‹ Éléments d'économie politique pure [microform]Chapitre 43 sur 53 · MS · texte numérisé non relu

MS

est surtout essentielle FJ le peut êtie remplacée (278) par lt;< (rois équalioiis

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dont la dernière, encore beaucoup plus importante que les deux autres, peut elle-même être remplacée par ces deux-ci :

la j)remière donnant le tau.r de l’intérêt J' sur le marché du enpital fixe, la seconde donnant le taux de l’esconipte j" sur le marclié du eapital eirculant, j' et/' oscillant autour du tau.r du revenu i mais pouvant en ditlërer plus ou moins, momentanément ou normalement, pour des causes diverses.

282. Telle est, dans l'ensemble et dans le détail, l’équation d’égalité de l'otVre et de la demande de (A') dans le cas oit (A') est une marchandise monnaie et numéi-aire :

(),p = ((j'a'— Üa't-h Ja'

+ da dpph-\-----\~Oa -|- d^ph-j--- ■ + Ùujhn -j- ••• *4" OxPk + • •• +

La manière dont s'effectue, dans ce cas d’une maivhandise monnaie et numéraire, la baisse ou la hausse de tous les prix en (A) pai- laquelle se traduit raugmentation ou la diminution de la rareté ou de la valeur de cette marchandise en tant que monnaie, résultant d’une diminution ou d’une augmentation de sa quantité, est bien remarquable. Supposons que, l’équilibi*e étant établi, la quantité (/p et par suite les quantités </a' t'I */a' augmentent ou diminuent et montrons comment le fait de l’augmentation ou de la diminution de (/a' sur le marché monétaire suffirait, sans parler des autres faits concomitants, à amener la hausse ou la baisse de tous les prix. En vertu de l’équation

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on fait, sur le marché de la monnaie, une baisse ou une hausse du taux de l’iiitéi’èt / jiar suite de laquelle les consommateurs aimmentent ou diminuent leur encaisse désirée représentant des quantités de i.V), (H')... da, dp... qui sont des fonctions déeroissantes de pa' = i, ph'=}i\d... et, par conséipient, de i. Mais, la (piantité des produits n’ayant pas augmenté, ces dispositions ont seulement pour résultat la hausse ou la baisse des prix pb... Les entre|)reneurs voyant cette hausse ou cette baisse des prix des produits, se proposent de développer ou de restreindre leur pi-oduction , et cela d’autant plus que la baisse ou la hausse du taux de l’intérêt constitue pour eux une 3 cause de plus de bénéfice ou de perte ; mais ils n’aboutissent

I qu'à faire la hausse ou la baisse des prix des services produc-

teurs dont la quantité n’a pas varié. Cette hausse ou cette baisse engage les cajiitalistes, iiourviis d’une épargne plus ou moins considérable, à demander plus ou moins de capitaux neufs ; mais, la quantité de ces capitaux étant toujours la même, leurs prix haussent ou baissent tout simplement. Et quand la hausse ou la baisse s’est ainsi propagée dans tout le système, le taux de l’intérêt redevieid ce qu’il était.

288. Dans la dernière hyiiothèse par nous acceptée d’une marchandise monnaie, la circonstance que cette marchandise monnaie est en même temps numéraire rend difficile l’étude des elfets du cumul de rôle de marcliandise et du rôle de monnaie sur les prix, parla raison que le prix du numéraire étant toujours l’unité, soit 1, les efiéts en question se traduisent non en variations en hausse ou en baisse du prix de la marchan- <lise monnaie, mais en variations en baisse ou en hausse des prix de toutes les marchandises. 11 est un moyen fort simple d’éviter cette difficulté, c’est de supposer que la marchandise monnaie n’est plus numéraii'e et d’étudier les effets du cumul de ses deux rôles sur son juâx en quelque autri» marchandise < B) par exemple.

Supposons donc qu’on prenne pour monnaie une matière première( Ajexistant en quantité totale Qa, dont une quantité (/a demeurera sous forme de marchandise pendant qu’une quantité

<J"a sera mise sous forme de moniiaif, et dont, eu couséqueiice, le prix en ( If) s’élèvera de /»a à Pa, ce dernier prix devra satisfaire à l’équation

0"aPa=lH.

