‹ Éléments d'économie politique pure [microform]Chapitre 44 sur 53 · A\\ MN · texte numérisé non relu

A\\ MN

gent monnaie; et la quantité totale d or =

438 mil-

.MK

lions de demi-décagrammes, se partage en -j--

100 millions

d’or monnaie et -^ = 838 luillions d’or marchandise. Le prix

(le l’argent en blé est de 5 livres, celui de l’oi‘ est de OO livres ledemi-décagramme. Autrement dit, le blé vaut0fr.20 la livre, ha (luantité totale d’argent augmentant, par hypothèse, de 2 milliards et le monnayage de l’argent étant suspendu, la ipiantité d’argent marchandise serait poidée de 2 à 4 milliards ; en conséquence de quoi, le prix tomberait de 5 à 1 1. 00 de blé le denii-décagramme. On pourrait alors acheter 1 d’argent

l.OO .. . ,

inarcliandise avec 0.83 =

d’arnent monnaie. Le mon-

navage de l’argent venant à èti'e repris, 2 milliards 160 millions d’argent resteraient cà l’élat de marchandise, 1 milliard 888 millions passeraient à l’état de monnaie; et, par contre, les 100 millions d’or monnaie seraient transformés en or marchandise. Le prix de l’argent marchandise serait élevé de 1 1. 00 à 41. 8:i; et, par contre, le jn-ix de l’argent luonnaie serait al>aissé de 5 livres à 4 1. 88, et le prix de l’or marchandise et monnaie de 50 livres à 48. 1. 88 de blé le demi-décagraimne.

1 franc ^ ,

Lu d’autres termes, le blé vaudrait alors - =0 tr. 28 la

livn*. On voit qn’il y aurait eu une hausse de 15 sur le prix de toutes les marchandises.

- , 'ff,

Mi.:

» ». il

:>2nie leçon

Firité relative de la valeur de rétalo)i h'unétall'ujue,

So.MMMUK : — '2!)0. Cuiistnictiüii (les oimj cuurlies de viU’iation du [irix eii lilé; 1" et '2" du fniiic d'argent à la l'ois marcliaiidise et luoiiuaie et du l'raue d'or seulenieut niarcliaudise, dans l'Iiyiiotliése du luoiioiiiélallisiue-argcut ; d" et i“ du franc d'or à la fois marchandise et monnaie et du franc d'argent sindement marchandise, dans l'Iiyiiothése du monométallisme-or; 5" du franc d'argent et du franc d'or à la fois marchandises et monnaies, dans riiyiiütlièse du Inmétallisme. — •21H. Similitude des courhes de variation du prix du métal à la fois marchandise et monnaie et du métal seulement mareliandise. — ■2!I2. Conditions du himétallisme elfeclif.

29d. Position intermédiaire de la courbe l)imétalli(|ue. — 294. Hésolution du Ijimétallisme en monométallisme. — 295. Limites de l'action compensatrice du bimétallisme'. — 290. Erreur de .levons. — 297. Fixité supérie'iire à ehercher.

20(1. Pour compléter la Théorie inathé)noli(jüe du biméUd- Tu^me, il int* reste à disculer la combinaison bimétallique an point (le vue tle la lixité de videur de l’étalon monétaire.

-\ppelons, dans le système bimétidlique, franc d'urgent l'unité de (piantité d’argeid., par ext'inple les 5 grammes on le demi-décagramme d'argt'ut an titre de ''/lo. et franc d'or non pas, comme on l’a fait, l’unité de qii.intité d’or, soit les ù grammes on te demi-décagramme d’or au titre de''^/|„, mais la partie de cette unité. Dans la Pig. tti, ofi oj était supposé égal à K», ce franc d’or était le demi-gramme. Kn ce cas, la courbe 0',|0'i, dont l’équation est i/ = <o Fo (<op), et que nous avons substituée à la courbe Ü,iOp dont l’équation (>st </ = F,, (prêtait la courlie de prix en blé du franc d’or mai'cbandise eu fonction de la quantité.

Soient à présent (Fig. 18) deux axes rectanguliiin's : un axe horizontal 0(, aj'c des temps, et un axe vertical Op, a.rc des prix. Sur le premier, nous iioi'tons des longueurs égales 0-1, 1-2... correspondant à runité de temps ou, i)lus exactement, à l’itdervidle égal qui séiiare les calculs des piax supposés effectués d’a[)i’ès les données matbématiques. Sur le second axe, et sur des parallèles menées }iar le^ points 1 , 2..., nous portons des longueurs coi'respondant ;

1" au prix en blé du franc d’argent marchandise et monnaie en supposant l’argent seule monnaie ;

2*^911 prix en lilé du franc d’or marchandise dans la même hypolbèse ;

3" au prix en blé du franc d’oi* marchandise et monnaie en supposant l’or seule monnaie ;

i" au prix en blé du franc d’argent marchandise dans la même hypothèse ;

.5” au prix commun en blé du franc d’argent et du franc d’or en ."^uiiposant l’argent et l’oi' tous deux monnaies.

Si l’on se i-eiiorte à nos explications jirécédentes et à notre Fig. 17, on verra qu’au début, soit après un temps zéro, la première quantité //', représentée iiar Op", est la racine de l’équation

— bu ip") + -pj ;

la seconde représentée par O-', la racine de l’équation

oAto = e>Fo } '

la troisième représentée |iar (Lt", la r*acine île l’équation

oytj.i = -j- lel'o (OJ~”) \

la quatrième //, reiirésentée i>ar (J//, la racine de l’équation

Qu = Fa (p') ;

et enlin la cinquième P, représentée par UP, la racine de l’équation

(^>a Fa(P) 'P' ”1“ <'^Fo(e.iP).

Fn conséquence, nous portons les longueurs Oj>", Ur', Or", O// et OP, à partir de l’origine O, sui' l’axe vertical Op (Fig. 18).

