‹ Éléments d'économie politique pure [microform]Chapitre 49 sur 53 · I :j ir · texte numérisé non relu

I :j ir

confection d’un produit plus 011 moins de tels ou tels services producteurs, par exemple, plus ou moins de rente, à la condition d’y em[)loyer moins ou plus de tels ou tels autres services producteurs, par exemple, moins ou plus de profit ou de travail, c’est-à-dire (|ue les coefficients de fabrication fa, àp, àk... sont variables et reliés entre eux par une ciiuation de fabricatio)!

ç (bi, à,„ bk...).=0

telle ([ue, l’un ou l’autre des coeflicients, /a, décroissant, les uns ou les autres des coetlicients, àp et b^, ci'oissent. Et dire, comme nous l’avons fait aussi, que les quantités respectives de chacun des services producteurs qui entrent ainsi dans une unité de chacun des produits sont déterminées, en même temps (pie les prix des services producteurs, par la condition que le prix de revient soit minimum , c’est dire que l’équation implicite ci-dessus étant successivement résolue par rapport à chacune des variables, ou mise successivement sous les formes explicites

les quantités inconnues 61, 6p, 6k... sont déterminées par la condition (pie

pb = f^(àp, 6k...)pi -f bp...)pk + ...

soit minimum. C’est de cette conddion que nous avons dit (pi’il serait facile de l’exprimer par un système d’autant d’é(piations cpi’il y a d’inconnues à déterminer. Voici ce système.

;CiO. Introduisons une cpiantité fabriquée O du produit (B) dans l’équation du prix de revient, en donnant à cette équation la forme

Qpij=- Ql^ipi + Q^vPv Qf'upk + ...

iî

;iil

soit, en posant i)b[ = T^ P, 06k = K...

( 1 1 Q/'b= I in + IVb "1“ “H •••

et dans l'équation de fabrication, en donnant à cette équation la forme

i)=c (Qbi , Q6p, Q6k ...),

soit

Dilïérentiant alors les é(piations j 1 ] et [!2] en vue du minimum de prix de revient, nous avons

de

dT

HL

Ph

de

dV

ph

ML

ph

()r l’entrepreneur (pii tâtonne ajoute ou retranche de cba(jue service producteur selon (pie la valeur de l’incrément de ce service est inférieure ou supérieure à la valeur de l’incrément de produit qu’il sert à olitenir, de façon à arriver aux égalités

soit toujours

de

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<fÇ\ Ph

de

dT

ph

dV

dK

ML

Ph

PM

Des équations [ I ] et [3], on tire

de

dV

dK I

(ij

; — pi ]ji libre concurrence amène le prix de revient minimum ;

2*’ Sous ce rèi/ime, le taux de rémiuieration de cha(jue service est égal à la dérivée partielle de la fonction de fabrication ,

soit é( la productivité marginale ;

3" Toute la quantité fabriiptée du produit est distribuée entre

les services producteurs.

Cette triple proposition constitue la théorie de la productivité marginale , théorie capitale en économie jiolitique pure,

parce qu’elle introduit dans le pi'ol)leine de la production le système des écpiations [dj en nombre égal à celui des coeflicieids de tabricalion et dans les((uelles ces coeflicienls figurent à titre d’inconnues, et parce ([u’elle fournit ainsi le ressoi't de la demande «les services et de l’olfre des ])ruduits par les entrepreneurs, tout comme la théorie de VHlilité finale fournit le ressort de la demande des produits et de l’olïre des sei-vices par les propi'iétaires fonciers, travailleurs et capitalistes, mais que j’ai préféré ne pas introduire dans ma théorie générale de l’écpiilibre économique, déjà suftisamment compliquée, de peni- que celle-ci îie devint tro[> difficile à saisir ilans son ensemble.

Cette théorie de la productivité marginale, doni le germe se trouve dans les chaiiitres VI et Vil de la Tlœuri/ of Political Econotufi de .levons, a été abordée par divers économistes américains et italiens, notamment par MM. Wood, Hobson, Clark et Montmnarlini. Mais elle était demeurée empiiàque jns(pi’à ce (pie MM. Pareto et Ifarone l’eussenf rattachée à l’étpiation de fabrication C-VIÔ) en moditiant d’abord cette é(piation de fa(.;on à y faire entrer la cpiantité fabriipiée d(' |)roduit, afin de pouvoir supposer les coefticienls de fabrication variant avec cette (piantité fabricpiée, puis en diflérentiant les équations de prix d(> revient et de fabrication modiliée, en vue du minimum de prix de revient du produit. .M. Parone m’a communitpié les éipiations ( 1 ), (‘2|, |:t| et (4) en iSttiet 18!Cj ; je les ai discutées avec lui; et nous sommes tombés d’accord pour déduire la troisième des deux premières comme ci-dessus, ,1e les ai fait figurer de cette manière dans ma Note sur la réfutation de la théorie anglaise du fermage de M. Wicksleed, insérée dans le Ilerueil publié par la Faculté de Proit de rFniversité de Lausanne Kt je les fais, à présent, figurer ici suivant

la notation la plus conforme à la mienne f

' .1 ajoute ce nuiuero 326 a la êiiition des Ehhnpnis dont je retraucdio, par roiitiv, ra|»pemlic*e lit de la 3^ éflition <jui contenait la Noie sur ta rrfuhttUiu tir (a t/trorie arujluise du fermage de M. Wirksieed.

:)-27. Q'fil donc à présent bien entendu (pie toutes les fois que la fonction de fabrication vient à clianger, c’est le cas du progrès tecbni(pie amené par la science, et que toutes les fois (pie, sans changement de la fonction, les coefficients d’emploi de rente viennent à diminuer, ceux d’enqdoi de pi’otit venant à augmenter, c’est le cas du progrès économi(pie amené par t’épargne. Dans la réalité, ces deux formes de iirogrès fonctioniKMit ensemble ; il arrive à la lois et (pie la tonction de labrication change et (pie les coefficients d’emploi de rente diminuent, ceux d’emploi di* profit augmentant . Mais ici nous b'rons abstraction du progrès techniipie pour ne considérer (lue le progrès économi(iiie ; c’est-à-dire (pie, supposant la tonction de fabrication déterminée, nous étudierons les conditions.de diminution des coefficients d’emploi de renti* par augmenlation de ceux d’emploi de profit.

Cette condition est évidente. La quantité des terres n’augmente pas dans l’état progressif; et c’est précisément pour cela ({u’il s’agit d’obtenir plus de [iroduils avec la même (piantité totaU', ou à peu près, de rente. La (piantité des personnes augmente, puis(pie raiigmentation de la population est supposée par la définition même du progrès ; ainsi, un supplément de travail, naturellement proportionnel au suiipléinent de produits à obtenir, est assuré. (Jue reste-t-il donc à désirer? Que la (piantité des capitaux augmente de manière à fournir le sup- (dément de profit nécessaire. C<e supplément de piolit, dans l’bypotbèsed’iin progrès purement et simplement ('‘Conomi(pie, devrait être assez considérable ; en etlet, il nesutlirait pas(|u il fût proportionnel au supi>lément de produits a obtenir ; il faudrait aussi (pi’il suppléât à l’absence d’un supplément proportionnel de rente, et, en outre, (pi’il permit d’obtenir un supidément de produits plus (pie iiroportionnel à l’augmentation de la iiopulation, en vue de la diminution des raretés. Il faut d’ailleurs évidemment que les capitaux soient civés par ft'pargne avant (pie l’emploi d(' leur {jrofit ne s opère.

Par conséquent ; - - Le progrès, consistant dans la diminution des raretés des produits avec l'augmentation dans la guan-

•’li

tité lies personnes, est possible, mahjré la non aiujmentatum dans la fpmntite des terres, (p'àee à V autjrnentation dans la ipuDitité des capitaux proprement dits, à la condition essentielle que l awjmentation dans la quantité îles capitaux proprement dits précède et surpasse V augmentât ton dans la quantité des personnes.

32S. Il y a lion de précis(*r ici la théorie si controversée de Malthus sur la j)opulation et les siilisistaiices. Cette théorii' est coiitemie, on le sait, tout entière dans 'es passages suivants du livi'e de Malthus :

« ... Nous pouvons donc tenir pour ceidaiu (jue, lorsijue la B {topulatiou n’est arrêtée par aucun obstacle, elle va doublant )) tous h's vingt-ciu(| ans, et ci’oit de période en péi'iode selon B une progression géoinéfri(pie.

B ... Nous sommes donc en état de prononcer, en partant de » l’etat actuel de la terre habitée, que les moyens de subsis- » tance, dans les cinmnstances les plus favorables à rindnslrie, B ne peuvent jamais augmenter plus rapidement <iue selon une B progression arithmétique.

B ... La race humaine croîtrait comme les nondjres 1, !2, i, B 8, H), :L2, t)4, Lis, 2Ô0 ; tandis (pie les subsistances croiti-aient B comme ceux-ci : 1, 2, 3, 4, 5, 0, 7, 8, {). Au bout de deux siè- B des la po[)ulation serait aux moyens de subsistance comme B 206 est à 9 ; au bout de trois siècles comme 4Ü96 est à 13 ; et, B après deux mille ans, ladilVérence serait immense et comme B incalculable ' b.

Il s’en tant de peu iiue la pi'emière de ces deux propositions ne soit absolument lâgonrense. 11 est évident que, d'une génération à l’autre, l’accroissement de la po|)ulation tend à se faire, abstraction faite des moyens de subsistance, ou se fait, là où ces moyens ne manquent pas, suivant une progression géométri(|ue dont la raison est égale à la moitié du nombre des eid'ants qu’une femme peut en moyenne laisser après elle. Malthus suppose ce nombre égal à quatre et la population doublant de

' .Mactucs. Essai sus le principe de pnpulation, !.. 1, Ch. I.

vénération en génération. C’est là une estimation plutôt intérieure que supéi'ieure à la réalité ; car l’espèce humaine n’échappe pas à la loi, bien constatée aujourd'hui, suivant hapielle les espèces végétales et aidmales tendent a se perpétuer pai une rmdtiplication rapide et considérable. Les consé(pien( es q„e Darwin a tirées de ce fait sont contestées; mais le fait

même ne l’est pas.

La seconde proposition est loin d’avoir la même valeur. Mal- Ibus ne fait pas la distinction du progrès technique et du progrès éconumi(iue. Mais il parait également hasardé d’énoncer Tpie raugmentation dans la (piantité des moyens de subsistance résultant de la découverte du blé ou de la pomme de terre, de Pinvention des machines ou des perfectionnements du crédit, ou que celle résultant du développement du capital a heu suivant une progression arithmétique dont la raison est 1 unité. De telles assertions ne sont fondées ni en raison ni en expérience, et il vaut intiniment mieux-se borner à dire .pie raugmentation dans la quantité des subsistances résultant à la lois du progrès technique et du progrès économique a lieu suivant une progression moins rapide .pie celle suivant laquelle l’accroissement de la population tend à se taire.

:>2!). Une société où presque toutes les terres sont cultivées, et où il est seulement possible de produire artiticiellement .piel- ,pies capitaux fonciers en transportant de la terre sur des jycbers, en fertilisant des landes, en desséchant des marais (1 /4), est donc, après tout, dans la position d’un individu qui a un certain revenu et qui fait une certaine consommation. Si cet individu maintient .^a consommation ende.^adeson revenu, et capitalise l’excédent, il augmente de plus en plus son revenu et pieut augmenter de plus en plus sa consommation , mais s il pousse tout de suite sa consommation au delà de son revenu, il court à sa ruine. De même, si une société développe son capital d’abord, elle peut ensuite croître indétiniment en population ; mais, autrement, elle va tout droit à la misère et à la famine. Et il en sera ainsi tant que le travail destaciiltés peisonnelles n’entrera pas seul .lans la confection des produits

ai^ricoles ou industriels et que, [»our y euqtloyer moins de rente de terres, il y faudra faire entrer plus de prolit de capitaux proprement dits. Nous ne partirons j)asde là, on le verra Iilus tard, pour aller avec Malthus jusqu’à soutenir (pie les réformes sociales n’importent guère ; mais nous ne .saurions non plus lui contester le méiàte d’avoir nus en évidence un iioint capital (i’économie politique pure. !• eu Jules Duval s’écriait un jour à ci'ité de nous, à la .Société d’économie politique de Pai'is : « Cummeiit ! Vous vous réjouissez de la naissance d’un veau, et vous ne vous rejouissez pas de la naissance d’un homme ! » Ainsi que nous le lui taisions observ'cr alors, il y a, entre les deux cas, la différence d’un plat de i lus sur la table ou d'un conviv(> de plus autour de la table. Ur, toutes réserves faites, eiRoie une lois, quant aux comséipieuiîes d'apjdication, il faut pourtant convenir que ce n’est pas tout à fait la même chose.

3;i(». On a beaucoup discuté, sans arrivei- du reste à aucune conclusion sérieuse et détinitive dans un sens ou dans l’autre, la question de savoir si le prix des produits s’élevait ou s’abaissait dans une société progressive. Voici ce qu’il faut réiiondre à ce sujet. Ce qui diminue nécessairement dans une société progies>i\’e, ce sont les raretés. Quant aux prix, qui sont les i"ipports de ces raretés aux raretés du produit numéraire, ils peuvent demeurer les mêmes si, comme il n’y a aucune raison de ne pas le supposer, en même tem|)sque les raretés de tous les produits autres que le produit numéraire diminuent, les raretés du produit numéraire diminuent aussi proportionnellement. Ils ne s’abaissent que si les raretés du produit numélaiie ne varient pas. (.est donc seulement sous la réserve de cette hypothèse que les raretés du produit numéraire sont constantes, que l’on peut dire que le prie des produits s’abaisse dans une suriété progressire. J. -B. .Say aflirmait la proposition dans ce sens, mais en avouant ne pouvoir la démontrer. Sur ce point, comme sur plusieurs autres, sa remarquable sagacité le servait bien ; il lui manquait seulement une méthode d’investigation plus puissante; car, comme on le voit, l’éclaircisse-

ment de la question dont il s’agit repose tout entier sur une analyse matbéniatiijue complète du phénomène de l’établissement et de la variation des pi'ix.