Soient à présent ( Pig. lû) deux axes rectangulaires : un des prix, O/u horizontal, et un u.re des iiuantités, Ü</, vertical.

La courbe de prix de (A) monnaie en une autre marchandise ( H), en fonction de la cpiantité, est très approximativtMiienl une hyperbole équilatèi't' rapportée à ses asymptotes /è'Il/d dont l’équation est

c'est-à-dire une courbe telle (pie le produit de ses ordonnées, représentant les ipiantités de (A) monnaie, par ses abscisses, représentant les prix de (A) monnaie en (B), est constant et égal à rim})ortaiice II de l’encaisse désirée exprimée mi (B) et sup|)osée déterminée.

Or nous savons d’autre part (280) que la courbe de prix de (A) matière première en (B), en fonction de la quantité, est approximativement une courbe AqAp dont l’éipiation est

d = Fa(p),

c’est-à-dire une courbe telle que, la quantité de (A) allant toujours en diminuant depuis une quantité linie, représentée par la longueur OAq, jusqu’à zéro, le pi'ix de (Al va toujours en augmentant depuis zéro jusqu’à un prix, intini ou non, représenté par la longueur OAp.

Cela posé, il est bien facile de comprendre que la courbe de prix en (B) de (A) considérée à la fois comme marchandise et

* Hans mi tint de simplification typograpliii[ue, je maintiens ici la nutation It em]iloyée dans les deux éditions piécédentes, au lien d'introduire la notation tl3 employée ci-dessus (279), pour désigner l'encaisse désirée exiirimée en numéraire (B). On doit aussi noter (pte nous combinons ici le prix de (.V) monnaie avec celui de (.V) matière in’emière, et non le ]irix du service de (.\) monnaie avec eelni du service de (A) matière première.

comme monnaie, en fonction de la quantité, est une cotirbe passant par le point C, dont l’étpiation est

(/— Faf)/) -f

et qui s’obtient gra])biquemenl en superposant, pour toutes les abscisses, les ordonnées de la courbe ii'Wii' aux ordonnées de la (‘otirbe A,|A,,. Kn elfet, cette construction elfectuée, soit OA une longueur représimtant la qmintité totale de (A), (A,; si on mène l’Iiorizontale AC jusqu’à lit rencontre de la courbe stiitérieure, et que, du point (1, on abaisse la perpendiculaire CB, on aura, dans l’abscisse OB, la rejirésentatiou du prix B;i de ( A ) marchandise et monnaie corresponditnt à la quantité Oa. Kt, de [dns, on aura, dans les longueurs 0«-vrBB td u.V = ütz =: FC , la représenttition des quantités respectives t/a et ()"a d(* (A) marchandise et de (Ai monnaie alors qu’il m^ se fait iiitcime Iransformation de (A) m.arcbandise en ( \) monnaie ni de (A) moniiaif' en (A) marchandise.

Si, au litm de partager la quantité Qu en ()'a et Q"a, comme il a été fait ci-dessus, on l’avait [ttirtagée au hasard en deux (piantités représentées l’une par Oa'>>Oa et l’autre par c'.V = Üu' <j Ou , le prix de (A) marchandise serait représenté par 0/('<j0B, et le prix de (A) monnaie par Or'^oP, et l’on transformerait de la marchandise en monnaie, ce qui diminuerait Üa\ augmenterait Ou', et, i>ar conséquent, augmenterait O/)' et diminuerait Or'. Ft si on avait partagé au hasard la qmintité ()u en deux quantités rejn-ésentées riine par 0(("-<0oet l’autre jtar u"A — Ou" j> Ou, le prix de (A) marchandise serait représenté par Op">- OP, et le prix de ( A) monnaie parOr"-<OB, et l’on transformerait de la monnaie en marchandise, ce qui augmenterait Ou", diminuerait Oa" ('t, par conséquent , diminuerait Op" et augmenterait Orr". Notre construction fournit donc bien la solution géométrique du problènu' de la détermination ; P du prix tle la marchandise monnaie ( A), 2" de la quantité de (.V) marcltandise, et 3" de la (piantité de (A) monnaie, telle qu’elle se fait en réalité.