Après un premier intervalle de temps, les quantités (Ja,

11 et les fonctions Fa, F„ ayant cbangé, les mêmes quantités

Fl

seraient //'i, -'i, -"i, //i , Pi, représentées par les lonynenrs

N’i ([Lie lions portons sur la [larallèle à l’axe vertical menée par le point l de l’axe horizontal.

Après un second intervalle, ces cpiantités seraient i>">,

""•2, Pi, représentées par les longueurs '■2-p"o,

2-)/2, --P-2 'pie nous [lortons sur la parallèle à l’axe vertical menée par le |)oint 2 de l’axe horizontal.

Pt ainsi de suite. Nous ohlenons de cette façon les cimi courhes suivantes :

1“ La courbe />" />"i courbe de variation de prix du

franc d’argent marchandise et monnaie dans l’hypothèse du monométallisme-argent. Elle résulte analytiquement de l’é- (piation

Ua = Ea -f JP'f

dans knpielle (Ja et H sont variables indé[)endantes, la fonction Fa change, et /»" est variable dépendante au lien d’étre une valeur déterminée ;

tü'' La courbe rE... courbe de variation de prix du franc d’or marchandise dans la même hypothèse du monométallismeargent. Elle résulte analytiipiement de l’équation

evL),, = <eFi, ( oj~' )

dans laquelle (A, est variable indépendante, la fonction E„ change, et est variabledé|)endante an lieu d’être nue valtmi' déterminée ;

P)" La courbe -"i -"2... courbe de variation de prix du franc d’or marchandise et monnaie dans l’hyputhesedu monométallisme-or. Elle résulte de l’équation

nA)„ — -|- (eF(, {lor.” )

dans laquelle <A. et 11 sont variables indépendantes, E„ change, et est variable déi»endante ;

i" Lacourlie }>' i>'\ cou rbe de variai ion de prix du franc

d’argent marchandise dans la même hypothèse du monométallisme-or. Elle résulte de l’écpiation

(du=Fa(i/)

dans laquelle (Al est variable indépendante, Ea change, et y/ est variable dé|>endante ;

.V Enfin, la courbe PP1P2... courbe de variation du prix commun du franc d’argent et du fi-anc d’or dans l’hypothèse du bimétallisme. Elle résulte de l’équation

Lki -f- <e(A> = Fa ( P) ^ O (<eP )

dans laquelle (Ai, LL et H sont variables indépendantes, F« et F„ changent, et P est variable dépendante.

La discussion des P'', et .-)'»« courbes fournira la conclusion cherchée sur les avantages respectifs du monométallisme et du bimétallisme au jioint de vue tie la tixité de valeur de l’étalon monétaire.

Dans notre ligure, iiour sinqilitier, nous avons fait abstraction des variations de la quantité H et des changements des fonctions Fa et F„; et nous avons sufiposé seulement des variations des quantités (.ta et oAA> se faisant contorinément aux courbes A et H (Fig. 19), les quantités de francs d’argent étant comptées suivant la courbe AA^-,, et les quantités de ti'ancs d’or suivant la courbe PH^-. Mais nos conclusions seront entièrement indépendantes de cette restriction.

A9I Tout d’abord, il faut remarquer la similitude des deux coui’bes p" ji"i p"-’-.- et p' p'\ p’-i--- d’une part, et "'r 1

r'j... d’autre part. Cette similitude est rationnelle. Le prix d’un métal qui est à la fois marchandise et monnaie est toujours supérieur au prix du même métal qui n’est que marchandise, puisque l’attribution à ce métal de la fonction monétaire a pour résultat de diminuer la quantité réservée aux usages industriels et de luxe. D’ailleurs, cette adoption d’un métal comme monnaie, qui augmente son prix, augmente aussi les variations de ce prix sans eu changer généralement la nature.

Ainsi, la courbe i>" est semblable en même temps (jne supérieure à la courbe p' et la courbe semblable en même temps f[ue supérinnre à la courbe -'-'xtz'-z...

Cela posé, revenons à notre Fig. 17, et voyons pourquoi le bimétallisme est effectif à l’origine. C’est parce que, si on faisait seulement de la monnaie d’argent^ le franc d'argent prendrait une valeur /»" fournie i>ar l’équation

et le franc d’or une valeur fournie i)ar l’équation

et que, p" étant on aurait avantage à transformer des

Irancs d’or marcliandise en francs d’or monnaie, ce (jui entraînerait la baisse du franc tl’argent monnaie par rapport au franc d’ai’gent marchandise et une transformation d’argent monnaie en argent marchandise; et j)arce que, si on faisait seulement de la monnaie d’or, le franc d’or prendrait une valeur fournie par l’équation

et le franc d’ai-gent une valeur //' fournie par l’équation

et (pie, étant > //, on aurait avantage à transformer des tivancs d argent marchandise en francs d’argent monnaie, ce qui entraînerait la baisse du franc d’or monnaie par rapport au tranc d or marchandise et une transformation d’or monnaie en or marchandise.

Ainsi : — />e bimétallisme n'est elfectif iju'à la condition tjae le prix da franc d'argent marchandise et monnaie soit sapériear an prix da franc d'or seulement marchandise et ipie le pri.r du franc d or marchandise et monnaie soit sujiériear au prix da franc d'argent seulement marchandise : c’est-à-dire

i tant (pie la courbe p” p"\ p”i... (Fig. 18) est supérieure à la

; courbe et lacourbe~";r"i rr'Ç... supérieure à la courbe

i p' l>'ip'-2--- C’est ce qui a lieu, dans notre figure, pendant les 10

i premiers intervalles de temps, puis de 15 à "J5 et de 05 à 45.