331. Cela dit quant aux pi'ix des produits, venons aux prix lies services.

Pour lixer les idées, et étudier les etVets du progrès en laissant autant que possible toutes choses égales d’ailleurs, nous supposerons une société comme celle (pie nous avons considérée jusqu’ici, dans laquelle un certain nombre d’individus, avant certaines courbes d’utilité ou de besoin, possèdent certaines quantités de capitaux : terres, facultés personn-^lles et capitaux proiirement dits, et ipii, à un moment donné, serait doulilée par le progrès. 11 est évident que, si à la première société s’en ajoutait purement et simplement une seconde de tous points identique, les prix des services, non plus que ceux des produits, ne changeraient pas. C’est ce (pii résulte matbèmati(piement des è(iuations d(> la production. Mais une telle hypothèse n’est pas conforme à la notion expérimentale du progrès. Ce (pi’il faut supposer, pour tenir compte de cette notion, c’est (pi’à cluupie individu de la société primitive en ont succédé, au bout d’un certain bmips, pour comiioser la société nouvelle, deux autres ayant, avant l’opération de la production et de l’échange :

h Les mêmes courbes d’utilité ou de besoin ;

ii" La moitié des mêmes tei'res;

3^> Une (piantité égale des mêmes facultés personnelles;

4'* La (piantité proportionnelle plus considérable des mêmes capitaux iiroprement dits qui est nécessaire pour permettre aux entrepreneurs de produire, avec une (juantité égale de tei'res et de rente, et avec une ([iiantitê double de facultés personnelles et de travail, une (piantité au moins double de chacun des produits.

De la sorte, chaque membre de la société primitive aurait été remiilacé par deux membres de la société nouvelle ayant, après l’opération de la production et de l’échange, à consommer directement :

1" La moitié des mêmes rentes de terres;

2'^ Une quantité égale des mêmes ti'avaux de facultés [)ersonnelles;

d" Une (|uanlilé proportionnelle plus eonsidéi’alde des mêmes protits de capitaux proprement dits;

4" Une (juantité au moins égale des mêmes produits.

d:?2. Dans ces conditions, ré(iuilil)re général n’existei'ait pas, sur 1(‘ marché de la société nouvelle, aux mêmes prix que sur C(‘lui de la société primitive. 11 saute aux yeux (pie les deux séries des rapports des raretés des rentes et îles raretés des profits directement consommés aux raredésdu produit numéi’aii'e .seraient les uns très siqiéi'ieurs, les autres très intérieurs aux prix de ces rentes et dt> ces protits, soit aux fermages et aux intérêts. Il y aurait immédiatement demande etléctive de rentes, offre effective de [irotits à consommer dirt'ctement , hausse des fermages, baisse des intérêts. Cela est certain ; mais il est facile de faire voir (pie, si on suppose tout de suite etfectuées ci'tte haussi' du [irix des rentes et cette baisse du prix des [irofits, l’éipiilibre général t'st, sinon entièrement rétabli, du moins en bonne voie de se nHahlir.

Les fermages étant élevés et les intérêts abaissés, il y a, à jien de chose près, satisfaction maxima ([uant aux rentes et aux profits directement consommés. Il y a d’ailleurs satisfaction maxima <iuant aux travaux directement consommés. Ainsi, il y a é(|uilibi‘e, ou pmi s’en faut, ipiant aux prix des services.

Les entrepreneurs producteurs paient des lérmages plus élevés, mais ils font entrer moins de l' aite dans la confection des jiroduits. Ils paient des intérêts moins élevés, mais ils font entrer plus de [U’ofit dans la confection des produits. Ainsi, les prix de revient sont, à peu de chose près, les mêmes et concordent, ou peu s’en faut, avec les prix dt* vente.

Les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes consommateurs vendent moins de rente, mais ils la vendent plus cher. Ils vendent plus de profit, mais ils le vemlent moins cher. Ainsi, ils ont, à peu de chose près, le même revenu el peuvent, on [leu s’en faut, se procurer uni' quantité au moins

égale des mêmes produits aux mêmes prix de vente concordant avec les prix de revient.

Ut enlin, puis(pie les divers rapports des raretés des proiluits (juehpie peu diminuées aux raretésdu iiroduit numéi'aire (pielque iieu diminuées aussi sont toujours égaux à ces prix de vente, il y a, à peu de chose près, satisfaction maxima (|uant aux iiroduits et éipiililire, ou peu s’en tant, ipiant aux prix de ces produits.

Cette démonstration suffit pour permettre d’énoncer ( pie ; — Dans nnc société progressive, le prix du travail, ou le sidaire, ne vari<t)il pas sensiblemtm, le pri,v de la rente, ou le fermage, s'élève sensiblement , et le pri.r du profd , ou l'intérêt, s'abaisse sensiblement.

33:U Les capitaux [iroprement dits sont des produits. Si nous considérons que, par ce motif, leur prix de vente, égal à leur prix de revient, ne varie pas, tandis (pie le prix du prolit, ou l’intérêt, s’abaisse sensiblement, nous voyons que ; — Da)is une société }>rogressivc, le tau.c du revenu net s’abaisse sensibleïnent.

3:î4. Le taux du r(‘venu net est ainsi fourni par le rapport de l’intérêt net au prix du capital proiircment dit. (Juand on l’a une fois obtenu, on obtient le prix des facultés iiersonnelles et le jjrix des teri'es en divisant [(ar lui le salaire net et le teimage. Ut comme le salairi' ne varie [las sensiblement, et que le fermage s’élève sensiblement, il s’imsuit ipie ; — Dans uræ société progressive, le pri,e des rajiitaux proprement dits ne variant pas, le prix des facultés personnelles s'élève en raison de l'abaissennmt du taux du revenu net, et le prix des terres s'élève è( la fois en raiso)i de l'abaissement du taux du revenu net et en raisoti de V èlévatioii des fermages.

D'.U). ,1e vais monti'er tout à l’heure comment la triple théorie du tèrmage, du salaire et de l’intérêt qui est implicitement conqirise dans la théorie précédemment exposée de la détermination du prix des services s’accorde avec les théories courantes ou en diffère. Un ce (pii concerne seulement la théorie de la rente ou du fermage, je ferai dès à présent reniar(pier

coiniiieiit on voit, dans celle qui est ici développée, la valeur de la rente uaitre, dans une société, par les inénies causes qui la fei'ont grandir, et grandir par les nièines causes qui Tout tait naitre. dette valeur est toujours proportionnelle aux raretés, ou aux intensités des derniers besoins satisfaits, des rentes directement consommées. Dans une société très récemment passée du régime de chasse et de pêche ou du régime pastoi'al au régime agiàcole, chacun trouve à discrétion de la terre et de ta rente, non seulement pour exercer' ta culture, mais pour placer son habitation et se faire un jai’din d’agrément. Les rai’etés et, i)ai‘ suite, la valeur de la l'ente et de la terre sont milles. Au conti’aii’e, dans une société parvenue au l’égime indiistriei et commei'cial, on se loge dans de très hautes maisons et les [rares dispai'aissent de jour en jour. L(‘s raretés et, par suite, la valeur de la rente et de la terre sont considéi’ahles. Les économistes qui, comme Carey et Bastiat, ont entrepris de nous persuader (fiu' nous ne payons pas de l'ente en achetant les produits agricoles ou autres devraient nous prouver ([lie nous avons à discrétion du teri'ain pour nos maisons et nos jardins, là, bien entendu, où nous avons besoin de résider, et non pas dans les solitudes de l’Afrique ou de l’Amérique; et cette preuve, iis ne la donnent point ni ne la donneront jamais. Aussi la vérité est-elle que raugmentation de plus en plus considérable de la valeur de la l'ente et de la terre, se pi’oduisant iraillenrs sans enti'ainer nécessaii'ement l'augmentation de la valeur des pi'oduits, est, avec le développement du capital et de la population, la caractéristique essentielle du progrès économique, et qu en mettant cette vérité en tonte évidence, l’économie politique pni'e n'éclaire pas moins l’économie sociale qu’elle n’éclaire a d’auti’es égards l’économie politique appliquée.

LEÇON

K.ramen criliqi(c de U( doctrine des jdiiisiocroles.

S()MM \iitr ■ ht- Tnhtrau t'VoJcoo'i/a/’. —3à/. Classe classe

■ \ics nropnrimrcs, classe sirnlr. - -.m.Ui classe imliistricllc |.i;u(lmt tuiit ce quelle cuiisonmie; elle n'est pas imiiruductive ; les physiocrates uiit le tort iridentiliiT les deux idées de richesse et de matérialité.— ddll. La classt' iiiduslrielle laisse, comme la cla.sse agricole, un pl■"dlllt net siisceptihle de nourrir une classe de projiriétaires. — .trü. hile a, comme la classe auricole, un capital de jin iuier étahlissement. — d'il.Le Tahleaii économiipie ne contient jias de théorie de la détermination des jirix des produits et des services.

ddh. Le talileaii que nous avons esqtdssé dans la :)r)""Ocçon, an moyen de nombres concrets, de la vie économique d’un petqile s’appelle un lalileau économique. 11 y a, du moins, un T(ddemi éeoïiornique analogue qui est célèlire dans riiisloire de l’économie politique. C’est eelni du D''Chiesna\, impi itné en 17Ô<S à Versailles, et dans lequel était résumée la doctrine physiocratiqne. On trouve une Amt/'/se du Tableau écouoinbiae dans le volume de Dupont de Nemours intitulé PhtjsiücraUe. pultlié en 17hS, et une Explication da Tableau écanoaTajae à de ***, [lar l’abbé Bandeau, dans les Epbémcrides du cito>jeu de la même année, tontes deux reproduites dans la Collection des pri)icij)uu.c écoucuuistes de l’editeur (oiillaumin ’. ‘d'M . \' Auahise débute ainsi ;

« La nation est réduite à trois classes de citoyens ; la classe » productive, la classe des j)ropriétaires, et la classe stérile.

n f.a classe productive est celle qui lait renaître par la ciiln turc du territoire les richesses annuelles de la nation, ([ui tait )) les avances des dépenses des travau.x de 1 tigricultuit*, et qui

1 Le le Stephaii lïaiicr a trouvé, eu IHUi. aux .Vrehives nationales, a Paris, dans les pajàers do Mirahixau le père, un exemplaire du Tahicau <■(■o>l00uq}(e inqirimé l'ii 17511. C.et exemplaire a été reproduit en lat -.simile i.ar la « liriti.'^h Ei'onomic Association», (pii la fait préci'aler dune hihliopraphie concernant le Tahleau même et les travaux récents dont il a été l'objet de la part de MM. lîauer. llashach. Knies, Lexis. (.Incken,

Schelle et Stern.

îi

» paie aiimielleiiienl le^; revenus des propi'iêtaires tics teri'e>. )) Ou rent'erme dans la dépendance de celle classe tons les Ira- ») vaux et toutes les dépenses qui s’v font jus(prà la vente îles » pi'oductions à la première main : c’est [lar cette veide (pi’on «connaît la valeur de la reproduction annuelle des richesses » de la nation.

» La (7msse dc.'^ jiroiiriétain’s compi'end le souvei'ain, les pos- «sesseurs des terres et les décimateui-s. Cette tdasse sul)siste )) par le revenu ou produit )iet de la culture, qui lui est jiayé «annuellement [wir la classe productive, après (jue celle-ci a «prélevé, sur la reproduction (ju\ Ile fait renaître annuelle- «ment, les richesses nécessaires pour se remhourser de ses «avances annuelles et pour entret(‘uir ses richesses d’exploi- « tation.

» La t'iasse stérile est formée de tous les citoyens occupés à « d’antri's services et à d’autres traxaux que ceux de Lagricul- « ture, et dont les dépenses sont pavées par la classe prodne- « tive et pai' la classe îles propriétaires, qui eux-mêmes tirent « leurs revenus de la classe productive*. »

Loiir iiréciser par un exemple concret, les physiocrates supposaient un royaume d’une éttmdm' de IdO millions d’arpents peu[)lé de 130 millions d’àmes.

Dans ce pays, la classe |iroductive , ou classe agricole , possède en propre, sous le nom d’ucojîres primitives, un fonds ou ca])ital de i>remier étahlissement de 10 milliards, et, sous le nom d’e rances annuelles, un fonds ou capital de roulement de 2 milliards. Ainsi pourvue, elle lire de la terre pour 5 milliai’ds de produits par an, dont 4 milliards de subsistances et

1 milliard de matières premières industrielles. Elle remet

2 milliards de subsistances à la classe des proiiriétaires à titre de revenu; elle garde poui’ elle-même les 2 autres milliards de subsistances qui rétablissent ses avances annuelles; et elle échange I milliard de matières premières à la classe stéiàle contre l milliard de produits manid icturés qui constitue l’in-

^ (^ollfcfion tit>s fK‘inr}pai(.r T. II. I^ltifsiorrnfes, (i, 58.

térêt et l’entretien de >es avances primitives. Ces :3 milliards de pi'oduits agricoles ou industriels (^ue garde en résumé la classe productive forment les reprises de cette classe.

La classi' <les propriétain's reçoit annuellement, comiiK' nous venons de le voir, 2 milliards de subsistances de la classe lU'oductive à litre de revenu. Elle en garde 1 milliai’d pour ellemême, et elle échange l’autre milliard à la classe stérile contre I milliard d’objets manufacturés.

La classe stérile, ou classe industrielle, itossède en propre, sous le nom d'araaers, un fonds ou capital <le roulement de 1 milliard en malièn'S premières. Ainsi [lourvue, elle façonne ces matièi'es en produits industriels dont elle fait trois parts: une de l milliard qu'elle échange à la classe productive, comme il a été dit, contre 1 milliard de matières premières qui rétablissent ses avances, une de 1 milliard également qu’elle échange à la classe des propriélaii'es, comme il a été dit aussi, contre 1 milliard de subsistances, et enlin une troisième part sur laquelle les physiocrates ne s’expliquent pas bien nettement, ip Tel le garde apparemment pour elle-même et qui semble devoir être évaluée à 1 milliard comme les deux autres.