Les deux courbes /("H//, A,iAp, et la longueur OA, étant ainsi les éléments de rétablissement du jtrix de la marchandise monnaie et de la détermination des quantités respectives de marchandise et de monnaie, sont aussi, par cela même, les éléments de variation de ce prix et de ces quantités. 11 sut'lirait donc d’examiner successivemeid les etiéts des déplacements lies courbes A,|A|„ et les etVets des changements

de la longueur ÜA, i»our se rendre com|)te géométriquement de tons les phénomènes de variation du prix de la marchandise monnaie et des quantités respectives de marchandise et de monnaie. I‘ar exemple, la courbe s’éloigne ou se rap-

proche de l’origine 0 suivant raugmentation ou la diminution lie l’importance de l’encaisse désirée ; la courlie A,, A,, s’éloigne ou se rapproche de l’origine 0 suivant l’augmentation ou la diminution de l’utilité de (A) comme mai'chandise. Et suivant que ces deux courbes s’éloignent ou se rapjirochent de l’origine, le prix de (A> augmente ou diminue. Quant à la longueur OA, elle augmente on diminue avec l’augmentation ou la diminution de la quantité de (A). Et, suivant que cette longueur augmente on diminue, le pi’ix de ( A) diminue on augmente.

- :U'"«le(;ün

Etablissement de la valeur de l’étalon bimétallique.

SoMMAiiiE : — 28i. Dans U- système moiiomètalli(|ue. il y a 8 èiiualioii.s puur déterminer le.s 3 incomiues du prolilème de la valeur de la muiinaie ; dans le .système himétallique, il n’y a que 5 équations pour déterminer () inconnues ; il faut introduire une (r équation. Cette G'' équation lient s'obtenir par la fixation d'un rajiport légal entre la valeur de l’or monnaie et la valeur de l’argent monnaie. — '2H5. Ce rapport une fois fixé, le rapport de la valeur de l'or marcliandise à la valeur de l'argent marchandise tend à s’y conformer par transformation de chacun des deux métaux de monnaie en marchandise ou de marcliandise en monnaie. — 286. Equations du himétallisme.

287. Résolution géométriipie des équations du himétallisme. t.oi d‘étahlissement du prix commun et identique des deux marchandises monnaies. — 288. Augmentation et diminution de la quantité de chaipie métal. — 286. Effi'ts d'une suspension et d'une reprise du monnayage de l'argent.

‘JMi. La querelle des monométallistes et des bimétallistes prouve d’une manière frappante combien, faute d’appliquer à l’étude de faits essentiellement quantitatifs la seule méthode qui convienne, on laisse obscurs et incertains dans ces questions des points fondamentaux qu’il serait possible, si on le désirait, d’éclaircir avec une rigueur mathématique.

Dans la leçon précédente, j’ai montré que, si on emploie une seule marchandise (.\) comme monnaie, il y a tout justement (pour déterminer les d inconnues i}ui sont ;

L La quantité de (.V) demeurée marchandise ;

'■E' La quantité de (A) devenue monnaie ;

d" Le prix commun de (.V) marchandise et de (A) monnaie en une autre marchandise quelconque) d équations exprimant;

1“ Que la somme des quantités de (.\) marchandise et de ( A) monnaie est égale à la quantité totale de (A) ;

E> Comment le prix de (.\) marchandise résulte de la quantité de (A) marchandise;

d" (’.omment le prix de (A) monnaie résulte de la quantité <le (.\) monnaie.

(,)ue si, maintenant, on emploie concurremment deux mar-

cliandises (A) et (O) comme monnaie, il n’y aura plus (pour déterminer h's 0 inconnues qui seront :

1” La quantité de (A) marchandise ;

2'> La quantité de (A) monnaie ;

3" La quantité de (O) marchandise ;

La quantité de (O) monnaie ;

T)" Le prix de ( A) marchandise et monnaie ;

ti" Le piâx de (U) marchandise et monnaie) que 5 équations exprimant :

()iie la somme des quantités de (A) marchandise (‘tde(A> monnaie est égaie à la quaidité totale de (A) ;

2'^ ()iu> la somme des quantités de (O) mai-chandise et de(0> monnaie est égale à la quantité totale de (ü) ;

30 Lomment le prix tle (A) marchandise résulte de la quantité de (A) marchandise ;

4» Comment le prix de (O) marcltaiidise résulte de la quantité de (O) marchandise ;

.> Comment les |)iâx de (A) monnaie et de (O) monnaie résultent ensendjle des quantités de (A) monnaie et de (Ü) monnaie.