^ 20;i. Le prix commun F du franc d’argent à la lois marchan-

I dise et monnaie et du franc d'or à la fois marchandise et mon-

I naie est alors fourni par la racine de l’équation

I t)a -f- oA)o— ta (F) ^ “h (Kto(<'^P) 1

Iet l’on a, d'une part,

Fa(P) + ^>Oa>Fa(lh,

et aussi, d’autre part,

' jiuisqu’alors la quantité totale d’argent, ()a, et la quantité to-

tale d’or, (),„ sont l’une et l’autre en partie marchandises, pour des quantités (/a et Q',„ et en partie monnaies, pour des quantités ()"aCtO''o, Ifi première inégalité entraînant d’ailleurs évidemment la seconde, et réciproquement.

()i\ nous avons

Ua = Fa (/>') = Fa {/^") + et

oA)n — ^'vFn ((oT:^) = + n>Fo {ojz"),

Nous avons donc aussi

t a ( F ) “F "p ta ( p ) “F '

ce qui suppose p" > F, et

F.(//)>Fa(I>),

ce qui suppose P }/. Et nous avons, en outre,

7;, + I' 0 ( <'>P ) > ~ZF + F„ ( <y“") , ce qui suppose r:" >> P, et

<yFo (ojz') > <'yK„ (<yP) ,

ce qui suppose P

Ainsi ; — Quand le bimétallisme ext effectif, le prix commun du franc d’argent marchandise et monnaie et du franc d’or marchandise et monnaie est à la fois inférieur au prix du franc d’argent marchandise et monnaie et su périeur au prix du franc d’or seuleme>it marchandise, dans le monométallisme-argent ; et il est aussi à la fois inférieur au prix du franc d’or marchandise et monnaie et supérieur au prix du franc d’argent seulement marchandise dans le monométallisme-or ; c’est-à-dire que la courbe IT1P2... est à la fois iiiférioure aux deux courbes p" p"\p''i---~"'^" et supérieure aux deux coui-bes-'r'ir'o... p'p'il>'-2... C’est ce qui a encore lieu, dans notre figure, |tendant les mômes intervalles de temps que ci-dessus.

294. Revenons encore à la Fig. 17, et voyons comment le bimétallisme se résout en monométallisme. 11 se résout en monométallisme-argent quand Oa devient égal ou supérieur à ou quand devient égal ou inférieur à m"n". Il se résout en monométallisme-or quand devient égal ou supéiâeur à m'n\ ou quand (Ja devient égal ou inférieur à -”p". Dans les dtmx premiers cas, le piàx du franc d’argent p"est fourni par l’équation

tja = f a (p") -f- ~iT ’

et le prix du tVauc d’or est fourni par l’équation

= <eFi, (oj~').

Mais, p" étant égal ou inférieui' à on n a pas avantage à transformer de l’or marchandise en or monnaie. Dans les deux derniers cas, le [>rix du franc d’oi‘ tt" est fourni par l’e-

q nation

rytj,, — -p oA' I, {('J~ ) ,

et le prix du franc d’argent // est fourni par l’équation

Mais, z" étant égal ou inférieur à /»', on n’a pas avantage a transformer de l’argent marchandise en argent monnaie.

.\insi ; — Le bimétallisme se résout en monométallisme-argent dés que le prix du franc d’or sculemerd marchandise dcrient snjiérieur au prix du franc d’argent marchatidise et monnaie; c’est-à-dire tant que la courbe r'-'i-Ç... est supérieure à la courbe p" p''ip">... commt* cela a lieu <lans la Fig. 18 iiendant les 5 intervalles de tem|)S de 10 a 1-). Il se résout en monométallisme-or dés que le prix du jra)ic d argent seulement marchandise derient supérieur au prix du franc d’or marchandise et inonnaie; c’est-à-dire tant que la courbe p'p'\p2... est supérieure à la courbe comme cela a lieu pendant

les 10 intervalles de temps de 2o a 3,).

11 est d’ailleurs évident que: — Quand le bimétallisme se résout en monoinétallismc-argcnt ou en inonométallisme-or, il n’q a plus de jiri.r commun du franc d'argent et du jranedor.

l.a courbe PPiP-^-.- s’inten’ompt.

29.-). Dans des circonstances telles que celles auxtiuelles correspondrait noti'e ligure, le résultat de la substitution du bimétallisme au monométallisme-argent i>endant la péiâode O-i."), aurait été de substituer, comim' courbe de \aiiation de pîi.x en blé de l’étalon numéraire et monétaire, ta courbe PP1P2... P,,p'',,...P,,...P.,5-''.,,,...P3,-,...Pi,-, à la courbe pp"ip'2...p"^,. Le résultat de la substitution du bimétallisme au moiiométallismeor aurait été de substituer la même courbe à la courbe -"-"1 -/...-"i;,. Les circonstances auxquelles correspondrait notre

ligure n’ont sans doute aucun rapi)ort avec la réalité, d’autant moins que nous avons tait aljstraction de certains éléments, tels cnti-e autres que les variations du cliilVre de l’encaisse désirée et les changements dans l’utilité des métaux précieux considérés comme marchandises, qui auraient augmetdé ou diminuo les etlets des variations dans leur quantité; mais il n’en est pas moins certain que la courbe PP1P2... subit des j>hiises (I élé\ation et d abaissement moins considei’ahh's que les deux courbes i>" puisqu’elle esl toujours inférieure aces deux dernières et (lu’elle se confond seulement avec la plus basse des deux dès ([ue l’autre tend à s’élever sensiblement par rapport à cette dernière'.

Ainsi: — L'étalon biniétallitiue consevre une certaine fixité lelatiee de ualear dantf les cas on les étalons niononiél<(lli<jues auraient carié, en sens inverse. Il varie autant qu'eu.c dans les cas on ils auraient varié dans le même sens.

Kn somme, le bimétallisme se confie au hasard, tout comme le monométallisme, au point de vue de la lixité de valeur dt> l’étalon monétaire; il a seulemeid quelques chances de plus en sa faveur.