:3:38. La critique i|ui se présente comme la première et la lilus importante à faire au sujet de ce Tableau économique se rapporte à la conceittion du rôle de la classe stérile ou classe industrielle et commei'çante. Les physiocrates ont répété maintes fois qu’en nommant cette classe stérile, ils voulaient dire non (pi’elle était inutile, mais seulement qu’elle était improductive en ce sens qu’elle consomme tout ce qu’elle jiroduit et ne laisse pas de produit net. Acceptons i)0ur un moment qu’il soit exact que la classe industrielle et commerçante ne laisse pas de produit net susce])tible de nourrir une classe de proi)riélaires, la dénomination serait encore vicieu.se. Cette classe qui consomme tout ce qu’elle produit produit a\issi fout ce qu’elle consomme. Pourquoi voiler la réalité des faits en disant qu’elle ne produit ni ne consomme?

Lorsqu’on cherche à pénétrer la raison de cette manière de voir des physiocrates, on reconnaît que, pour eux, l’idée de

richesse élail essentielleinenl liée à l’idée de matérialité, i milliards de subsistances et 1 milliard de matières premières industrielles, voilà (jnelh* était à leurs yeux la richesse annuellement produite, annuellement consommée, produite entiéi-ement [lar la classe agricole, consommée en iiarlie par chacune des trois classes, savoir: les subsistances pour ‘J milliards par la class(‘ agricole, pour 1 milliard par la classe des propriétaires, pour I milliard [lar la classe industrielle, elles matières

premières pour -rr de milliard par ctiacune des trois classes.

A c(‘ poiid de vue, ils devaient considérer, en elVet , la classe agricole comme nourrissant la classe des jiropriétaires et la classe des industriels id des commercants, et comme étant la classe productive par excidlence. Mais c’est précisément ce point de vue ijui est erroné.

Il faut appelei’ du nom de richesse sociale tonte chose, matérielle ou immatérielle, (|ui vaut et ipii s’échange ; et puisque, d’après les [ihysiocrates enx-méines, la main-d’œuvre ajoutée par la classe industrielle aux matièies premières fait que ces matières, achi'tées l milliard, sont revendues 3 milliards, nous sommes autorisés à dire (|ue cette classi' prétendue stérile produit annuellement, comme elle consomme annuellement, ‘J milliards de ricliesse sociale: elle produit milliards de travail et elle consomme 1 milliard de produits agricoles et l imlliard de produits industriels. D’oii il suit que la production totale annuelle, dans le pays, esi en réalité de 7 et non de 5 milliards.

331). Maintenant, allons plus loin. Esl-il vrai que la classe industrielle et commerçante produise uniquement ce qu’elle consomme ou consomme entièrement ce qu’elle produit, sans laisseï" de in-odiut net snsce})lihle de faire vivre une classe de propriétaires'? Nidlement. L’industrie et le commerce ne font pas de la t(u-re le même usage que ragriculture, mais ils en font l)oni‘tant un C('rtaii) usage. On ne fait point de l’industrie et du commerce entre ciel et tenv; il faut se poser quelque [lai't sur le sol. Or, de même que l’agriculture {)eut nourrir, pai- le

revenu foncier, la classe des i»ropriétaii-es des terres situées dans les campagnes, de même l’indusli'ie et le commerce peuvent nourrir, [lar le revenu foncier, la classe des propriétaii'es des terres situées dans les villes, l'om-quoi donc les physiocrates n'ont-ils pas aperçu ce revenu du sol des villes qui est un vi'ai produit net de l’industi'ie et du commerce'? Evidemnieid parce (|ue c’est un l'cvenu immateriel.

:îi(). Voilà donc un premier point à l’égard duquel se rétablit la similitude entre la classe industrielle et la classe agri- <-ole. En voici un autre, (juesnay dote sa classe productive d'un double capital : capital de i.remier établissement en avances primitives, et capital de l'oulement en avances annuelles, mais, pour la clas.se stérile, il ne lui accorde que ses avances en matières pi'emières. Pour(pioi cela? Le métier à tisseï estil moins indis|)ensal»le à l'industriel que lacharruea I agrii'idtem"? Son atelier est-il moins nécessaire au premiei* que sa grange an second‘? Non, sans doute ; mais c est (pie le .service de la char-ue se transforme en blé (|ui est une chose matérit'lle, tandis ([ue le service du métier se change en une façon (pii est immatérielle. C’est pourquoi on a oublie d en constater l'existence.

341. On voit sans peine comment, si on introduisait dans la docti'ine des physiocrates ce point de vue de la iiroduction immatérielle, avec toutes ses conséquences, on pourrait revenir de leur conception des trois classes productive, propriétaire et stérile, à notre propre conception des trois catégories des jiropriétairi'S fonciers, travailleurs et capitalistes. Toutefois, et cela fait, il resterait encore à faire intervenir l’entrepreneur d’agriculture, d’industrie, de commerce, le marché des produits, celui des services, etc., pour avoir un système d’économie politiipie purequehpie |»eu complet et satistaisant.

H est, en elVet, un autre très grave défaut de la doctrine physiocraticpie à signaler: c’est qu en réalité elle netoninit mille part aucune théorie des prix soit des produits soit des .sei'vices. Ni Unesnay ni ses disciples n’expliquent comment se déterminent les reprises des classes productive et stérile et

— non —

le produit iiel constiluaiil le n'venii des propriétaires. Cette déteianiiiation l'este, dans le Tahleau économique, tout à t'ait arbitraire. C’est à tort ipie l’on a reproché aux physiocrates rem[)loi de nombres concrets pour lendre leur théorie |)lns sensible, il est certain, cependant, ipi’iis ont confondu les quantités qu’ils étaient libres de choisir arbitrairement et celles qu’ils étaient tenus de déduii'e des piemiéres, en un mot, les données et les inconnues du |)i oblème. Le Tableau économi(|ue m* contient de théorie de la détermination ni du fermage, ni du salaire, ni de l’intérêt. Dans un travail complet, il y aurait lieu d’examiner en particidier ce (|ui se rapporte à ces trois points, de se demander notamment si lepi'oduit net est ou non l’intérêt des avanctîs foncières. Il y aui’ait lieu également tle critiquer l'idée que les physiocrates se faisaient du fonds de roulement dans les classes productive et stérile, ainsi (|ue de la circulation de la richesse et du l'ôle de la monnaie. On serait ainsi amené à leur re|)rocher bitm des imperfections, ce qui n'enq»êche pas, cependaid , (pi’ils aiont été non seulement la première mais la seule école d’économistes (pu, en France, aient eu une économie puliti(pie pure originale, et aussi (pi'au milieu de leurs erreurs apparaissent des vues d’une pi-ofondeur et d’une justesse (Extraordinaires dont deux subsisteront: Fune comme base de l’économie sociale, savoir (pie l’Etat doit vivre sur le prix de la i-ente foncière; et l’autre comme base de récouomie politique appli(pié(‘, savoir que la libre concurrence est, sauf exceptions motivées, la règle générale et supérieure de la production de la richesse.

LEÇON

E.ri>osiiion et rêfulKtion de la théorie aiujlaise du pri.r des [iroduits.

SoMM MHK'— Uistinclioii loiidaMieiilaU' eiitiv 1(‘n [(ruduit-; (luiit la d'uaidité ii e.st pas susccptdile d êtci- augmentée et ceux <|U on i|ent n.idtiplier sans limites. - Tdt.ll n y a pas de prududs qu ou puisse multiplier sans limites. — :m. Il n’y a jias de montant (les Irais de piodiictioii (|iii puisse déterminer le prix des produits. — .tt.). Heai tion du nrix des services producteurs sur le prix des produits : cas des seni- '•esqiii n existent plus. — ititi.Cas des services spéciaux. -- d4-.Uas des services non spéciaux. - Les deux derna'rs cas ne s opposent pas run ;■( l'autre. — d'd». Troisième catégorie de produits : coiiliisioii entre la multi|ilica1ion immédiate et la multiplication |irogres>i\ e.

:’)Li. L'école anglaise a fait, pour arriver à une théorie du fermage, du salaire et de l’iiilérét, des eitoiTs beaucoup plus suivis et beaucoup plus sérieux ipie ceux des diverses ecoles ([ui, eu France, ont succédé aux physiocrates, et dont 1 examen critique est ici tout à fait indispensaltle. Nous y consacrerons

cctt(‘ le(.:on et les deux suiviuites.

« 11 y a des choses, dit Uicardo, le civateur de l’économie » politique pure en Angleterre, dont la valetir ne dtqiend (|ue )) de leur rareté. Nul travail ne pouvant en augmenter la quan- )j tité, leur valeur ne peut baisser par leur plus grande tibon- » dance. Telles sont des statm^s ou des tableaux précieux, des )) livres et des médailles ran^s, des vins d'une (jualitê exquise 1) qu’ou ne (leut tin-r ipie de certains terroirs très peu étendus, » et dont il n'y a par conséipient qu’une quantité très bornee, » et d’antres objets de même nature dont la valeui’ est entie- )) reimml indépendante de la quantité de ti'avail (jui a été néces- » saire à leur première production. Cette valeur dépend uni- I) (piement des faculU^s, des goids et du caprice de ceux qui

» ont envie de posséder de tels objets.

» Ils ne forment cependant qu’une très petite partie des » marchandises qu’on échange journellement. Le plus gi.ind )) nombre des objets (jue l’on désire posséder étant le tiuit de )) l’industrie, on peut les multiplier, non seulement dans un

kS .

» pays mais dans plusieurs, à un degré ampiel il est presipie » impossible d'assigner des bornes toutes les fois (pTou vou- )) dra y employer rindustrie nécessaire i)Our les civer *. »

C’est une diose curieuse, et qui alleste miimx (pie toute auti-f* le développement régulier et coidinu et la pei'sistance de la doctrine de l’école anglaise, (pie de voir,!. S. Mill, un dendsiécle a|(rés Hicardo, s’e.\[)rimer pivsque exaclement dans les memes termes.

<( ... ii est, dit-il, (it*s objets dont il est matéiiellemenl im- » possible d'augmeider la quantité au delà de certaines limites » qui sont tort étroites. Tels sont les vins qui ne viennent (pie » dans certains sols, sous un certain climat, à une ci'rtaine » ex[)osition. Telles sont aussi les stal lies antiques, les tableaux » des vieux maîtres, les livres et médailles rares et autres ar- « licles recherchés |iar la curiosité des antiquaires. On peut » ranger dans la même classe b's maisons el emplacements » dans une ville de grandeur limitée comme Venise, ou dans » une ville tortilii'e là oii l’on juge les fortilications nécessai- » res, l(>s plus beaux quartiers d'une vilh* (pielconque, les niai- )) sons et les parcs (pii jouissent des beautés de la nature dans » les contr(*es oi'i cet avantage ii’est pas cofnmiin. Virtuelle- » meut, toutes les terres peuvent être classées ilans celle caté- » goi'ie...

» -Mais il existe une aiitn' catégorie dans la(pielle se idace le » plus grand nomlire des marcliandi -(>s (pie l’on peut se pro- » curer sans rencontrer d'autre obstacle que l’emploi d’une )) certaiiK' (piantité de travail et de ca|iitaux nécessairi' pour » produire I article demandé. On ne [leiit l'obtenir qu'au [irix » de ce travail et de cette dépense; mais des (pie l’on consent » a subir ces conditions, il n’y a plus aucune liniile à la mul- )) tiplicatioii du produit-. »

Oette distinction tbndamentale se ramène, comme on voit, à un partage des iiroduits en dmix categories: des [irodiiits en

ItlCAlUH). I)(‘s pruicijii's <h‘ i>l de l'nniiùl, Cli.

■I. S. .\tu,i.. Priiir'ipi’K d'êrnnimt'ie pnl'iliipie, L. 111, Ch. H, -2.

petit nombre dont la quantité n’est pas susceptible d’être augmentée, el des produits en grand nomlire (pi’oii lient miilti- ,,li(u- sans limites. Cela posé, laissant de côté la pivmiere catég(iri(‘ pour ne s’occuper que de la seconde, les économistes anglais déclarent (pie, quant à celle-ci, c est le montaiit des frais di* productimi (pii détermine le prix de vente des pmduits. Si l’on se bornaii à [larlager les produits en deux catégories ; ceux d(jiit la ipianlité n est pas susc(*ptible et ceux dont la ([uantité l'st siisceiitilile d être augmentée, et à déclarer (pie, ((liant à ct's derniers, li*ur pirix de vente tend a 1 égalité avec le montant de leurs trais de production, sous le légime de la libre concurrenct*, il u'y aurait rien à dire; mais que les produits de la seconde catégorie puissent être multipliés sans limites, et ipi’il y ait, pour eux, un certain montant des frais de production ipii détermine le prix de vente, ce sont

là deux (M'reurs e.ssentielles à retuler.

:U:5. Il n'v a pas de produits (pi’oii puisse multiplier sans limites. Toutes h'S choses (pii font partie de la richesse sociale : terres, facultés personnelles, capitaux proprement dits, revenus de tonte nature, n’existeiil (pi’eii ipiantité limitée. Parmi ces chosi's, les terres et les facultés personnelles sont des richesses naturelles; les caiiitaux proprement dits el les revenus sont des richesses artiticielles ; ce sont des [irodiiils a\ ant passé [lar le mécanisme de la production. Dans (pielques-uns Ici l'tMitti dütilino ! îiinsi (Unis b^s truits ou aiiitiuiux ^^lu\cl^GS, dans les minerais à tleur d(‘ sol, dans les eaux minérales. Dans (pielques autres, c’est le travail ; ainsi dans des consultations d’avocats ou de médecins, dans des lecpins de professeurs, dan> des chants ('t des danses. Dans la plupart, il y a à la lois de la rente, du travail et aussi du protit. D ou il suit ipie toutes h*s choses ipii font partie de la richesse sociale sont ou des terres, ou des facultixs personnelles, ou des produits de la rente des hu-res el du travail des facultés personnelles. Or Mill nous Cdiicede ipie les terres n’existent qu’en quantité limitée ; s’il en (>st de même des facultés personnelles, comment les produits pourraient-ils être multipliés sans limites'.'