Si on employait concurremment :? marchandises comme monnaie, il n’y aurait cpie 7 équations pour dét('rminer It inconmu'S.

Si on employait 't marcliandises, il n’y aurait que 11 écpiations pour détermint'r 12 inconnues... Lt ainsi de suite.

Ainsi, dans le cas de l’étalon unique, le proldèrne est complètement déterminé et se résout de lui-même, sur le marché, par le mécanisme de la lilire concurrence'. Le législateur n’a rien à faire qu’à désigner la marchandise monnaie (A), qu’à laisser transformer de la monnaie en marchandise quand la valeur de (A) marchandise est supérieure à la valeur de (,\) monnaie, et (pi’à transformer lui-même, comme on vient l’en priei‘, de la marchandise t'ii monnaie dès que la valeur de (A) monnaie est su[)érieure à la valeur de (A; marchandise.

.\u contraire, dans le cas du double étalon, le problème est incüm|détement déterminé, et le législateur |)eut intervenir

pour déterminer arljitrairement une desO inconnues ou pour introduire d’une manière ou d’une autre une sixième équation. Par exemple, il i>eut déterminer arbitrairement la quantité de (A) monnaie, ou la quantité de (O) monnaie, ou le rapport de la premièi-e quantité à la seconde. Dans ce dernier cas, ou aurait un bimétallisme à rapport fixe de (piantitésK Ou bien, il peut déterminer ai’bitrain'iuent le prix de (.\) monnaie ou le prix de (O) monnaie, ou le rapport du premier prix au second. Dans ce dernier cas, on a le bimétallisme à rapport fixe de valeurs. S’il fait porter la détermination arbitraire sur la quantité, la valeur se déterminera d’elle-même sui- le marclié. S’il la fait [)orter sur la valeur, ce sera la quantité qui se déterminera d’elle-même par le mécanisme de la libre concurrence.

2S.“). Supposons (pi’ou ait pris le dernier parti en fixant légalement à 15 0, comme le demandent les bimétallistes, le i-apport de la valeur de la monnaie d’or à la valeur de la monnaie d’argent, voici comment les quantités respectives d’or et d’argent monnayé ou non monnayé s’établiront en consé- (juence. Loi'sque le i'ap))ort de la valeur de l’or marcliaiidise à la valeur de l’argent marchandi.se sera supérieur au chitVre de 15’/>, non seulement tout l’or extrait des mines sera emplové en bijoux et ustensiles, mais, de plus, une partie de l’or monnaie sera transformée en or marchandise, tandis qu’en même temps, non seulement tout l’argent extrait des mines sera monnayé, mais qu’en outi’e, une partie de l’argent marchandise sera transformée en argent monnaie. Ainsi, la (luantité de la monnaie d'or diminuera; celle de la monnaie d’argent augmentera. La quantité de la marchandise or augmentera ; celle de la marehandise argent diminuera ; et cela, jusqu’à ce <pte le rapport de la valeur de l’or mai'cliandise à la valeur de l’argent marchandise soit redescendu à 15' j. Lorsque le i*apport de la valeur de l’or marcliandise à la valeur de l’argent

'.M. .Vlfred .Mar.-^liall, dan.s un article intitulé : On Rnneilifs for Flnchuitionx in Priées, paru dans la Contenijtorarij Rerieie eu mars 18S7. a exj)osé un système monétaire qui u'est autre clio.se <|ue le himétallisme a rapport fixe de (piautités.

marchandise sera hifcrieur au chifVre de 15i j, les pliéiiomènes inverses auront lieu. La quantité de la mo)inaie d’oi' awjmeidera; celle de la monnuie d'argent diminuera. La quantité de la marchandise or diminuera ; celle de la marchandise argent augmentera ; et cela, jusqu’à ce que le rapport de la valeur de l’or marchandise à la valeur de l’argent marchandise soit remonté à 15 '