‘iOti. La courbe Pr*,(, 1^,- P.,- P.,. p^ a d<'-j;i été entrevue et signalée dans l('s coidroverses entre économistes au sujet du bimétallisme, (.est elle que Jevanis a voulu et ci'ii donner au Ch. XII de son ouvrage sur Im monnaie et le mécanisme de l échangé, intitule; La lutte des étalons, et qui a été souvent invoquée et reproduite de conliance jiar les bimétallistes. Mais il y a, entre la courbe P, déduite m ithématiquement des conditions de valeur de la monnaie, et la coui-be D de .levons, posée empiriipiement, une ditlérence notable. Cette courbe P est parfois distincte des deux courbes ;/' et r" auxquelles elle est inférieure; elle l’est, par exemple, de Pà P, y, de P,- à P.,-, de C’est seulement dans certaines circonstancc's (pi’elle se confond avec l’une ou l’autre de ces deux courbes; elle se confond, par exeni[)le, avec la courbe //' de P,,, à P,-, et avec la

' l'üur ta iü.scussinii île la courbe de |)rix de rétaloii biiiittallii|Ue. voyez htudcs il'crouioiiic poUlii/vc (ipiiliiiiit‘ç. Thcovie de la .Mintnaie l'.l.

courbe de IÇ- à P35. La courbe Dde .levons se confond toujours avec celle des deux courbes /)" et qui se trouve inférieure i'i l’autre. Dans notre ligure, ce serait la courbe y/'CDP|y/»"ii... Cette disposition de la courbe dt> Jevons correspond à la supposition, assezclairemeid énoncée dans son texte, <pie le système l.)imétallique est essentiellement un système à étalon alternatif en ce sens qu’il ne laisse jamais qu’un seul métal dans la circulation : tantAt l’or, tantôt l’argent. Or, il est positif que c’est là une erreur. Notre raisonnement a étaldi et l’expérience montre que le i)imétallisme jumt être etTectif; et, dans ce cas, la valeur commune et identique du franc d’or et du franc d’argent est nécessaiivment infériimre à la valeur (|u'aurait le franc d’or dans le inonométallisme-or et à celle (pi’aurait le fi-anc d’argent dans le monométallisme-argent. Cet exemple prouve combien il importe de procédtu- inéthoditpitmient dans ces questions de i-appnrts (juantitatifs qui ne soulfrent pas le moindre à-peu-ju‘ès.

Cette ei'reur r(*ctinée, il n’en demeure pas moins vrai, comme le reconnaît .levons, que le bimétallisme a bien une action coiiqjcnsatrice. .le ne reviendrai pas sur le fait que cette action résidte d’une per[»étuelle monétisation et démonétisation de métal ; mais je ferai une dernière observation aux birnétallistf's.

;2!I7. Du momentoùron entre|)rend de faire intervenir, dans la théorie d’application de la monnaie, la considération de la lixité plus ou moins grande de valeur de l’étalon monétaire, pourquoi se contentei’ d’une fixité chanceuse et imparfaite et ne pas viser à une fixité assurée el parfaite? Qu’on examine si le blé l'épond, sous certaines réserves, aux conditions d’une marchandise de rareté* et de valeur sensiblement constantes. Ctu’on examine même si la l'areté et la valeur de la monn.'iie doivent être constantes, ou s’il ne v;uidi’ait pas mieux qu’elles

variassent comme la rareté et la valeur movennes de la làcliesse

social)* ; et qu'on substitue au l>lé tel ou tel étalon multiple à déterminer. Dans toutes ces condjinaisons, la courbe bimétallicpie P serait plus voisine de l’horizontale que les courbes

iiionoinélalliques /«" ot mais pour(iuoi, au lùni de s’eu tenir à la coui’be V, ue pas clierelier à obtenir l’iiorizontale elleniùme par une action exercée eu toute connaissance de cause sur la quantité de mêlai en circulation? C’est à quoi l’on ariàverait non pas par le bimétallisme, mais par le monométallisMi(‘-or combiné avec un billoii d’arpent distinct de la monnaie divisionnaire et qu’on introduirait dans la circulation ou (pi'on en retirerait de manière à ce que le prix de l’étalon multiple ne variât pas. L’Etat, qui ferait l’opération, gagnerait à l’émission et perdrait au retrait, la différence de la perte et du gain s’ajoutant aux frais de monnayage et de démonétisation, ou s’en retramdiant, pour constituer le prix dont la société paierait la fixité ou la régularité de variation de valeur de l’étalon mouétaii'e. Mais nous réservons ces questions d’écononde politique ajipliquée et d’économie politique pratique; et il nous suffira pour l’instant d’avoir lixé les points les plus importants de la théorie pure de la monnaie.

dd"'® LEgON

De la monnaie fulaeiaire et des paiements par compensation

SOMM UHK.- — ‘298. Divers muvens de régler les êolianjie.s .sans interveiitiuii de niüiiuaie métallique. 299. CiuûUlx an.r livres. — -m- Eflets <ie curnoirrcr. — \U}\ . Billets (le bantjue. —3^}^.(Biefjues. — Substitution de la munuaie de papier à la monnaie de métal (lar l'u.sage des chèiiues comme par celui des liillets de Ijanqiie. — 304. Equation delniitive de la circulation. — 305. Conlirmatiou expérimentale de la « loi de la quantité ».

2t»8. C’est un fait curieux et digne d’être noté, dans la théorie de la monnaie, qu’on ait considéré comme un premier progrès de s’en servir, et que, cette monnaie existant, on ait considéré comme un nouveau progrès de s’en [lasser. Il y a, en effet, un certain nombre de moyens, dont l’ importance se développe de jour en jour, de faire des échanges sans intervention de monnaie métallique. Ce sont les suivants;

2t)it. Crédits aux livres. X et V sont deux commercants qui se vendent et s’achètent réciproquement de la marchandise à crédit. A de certaines époques, comme, par exemple, a la lin de chaque semestre, on fait le total de ce que X doit a ’i , de ce que V doit à X, et l’on voit lequel des deux débits l’emporte sur l’autre. La ditférence seule est payée en monnaie; le plus souvent même, cette différence est })ortée en compte à nouveau. Quelques rares paiements en espèces su ftisent de la sorte à l'égler uu(' nombrimse série de ventes et d achats pour des sommes .très importantes.