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:Ui. il ii’y a pas non [dus de nionlant des frais de production (|ui, déterminé lui-niôine, d(‘terniine en conséqm'iice le prix de veide des produits. Lo prix de vente d('s produits se détermine sur le mai'clié des produits, en raison de leur utilité et de leur (jiiantilé; il n'y a pas d’autres conditions à considérer; C(> sont des conditions nécessain's et suttisantes. Peu importe (|ue ces [u'oduits aieid coûté plus ou moins (jue ce prix de vente en frais de production. S’ils ont conté plus, tant pis pour les entrepreueui's ; c’est une perle ([ii’ils subissent; s’ils ont coûté moins, tant mieux [lour eux : c’est un bénétice <pi ils l•ealisent. Bien loin <|ue ce soit le pri^ de revieid des [)roduits en services producteurs ipii déteianine leni- prix de vente, c’est plutôt leui' prix de vente qui détei-mine Imir piâx de revietil en services [injducteurs. l-ni etbq, le [)rixdes services producteurs s’établit, sui’ le marché de C(‘S services, en raison de l’olîia' (jiii en est faite [>ar les ])ropriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes et d(‘ la demande qui en est laite par les entrej)reneurs. Kt c(dte demande, de quoi dépend-elle? Précisément du [irix des [jroduils. Poui‘ les produits ijui ont coûté [)lus que le pi'ix de vente en frais de production, la demande des eidrt“preneurs se réduit et le prix desserx ices proilucteurs s al»aisse. Pour les produits (jiii ont coûté moins, la demande des entrepreneurs s’accroit et le prix des services producteurs s’élève. Tel est rmicliainement des pliénoménes, et il est inexact de le concevoii" d’une autre manière.

• )b). Maintenant, ne p(Hit-il y avoii réaction du })rix dt's services producteurs sur le pi'ix des [iroduits? Oui, sans tloiite, mais uniquement par réaction sur leur quantité. Kt c’est pour étudier cette réaction sur le [irix qu’il faut pronper les divers cas possililes selon les facilités ou les difticultés (le celle qui se fait sur la ([uantité des produits.

Il y a d’abord le cas des services pioducteurs ([ui n’existent plus; — « Statues ou tableaux [trécieux, livres, médailles rares» de Piicardo; — « Statues anti(|ues, tableaux des vieux maîtres, livres et médailles rart's, et autres articles recherchés par la curiosité des antiquaires » de .Mill. Là, les services jiroduc-

leurs n’existant [ilus, on ne saurait dire qu’ils aient aucune valeur et (|ue cette valeur puisse rt'agir sur la quantité et sur la valeur des produits. Cette valeur des [iroduits, de l’aveu même de P.icardo et de Mill, ne résulte donc que de la loi de l’olTre et de la demande.

dit». 11 y a ensuite b' cas des services pi-oducteurs s[ieciaux : — « Vins d’une ([ualilé exquise (|u’on ne peut tirer (|ue de certains t(;*rroirs très peu (‘tendus et tl(3iil il n y a, [lar conséquent, (ju’iine (juantité très bornée» de Pvicai'do; «Nins ([ui ne \iennent que dans certains sols, sous un certain climat. Maisons (d em[)lacemenls dans une ville de grandeur limitée, comme Venise, ou dans une vilb* torliliet* la ou 1 on juge les foi'tilications nécessaires. Les plus lieatix (juartiersd une \ille quelconque. .Maisons et parcs ijui jouissent des beautés de la nature là oû c(d avantage n’est pas commun » de Mill. En y regardant bien, que découvre-t-on dans ce cas? Les services producteurs existent encore ; ilsm> sont pas en inono[)ole, c està-dire dans une seule main ; mais ils sont spéciaux aux ]uoduils. D’autres terres peuvent proiluire d’autres ti'uits, mais non du raisin, ou mèiiu' du raisin, mais non du laisin de même es[nice. D’autres terres peuvent sup|iorter d(‘S maisons et des [larcs, mais non des maisons et des pai'cs exposes de la même faimn. Pour cidte raison, ces services jiroducteurs ne craignent pas de concurrence. La liaussedi' leur prix ne peut attirer vei'S la [iroductiou des servic('S similaires [luisque ces similaires n’existent pas. Le prix des produits s’élevant, le prix des services producteurs s’élèvera d’autant, sans réaction [)0Ssible sur la quantité et sur le prix d(' ces pi'oduits. Si Licaido (T Mill avaient fait leur classiticalion un peu plus méthodit[uemenl, ils auraient cité (|ueU[ues exemples de services personnels non moins s[iéciaux que les services toncieis [>ai eux mentionnés: ceux des artistes vivants, des cbanlmirs et cantatrices, des grands médecins et ebirurgiens. .Mais voyons entin U' cas qu’ils ont en vue.

:147. (l’est celui des s(>rvices producteurs non spt'‘ciaux. (l’est là, il (‘St vrai, le cas le plus fréquent. Il y a certains servua-s

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producteurs, et ce sont les plus nombreux, (pii n’ont pias de siiêcialité propiv. Il suffit à cet égard de voirceipii se i tasse à ciMé des exeniph's invotpiés par Iticardo et Mitl et de ceux qu’on y peut ajouter. A coté des terroirs ipti [troduisent un raisin d’une qualité exceptionnelle, il y a des terroirs ipii produisent un raisin d’une qualité urdinaire. A n'tté des terres propres à produii’e du raisin, il y a des terres propres à produire du ble, du toui’rage, des légumes. ( ir des terres (pii produisent du blé peuvent aussi produire de l’orge, du lioublou, du trèfle, du colza; des terres (pii produisent des choux iieuvent aussi produire de la salade. Encore faut-il remarquei’ (pie, dans des limites plus larges, mais entin dans certaines limites, on retrouve toujours la s[)écialité: le blé demande des terres de plaines, sèches et légères; le fourrage veut des terres de vallées, grasses et humides. Mais c’est surtout [loiir le travail (pie la spécialité est peut-être le cas exceptionnel et la non spécialih* le cas général. ca'dé de riiomme (pii a une voix de ténor ou des jambes d’acrohate, l’ieil d’un [K'intn' ou l’ondlle d’un miisiciiMi, il y a une foule tb' gens ipii sont a[ites à des choses plus diverses parce ipi’ils sont moins aptes à telle ou tidle chose déterminée. léhomme dont on fait un avocat aurait sou-

vent aussi bien pu ètn* administrateur ; mais surtout celui dont 011 fait un menuisier aurait sans doute aussi bien pu être serrurier, (jue consultent la [iliipart des hommes an moment de choisir une profession V Pri'clséioent le chiffre des salaires (|u’on y trouve, c’est-à-dire la valeur des services producteurs dans cette profession. Il y a doue des services producteurs

non spéciaux (|ui, à la dilférence des services producteurs spé- (Maii.x, peuvent craindre des concurrents. La hausse (pii se manifeste chez ceux-là peut attirer viu's la production d’autres services producteurs similaires qui (>xistent (*n (juantité plus ou moins considérable. Le prix des produits s’élevant, le prix des services producteurs s’élèvera, mais momentanément ; car il se [ii'oduira une augmentation dans la ipiantité des services

producteurs et une augmentation dans laquantitédes [iroduits. 11 ne subsistera (pi’une hausse plus légère dans le prix des ser-

vices producteurs eu général et des produits en general. Un raisonnerait de même en cas de baisse se manifestant, au lieu de hausse, chez des services producteurs non spéciaux.

:US. Ainsi, en réalité, il n’y a pas opposition absolue entre les deux cas distingués par Iticardo et Mill. Dans ces deux cas, il y a tendance naturelle à la concordance entre le prix des produits et le prix des services producteurs. Dans ces tleii.x cas, la hausse ou la baisse (^les produits amène la hausse ou la baisse d(‘s serxaces product(*iirs. Siailement, dans le primiiei ras, la hausse ou la baisse des services producteurs est un résultat délinitif, sans réaction sur la (iiiantité et sui- le prix des produits. Dans le second cas, au contraire, la hausse ou la baisse des services producteurs est' un fait momentané ayant pour consécpience [iremière une aflliience ou un détournement des services producteurs similaires et [>our conséqmmce déliiiitivi' une hausse ou une bais.se générale dans le [irix des services producteurs de même espèce et une hausse ou um* baisse également générale, moindre ipie la hausse ou la baisse piimitixe, dans le prix de tous les [iroduits a la production desc[iiels concourent ces servici's. Ce que la hausse ou la baisse perd alors eu intensit(“, elle le gagne en extension. Ni dans un c<is ni dans l’autre, le [iri.x de vente des produits n’est déterminé par le montant de U'urs frais de production. Et surtout, ni dans un cas ni dans l’autre, il n’y a rien ([ui ressemble à la « multiplication sans bornes» de Hicardo ni à la e multiplication sans limites» de Mill. A[)rès avoir fait sa [iremière catégorie, Mill ;ij,m[e ; — « Virtuellement, toutes b^s terres peuvent être classées dans cette catégoriic » Sans aucun doute; et toutes les tacultés personnelles [leuvent y être classées égalemeid. .Vprés cela, ([lie reste-t-il dans la se(.‘onde? Hien du tout.

(( 11 existe, dit ensuite Mill, une troisième classe d’ob- » jets qui [larticipenl du caractère des deux pivcédeutes.. . 11 y «a des marchandises ([ui [leuvent êtri* multi[ili(‘es a 1 inlini » movennant travail et dépense, mais non [las au prix d une » quantité fixe (b* travail et de dépense. On n’en peut produire » à un [irix déterminé qu’une quantité donnée ; s’il en faut da-

» vantajj;e, les tcais de proiliiction s’élèvent. A celle classe a|>- » |)arlieiinent les produits agricole^ el généraleinenl Ions les )) pi'oduils bruis de la bu're » Ici, sans nous ou avertir et sans s’eu douter, l’auteur cesse de cousidr'rer le cas de la uiultiplicatiou des produits à un inoiueut douué et au moyeu d’uue ([nautile donnée de servic(‘s producteurs poui' considérer le cas de la luulliplicatiou des produits de moiueut eu inoiueut et au moven d une quantité cn»issaiile de services jjroducleurs. Kt c’est la circoustauce qu’entre tous les services producteurs les services fonciers ne sont pas susceptibles de s’accroître eu quantité qui ramène à composer sa troisième classe d’objets avec « les produits agricoles et généralement tous les produits bruts de la terre. » Ku procédant ainsi, ce célèbi'e logicien, suivant une habitudequi lui est familière et dont il iioiisdouuei'a sous peu une autre preuve très remarquable, mêle deux (piestions foid dilïéreiites, celle de rétablissement des prix des produits et celle de la variation de ces prix dans une société progressive. Sans le suivre, pour le moment, sur ce teri-ain,où nous le retnjuvei-ons tout a l’heure à propos de la théorie du fermage, nous nous bornerons à maintenir que les marchandises de sa troisième catégorie, pas plus que celles de sa seconde, ne peuvent être multipliées a l'infini, et (jue les marchandises de sa seconde, pas plus que celles de sa troisième, ne peuvent être multipliées, môme en quantité finie, à un moment donm' et au moyen d’nne quantité donnée de services [)roducteurs, au prix d’une (juantité fixe de travail et tle d(‘pense, ou du moins au |)rix d’une quantité fixe de dépense, ce qui, soit dit en passant, n’est pas dn tout la même chose qu'une quantité fixe de travail.

^ I. S. l*/'htr/pes politii/itf’, III, Ch. H, S -•

a!)»"’ LKCOX

K.rftoiiilhni et réfutation

ite la théorie tnnjlaise du fennatje.

SuMM.uuK : — :C>0. « I .a reute est égale à la (iillereace de n^veuiï de la tem^ (lui la |)ruduiî et îles plus niauvaises terres cultivées. » dol.o La leiite est aussi la dillereuce de revenu qui existe entre un capital et le capital eniplové dans les circonstances les plus délavuraitles, o 3i)“2.Lxpression géométrique de la tliéone: surfaces de produit net sur des terres dilVerenles, — Surfaces de produit net sur les mêmes terres. — iCïj. Caractère intinitèsimal : courl)es de produit net et de taux du (U’tdit en imités de |)roduit. — 3r>5. p:xpression algéhritpie ; fonctions de produit ii(‘t (*t de taux du [irolit. — 35(>. Il faut discuter la théorie

dans la forme mathématitpie. , ^

357. «Le fermage est l’excédent du jiroduit net sur les interets. Coiiqiosition du [iroduit net. Comiiosition du capital employé. 358. Correction à la théorie: « Le fermage est l excédent du produit total en imites de produit sur les salaires et inténds. ►> — 3o3. l.,a doctrine anglaise, en énonçant que le [iroduit total eu unités de produit est une fonction non proportionnellement croissante du capital empUtyé eu numéraire, suppose gratuitement les prix des services personnels etmuhiliers déterminés et constants. — 360. Cette hypothèse entraîne celle d'une cherté croissante des [iroduits. — 361. Elle ne vaut tpie pour déterminer le fermage à un moment donné. — 362. Elle suppos<î, eu outre, gratuitement l interventiou d'un seul service foncier dans la confection du produit; et, en somme, recourt, pour déterminer les prix des services fonciers, à la considération des productivités inarginales qiu doit servir à détermiurr les coeflicients fonciers de fabrication.