De ces explications il résulte que les monométallistes se trompent quand ils alTirment d’une manière absolue que promettre l'irrévocabilité du I5i/j, c’est promettre l’impossible. Cette irrévocabilitê est possil)le, dans certaines limites, sans atteinte à la libre concurrence. Mais il en résulte aussi que les bimétallistes sont eux-mémes dans l'erreur quand ils se ligurent que le rapport de 15 '/j, étant lixé comme rapport légal de la valeur de l’or monnaie à la valeui' de l’argent monnaie, le serait par cela seul, irnmédiab'ment et à toujours, comme rapport naturel de la valeur de l’or marchandise à la valeur de l’argent marchandise. Lue marchandise peut être aussi monnaie; pour devenir monnaie, elle n’en demeure lias moins marchandise, et n’en a pas moins, comme telle, un prix déterminé par la loi de l’otTre et de la demande. Ce prix peut être, exceptionnellement et momentanément, tantôt supérieur, tantôt inférieur au prix de la monnaie; et, en conséquence, il peut y avoir avantage pour le mineur à porter son métal tantôt au marché, tantôt à la Monnaie, et pour le changeur tantôt à fondre des écus, tantôt à faire monnayer des lingots. C’est ce tpii se voit tous les jours dans le système de l’étalon unique et dans le système du double étalon. Sans doute, dans ce dernier cas, le rapport de I5i/->, imposé au métal monnaie par le législateur, s’impose au métal marchandise par le mécanisme de la libre concurrence, mais non pa.^ immédiatement ni à toujours. ^Supérieur à 15 '/j, le rapport de la valeur de l’or marchandise à la valeur de l’argent marchandise n’est abaissé que par démonétisation d'or, et tant ipi'ii g a de l'or ci démonétiser ; après quoi. Use maintiendrait à l(î, 17, 18... Inférieur à 15 le même rapport n’est élevé que par démonétisation d'argent

et tant qu'il g a de l'argent à démonétiser; après quoi, il se maintiendrait à 15, l i, 18... Les bimétallistes nous affîrment, à toil ou à raison, que la baisse actuelle de la valeur de 1 argent est due à l’action de la loi, et non a celle de la natuie , mais ils ne iieuvent songer sérieusement à nous garantir que cette dernière action ne s’exercera jamais. Il est donc essentiel qu’on sache bien ceci ; c’est que, dans le système bimétallique, il peut survenir telle augmentation dans la quantité de l’argent qui entrainerait la démonétisation de la totalité de 1 or et nous obligerait à faire nos gros payements avec des sommes très lourdes, ou telle augmentation dans la quantité de l’or (pii entrainerait la démonétisation de la totalité de 1 argent et nous obligerait à taire nos petits payements avec des pièces extrêmement minimes; c’est-à-dire que le système du douille (•■talon sur la base du 15' légal, soit local soit unicersel, n’est toujours, en détinitive, que le système de l’étalon alternatit dans lequel le métal déprécié chasse plus ou moins le métal apprécié de la circulation.

Telle est la théorie qu’il faut développe!- mathématiquement.

28(). La construction géométrique faite dans la 8(K‘ leçon correspond à la résolution algébrique des trois équations

= Ll'a + Q 'a 5 0'.,=zFatDa),

en vue de la détermination des trois inconnm^s IL, Q'a et 0"a. Ainsi, il V a bien, dans ce cas, 8 é.piations [lour déterminer

8 inconnues.

Soient, à présent, (.V) et (O) deux marchandises employées concurremment comme monnaie; soient Oa et (2„ leurs quantités totales respectives, Q'a et (V,, les quantités demeurées sous forme de marchapdise, Q"a et (V'o les quantités mises sous foi’ine de monnaie. Soient Paet P„ leurs prix én une troisième marchandise quelconipie (R). On a, pour déterminer ces 6 inconnues, les 5 équations :

expfimaat que les qiianlités totales de (A) et de (0) sont aux sommes des quantités de tA) mai-chandise et de (A naie et des quantités de (0) marctiandise et de (O) mo

l-^l Q'a=:Fa(Pa),

exprimant comment les prix de ( A) marchandise et de (C chandise résnltent des quantités de (A) marchandise et marchandise :

tixant un rapport de valeur entre I <lLiand l’Etat déclare que 1 de (0) (d à l’autre dans les [)ayementsh

a et P„. L est ce qui a lieu (0 de ( A ) équivaïuh'ont l’un

'2H1. Portant la valeur de P,„ tirée de l’é( <Mjuations [4| et [5], puis les valeur^ de (^) éipiations fd|et [ij modifiée dans les éqn vient

a = 1’ a ( Pa ) -|- (J 'it ,

* Huns le himétallisnu C éiiuatiun

i rapport fixe de (piantites. on poserait cüiiuiu

et la théorie niatliéniati(pie du système se lén éipiations comme va se faire celle du himétalli lem-s.

n"a = na-Fa(l‘a),

P)",, — P),. — F„(mPa).