Voilà donc une certaine quantité d’échanges qui se seront etfeclués sans intervention de monnaie métalliciue; mais, toutefois, l’opératiou suppose l’invention et l’existence du numéraire et de la monnaie ; et les métaux précieux, s’ilsensontahseuts en fait, y sont toujours jirésents en principe. C’est grâce à l’existence du numéraire qu’on a pu tenir les comptes de doit et avoir; c’est grâce à l’existence de la monnaie (pi’on a pu considérer chaipie affaire entre X et Y comme une opération d’échange complèh', ilétinitive, n’ayant plus qu a être

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réglée par remise d'espèces, et (pi’oii a |)U considérer X et V comme se laissard réciproquement la disposition de ces espèces qui leur étaient dues et dont ils étaient propriétaires. Il y a plus: on a pu taire la comparaison des unités de prêt, c’est-à-dii‘e des produits des unités de monnaie prêtées par les unités de tenijis pendant lesipietles elles ont été prêtées, et tenir un compte exact, lors du règlement, de la ditïérence entre la somme de crédit faite pai‘ X à V et la somme de crédit faite par V à X ; et cette dernière opération eût été encore impossible sans rintervention, non reelle, mais virtuell(>, du numéraire et de la monnaie.

dOO. (le coiiirnerce. Il n’arrive |ias toujoni'S, il arrive

même assez rarement, que deux négociants fassent ensemble des affaires assez importantes et assez suivies pour avoir ainsi un compte l’un chez l’autre. En ce cas, et X, par exemple, ayant fait à Y un acliat isolé, soit au moment itiéme de l’achat, soit après un certain tenqis de crédit aux livres, l’affaire sera réglée de la manièi‘(> suivante. Si X et V haln'tent la même ville, X (Souscrira à Y un billet ù ordre en ces termes: — «A telle époque, je paierai à Y, ou à sou ordre, la somme de tant, valeur reçue en marchandises. Signé X.» Si X et Y n’habitent pas la même ville, fournira sur .X une lettre de change en ces termes: — « .\ telle éqioque, veuillez payer à mon ordre la somme de tant, valeur reçue (m marchandises. Signé Y.» Cette lettre de changt* sera acccjdée pai‘ .X en ces termes : — (cAccepté. Signé X. » Il est certain qu'à l’échéance, X, en acquittant son billet ou la traite de Y, délioursera des es^ièces; mais, avant cette époque, voici ce qui sera arrivé. ^ , une fois en possession du billet à ordre ou de la lettre de change acceptée, s’en sei’a servi pour régler une affaire qu’il aura faite avec un troisième commerçant Z. Il auia transmis le billet à ordre ou la ti-aite à Z en Vendo&sard en ces termes : — « Pavez à Z, ou à son ordre, la somme de taid, valeur en compte. .'<igné \ . » Z lui-même se sera servi de l'effet (m l’endossant à son tour à un quatrième commerçant \Y pour régler quelque affaire. Il est possible ainsi que l’elfet, depuis le moment de sa création jusqu’à ce-

IMi* !

Ui'i.i»- I

\ Hi' I

— Ai!» —

hii de son échéance, ait sei-vi à régler deux, trois, cimj, dix, vingt ventes et achats île marchandises. L’échéance venue, si N ne payait pas, l’etfet retournerait d’imdosseur en endosseur jus(|u’à Y ; mais si X paye, tout est terminé, et les vingt atfaires ont été réglées avec un seul débonr.sement d'espèces.

Ici encore l'existence du numéraire et de la monnaie est nécessaire, et leui' intervention virtuelle, sinon ri'elle. Chacun des endosseurs est censé laisseï' X disposeï’ des espèces qui lui appaiMiennent pendant tout le temps durant lequel il garde l'effet, (d cliaciin d’eux reçoit, sous forme d'une part d’un intéi'ét payé en totalité pai‘ X, la rémunération de ce service.

dül. Billets de banque. La circulation des billets à ordre et lettres de change rencontre une difficulté dans ce fait ipdils ne sont payables (pi'à terme, ce qui donne aux accidents de non paiement par le sonsciâpteur ou accepteur le tem|)s de se produire, et qu’ils sont transmissibles seulement par voie d'endossement, ce qui crée pioui’ cliaque endosseur l’obligation de rembourseï', s’il y a liru, tout en l’exiiosant à l'éventualité de n’étre pas remboursé lui-méim'. Il y a des institutions nommées bauiiues d' émission, qui font alors l'opération suivante. Elles reçoivent les effets payables à terme, transmissibles par * voie d’endossement, et elles remettent à la [ilace des effets

payables àvue, transmissibles sans endossement, qu’on ajipelle billets de bamjue. Tel est lebille.t de bampie : c’i'st essentiellement un effet à rue, au jiorteur, substitué à un effet à terme, à ordre. Ces billets, ]irécisément jiarce qu’on peut, en principe, aller à tout instant les échanger à la bamiue contre espièces, et qu’on les transmet sans endossement ni i-esponsabihté, ciiculent beaucoup plus aisément que les effets de commerce: le fait même qu’ils sont exigibles pai- tous les porteurs est cause que ceux-ci se les passent de main en main. .Vinsi, en temps normal, le billet de banque reste en circulation au moins jusqu’à l'échéance de l’elfet de commeire qu’il a rem-