:C)0. L;i théorie de la rente ou du fermage de l’école auglais(i est uu(‘ théorie produite pour la première lois, ))arait-il, a la fin du siècle d(*riiier par le D'" Aiidersou, exposée de nouveau au commeueemeut de celu i-ci par sir Edward W est et par Mal Unis, po[)ularisêe surtmi t par Uicardo dont elle porte le nom, [u'écisee par .lames Mill, par .Mac-Culloch, reproduite par John Stuart Mill, et [irofessée encore actuel lemeut par presque tous les économistes anglais. Voici dans quels tei'iiies Hicardo la présente;

« Supposons, dit-il, que des terrains U'*'' 1,2,3 rendent, moyeu- » liant un égal ouqiloi de capital, un produit net de UK), !)0et )) SU muids de blé. Dans un pays lient, ou il y a quantité de ter- » raiiis fertiles, par rapport à la population, et où par coiisê- » (jueul il suffit de cultiver le u'> 1, tout le [irodiiit net restera » au cultivaleui-, et sera le profil du capital qu’il a avancé. Aus- » sitôt qui' raugmeutatioii de population sera telle qu’on soit

» obligi' lie cultiver le n” 'li, ijui ne rend ipie !><> iiiuids, les s;i- )) laires des lalioiireiirs déduits, le t’eniiage comiiiencera pour » les (erres n" 1 ; (*ai' il faut, ou ipi’d y ait deux taux de [irolit » du ca|ûlal agricole, ou bien l'on doit dislraii'c 10 niuids de )) blé, ou leur valeiii', du [iroduitdii n" 1 pour un aidre emploi. » (,Hie ce soit le propriétaire ou une autre personne ipii cultive » le lerrain m’ 1, ces 1(» niuidsen coiistituei'ont tou jours le fer- » mage, puisipie le cultivateur du n** ‘J obtiendrait le même ré- » sultat avec son capital, soit qu’il cultivât 1e n" 1 , en payaid 1() » muids de blé de termagi', ou ipi'il continuât à cultiver le u"

» sans payer de loyer, lie même, il est clairipie loi'squ’on aura » commencéà dérricber les terrains icO, le fermage du n“'il doit n être de 10 muids de blé ou de leur valeur, tandis que le fer- 1) mag(' du n" l doit hausser à muids ; le cuit ivateii r du u" d I) ayant le même profit, soit qu’il cultive le terrain n" 1 en payant )) "20 muids de fermage, soit qu’il cuti ive le n“ 2 en en payant 10, I) soit entin qu'il cultive le n° 0 san^ payer de fermage '. »

C’est là une premièia' [lartie de ta dé-monstralion que ,1 . S. .Mill a formulée dans ce tbéoréme : — La rente est c(/((le à la différoire de reeena de la terre ijai la i>roduit et de eelai des plas inaaraises terres ealtUnk’s-. .Mais, clie/. Ilicardo, la théorie se complète immédiatement de la manière suivante.

051. (( Il arrive assez souvent qu’avant dedéfiàcber lesir*"2, » f, ou les terrains inférieurs en qualité, on peut employer » les capitaux d’une manière plus productivt' dans les terres » déjà cultivées. Il peut arriver iju’eii doublant le capital pri- 1) mitif employé dans le n“ 1 , le produit, quoiqu’il ne soit jias )) doublé ou augmenté de lOO mui(C, augmente cependant de » S5 muids: quantité qui surpasse ce que poui'rait rmidre ce » capital additionnel, si on te consacrait à la culture du ter- » rain n*’ 0.

» Dans ce cas, le capital sera employé d(' pi-éférence sur le » vieux terrain, et constituera également un fermage ; le fer-

* Hicauuo. DfLs prini'i]KL< }>olif npu‘ et de nmpàt^ Clli. Il

-J. S. Mill. Pelueijwyi d'êeottnmie polUdinej \.. II, Ch. XVI, § 3.

B mage étant toujours la dilTérejice obtenue par l’emploi de B deux (luantités égales de capital et de travail. Si avec un ca- B jiital de IfHMi livres un fermier relirait de sa terre b >0 muids B de blé, et(|ue parFenqiloi d’un second capital de I0001ivre.s B il ei'il un surcroit de S5, son pî'opriétaire serait en droit, à B l’t'xpiration dn bail, d’exiger de lui 15 muids, ou une valeur 1) équivalente, pour prix de l’augmentation du fermage ; car il » ne [leut pas y avoir ileux taux ditTérents de profits. Si le fer- B mier consent à payei' 15 muids de blé en raison de l’augmen- B tation des produits obtenus par l’addition de 1000 livres de B capital, c’est parce qu’il ne saurait en faire un emploi plus B pi'otitable. Ce serait là le taux courant jiroportionnel des pro- B lits; et si l’ancien fermier n’acceptait [)as la condition, un autre B se présenterait bientôt prêt à payer au propriétaire l’excédent B de fer-mage iiroporlionné au profit additionnel qu’il pourrait B retirer de sa tei'ri*.

B Dans ce cas, comme dans le précédent, le deniier capital B emidoyé ne paie pas de fermage; le fei'inier paie, à lavéï'ité, B 15 muids de fermage, eu égai'd à l’augmentation du pouvoir B pi-oductif des premières 1000 livi-es; mais pour l’emiiloi des B secondes 1000 livi'es, il ne paie pas de fermage. S’il venait à B employer sur la même teriv un troisième capital de 1000 li- B vres produisant en retour 75 muitls de plus, il jiayerait alors B un fermage du second ca[iital de lOtKi livi'es, qui serait égal B à la ditféi’ence enti-e le pi‘oduit des deux capitaux, ou à 10 8 ntuids ; tandis que le fermage des premières 1 000 livres haus- B sei-aitde 15 à 25 muids; elles dernières 1000 livres ne paye- B raient point de fermage C b

Telle est la seconde partie de la démonstration de Kicardo, également foi-mulée par J. S. .Mill dans ce second tliéorème : — L(( rente est aussi la différence de revenu i/ui existe entre un capital et le capital enijdmjé dans les eirconstances les plus i/éj’a cor aides -.

^ UiCAuno. Des prutcipes de l'êcononde jnjliliipie et de rhnptôt, Cli. 11.

^.1. S. .Mill. Principes d'économie polilirpie, L. 11, Cli. XVI. 4.

’éi

;>T)2. Cette théorie est une théoi'ie mathématique ((u’il faut exprimer et disculer mathémati(iuemeiit.

Soient donc deux axes de coordonn''>es ; un axe horizontal O.r ( Fig. 13) et trois axes verticaux O//. Sur l’axe horizontal, portons, à partir des points O, des longueurs Üa'i, ( t.r'o, O.c'y coi respondant aux emi)lois égaux de capital respectivement faits sur les terrains n®'^ 1 , 2 et 3, emplois desquels Iticardo ne dit pas expressément, dans la prennère partie de sa démonstration, de (jiielle manière ils sont évalués ni quelle est leur valeur, mais qu’il suppose', au contraire, trèsexplicitenientévaluése'ii numéi-aire et d’une valeur de 1000 livres dans la seconde partie de sa démonstration. Et sur les axes vf'rticaux, [eortons, à partir des points O, des longueurs ()t\, {)(■>, Of:t telles qu’en achevant les rectangles qui ont ces longueurs |)oui hauteurs et les longueurs Ox'i , Ox-'-2, ü.r'ii pour bases, nous ayons, dans les surfaces tle ces rectangles OO '/'i des quantités cor-

i-espondant aux produits nets des terrains iC'* I,2('t3, produits nets ipie Iticardo suppose évalués en unités de produit et s'élevant respectivement à lOO, 00 et SO muids. Ci'la posé, la première partie de la démonstration revient à dire <pie, ne [louvant y avoir deux taux dilVi'reuts des [)rotits agricoles, (piand on devra cultiver le terrain n“ 2, il sera ['ayé, i)our la location du teri'aiii iC’ 1, un fermag(' reprt'senté [)ar la dilféi'ence des d('ux premiers l■<‘ctallgles, soit par lasurfao' A/i.v'i I! correspondant à 10 muids ; ('t (pie, quand on devra cidtiver le t('rrain n"3, il sera [tayé, pour la location du teta’aiu lé' I, un fermage représenté par la dilVérence du prenner rectangle et du troisième, soit par la surface corres|)ondant à 20 muids, ('t, pour

la location du terrain n" 2, un fei'inage repi't'senté par la différence du second rectangle et dn troisième, soit pai* la surface E/2//E I’’ correspondant à 10 mnids, aucun fermage n’étant payé pour la location du terrain n® 3.

3Ô3. Maintenant, sur l’axe horizontal, portons encore, à jiai’tir du point Ü, à la suiti' de la longueur O.c'i, des longueurs

corn'spoiulant à di's emplois de looo livres de capital successivement faits sur le teri'ain n" 1. Et, sur les [>a-

rallèles .ch i/'i, a-"i »/"i à l’axe vertical, menées par les points jc'i, x-"i, portons, à jiarlir de ces points, des longueurs .c'i t'i. telles (pi’en achevant les rectangles qni ont ces longueurs pour hauteurs et les longueurs .ch.c'h, .c"ix"h pour hases, nous ayons, dans les surfaces de ces rectangles x\t m i.c i, .c \ l |// i.< i, des (piantités correspondant aux iiroduits nets des emplois successifs de 1000 livri's de capital faits sur le terrain n" I, produits nets toujours évalués en unités de pi-oduit et s’élevant respect ivi'iiK^n t à 8o et /5 muids. (<ela posé, la st'conde [lailie de la démonstration l'evient à dire cpie, ne pouvant y avoir deux taux ditTérents des prolits, quand on devra faire, sur le terrain n" I, l’emijloi d’un second capital de KMtO livres, emploi ipii sera fait après que le terrain n« 2 sera déjà cultivé mais avant (jui* le teri'ain n" 3 le soit l'iicore, il sera payé, a raison du pi'einier capital employé de 10(K) livres, un fermage représenté par la diltérence des deux rectangles (dti (/'i.c'i et x'i t'i soit par la surface Lèi//'i /h coi-ics(»ondant à 1.*) muids: et (jue, (piand on devra faire, sur le même tei'rain n" I, renqiloi d un troisième capital de 1000 livres, il sera payé, à raison du premier cai.ital employé de 1000 livres, un fermage représenté par la ditVérence des deux n'ctangles Uti i/'i.c'i et x"it"i(/"'i.c'"i. soit par la siiiface MO.'/'iN correspondant à 25 muids, et, à raison du second capital employé de 1000 livres, un termage représenté par la ditVérence des deux rectangles .ch Ei et .c'ht"i(/'"i.c"h, soit par la surface Nth.'/'hf'h correspondant à 10 muids; de telh' sorte qu’il sera payé, en détinitive. pour la location du terrain n" 1 , un fermage reiirésenté jiar la somme des deux surfaces Mfi f/h N et Nth f/ht i, soit par 1 aire M/l f/h th f/'h t'h corresiiondant à 35 muids.

354. Mais, la théorie étant mise ainsi sous la forme mathématique, une chose a|>parait immédiatement comme évidente; c'est que ce ipie dit Hicardo des emplois égaux décapitai successivement faits soit sur des terres ditlérentes, soit sur la même terre, doit être dit, vrai ou faux, non .-seulement d‘(‘inplois de lOtKt livres, mais aussi bien d’emplois de lOo livres, d’emplois de 10 livres, d’emplois de 1 livre; bref, c’est qm‘.

lo taux de production est, pour chaiiue terre, nue t'oiiction décroissaide du capital employé, il u’y a aucune raison de ne l>as supposer que le capital euq)loyé venant à augmenter d’une quantit(‘ intiniment jietite, le taux de production ne doive diminuer d’une quantité intiniment petite. Ttien entendu, il peut aussi en être autrement ; mais jusqu’à ce qu’on nous ait montré datis ce dernier cas le cas général, par le raisonnement ou [lar rexpcrience, nous sommes en droit de raisonner théoriquement sur le pnnnier. Ainsi, aux couihes discontinues telles que la courbe il faul substituer, pour expri-

mer lefiiit de la décroissance dont il s’agit, des courbes continues TiT'i, ToT'-i, (Fig. 14) construites de telle làçon

(pi«', le capital employé sur les terres n"* 1,2... étant i-ei»résenté par les longueurs O.ci, (!).c-2... les produits nets le soient, en unités de {)rodnit, par les aires OTig|.ci, Alors

la considération qu’il ne jieut y avoir deux taux du protit du caiiital agricole exigera que les surfaces des rectangles (JP;/i.ci, (H) représentant, en unités de produit, les protits en

question sur les terres n““ 1,2... soient proportionnelles à leurs bases (J.ci, O./v... autrement dit, que les hauteurs Se ces rectangles, .ci gi, représentant, en unités de i)roduit, le taux

du protit, c’est-à-dire le taux de production, soient égales. Et, en conséquence, les portions d’aires PTi;/i, (.)T-2//2... supérieures à la ligne horizontah* P(^)U exprimeront, en unités de produit, les fermages des teia-es n»'^ I et 2, les terres n'» d ne donnant pas de fermagtî si, comme notre tigure le supi>ose, la ligne horizontale P(^)H ne rencontre pas la courbe TsT';!.

.T),"). Algébriquement, soient /m, ào, h-.i... les produits nets des terres n'’" 1, 2, d... on les excédents du nombre total d’unités de produit sur le nombre de ces unités luk-essaire au paiement des salaires, ,ci , .Ci, les capitaux employés, exinimés en numéraire, t le taux d(> l’intérêt, exprimé en unités de produit, les rentes ci, i'->, r:u.. exprimées de la même façon, sont fournies, suivant la docti-ine anglaise, par les équations

11 y a, entre les produits nets et les capitaux employés, les relations

/( 1 = Fl (.Cl) , li-i = F-2 ( i -i ) , ka — F;j ( ... 1 2 1

et, entre le taux de l'intérêt et les caititaux employés, les n lations

ces deux espèces de relations étant représentées a la lois pai' des courbes telles que TiT'i, dkTk, Ta l 'a... dans lesipielles la variable x correspond aux abscisses, la tonction t aux ordonnées et la fonction h aux aires.