Portant ces valeurs de Q", et (/'„ dans l’équation (5) modifiée, il vient

I E)a - Fa (Pa)J Pa + | E>o — F„(mPa)l taPa = H ,

soit

tja d~ 1' a ( Pa) “F i, -|- m I' o (<aPa ) ,

éi|ualion d’où l'on peut tirer l'a, et susceptible d’une résolution géométrique très sinqtle.

Soient (Fig. Kî) deux axes rectangulaires : un awe des prix. 0/», horizontal, et nn axe des (luantUés, 0(j, vertical.

Soit la coui'he i>assant au point 11 (Fig. 15) l’hyperbole équilalèi’c ra|)porlée à ses asymiitotes dont l’éciuation est

soit (Fig. 17) la courbe de prix de (A) marchandise en

( h), en fonction de la (piantité, dont l’équation est

<1 = Fa()o;

et soit O.iO,, (Fig. Ki) la courbe de prix de (0) marchandise en (B), en fonction de la quantité, dont l’équation est

.le fais subir à cette dernière la transformation suivante, .le porte, à partir de l’origine O, sur l'axe horizoïdal, des abscisses 1 .5, 2, 2.5, B... égalt'S au — des abscissesl5, 20,25,50...

(m dans la figure est égal à 10). Et, sur des parallèles à l’axe vertical menées par les extrémités des itremières abscisses, je porte, à partirde l'axe horizontal, des ordonnées Ü',|,s',s",s"'...

t'jxalps à w lois les ordonnées r, r , r , r ... .1 obtiens ainsi la courbe O'.iO'n dont l’équation est

Cette transtbriiiation s’expliquera tout de suite si l’on considère (jue, dans h' système du rapport fixe des valeurs entre (A) et (O), 1 de (O) peut être remplacé par (o de (A) à un prix (IJ t'ois moindre. La courbe Ü',|0'|, est donc en ipielque sorte la courbe de prix de (O) sous forme de (.\).

Ces préliminaires posés, la résolution géométriipie de l’équation

.Je sui»erpose ensuite gra])hi(pieinent, pour toutes les abscisses, les ordonnées de la courbe 0'i| O',, (Fig. KV) aux ordonnées de la courbe n'Km" (Fig. 17), et j’obtiens ainsi la courbe v'Sn' dont l’équation est

o'u et 0"a de (A) marchandise et de (A) monnaie, alors (lu’il ne se fait aucune transformation de (A) marctiandise en (.\) monnaie ni de (A) monnaie en (A) marchandise. En outre, on aura, dans l’abscisse .■70 = «A)F ( Fig. lOj, la représentation du prix Po de (O) marchandise et monnaie correspondant à la quantité C„. Et, de plus, ou aura, dans les longueurs XK et RM (Fig. 17), la représentation de lo fois les ipiantités respectives O'o et ()"„ de (O) marchandise et de (O) monnaie, alors qu’il ne se fait non plus aucune transformation de (O) marchandise en (D) monnaie ni de (O) monnaie im (O) marchandise. On démontrerait, exactement comme dans le cas de l’étalon unique, que si, au lieu de partager les quantités CL et <j„ en O'a et (/a et en ( )'„ et 0",„ comme il a été fait ci-dessus, on les avait partagées au hasard eu des quantités dilVéï-entes, il y aurait eu, selon le cas, transfonnation de (A) mai-chandise en (A) monnaie ou de (A) monnaie en (A) marchandise, et transformation de (O) marchandise en (O) monnaie ou de (é)) monnaie en (O) marchandise. Il suflirait, pour ccda, de siq»poser les trois parties de la longueur PX différentes de PI, IK et KX et ditTéremment placées entre l’axe Üp et les trois combes xLiAp, ft'Km" et i.'Xn". Je m’abstiens de répéter cette démonstration atin d’abréger et pour ne pas compliquer la figure ipii doit nu* servir à démontrer autre chose.