I placé; à cette époque, la banque présente cet effet à l’encais-

sement et reçoit en paiement son propire billet de banque ou, a son défaut, des espèces qu’elle garde j;)ar devers elle jusqu’à

la présPiitalion de ce billet de banque resté dans la circnlalion. De la sorte, il sut'tit que le total des elVets en portefeuille et des espèces en caisse à la banque soit égal au inoidant des billets de banque en circulation; c’est-à-dire (lu’avec une encaisse déternunée, une banque d’éiuission peut avoir deux, trois, ijuatre, ciini fois plus de billets en circulation. Or, il est clair que, si l’encaisse de la bampie est de IdO millions et la circulation des billets d<‘ dOO millions, il y a les deux tiers des écbanges réglés i)ar billets de banque (pu se font, tion i>as indépendamment du numéraire et île la monnaie, mais sans emploi etVectif de métal précieux et, en réalité, au moyen des effets du portefeuille, c’est-à-dire par \ irements de titres, sans liquidation véritable des dettes et créances.

litri. Chèijaes. X, Y, Z, XV n’ont pas de compte Fun chez l’autre ; ils ne se souscrivent i>as l’un à l’auti'e de billets à ordre, ni ne fournissent Fun sur l’autre de lettres de change; ils ne .se servent pas non plus de billets de banque ; voici ce qu’ils font. Ils ont chacun un banquier chez lequel ils déposent une certaine somme en monnaie, etVets de commerce ou billets di* lianque, ce qui leur constitue une j>rovisû>n. Le banquier écbange la monnaie contre des titres; de sorte qu’en dernière analyse toutes les provisions sont constituées en titres, sauf une encaisse de réserve comme pour le billet de banque. Ils disposent alors de cette provision au moyen de chèques qui sont des reçus délivrés sur le banquier et avec lesquels ils règlent leurs divers achats. Si tout se bornait là, la provision serait vite épuisée ; mais il y a autre chose. X, V, Z, W, qui font des achats, font aussi des ventes, et ils reçoivent eux-mémes, en règlement de ces ventes, des chèques, soit sur leur propre banquier, soit sui- d’autres banquiers de la ville. Ils remettent ces chèques, au fur et à mesure qu’ds les reçoivent, à leur banquier, en aliment de leur provision, et ils disposent par d’autres chèques de ce supplément de provision comme de leur provision originaire. Ce n’est pas tout encore. 11 y a, dans la ville, un établissement nommé cleacing-ltouse ou chamhre de liijuidation oi'i tous les banquiers se rendent jouiaiellement.

Là, ctiacun d’eux remet aux autres banquiers les chèques (|u’il a sur eux et reçoit d’eux les chèques qu’ils ont sur lui. Il paie ou reçoit en espèces la différence, c’est-à-dire l’excédent de ce qu’il doit sui- ce ipu bu est dû ou de ce qui lui est di'i sur ce qu’il doit. 11 peut se créer ainsi des chèques pour une somme bien siqiéi'ieure à celle des provisions originaires. Voilà comment les idièques sont un puissant moyen de régler des ventes et achats sans emidoi effectif de monnaie métalliipie, surtout avec la condjinaison de la chambre de liipddation qui est le couronnement du système. C’est ainsi qu’aux clearing-bouses de Londres et de New-X'ork, des centaines de millions de livres ou de dollars d’alfaires se règlent avec un déplacement de quelques milliei*s de livres ou de dollars en espèces métalliques. Il y a ici deux moyens cumulés d’économie de monnaie métallique; 1° la compensation des chèques au clearing-house qui pourrait tout aussi bien être une compmisation de mandats de virement d’espèces métalliques, et l’emploi des chèiiues, c’est-à-dire de mandats de virement de titres contenus dans les portefeuilles des banquiers et qui soid des titres de capital cii'culant ou de capital fixe, des titres bons ou mauvais, selon la natui’e et le caractère des affaires faites pai' ces banquiei-s.

FàK). Nous ne jugeons [las le fait; nous le constatmis et le précisons. En raison de leurs qualités exceptionnelles, For et l'argent sont de la richesse réelle et liqtdde. On peul les enfouir ou les (léi)oseren lieu sûr avec la certitude qu’ils auront toujours leur valeur, et cela d’autant plus que les circonstances seront plus critiipies. Des cayjitaux fixes ou cii-culaids ne valent ipFen raison de la valeur de leur service ou de leur usage ipu peut être nulle ou le devenir dans bien des cas. Donc les écbanges réglés en titres ne sont pas liquidés. Sans doute, Fem|(loi des titres, au lieu et place d’une quantité équivalente de monnaie métalliipie, pour les virements, permet de consacr-er plus de métaux précieux aux usages industriels et de luxe; mais il reste à savoir si l’avantage, pour les particuliers, d’avoir des ustensiles et des bijoux d’or et d’argent en quan-

FLn

(leiiienn'rait constant. Or il suf'tit d’y ivllccliir un instant |tour se convaincre qn’il en serait bien ainsi. En elïet, toutes les conditions essentielles des trois équilibres de la production, de la capitalisation et de la circulation subsistant, connue nous l'avons vu PJTO), avec raupnientalion ou la diminution des prix ell'ectuée proi)ortionnellenient à rauginentation ou a la diminution de la quantité de la monnaie, il n’y aimait aucune i-aison poui' (pu* les entrepreneurs et les bampies ne missent [las en circidation la même quantité de capital pour un montant nominal proportionnellement plus fort ou i)lus faible d’etVets de commerce et de titres, pour ipie les mêmes quantités de marchandises ne fussent pas vendues et achetées par compensation pour un montant nominal lu oportionnellement [dus fort ou plus faible et pour (jue l’encaisse désirée, exprimée en ( lE, change.àt. Ainsi les deux faits de la circulation de papier et des conqurnsations ne [lortent aucune atteinte au théorème de la proportionnalité des prix à la (juantité de la monnaie.