L’inspection attentive des équations ci-dessus fait reconnaître

{pie, pour rn numéros de terres, il y a dm I inconnues et dm équations seulement. Il faut encore une équation. En interprétant aussi tidèlement que [lossible la théorie de Piicaialo, et en nous conformant à dt'S précédents analogues (242, 24d), nous pouvons poser la suivante :

IM

Suivant llicardo, il semble qu’il y ait, dans une société, un certain caiiital toujours croissant, avec lequel on peut obtenir une (piantité toujours croissante, (pioique non proportionnellement croissante, de produits, de manière à nourrir une population toujours croissante. Ce capital est determint', à un moment donné ; nous l’appelons et nous le distribuons entre les diverses espèces de terres de façon que le taux de production soit le même sur toutes les terres.

Les équations [d], étant supposées résolues par rapiiort a .c,

prennent la forme

Xi = ÿ\(t), .c2 = v-f^C — Ç-.iit)...

et alors t est fourni par l’équation j 4| ainsi modifiée

t étant détei'ininé, .c,, xj, .c:i... le sont au moyen des équations

— 4(Ki —

(:{] modiliées. Les terres pour les(|uelles on a F'(0)-<nie sont ]>as cultivées ; celles-là seules pour lesquelles ou a F'(0)>>f le sont, .t'i, .f-2, .Oi... étant (lét(‘riuinés, /(i, /'-i, à;o.. le sont au inoveu des équations [2j. Et alors ri, /m, r-A... sont déterminés au moyen des équations | 1 1. Ainsi, en dei'niére analyse, les fermages dépendent du cajiital d'nn |>ays, et se déterminent à ijart des salaires et des intérêts ainsi que du prix des produits. Telle est Itien Tessence de la théorie anglaise du fermage.

.T)t). La nécessité rte donner au l•aisounemenl de llicardo le caractère intinitésimal s’impose tellement que certains auteurs l'ont subie sans cesser de s’exprimer dans le langage ordinaire, de telle sorte que la forme délinitiv(' que nous lui avons donnée est bien la vraie forme de la théorie anglaise du fermage. C’est pourquoi nous nous y liendrous dans la discussion, sans nous arrêter aux imperfections d’exposition ou de déduction résidtant, chez lUcardo et Mill, de l’emploi d’une forme rudimentaire, sans niontt*er, par exemple, comment le premier théorème de .Mill, lecpiel suppose essentiellement que les plus mauvaises terres cultivées ne donnent pas de fermage, est mal fondé en hd-méme et d’ailleurs en contradiction formelle avec le second. Cette erreur disparait, en effet, dans la théorie mathématique; et la simple inspection de la figure fait voir que les plus mauvaises terres cultivées donnent un fermage, du moins en général et sauf le cas exceptionnel d’une courbe discontinue de produit qui serait rencontrée précisément à son point de départ par l'horizontale du taux de production.

:3.ô7. Heprenons donc l’équation générale

/•= /( — ,rt ;

et soient, conformément à nos notations, (Bi le produit considéré, ph son prix, (ï) l’espèce de terre sur laquelle on le récolte, 11 le nombre total d’unités obtenues par hectare, et, par conséquent, = le coefficient de fabrication dn produit (B) en service producteur d», pi le fermage, et t le taux du revenu

net en numéraire, r et /, étant respectivement , comme on l’a vu, le fermage et le taux de l’intérêt exprimés en unités de

produit, peuvent être remplaces par les valeurs et - dans

l’équation ci-dossus qui do\ienl ainsi

les espèces de capitaux iiersoniiels ou de pei'suniies dont les services entrent rgalenient dans la confection du produitiBi, I-,, 'V, h,-... les coeflicienls de fabrication, P, „ I',’- les |>rix des revenus personnels

ou les salaires, l',„ IV. I‘|.-... les prix des caiulaux personnels en numéraire ; le produit net en unités de produit, h, tel que l’introduit l’vicardo, est égal à

H — bp'/'p' + + •••),

Ph

soit, en faisant abstraction de ramortissement et de 1 assurance, pour ne pas compliquer les formules, à

H — ( bp Pi> + bp' Pp' + bp" Pp" +•••)•

Ph

Soient enlin (K), (K’), (K")... les espèces de capitaux mobiliers ou de capitaux proprement dits dont les services entrent encore ilans la confection du produit (P>), bp, bu', bu"... les coefficients de fabrication, pu, pu', Pu".-- P’s prix des revenus mobiliers ou les intérêts. Pu, Pu', Pu"... les prix des capitaux mobiliers en numéraire: le capital employé en numéraire, .x-, tel que l’introduit Bicardo, est égal à

H ( bu Pu + bu 'Pu' + bu"Pu" + ••■b soit, abstraction faite de l’amortissement et de i’assurance, a

•l)X. Of, cela (lit, il y a cvkleiiiment une correction ((u'oiu^st tonde à ap[iorter avant tout à récjiiatinn (|ue nous voulons discute i , sans toucher à la tlieorie de Pdcai'do au 1 renient ijue pour lui donner la [ilus prande rigueur po.^sihle: c’est de réunir les prix des personnes (l>), (P'), (p"g.. aux prix des cai.itaiix proprement dits (K), (K'), (K")... pour avoir, dans le terme ,c,

1 emploi total tle capital, soit moliilier soit personnel; car il est certain ipie le taux do salaire est iin, comme létaux de I inteiet, et ipi il est, en outre, précisément égal au taux de I interet, de sorte <jii on [lent et qu'on doit raisonner à la fois sui I imite de 1 un et de I autre, i^laiis la théorie, eomme l’ont fait, au sur|ilus, qiiel(|iies économistes anglais. Cette rectitication opéive, le produit net h se conftmd avec le produit total H, et le (“apital enqiloyé devient detinitivement

• >.)!». 1 eis seront PH et !’.<■ ipii seront fonction l’un de l’autre et qui seront représentés rmi par les aires et l’autre par les aliscisses des courbes TT'. VA maintenant, rien de plus aisé que de .savoir si le terme H est une fonction non proportionnellement croissante du terme .r, soit, en d’auti-es termes, si les coiirhes TT' sont décroissantes. Kn effet, il n’y a qu’à s(> demander si le rapport

iL^ 1

I *P '^+ à,," Pg' + . . . + 6|, I \ + Pu'^-p . ; .

épp,, -f /q, '/»(,' -j- hV'Pi" + + >n-.pk f hk'pu' A~ l>k"Pk" -f- ...

est décrois.sant ((iiand .r et 11 croissent.

Or c’est bien un fait d’expérience que, en associant à un capital foncier des quantités croissantes de seia ices personntds et mobiliers , on n’obtient pas des quantités proportionnellement (“roissantes de produits, sans quoi, sur un seul bectare de teire, et mtuue sur uni' étendue moindre, on jiourrait ob-

— iot» ^

tenir, par l’association d'une quantité indétinie de services pei'sonuels et mobiliers, une (piantité indétinie de produits. Ainsi, en termes précis, on peut dire, comme nous l’avons fait (IPiô), (}ue 6,,, kp"... /<u, l>u' , sont non des quantités

constantes, mais des fonctions déci’oissantes de kt, c’est-à-dii‘e des fonctions croissantes de IP. Mais lîicaido et les éc(.momisles anglais disent tout autre chose. Ils disent ipi’en faisant sur une terre des imiplois croissants de caj)ital per-'-onnel et mobilier, on u’obtieiit pas des produits en (piantité proportionnellement croissante; et les emplois de capital dont ils nous parlent sont des emplois évalués en numéraire. Pour identitier cette assertion avec la précédente, il faut sujiposer que des emplois égaux quant à la quantité de numéraire (|ui les exprime sont aussi des emplois égaux quant à la quantité de services personnels et mobiliers qu’ils représentent, car autrement, et si on supposait qu’à des quantités égales de numéraire correspondissent des quantités [dusqu’égalesdeservices pi'uducteurs, rien n’empècherait deconcevoir le produit comme proportionnel à l’imiploi de capital. Kn termes iirécis, pour pouvoir dire (pie H ('st une fonction non |»roportionnellemenl croissante de ,c, non seulement à un moment donné mais à des moments différents, il faut sup[)Oser P,,, 1’^', P,,"... Pk, PiP, Pi<"...i, et, [lar suite, pi„ pi,"... /fk, /<k',pk"... non seulement déterminés à un certain moment mais constants d’un moment à l’autre.

nu’on relise l’exposé de Picardo.et l’on verraipiecettedouble sup|)osilion y est implicitement, sinon explicitement, admise d’un liout à l’auti-e. Pûcardo ne saurait évidemment soutenir <(ue le produit obtenu dépende du capital employé de ipielque manière que se fasse cet emploi, fiit-ce d’une manière absurde. Par conséijuent, pour lui, les enijilois de caïutal faits, soit simultanément, soit successivement, sur des terres ditVérentes ou sur la mèmt‘ terrt', représentent certaines quantité> déter-

* il eunvifiit ici de passer sur la eircnustauce que ces coeflirieiits di* labricatiou sont fonctions non sraUement de /a ou lie H niais aussi les uns des auti’cs.

<ii

— ilo —

minées de certains capitaux déterminés. Ces emplois sont toujours de l ÜIMI livres; donc les pi ix des capitaux sont déteiminés et constants. Mais, à tout la-endre, c’est de la nature et de la (piantité des services producteurs (pie dépend le produit. Par conséquent, il faut admettre ipie, pour Kicardo, aux emploisdecertaines quantités dét<*rmiiiées de certains capitaux déterminés correspondent des emplois de certaines quantités détei'minées de certains services déterminés. Les emplois de capitaux sont toujours de 1 (MK) livres ; soit 5 Cq le taux de l’intéi-ét, les emplois de services seront toujours de ôO livres ; donc les prix des services sont déterndnes et constants.

:î(X). Cette hypothèse a des conséipiences graves (pi’il importe de signaler. C'est elle qui a conduit Kicardo à faire rel)Oser l'existence, l’apparition et le dévelopjiement du fermage sur le fait d’une clierté croissante des produits. Pour lui, en etVet, c’est le iirix de revient qui détermine le prix de vente. D’autre part, nous venons de le voir, les frais déterminés et constants nécessaires pour obtenir le imoduit net sont de ôO livres. ()ue si on doit ajouter à la culture des teri'es ii'* 1 où .00 livres de frais donnent 100 muidsde produit net, la culture' des terres ic> 2, oii 50 livres de frais donnent !)0 muids de produit net, le prix de revient, et, par suite, le prix de vente, s’élèvera de livres. Ou que si on doit ajouter dans la

culture des terres n" 1, aux premiers frais de 50 livres donnant 100 muids de produit net, d’autres frais de 50 livres donnant <S5 muids de produit net, le prix de revient, qui est aussi le

prix de vente, s'élèvera de a livres. Dans 1 expose mathématique ([ue nous faisons de la théorie de lücardo, nous ajoutons aux frais en intérêts les frais en salaires; mais le résultat est le même. Kn elfet, le piàx des produits, i>b, est égal au rapport soit des frais totaux en fermage, salaires et intérêts, ù la (piantité totale'do produits. H, soit des frais

en fermage, pu au fermage en unités de produit, c, soit enfin des frais en salaires et intérêts, .ci, aux salaires et intérêts en

unités de produit, ad, c’est-à-dire, par conséquent, au rapport

Or, abstraction faite des variations de i, ce rapport croit t ' ■

iiidélininient en raison de la décroissance de t qui est la base de la théorie. D’oi'i il résulte, en délinitive, que le fermage en numéraire croit doubleiueiit d'un moment à I autre, d abord en raison de raugmentation du nombre d'uniti's de produit qui y correspond, c, et ensuite (^ii raison de l’augiiientation du prix de ce produit, pi,. C.ette conséquence a été parfaitement aperçue et acceptée de Kicardo; elle forme l’objet d'une note spéciale à la lin de son chapitre Du fermage.

KOI. Ainsi, la tlu'orie anglaise de la rente n’en détermine le

prix et n’en démontre la plus-value (pi’à la double condition de supposer les prix des capitaux personnels et mobiliers, le taux du revenu uet , et, par suite, les prix des servicc's personnels et mobiliers, déterminés et constants. Nous verrons, dans les deux leçons suivantes, que l’école anglaise ne détermine ni les salaires ni les intérêts; mais, pour l’instant, nous pouvons lui concéder l’hypothèse de cette détermination. Par exemple, nous ne saurions lui accorder ù priori celle de la fixité des

prix des services producteurs. D'oi'i il suit que les courbes ou équations donnant le produit en fonction du capital employé n’ont aucune valeur pour ce (lui est de comparer le fermage à des moments différents, en raison d’emplois successifs de capital, ou d’énoncer la loi de variation du fermage dans une société progressive ; et (lu’elles ne peuvent tout au plus servir (pi’à déterminer purement et simplement le termage a un moment donné, en raison d’emplois simultanés de capital, ou a énoncer la loi d’établissement du fermage. Dans ces limites seulement on peut faire intervenir les courbes ou équations dont il s’agit, pp, pu, /'k', pu"--- étant alors supposés

déterminés, le fermage sera déterminé en uoités de produit par

l’équation

— = H — ~(l>vPb+ ^ù>'/*r' + ^'r''7'r"+ ••• ph ph

-|- èkPk + èk'pk' + l>k"pu" + ■••),

et ea numéraire par réquation

/'( = Wpb— Il -f b/p^,'’ -j- ...