Ainsi: — iJans le ras de deux étalons solidaires. rom)ne dans le cas d’an étalon unique, le prix coniniun et identique en une autre inarchamlise ijuelcomiue de chacune des deux marchandises mo)maies comme marchandise et comme monnaie s’établit par monnaijage ou i>ar démonétisation selon que le prix de la monnaie est supérieur au prix de la marchandise ou réciproquement.

288. Les trois courbes H , A,,Ap , 0,,Ü,,, les longueurs OA, AP (Fig. La, 1(3 et 17), et le rapi)ort étant ainsi les éléinentsde l’établissement du prix des deux marchandises inoniiaieset de la détermination des quantités respectives de marchandise et de monnaie, sont aussi, par cela même, les éléments de variation de ces prix et de ces quantités. Ici encore, il suffirait donc

•a cyQo — t a ( Pa) H — n •> (<'./Pa

se fait ainsi. Je superpose gra])hiquenient, pour toutes les abscisses, les ordonnées de la courbe passant au point II (Fig. 15) aux ordonnées d(> la courbe A,,.\p( Fig. 17); et j’obtiens ainsi la courbi' /«'Km" dont l’équation est

q = Fa ip) +

7= •’’»(/') + — .-f (oV.Aojp).

Alors, soit OA uni' longueur représentant la quantité totale de ( A ), (Ja, et AP une longueur représentant vj fois la quantité totale de (O), soit ; si on mène l’horizontale BX jusqu’à la rencontre de la courbe supérii'ure, et ipie, du point .X, on abaisse la perpendiculaire XP, on aura, dans l’abscisse OP, la représentation du prix Pa de (.\) mai’chandise et monnaie correspondant à la quantité t>a. Et, de plus, on aura, dans les longueurs PI et IM, la représentation des quantités respectives

d’examiner successivement les efîVds des déplacemeids des courbes H, A,|A|„ OqU,,, et leselVels des cliangements des longueurs OA, Al>, et du rapport oj, pour se rendre com()te de tous les phénomènes de variation du [)rix des deux marchan- <lises monnaies et des quantités res()ectives de marchandise et de monnaie. Et en comparant les résultats de cett<» étude faite dans te cas de deux étalons solidaires avec les résultats de la même étude faite dans le cas d Un étalon uniipie, on pourrait se prononcer en hjtde connaissance de cause sur les mérites respeclifsdu monométallisme et du himétallisme an point de vue de la i)lus grande fixité de valeui- du numéraire et de la monnaie. C’est ce ipie nous ferons dans la leçon suivante, mais étudifjus d’aliord ici les effets des changements des longneiu's OA et AB correspondant aux changements des quantités ( f, et (J,,.

Supposons d'ahord rpie représenté par OA demeurant

MX

constant, (j,, représente [>ar augmente jusqu’à une quan-

OJ

tité représentée par~^, ou diminue jns(|u’à une (piantité re|)resentee par . Eahig. 1/ montre que, dans le premier

cas, la (piantité totale d’argent représentée jiar ji'm’ serait marchandise, et que la circulation monétain' serait exclusivement desservie par l’or, tandis que, dans le second cas, la

({uantité totale de l’oi‘ représentée par

ff U

OJ

serait mandian-

dise, et que la circulation monéUxire serait exclusivement desservie par l’argent. Elle montre aussi que, si (A. augmentait

jusqu’à une quantité supérieure à , ou diminuait jusqu’à

une quantité inférieure à

, le piâx d(' l’argent restant égal

à p' ou à p", tandis que le prix de l'or deviendrait inférieur à //, ou supéi'ieur à p", le rapport de la valeur de l’oi- marchandise à celle de l’argtmt marchandise serait inférieui’ à oj dans le premier cas et supérieur dans h' second.