Ce théorème reste donc l igourenx. Et il s’ensuit que le jour 011 les porteurs de billets de banque viendraient les présente!tous au renibüui'sement et oi'i les porteurs de carnets de chèipies demanderaient, eux aussi, le remlioursement total de teui-s dépôts disponililes, à suppose!- (|u’on s'a!‘rangeàt poulies satisfai!-e, le prix l’a d(> la monnaie en ( H i haiissei-ait de

à , enl!'a!nant une l.ia!sse exactennmt niverse des

tité plus considé!-ahle conipen.se l’inconvénient, }iour la société, de ne pouvoi!-opé!-er en tout temiis une liquidation plus ou nioins étendue, mais, en tout cas, assm-ée. La société n’est pas plus instituée iioiu- liip!ide!- qu’un cha!- ne se niet en !nai-che jiom- s’a!-!-éte!- ; niais, de même (pi’iin cha!- doit pouvoi!- s’a!-rète!- ou enrayer, de mènie aussi, iieut-êt!-e, la société doit-elle pouvoir liquider plus ou nioins. Et, en ce cas, les économistes g!-ands admii-ateurs des liillets de banque et des chèques et les socialistes qui i-êvent d’emch(//(sme et nous parlent de la monnaie métallique comme d'un «poids mort » ressembleraient tout à fait à des chai-i'etiei-s qui se déhari-asseraient comme d’un poids mort de leui's sabots et de leui-s freins. A cet égard, nous fei-ons une dei-niei-e constatation.

304. Les etfets de commei-ce et les titi-es repi-ésentés par des billets de banque ou pai- des chèques constituent renseinhle de la monnaie fiduciaire ou de papier, par opposition à la monnaie métalVupie. Nous avons déjà reconnu l’équation de la cii-culation monétaii-e C2S1, 283); il convient de compléteicette équation par l’introduction d’un terme F exprimant le montant de la monnaie tidnciiure à côté de celui qui expi-ime le montant de la monnaie métallique. ()uant aux conqiensations par crédits aux livres, mandats de virement d’espèci-s, chè(|ues, et par tousauti-es moyens, il faut admetfi-e qu’au fur et à mesure que l’usage de ces compensations s<‘ développe, l’encaisse monétaire désirée devient de jdus en plus faible, niais que, à un moment donné, cette encaisse est ce qu’elle est en !-aison des échanges à régie!- en monnaie, tout conipte tenu des conipensations.

En int!-oduisant , connue nous l’avons dit, le te!-nie I-’ dans not!-e équation, nous avons généu-alenient

prix des mai-chandises en monnaie.

:tor). Telles sont les conclusions de la méthode déductive en (-e (p!i conce!-ne la loi dite de la qiKnitité, c’est-à-dire la loi de proport iornutlilé iiircrse de la râleur de la monnaie à sa quantité. Nous ve!-rons, en écononiie politique appliquée, quelles sont les conséquences éno!-nies de cette loi (jui niet tout l’équilibre du marché à la me!-ci des exploiteurs de niines et des émetteurs de billets de banque et de chèques. Les économisles (|ui la i-ontestent se fondent, en général, sur la méthode d'induction, auti-enient dit, sur l'oliservation et l’iiistoire. Ils

+ F)Pa=^ H

et il !-este à voir si, la quantité de niarchandise nionnaie d’une pa!-t, et les prix en nionnaie, d’autre part, augmentant ou diminuant pi-opoi-tionnellenient, le ternie F aiigmentei-ait on diminuerait de hii-méme pi'opoi-tionnellenient, et si H

34"‘« LEÇON l)a rliaugc.

sont pourtant bien Ibrcés de reeonnaitre qne l’observation et l’bistoire accusent d’nne manière frappante la variation de la valeui’de la monnaie en sens contraii-e de celle de sa quantité. 11 est cei'tain (|ue, dans l'antiquité, le brusque dévelo|)pement donné à l’exploitation des mines d(^ plomb argentifère du Laurium éleva le ()rix du médimne de blé de 1 drachme à d drachmes, du temps de Solon à celui d’iVristopbane; que la découverte de l'Amérique et l’exploitation des mines d’argent du Potosi triplèrent également tous les prix en Euro|)e, de la tin du Xye siècle au milieu du XVIP; que l’exploitation des sables aurifères de la Californie les eleva de d8 de 1851 à 187.Î. Mais ils nient que la variation ait été i)iverseme)it propui-tlonnclle. Il est bien facile de leur répondre ; P' que la loi de la quantité ne vise que la quantité de la monnaie ;

qu’elb' affirme la proportionnalité directe à Futilité en meme temps que la proportionnalité inverse à la quantité; d" (ju enlin elle suppose toutes choses égales d'ailleurs, condition qui II est jamais remplie dans la réalité, en raison du long espace de temps que les phénomènes mettent à se produire. Dans le cas d’augmentation de la quantité de la monnaie par émission de monnaie de papier ou de pa|)ier-monnaie, 011 les choses se passent plus rapidement, la proportionnalité inverse est bien plus apparente. C’est ainsi ([u’on vit des émissions de dO à 40 milliards d’assignats abaisser dans la proportion de 100a'2.50ou d la valeur de l’intermédiaire d’échange. On ne peut répéter cette magnitiqne expérience aussi souvent qu’il le faudrait pour convaincre les adversaires de la loi de la quantité; et c’est pourquoi il est fort lieureux que l’économique soit une science oii le raisonnement vient suppléer an iléfaut ou à l’incertitude de l’expérience.

Girculatiuii des lettres de eliaiige. — Cours du cliauge. Changi* pro|>rement dit. Pair, }>rrtf\ prime. — 30S. Paiements eltectués |»ar tirage et remise de lettres de change. — 30th Détermination du cours du change. — 310. Limite à la perte ou prime du change.

— 311, 312. Equation du change. — 313. Equilibre gênerai des changes.

