‹ Éléments d'économie politique pure [microform]Chapitre 29 sur 53 · II · texte numérisé non relu

II

195. Nous avons à présent à exposer le mode d’inventaire des entreprises, et comment s’établit 1 état de bénéfice ou de perte d’un entrepreneur. Le mieux sera, pour cela, de prendre un exemple en nous conformant aux usages et aux dénominations de la comptabilité actuelle.

.le suis maintenant un entrepreneur menuisier-ébéniste, .le me suis établi avec dOOO fr. que j’avais économisés et 7 0(X) fr. que m’ont prêtés quelques personnes de mes parents et de mes amis qui s’intéressaient à moi et y avaient confiance. Ces personnes et moi, nous avons fait un acte sous seing privé par lequel elles se sont engagées à me laisser leurs 7 000 tr. pendant dix ans, et moi à leur payer 5*^ d intérêt annuel. Elles sont ainsi devenues mes commandita ires, et moi-même je suis mon propre commanditaire et me dois payer 5 o/q d’intérêt sur mes 3(X)0 fr. En mettant les 10 000 fr. dans ma caisse, j’ai débité de 10 000 fr. le compte Caisse et crédité de 10 000 fr. un compte Commandite. Si les commanditaires ne devaient pas verser tout immédiatement, ni tous a la lois, je leur ouvrirais des comptes séparés A, K, t<, etc.

Cela fait, j’ai loué un terrain, à raison de .500 fr. par an, sur lequel j’ai fait construire un atelier où j’ai installé des appareils, des établis, des tours. Le tout m’a coûté 5 000 fr. que j’ai payés comptant. En retirant ces 5tKX) fr. de ma caisse j’ai crédité de 5 000 fr. le compte Caisse et débité de 5000 fr. le (;ompte Frais de 'premier établissement.

J’ai ensuite acheté du bois, des étoffes, etc., pour 2CKIO fi-. ; et, en conséquence, j’ai crédité de 2000 fr. le compte Caisse et débité de 2 000 fr. le compte Marvhandises,

Puis j’ai payé 500 fr. pour les intérêts de ma commandite, .500 fr. pour le loyer de mon terrain et 2 000 fr. de salaires. J’ai crédité de 30tK) fr. le compte Caisse et débité de 3 (XK) fr. I(* compte Frais généraux.

.Mais, toutes ces dépenses faites, j’avais des pièces de menuiserie, des meubles, qui m’avaient été commandés et que j’ai livrés. Je lésai vendus au comptant pour 6000 fr. ; et, en mettant ces 6000 fr, dans ma caisse, j’ai débité de 6 000 fr. le compte Caisse et crédité de 6 000 fr. le compte Marchandises.

196. i\ ce moment, je fais mon inventaire. Et, pour simplifier autant que possible, je suppose que je n’aie plus aucune marchandise, ni matière première ni produits, en magasin. Je n’ai plus de marchandises, et cependant mon compte .Maichandises n’est pas soldé. Il doit à Caisse 2 000 fr., et il a par Caisse 6 000 fr. Diff’érence : 4 000 fr. D’où vient cela? La chose est bien claire. De ce que j’ai vendu mes marchandises plus cher que je ne les ai achetées. Et, en effet, c’était bien ainsi que je devais faire : j’ai acheté du bois, des étoffes, des matières brutes, et j’ai vendu des pièces de menuiserie, des meubles, des matières ouvrées. Or il est sur que, dans le pi'ix des matières ouvrées, je dois retrouver non seulement le prix des matières brutes, mais aussi tout d’abord le prix de la maind’œuvre, ainsi que le montant de mes autres frais généraux, et, en outre, un certain bénéfice. Ainsi, cette différence de KXM) fr. couvi'e mes frais généraux de 3 0(X) fr., et me laisse I O()0 fr. de bénéfice. C’est pourquoi je solde, en premier lieu, le compte Frais généraux par le débit du compte Marehan-

dises, et, en second lieu, le compte Marchandises, qui doit être soldé puisqu’il n’y a plus de marchandises en magasin, par le crédit d’un compte Profits et Pertes, lequel apparaît au passif créditeur de 1 000 fr. Ce compte Prolits et jiertes fignl'erait à l’actif, eu compte débiteur, si j’étais eu perte.

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