IV
et ceux des facultés personnelles suivant les équations
P Pr P , Ihl P " = ^ — ...
( )r, de la simple inspection de ces trois systèmes d’équations, on déduit aisément les lois suivantes d’établissement et de variation des prix des capitaux :
— Les prix d’équilibre des capitaux en numéraire, sur le marché de ces capitaux, sont égaux aux rapports des prix des revenus nets au-taux du revenu net.
Si, toutes choses restant égales d’ailleurs, le prix du revenu brut d’un capital augmente ou diminue, le prix de ce capital augmente ou diminue.
Si la prime d’amortissement ou la prime d’assurance augmente ou diminue, le prix du capital diminue ou augmente.
Si, toutes choses restant égales d’ailleurs, le taux du revenu net augmente ou diminue, les prix de tous les capitaux diminuent ou augmentent.
269. 11 est essentiel, toutefois, de remarquer que les prix ainsi obtenus sont en quelque sorte des prix nominaux, c'est-àdire s’établissant sans autre échange que celui des excédents en numéraire du revenu sur la consommation contre les capitaux neufs et les capitaux existants vendus en raison d’excé-
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dents de la consoniination sur le revenu. Sur le marché des produits, les prix d’équilibre étant détei’minés, l’échange des services contre les produits se fait immédiatement; sur te marché des capitaux, au contraire, il n’y a pas nécessairement d’échange des capitaux existants, dans les conditions rationnelles et idéales où nous nous sommes placés. Sans doute, on a déterminé des prix en numéraii-e; mais, à y regarder de près, on voit que ces prix se ramènent, en détinitive, à un prix unique qui est le prix en numéraire de l’unité de revenu net. Si le
taux du revenu net est i, égal, par exenq)le, à ;
lOU’ K»0’ 100 •••
le prix en numéi'aire du capital dont le revenu net est 1 sera = égal à 33.33, 40, 50... .Mais, avec tout cela, quel motif
y a-t-il pour échange)- revenu net conti-e i-evenu net, pour vendre, par exemple, une maison )-apportant 2 500fr. de loyer net au pi-ix de 100 OOO fr., afin d’acheter au prix de 100 CKX» tV. . une terre i-apportant 25(X) fr. de fermage? Cet échange des capitaux les uns contre les autres n’iiurait toujours pas plus de raison d’èti-e que l’échange d’une seule marchandise conti-e elle-même. Pour que les ventes et achats se pi‘oduisent sur le mai’ché des capitaux, il faut emprunter à la réalité et à l’expérience quelques cii’constances décisives. Ainsi, il faut considéi’er qu’à côté des gens qui ont un excédent de leur i-evenu sur leur consommation et qui peuvent acheter des capitaux, il y a, comme nous l’avons dit (240), des gens qui ont un excédent de leur consommation sur leur l’evenu et qui doivent vendre des capitaux. 11 faut considérer aussi que le i-eveiiu net des capitaux neufs n’est pas aussi connu que celui des capitaux existants, qu’il peut être plus fort ou plus faible, qu’il est, en un mot, plus aléatoii-e. Il en résulte que les ci’éateurs d’épai-gnes, qui sont généi-alement praidents et circonspects, ne remettent pas leui’s épai-gnes en échange de capitaux neufs, mais bien en échange de capitaux existants ; et ce sont alors les propriétaires de ces capitaux existants qui, avec le produit, .'Souscrivent des caintaux neufs. L’économie poli-
ticpie appliquée étudie le rôle de ces spéculateurs qui interviennent ainsi en vue de classer les capitaux. Il faut considérer encoi'e que le prix des capitaux varie en i-aison non seulement des variations survenues, mais aussi des variations attendues soit du revenu brut, soit des primes d’amortissement ou d’assurance, et que, en ce qui touche sui-tout les variations attendues, les appréciations ditfèrent d’individu à individu. 11 en résulte que nombt-e de gens vendent des capitaux sur lesquels ils ci-aignent, à tort ou à raison, une diminution de revenu net pour en acheter d’autres sur lesquels, à tort ou à raison, ils espèi-ent une augmentation de revenu net. C’est là un auti-e fait de spéculation qui s’étudie en même temps que le pi-écédent. D’ailleurs, les échanges de capitaux neufs ou existants, une fois décidés par la considération du taux du i-evenu net, se font suivant le mécanisme de la libre concurrence et la loi de l’olVre et de la demande.
270. Des trois systèmes d’équatioiis du marché des capitaux, il y en a un d’une importance particulièi’e ; c’est celui qui est relatif aux capitaux mobiliers. En effet, l’identité du revenu brut et du revenu net des teri'es enlève à leur prix une double cause de variation : celle provenant de vai’iations dans la prime d’amortissement et celle provenant de variations dans la pi-ime d’assin-ance. Quant aux facultés personnelles, elles ne se vendent ni ne s’achètent là où l’esclavage n’est pas admis. Restent donc les capitaux proprement dits dont le revenu brut et les primes d’amortissement et d’assurance sont très peu fixes, dont le }trix est dès lors très variable, et qui se vendent et s’achètent journellement dans un intérêt de spéculation, .\insi, de même que, sur le marché des senices, il y a lieu de distinguer le marché de location des capitaux proprement dits des marchés de location des teiTes et des facultés personnelles, de même, sur le marché des capitaux, il y aui-ait lieu de distinguer le marché des capitaux mohiliei-s de ceux des capitaux fonciei-s et des capitaux personnels. Ce marché des capitaux mobiliers, c’est la bourse oii nous sommes entrés au début de ce coui’s d’économie politique pure, pour y chercher la descrip-
lion du mécanisme de la libre concurrence en matière d’échange (■i'2), et que nous avons ensuite- négligé pour n’y revenir qu’à présent et après nous être successivement rendu compte de toutes les complications de l’échange, de la production, de la capitalisation et du crédit. Nous avons dans le système |8] d’é(piations, le moyen de discuter toutes les variations de prix qui s’y produisent. Si le capital (K) est un chemin de fer, et que pk soit une somme annuelle à recevoii* à titre de dividende, le prix Pk des actions de ce chemin de fer variera en raison des variations survenues ou attendues de ce dividende. Si le capital (K') est un capital prêté à une usine ou à un Etat, et que i/k' soit une prime correspondant aux risques de ruine de l’entreprise ou de la nation, le prix Pk' des obligations de l’usine ou de l’Etat variera en raison des variations survenues ou attendues dans ces risques. Et, souvent, ces variations de prix seront purement nominales ou, du moins, elfectuées presque .sans déplacement de titres.
271. Si on augmente indéfiniment le prix Pk, on tend à le rendre de plus en plus supérieur au rapport de son revenu net au taux de revenu net; et, par consécjuent, on diminue indétiniment la demande du capital (K). En même temps, on augmente indétiniment l’offre du même capital, puisque ses propriétaires, en l’échangeant contre d’autres capitaux, pourront se procurer un revenu de plus en plus considérable. Les résultats inverses auraient lieu en cas de baisse indéfinie. Voilà donc comment, sur le marché de la bourse, la hausse ou la baisse du prix fait toujours diminuer ou augmenter la demande et toujours augmenter ou diminuer l’offre, ce qui n’a pas lieu, comme nous l’avons vu (48, 59, 98, 128, 215), sur les marchés des produits et des services.