I<>J + hph 4- f>k'pk' 4- Ihé'pk" 4-

Si, siil)stituant, comme noiisavons annoncé vouloii4e l'aire (35<S), H à h, nous posons

et, par consé(juent,

^'[ "Pi’"+ • • • + l'kpk+l’k ' Pk' + bk"pii"+.. . )=.' F'(a'), nous pouvons mettre ré(piation 15] sous la forme

^-^^F(.r)-- .rF'(.r);

et alors on voit clairement comment IVajuation

;■=:// — .rt ,

ou la courbe TT' qui la représentt , rectitiées et conq)létées autant que jiossible, tlonnent le t'ermage en unités de produit en tonction décroissante des quaidités employées de capitaux ou de services p(‘rsonneis et mobiliers; et l'on peut déjà se demander poni'quoi l’école anglaise détermine le t'ermage par les quantités employées de travail et de profit plutôt que le salaire et l'intérêt [>ar les (|uantités employées de rente, et pourquoi même elle ne cherche pas à déterminer les prix de tous les services producteurs de la môme façon j)ar une théorie d’ensemble. Toujours est-il cependant <pie, par l’introduction de cette équation ou courbe (qu’on ne doit admettre que sous la réserve qui ju’écède et sous une autre plus grave qui va suivre;, l’école anglaise introduit tant bien que mal, dans le i)roblème général de la détermination des prix, un nombre d’é(piatiuns égal à celui des inconnues qui sont les fermages en unités de produit. Et le problème ainsi posé théoriquement se résout pratiquement |>ar la concurrence des entrepreneurs. Cela fait,

il reste à déterminer, d’autre part, les inconnues <jui sont les salaires, les intérêts et le taux du revenu net en numéraire. Après quoi le taux de production se déterminera, comme il a été dit précédemment id.")), (ui raison de la quantité de capital disponible; le prix des produits se déterminera [lar le ra)iport du taux du revenu net au taux de production, et enfin on déterminera le fermage en numéraire en multiidiant le termage en unités de produit par le prix des produits. De cette façon, l’école anglaise réussirait donc bien à établir (pie Je fermuge )ie fuit p((S partie des frais de production, n’était un dernier écueil qui nous reste à signaler et contre le(|uel sa théorie (lu fermage va définitivement échouer.

d()2. En remplaçant, dans l’équation [()], H multipliant

par èt, et faisant passer la ipiantité entre parenthèses dans le premier membre, on a :

èi/'t -j- -f- èp'Pi>' 4" bd'pd' 4“ •••

-j- èkpu 4- b\d}>u' bk"j>k" + ••• =

(■‘(piation qui n’est autre que l’équation du piàx de revient du produit (B) telle qu’elle figure au système | 4] de nos équations de la production (2(t:D, avec cette restriction toutefois que s’il entre dans la confection de ce produit plusieurs espèces de services de facultés personnelles (P), (P'), (P"j... et plusieurs espèces de services de capitaux proiirement dits ( K ), ( K'), ( K")... il n’y entre qu’une seule espèce de service de terre (T). Ainsi, la théorie anglaise du fermage repose encore sur cette hypothèse qu’il n’entre jamais qu’une seule espèce de services fonciers dans la confection des produits. Or cette bypotlièse est inexact*' aussi l)ien en ce (pii concerne les produits agricoles qu’en ce qui concerne les produits industriels. Le blé, qui sert d'exemple à llicardo, n’y rentre jias ; car il intervient dans la confection du blé une matière première qui est l’engrais provenant de bétail nourri sur des ju’airies lesquelles sont des terres d’une autre espèce que les terres à blé. Pour cette raison, et aussi par le motif que, comme on va le voir ci-après,

l'école anglaise ne ilélermiiie direclenient ni les salaires ni les intérêts, il faut compléter l'équation du prix de revient du produit (B) de la manière suivante;

/>tpt + èt'/n' + èi"/(|" + ••• + + •••

+ ^k/'k + è|i'/»k' l'k" l>k” — /Ml,

V joindre l’i-quation d(' t'abiâcation

et, cela tait, la réunir aux autres équations de la production pour déterminer à la t'ois, comme nous l’avons tait, les prix lies produits et des services producteurs. La considération des productivités marginales et les équations dérivées de fabrication, que l’école anglaise fait servir d’une faron confuse et incob(''rente à la détermination des prix des services fonciers, serviront à déterminer les coeflicients de fabrication, tout <-omme la considération des frais di‘ production et les équations de prix de revient, ipi’elle fait servir à la détermination (tes prix des produits, serviront à déterminer les quantités de produits fabriquées, 'fout ce qui subsiste ainsi de latbéoriede lüfxirdo. nnrès une critiune ricronreuse , c’est nue le fermage

LEÇON

Exposition et réfutation des théories (ovjlaises du salaire et de l'intérêt.

SoM\i uuk: - 3l)a.« Aclietei' le iiruduit u'est pa.s alimenter ''

voque sur le n.ol «/mum/er;on veut

lias (lenmmier le travail, et ou prouve tpi aclietei le pioduit i est jm. îuuruir le fonds de roulement du

déterminé par le rapport du capital a la population ». laiu . aux mo^ en . Capital: fonds deroulement du travail. ^

vailleurs salariés. Donc le salaire moyen est e-al au qucitient du mo t'Uit total (le-; ‘salaires nar le nomhr»' total des salarier. — dbo. .Non. n'avons que faire du taux moyen; ni le capital m la population ne .sont

‘‘'■’arSiisiiH. de Vnarrrt du capital et du /icçc//cc de l'entrepmneur - La rente ne fait pas partie des trais de

est l'excédent de la somme produite sur les Irais de piodiiction en sa lai,., -s — :168. La doctrine anglaise prétend ainsi déterminer » fÇÇ'L' connues avec une seule équati.in. -- tritl. bélnutmn du .vn/airc, l " Ç ràl et du frrmapr iiar .1.-1!. Say. Cercle vicieux de .M. Hoution. - -J ^ svsiéme /les trois mandié'S des services des |iroduits ( t ' ’■

constitue .seul une lliéorie scientifique de la détermination des piix.

tib:!. l'otif ce ipii concerne la tbéorie anglaise dit salaire, c est à .lobn Stuart Mil! (itie nous nous adre.sserons pour l’obtenir,non (iii'il l'ail produite le prtmtier, mais parce que sti déinons- Irtilion est la pins complète ipii .ail été donnée, (.elle démonstration se composi', clu'z lui, de deux thtiorèim'S formulés dans ses Erincipes d'écotiomie jtolitiipte . 1 un tut Livre L', Cliapilre Y, !>, en ces tenues ; — Acheter le produit n’est pas ahincnter le trarail : et l'antre an Livre 11, (chapitre .NI, § l®',en ces Im-mes ; — Le taux des saUdres se règle par le rapport de la population aux eapitaux. Nous les examinerons successivement.

(’.e qui frappe tout d’abord, c’est ht taijon tout a tait singulière dont le premier de ces deux théorèmes est énoncé. C.ette liremière impression n’est pas trompeuse, et le tlieorème en (liiestion n’est (pi’une longue et fidigante équivoque. Que signitie ce mot si vague et si peu scientitiipie d'alimenter-^ Mill nous l’explique lui-mème. « .\cbeter le produit n’est pas alimenter le travail, » cela veut dire que « La demande de tra-

vail est constituée p.ar les salaii'es (|ui précè<lent la })rod//etion, et non pac la doinande (pii peut existei- pour les objets résultant de la production. » .Ainsi, a Acheter le pi-(jduil n’est [»as alimenter le travail, » cela veut dire (pie : « Aclieter le produit n’est pas demander h‘ travail. » Alors tioiinpioi ne pas énoncer le théorème en ces termes mêmes; ou mieux encore, au lieu de celte forme népudive, pourquoi ne pas employer une forme jiositive comme cidle que fournit Mill après coup C’est ce que l’étude attentive de la proposition va nous faire recoiinailre.

Mill prend un consommateur et h; suppose successivement déiiensant son revenu soit en achetant directement des services |(roducteurs, comme, par exenqile, en faisant construire une maison, soit en achetant des produits tels, par exemple, que d(‘s dentelles et du velours. Puis il nous dit que ces deux opéi-ations sont dilférentes, et il essaye de pn>ciser en (pioi consiste cette dillérence ; ce à quoi il ne réussit pas du tout. Il aurait dû compaivr un homme qui fait construire une maison à un homnn' qui achète une maison toute construite, ou hiim un homme qui achète des dentelles et du velours t( ut fabriqués à un homme qui fait faliriquer des dentelles et du velours ; il aurait pu nous faire voir alors clairement une dillérence essentielle entre l’achat direct des services producteurs, par lequel on fournit le fonds de roulement que comporte la fabrication du produit, et l’achat des produits, jiar lequel on ndahlit seulement ce fonds de roulement en vik' d’une production subséquente. Mal satisfait, au surplus, [larait-il, de la comi>araison qu’il nous a donnée dans son texte, il nous en fournit en note une seconde. t"n individu riche. , qui dépense chaque jour une certaine somme en salaires ou en aumônes que des ouvriers ou des pauvres dépensent en aliments communs, vient à mourir et est i-emplacé par un successeur. B, qui consomme lui-même la somme eu aliments délicats. Mais cet exemple est encore plus incohérent que le premier. L’auteur aurait dù se décider entre le cas des aumônes et celui des salaires qui ne sont pas du tout semhlahles ; et, en adoptant le dernier cas, il aurait

dû nous dire à quoi est employé le travail payé par ces salaires.

One si ce travail est celui de jardiniers cultivant pour A des aliments délicats, nous retoudxms purement et simplemiMit dans la distinction entre l’achat des services producteurs et l’achat des pi'oduils et dans l’observation relative a la lourniture du fonds d(“ roulement faite dans le premier cas et non

dans le second.

(’.’en est assez pour moutrer a ipioi sert a Mill 1 incertitude du mol aUinenter. ('.race à un double sens qu’il prête à ce mot, il annonce (pi’il va nous démontrer une chose et il noii> en démontre une tout autre. Il devait nous démontrer ([u’acheteile jiroduit n’est pas alimenter le travail en ce sens (ju’acheter le produit n’est pas demander le travail ; et il nous démontre plus ou moins qu’acheter le produit n est pas alimentei le tiaxail en ce sens qu’acheter le produit n’est pas tournir le londs de roulement du travail qui entre dans la tahrication du pioduit. Ainsi, nous pouvons considérer le premier théorème comme

nul (‘t non avenu.

B()4. Voyons maintenant le second.

« Le taux des salaires dépend donc |irincipalement des rap- » ports de l’otfre et de la demandf' de travail : ou, comme on le » dit souvent, du rapi>ort qui existe entre la population et le ca- » pital. Bar /.opu/a/ion on comprend, dans cette formule, seulen ment la classe laborieuse ou plutôt les personnes qui travaillé lent au prix d’un salaire ; et par capital, seulement le capital » circulant, et non pas même la totalité de celui-ci, mais seu- » lement la portion ipii est employée à l’acquisition directe du D travail. A cette somme toutefois, il convient d ajouter toutes «celles qui, sans faire partie du capital, sont données en )) échange du travail, comme la solde de 1 armée, les gages des » domestiques et de tous les autres travailleurs qui ne pro- » duisent point. Malheureusement, il n’existe pas de terme « connu pour désigner la somme des capitaux affectés dans » chaque pays au paiement des salaires, et, comme les salaires » des travailleurs qui piotluisent en forment la presque tota- » lité, on est habitué à négliger la fraction la plus iietite et la

» moins importante et à dire que les salaires dépendent des » rapports qui existent entre la population et lecapital. Il con- » vient d’employer cette formule en se i-appelant toutefois » qu’elle est elliptique et n'exprime [>as exactement la vérité.

» l.es termes étant ainsi définis, les salaires, non seulement » dépendent des rapports qui existent entre lecapital et la po- » pulation, mais, sous l’empire de la concurrence, ils ne peuvent )) être alfectés par aucune autre cause. Le taux moyen des sa- » lai res ne peut s’élevei- que pai- un accroissement du capital » affecté aux salaires ou par une réduction du nombre de ceux » qui sont en concurrence pour otVrir leur travail ; ils ne peu- » vent baisser que [)ar une diminution du capital destiné à payer » le travail ou par une augmentation du nombre des travail- )) leurs à payer. »

Voilà une théorie du salaire plus facile à mettre sous la forme mathématique que la théorie du fermage. La population dont il s’agit ici ne comprend pas, nous dit-on, les personnes oisives ; ce n’est même pas la totalité des personnes qui travaillent, c’est seulement l’ensemble de celles d’entre ces personnes qui travaillent au prix d'un salaire ou le nombre des travailleurs salariés. Soit T ce nombre. Mill nous explique, en outre, que le capital dont il parle ne comprend pas le capital fixe; que ce n’est même pas la totalité du capital circulant, mais seulement la partie de ce capital destinée au |)aiement des salaires ou le montant du fonds de roulement du travail. Soit K ce montant. 11 y a un autre point sur lequel il passe beaucoup plus rapidement, mais qui ne doit [)as non plus nous échapper. Il parait que le faux à déterminer est seulement le taux moj/en des salaires. .Soit s ce taux. Tout cela posé, dire que le taux des salaires se règle par le rapport de la population au.r capitaux,

cela revient à dire (pie s = ^, soit que le taux moyen des salaires est égal au quotient du montant total des salaires payés divisé par le nombre total des gens qui touehenl un salaire. On ne s’étonnera pas, sans doute, cju’une proposition de cette nature n’ait pas besoin d’être plus longuement démontrée. Mais,

sûrement aussi, l’on ne .^era pas surpris qu’elle ne puisse pas nous servir à grand’cbose.

965. Remanjuons ceci tout d’abord: ce n’est pas le taux moyen des salaires (]u’il nous faut, mais le taux des divers salaires payés dans les diverses entreprises. Et cela nous est d’autant plus nécessaire que, dans le système de l’école anglaise, nous avons liesoin du prix des services producteurs pour déterminer le prix des produits. Si ces produits sont des terrassements, il nous faut le taux du salaire des ouvriers terrassiers; si ce sont des montres et des pendules, il nous faut le faux du salaii-e des ouvriers horlogers. Ainsi, le taux moyen des salaires, à supposer qu’il soit déterminé par la formule, ne peut nous être d’aucun usage; mais l’est-il en réalité? 11 le serait assurément si nous connaissions le capital et la population tels cju ils nous sont donnés, c'est-à-dire le montant du fonds de roulement du travail et le noml)re des travailleurs salariés; malheureusement, ce sont là des ([uantités aus.si parfaitement indéterminées (|ue parfaitement définies. Et, bien loin (gie leur rapport puisse l'égler le taux des salaires, ce sont elles (jui dépendent de ce taux.

