stériles, et la seule manière » de les utiliser, c’est d’en déduire un art. Il va, nous l’avons » déjà dit, entre la science et l’art, des liens étroits de parenté.

» La science prête à l’art ses lumières, elle rectifie ses procé- » dés, elle éclaire et dirige sa marche; sans le secours de la

» science, l’art ne peut marcher qu’à tâtons, en trébuchant » à chaque pas. D’un autre côté, c’est l’art qui met en valeur » les vérités que la science a découvertes et qui, sans lui,

» demeureraient stériles. Il est presque toujours aussi le » principal mobile de ses travaux. L’homme n’étudie que ra- )) rement pour le seul plaisir de connaître j il veut, en géné- » ral, un but d’utilité à ses travaux, et ce but, c’est par l’art » seul qu’il le remplit.»

13. Mais il n’en insiste pas moins sur la distinction à maintenir entre la science et l’art, à l’ai)pui de laquelle il fait une dernière remarque encore digne d’être mentionnée.

« 11 y a d’autant plus lieu, dit-il, d’insister sur la distinction » que nous venons d’admettre que, si la science et 1 art ont » souvent un grand nombre de points de contact, il s en faut » de beaucoup que leurs rayons et leurs circonférences soient » identiques. Les données fournies par une science peuvent » quelquefois être utilisées par bien des arts différents. Ainsi » la géométrie, ou la science des rapports de 1 étendue, éclaire » ou dirige les travaux de l’arpenteur, de l’ingénieur, de l’ar- » tilleur, du navigateur, du constructeur de vaisseaux, del’ar- » chitecte, etc. La chimie vient en aide au pharmacien comme » au teinturier et à un grand nombre de professions industriel- » les. Qui pourrait dire aussi combien d’arts différents mettent » à profit les données générales de la physique? Réciproque- » ment, un art peut s’éclairer des données fournies par plu- » sieurs sciences ; et c’est ainsi, pour n’en citer qu’un exemple, » que la médecine, ou l’art de guérir, consulte à la fois les » données de l’anatomie, de la physiologie, de la chimie, de la

» physique, de la botanique, etc. »

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