— tfdd

MX

tt tr

A présent supposons (pie <Ai représenté par-^='^^='-^

demeurant constant, Oa représenté par J’.M augmente jusqu’à une (piantité représent(*e par ~\n' ou diminue jusqu’à une quantité reiirésentée par -''/C. Ea figure montre (pie, dans

le premiei- cas, la quantité totale de l’or repivsentée l»ar‘-^

serait marcliandise, et que la circulation monétaire serait exclusivement desservie par l’argent, tandis que, dans le second cas, la quantité totah' de l'argmit r(‘présentée |iar -"y." serait marchandise, et (pie la circulation monétaire serait exclusiveimmt desservie par l’or. Elle montre aussi (pie, si (Ai augmentait jusqu’à une quantité supérieure à ou diminuait jiis- (|u'à uiK' quantité inférieure à r"/'.", le prix de l’or restant égal hz' ou à tandis que le prix de l’argent deviendrait infélieur à ou su[)érieur à z", le rapport de la valeur de l’or marchandise à cidle de l’argent marchandise serait supérieur à OJ dans le premier cas et inférimir dans le second.

En voilà, je pense, assez pour montrer combien cette question du monométallisme et du himétallisme n’a encore été que superticiellement étudiée, et pour mettre sur la voie les esprits qui voudraient en faire une étude plus a|»profondie. 11 faut ah- .‘^olument (pie, du C(')té des monométallistes, on renonce a objecter aux himétalhstes piour toute réponse (( qu’il est aussi difticile à l’Etat de maintenir nn rap[iort fixe entre la valeur de l’or et la valeur de l’argent (ju’entre la valeur du blé et celle du seigle' ». Il est très facile à l’Etal de maintenir un rapport fixe entre la valeur de l’or monnaie et la valeur de l’argent monnaie, et ce rapport, une fois institué, tend indirectement a s’établir entre la valeur de l’or maridiandise et celle de l’argent marchandise. Mais il faut aussi que les himétalhstes renoncent a contester « que le métal monétaire puisse changer de valeur en changeant de foiane » et à soutenir (( (ju’il va identité constante entre la valeur du métal lingot, la valeur du métal nu-

' llpiaioii (le .M. l.eroy-lieaiilieu (Joonotl des Krorioiuisles, ii" de janvier t^'^T'i. p. l-2i).

méraire, la valeur du métal bijou . » Cette identité de la valeur du métal marchandise et de la valeur du métal monnaie, bien loin d’être constante, ne se maintient que par monnayage ou démonétisation de métal, et cesse d’exister quand il n’y a plus de métal à démonétiser.

280. Les formules employées damJa présente théorie, outre qu’elles éclairent le principe du bimétallisme, pourraient fournir le moyen de se rendre compte des résultats d’une ai)|ilication pratique de ce système. (Ju aux fonclioiis ou courbes ci-dessus, arbitraires et indéterminées, on substitue, en tout ou partie, grâce à des données statistiques, des fonctions ou courbes à coefficients concrets, on pourra calculer appro.ximativement les effets réels ([u’aurait la reprise du monnayage de l’argent sur le pied de tel ou tel ra]»port légal de valeur entre l’or monnaie et l’argent monnaie. Supposons que, dans le pays auquel se rapporte notre figure, une augnrentation de la quantité d’argent ayant eu lieu après l’établissement de l’équilibre, on ail empêché les effets naturels et nécessaires du rapport légal par la suspension du monnayage de l’argent. Kn ce cas, la quantité de l’argent monnaie demeurant représentée par IM (Fig. 17), et son prix demeur;int représenté par OP, la quantité de l’argent marchandise st'ra représentée par P'r,el son prix sera représenté par OP', (.tu’alors on reprenne le monnayage de l’argent, les effets du rapport légal se produiront par la superposition des deux lignes P'F et IN et par le placement de la ligne totale en entre les points P et P'. Il est évident que, dans cette combinaison, le monnayage d’une certaine quantité d’argent aura pour contre-partie la démonétisation d’une certaine quantité d’or, et que le relèvement du prix de l’argent marchandise de OP' àO-' aura pour contre-partie l’abaissement du prix de l’argent monnaie de OP à Orr' et du prix de l’or marchandise et monnaie de «>OP à wOz' . Si des chilfres conci'ets étaient propres à faire encore mieux saisir l’enchainement des phénomènes, voici quels seraient ceux re-

* Opinion de M. Cernii.'^chi (Journal de»- Kcoiiomistes. n" de déceinlire 1^76, p. i57).

latits à notre pays et à notre ligure. l’étal d’équilibre résultant du rapyiort légal <0=10, la quantité totale d’argent, 0.\ = PM —5 milliards de demi-décagrainmes, se partage en PI = 2 milliards d’argent marchandise et LM = 8 milliards d’ar-

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