— 31 i. .Vrhitrages. — 315, 310. Résultats des arbitrages.

dot). Les billets de banque ne circulent guère que dans l’intérieur des pays d’émission ; la circulation des lettres de change est beaucoup plus étendue. On fournit de tous les points de l’Europe, des Indes orientales, d’Amérique, des lettres de change sur Paris, sur I.ondres, et ces traites passent par une intinité de mains, en réglant des ventes et achats nombreux et variés, avant de venir se présenter an lieu où elles doivent être payées. Aussi les lettres de change ont-elles une importance exceptionnelle parmi la monnaie liduciaire. Les grandes places de commerce et de banque: Londres, Paris, Amsterdam, Hambourg, Francfort, Gênes, Trieste, New-York, sont autant de marchés où s’achètent et se vendent les lettres de change. Sur chacune de ces places, on cote journellement les lettres de change payables sur tontes les autres ; c’est ce qu’on appelle le cours du change ou le change. Ainsi, on cote à Londres le Paris, l’Amsterdam, le Hambourg, le Gênes, On cote, à Paris, le Londres, l’Amsterdam, le Francfort, le Trieste; on dira, par exemple; — « Le Londres vaut aujourd’hui, à Paris, '25.15, l’Amsterdam '208. '25, le Francfort 210, le Trieste 195.50, » c’est-à-dire que 1 livre sterling payable à Londres s’achète et se vend à Paris 25 fr. 15, qne 100 florins payables à .\msterdam, ou à Francfort, ou à Trieste, s’achètent et se vendent à Paris 208 fr. 2.5, 210 fr., 195 fr. 50. On voit d’api'ès cela que, pour indiquer un cours de change, il faut deux termes : un terme certain, qui est sous-entendu, c’est 1 livre sterling, 1(X) llorins, et un terme incertain, qui est énoncé, c’est 208 fr. 25,

ui

21(1 tV., 1!».-) IV. .-)(>. Londi’fs, Ainstei'daia, Francfort, Trieste Iburiiissent le certain et Paris l’incertain, dans les cours ci-dessns.

;507. Dans l’établissemeid de ces ccaii's, il y a nn élément ([ni vient de la ditférence des monnaies et nn élément qni vieid dn change proprement dit. Ainsi, I livre sterling contient autant d’oi‘ pur (pi’il y en aurait dans une pièce de 25 fr. 22. Si donc le changt' de Londres à Paris l'dait de 25.22, ce change serait «a ixtir: une somme quelcompie d’or vaudrait autant payable soit à Londres soit à Paris. La ditVérence entre le cours de 25.15 et le pair de 25.22 constitue alors le change [ii’oprement dit. La chose se sim|ditie, et le change proprement dit apparait nettement, (piand les monnaies sont les mêmes. Ainsi (piand on dira (|iie le Drn.xelles vaut .i Paris lUl, le Gènes t)5, cela voudra dire ipie l(Hl fr. payables à Bruxelles s’achètent à Pai'is loi fr., que 100 livres italiennes payables à Gènes s'achètent à Paris 05 fr. Kn ce cas, le Bruxelles est au-dessus du pair et fait prune, le Gènes est au-dessous et fait perle.

Le change est donc génèralemenl le [)rix, sur une place, d'une somme payable sur une autre place. (Quelles sont les causes qni font que la somme payable sur cettt> derinère [dace vaut plus ou moins sur la première'? C-’esl ce ipie nous avons à l•echercher. Voyons, pour cida, dans quelles conditions se fait le commerce des lettres de change.

DOS. C’est par l•emise de lettres de change, et non par envoi de monnaie métallique, que se font ordinaii'ement les paiemenls d’une [)lace a l’autre. négociant de Londres, a vendu des marchandises à Y, négociant de Paris. D’autre part, Z, négociant de Paiàs, a vendu des marchandises à \V, négociant de Londres, pour une somme que nous pouvcjiis supposer égale à la pi'emiere. Dans c(‘s conditions, il est inutile que V, de Pai'is, envoie dt' l’or' ou de l’argent àX, de Londres, et ipie \V, de Londres, envoie de l’or ou de 1 argent à Z, de Paris. Les deux [(aiements [leuvent s’etfeetner sans intervention de monnaie métalli(pie, par tirage et remise d’une lettre' de change, (jue ,\, de Londres, fournisse sur V, de Paris; si W, de Londres, acheté la lettre de* change, .X sera payé et \V aura payé.

<jue W remette celte même lettre de change à Z, de Paris; lorsipie Z aura encaissé la lettre de change chez 't , de Paris, Z sera payé et Y aura [layé. Ainsi, les deux dettes seront éteintes et les deux créances remlioursées.

BO!». Tel est le [irincipe ; venons à i’a[>plication, et,poursimplitier, supposons des places ayant la même monnaie. Divers négociants de Bruxelles ont vendu à divers négociants de Paris pour lOKMtO fr. de marchandises. Et, d’autre part, divers négociants de Paris ont vendu à divers négociants de Bruxelles pour BlOOOO fr. de marchandises. D’après ce qui vient d’être dit, il est inutile que, de Paris, on envoie 101 (X)0 fr. d’or ou d’argent à Bruxelles, pendaid que, de Bruxelles, on enverra 100 000 fr. d’or ou d’argent à Paris. i)ue les créanciers de Itruxelles fournissent pour lOlOtMi fr. de traites sur Paris et les vendent à tout prix 100000 fi'. aux débiteurs de Bruxelles pour le compte des débiteurs de Paris; ou que les créanciers de Paris fournissent pour l(M.MKK) fr. de traites sur Bruxelles et les vendent à tout i>rix lOl (M»0 fr. aux débiteurs île Paris jiour le compte des débiteurs de Bruxelles; ou que l’opération se fasse en [lartie d’une façon, en partie de l’autre, par fractions ]>roportionnelles, de telle sorte qu’aucun débiteur, soit de Bruxelles, soit de Paris, n’ait avantage à acheter une traite plutôt qu’à laisser tirer sur lui. De toute manière, 101 fr. payai)les à Paris vaudront à Bruxelles tOOfr., et le change de Paris

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