Que le taux des salaires hausse ou baisse, il est sûr que le nombre des travailleurs salariés augmentera ou diminuera par diminution ou augmentation des autres classes laborieuses ou même des classes oisives ; et il est également certain que le montant du fonds de roulement du travail augmentera ou diminuera par diminution ou augmentation des autres fractions du capital circulant ou même du capital fixe. Il serait aussi impossible de distinguer ce fonds de roulement du travail du fonds de roulement de la rente foncière ou du fonds de roulement du profit que de distinguer, dans un bassin à trois robinets, l’eau qui doit s’écouler par un robinet de celle qui doit s’écouler par les deux autres. Ce qui, dans un tel bassin, déterminerait la quantité d’eau qui s’écouterait par chaciue robinet, ce serait la grandeur de ces robinets. Il en est exactement de même pour la distribution du capital circulant sous forme de salaires, fermages et intérêts entre les travailleurs.

proprietaires fonciers et capitalistes. Si les salaires étaient élevés et que le fonds de roulement du travail lYit insuflisant, ce fonds s accroîtrait d’aboi'd aux: dépens du fonds de roulement de la rente foncière et du fonds de i*oulement du profit. Alors, ce serait peut-être le caiiital circulant qui serait insuffisant. Le taux d'intérél de ce capital serait 1res fort par rap- [tort au taux d'intertd du capital fixe, et les épargnes en for-

La théorie. de rintérét n’est pas moins importante tpie celle du teianage et celle du salaire. C’est un point sur lequel les socialistes ont tait porter fréciueniment leurs attaques aux-

les avances de capital consistent en définitive en salaires, ou ijue la rente ne fait pas partie des frais de production des produits agricoles.

« J’ai promis, dit Mill, de montrer, lorsque le moment se- » rail venu, que cette supposition était admissible, et que la » rente ne taisait point partie des frais de production ou des » avances du capitaliste. Il est évident maintenant que cette » assertion était fondée. 11 est vrai ipie tous les fermiers et la » plupart des autres [iroducteurs paient une rente. Mais nous » venons de voii‘ que le cultivateur qui paie une rente acquiert, » au prix de cette rente, un instrument de travail supérieur à » ceux dont l’usage est gratuit. La supériorité de cet instru- » ment est exactement proportionnée à la rente qu’on paie » pour s’en servir. Si un petit nombre d’hommes possédaient » des machines à vapeur d’une puissance supérieure à toutes » celles qui existent, mais dont le nombre fût limité par les » lois physiques, de manière à ne pouvoir suffire à la demande, » la rente qu’un manufacturier paierait pour le prix de l’usage » d’une de ces machines ne serait pas considérée comme une » addition à ses avances, parce que l’usage de la machine lui » épargnerait des dépenses équivalentes à la rente. Il en est » de même pour la terre. Les dépenses réelles de la produc- » tion sont celles que l’on fait sur les plus mauvaises terres ou » par des capitaux placés dans les circonstances les moins fa- » vocables. Cette terre ou ce capital, comme nous l’avons vu,

» ne donne [loint de rente, mais les dépenses qui résultent de » son emploi chargent d’une dépense équivalente, sous forme » de rente, toute autre terre ou tout autre capital agricole.

» Celui qui paie la i-ente en retire la valeur entière sous la » forme d’avantages particuliers, et la rente qu’il paie ne le » met pas dans une situation plus mauvaise que celle de son » collègue qui ne paie point de rente, mais dont l’instrument » est d’une puissance moindre ; la rente égalise les deux si- » tuations L »

Le fermage étant ainsi éliminé des trais de production, il ne reste, dans ces frais, indépendamment de l’intérêt, que le salaire dont le taux, suivant l’école anglaise, se détermine jiar le l'apport du capital à la population. Dès lors, 1 intéiet (ou, comme disent les Anglais, en joignant a 1 intérêt proprement i dit le bénéfice de l’entreprise, le prolit) est tacile a détei-

miner.

a On peut donc, conclut Mill, tüi’e que le capitaliste fait tou- » tes les avances et re^'oit la totalité du produit. Son profit est » la différence qui existe entre les trais de production et la «somme produite; le taux du profit est le rapport qui existe » entre cette différence et le chiffre de la somme avancée >. »

Telle est donc, en résumé, la théorie anglaise de la détermination des prix des services producteurs. Les capitalistes sont les entre|ireneurs ; ilsdésintéressent les propriétaires fonciers en leur remettant, sous forme de tej'inages, 1 excédent de produits dû à la qualité plus ou moins supérieure de leurs teri-es; ils désintéressent les travailleurs en leur distribuant, sous forme de salaires, le fonds de roulement du travail; et ils demeurent maîtres des produits. Ce qui leur en revient, tous frais déduits, représente à la lois 1 intéi’êt de b'Ui capital et le bénéfice de leur entreprise : c’est le profit. Il tant encore discuter cette théorie mathématiquement pour reconnaître à quel point elle est illusoire.

:568. Soit P le prix total des pi'oduits d’une entreprise ; soient S, I, F les montants des salaires, des intérêts, des fermages payés par l’entrepreneur, dans le cours de la production, comme prix des services des facultés personnelles, des capitaux, des terres. Uappelons ici que, suivant l’école anglaise, le prix de vente des produits est déterminé par leurs frais de production, c’est-à-dire qu’il est égal à leur prix de revient en services producteurs; ainsi on a l’équation

1 ,1. s. Mill. Principes d’économie polilitpte, L. 11, Ch. X\,^ 5.

— Wi

P est donc déterminé; reste seulement à déterminer S, I, F. Et, en etîet, si c’est le prix des services j)roducleurs qui détermine le prix des [u'oduits, et non le |)i'ix des produits qui détermine le {irix des sei-vices producteurs, il faut nous dire i)ar quoi est déterminé le prix des services producteurs. Aussi est-ce bien là ce (pie les économistes anglais entreprennent de faire. A cette lin, ils nous produisent une théorie du fermage suivant laquelle le fermage n’est pas compris dans les trais de production, ce qui change l’éiiuation ci-dessus en la suivante:

Après quoi, ils déterminent .S directement par la théorie du salaire. Puis, enlin, ils nous disent (pu* « le montant des inlércts ou des protits est la ditférence qui existe entn* le prix total des produits et le prix de revient en salaires», c’est-à-dire qu’il se détermine par l’équation

Mais il apparait clairement ici (ju(‘ celte détermination leur écha[)[)e; car on ne peut pas, d’une |»art, déterminer le teiane P au moyen du terme I et, d’autre paît, déterminer le terme I au moyen du terme P. En honne mathématique, on ne peut taire servir une seule équation à diderminer deux inconniu's. Ceci soit dit sous tout(>s réserves quant à la manière dont l’école anglaise élimine le fermage des frais de production et [irocede à la détermination du salaire.

dtîP. àoilà pourtant o(i en est encore l’économie [jolitique en matière de détermination des prix des services jiroducteurs. J. -H. Say avait dit au Chapiti-e V du Livre l''' de son Traité d'éronuaiie. }>olitiiiuo :

« Fne personne industrieuse peut prêter son industrie à «celle qui ne [lossède (ju’un capital et un fonds de ten-e.

» Le possesseur d’un capital ])eut le prêter à une personne » qui n’a qu’un fomls de terre et tle l'industrie.

B Le propriétaire d’un fonds de terre peut le prêter à la per- » sonne qui ne iiossède que de l’industrie et un capital.

» Soit qu’on prête de l’industrie, un capital, ou un tonds de » terre, ces choses concourant à créer une valeur, leur usage »a une valeur aussi, et se paie pour l’ordinaire.

» I.e [laiement d’une industrie prêtée se nomme un salaire.

» Le [laiement d’un capital prêté se nomme un intérêt.

)) Le paiement d’un fonds de terre prêté se nomme un fer-

» tnaije ou un lo>ier. »

Il y avait là une conception assez nette et assez exacte de l’association des trois services producteurs dans l'ceuvrede la production. Les dénominations adoptées étaient bonnes; aussi les avons-nous reproduites. Mais il restait cependant a combler d(‘s lacunes importantes. En premier lieu,.l .-IL Say n a pas bien con(,;n le lAle propre de l’entreiireneur : ce pei-sonnage est absent de sa théorie. D’autre part, Say n’explique qu’imparfaitemeiit de ipiels servic(‘s le salaire, 1 intérêt et le tetniage sont le prix : et sa théorie n’indiipie pas plus que celle des physiocrates coninumt le prix se détermine. Il lallait taire inteixenii ici une bonne théorie de la valeur et du mécanisme de l’échange, une bonne théorie du capital <>t du revenu et du mécanisme de la production, la conception de l’entrepreneur, celle du marché des produits et des services; mais l’tVole économiste française n’a pas fait, depuis cinquante ans, un seul pas dans cette direction; elle n’a produit aucune doctiàne d’économie politique pure ; elle ignore encore comment se déterminent l’intérêt, le salaii'e et le fermage.

Voici une preuve de cette ignorance; j»' l’emprunti' à l’ouvrage de P. A. lloutron, intitulé; Théorie de la tetite fotaitie et qui a été couronné [lar l’Académie des Sciences morales et politiques. L’auteur commence par soutenir délibérément que le prix de vente des produits est déterminé pai- leur prix de revient. Après quoi, il délinit le fermage comme «l’excédent du prix de vente des produits sur leur prix de revient en salaires et intérêts. » Que s’il se fût agi de fournir la théorie du

salaire, évidemment il

l’aurait défini comme « l’excédent tlu

prix de vente des produits sur leur prix de revient en intérêts et fermages.» Et cpie si r.Vcadtunie eut mis au concouis la

théorie de l’intérêt, nul doute qu’il n’eût emporté le prix en le délinissant comme « l'excédent du prix de vente des produits sur leur prix de revient en fei-mages et salaires. »

370. C’est à ces systèmes insuffisants que nous substituons celui dont les trois éléments principaux sont l'exposition du mécanisme de la libre concurrence en matière d’échange ( offre et demande effectives ; hausse, baisse, prix courant d’équilibre) faite aux Sections II et III, celle du nulcanisme de la libre concurrence en matière de production (terres et rentes, personnes et travaux, capitaux proprement dits et profits; propriétaires fonciers, travailleurs, capitalistes; entreiireneurs ; bénéfice, perte, égalité du prix de vente et du prix de revient) faite à la Section IV, et celle du mécanisme de la libre concurrence en matière de capitalisation et de crédit (capitaux propi’ement dits neufs, excédent du revenu sur la consommation ; rapport du revenu net total des capitaux neufs à l’excédent total du revenu sur la consommation) faite à la Section V. Grâce à ces conceptions fondamentales, nous a\ons: 1'^ un marché des services sur lequel des rentes de terres, des travaux de personnes et des profits de capitaux proprement dits sont offerts au rabais par des propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes et demandés à l’enchère par des entrepreneurs pi*oducteurs et par des propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes consommateurs; un marché des produits sur lequel des produits consommables sont offerts au rabais par des entrepreneurs et demandés à l’enchère par des |iropriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes; et 3" un marché des capitaux sur lequel des capitaux proprement dits neufs sont offerts au rabais par des entrepreneurs et demandés à l’enchère par des capitalistes créateurs d’épargnes. Et, dès lors, nous avons aussi : 1» les prix des services ou les fermages, salaires et intérêts; 2» les prix des produits; et 3" le taux du revenu net et, par conséquent, les prix des capitaux fonciers, personnels et mobiliers. La demande ries services et l’offre des produits consommables et des capitaux neufs sont déterminées, pour les entrepreneurs, par la considération de bénéfice à ob-

tenir ou de perte à éviter. L’offre des services et la demande des produits consommables et des capitaux neufs sont déterminées, pour les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes, par la considération de satisfaction maxima des besoins.

Quelques personnes me demanderont peut-être, comme on l’a déjà fait, s’il était bien nécessaire, si même il n’était pas plus nuisible qu’utile de présenter sous la forme mathématique une doctrine qui peut sembler par elle-même assez simple et assez claire. Ma réponse à cette question sera la suivante.

Affirmer une théorie est une chose ; la démontrer en est une autre. Je sais qu’en économie politique on donne et reçoit tous les jours de prétendues démonstrations qui ne sont rien autre chose que des affirmations gratuites. Mais, précisément, je pense que l’économie politique ne sera une science que le jour où elle s’astreindra à démontrer ce qu’elle s’est à peu près bornée jusqu’ici à affirmer gratuitement. Or, pour démontrer que des prix de marchandises, qui sont des quantités, à savoir les quantités de numéraire susceptibles de s’échanger contre ces marchandises, résultent effectivement de telles ou telles données ou conditions, il est absolument indispensable à mon sens : 1« de formuler, d’après ces données ou conditions, un système d’équations, en nombre rigoureusement égal à celui des inconnues, dont les quantités en question soient les racines, et 2'- d’établir que l'enchainement des phénomènes de la réalité constitue bien la résolution empirique de ce système d’équations. C’est ce que j’ai tait en ce qui concernait successivement l’échange, la production et la capitalisation. Et non seulement l’emploi du langage et de la méthode mathématiques m’a permis de démontrer ainsi les lois d’établissement des prix courants d’équilibre, mais elle m’a permis de démontrer, en outre , les lois de variation de ces jirix , d analyser le fait et, par cela même, d’asseoir le principe de la libre concurrence. Sans doute, l’exposition du système et sa confirmation par le raisonnement sont deux choses distinctes qui, réunies dans mon travail, pourraient, à la rigueur, être séparées l'une de l’autre. Je ne m’oppose en aucune façon à ce

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que ceux de mes lecteurs ({ui seront économistes sans être mathématiciens laissent de côté la seconde de ces deux parties pour faire exclusivement leur profit de la première. Bien peu d entre nous sont en état de lire les Principes niathénmtitiues de la philosophie naturelle de Newton ou la Mécanique céleste de Laplace; et cependant nous admettons tous, sur la foi des hommes compétents, la description qui nous est faite du monde des faits astronomiques conformément au principe de l’attraction universelle. Pourquoi n’admettrait-on pas de la même manière la description du monde des faits économiques conformément au principe de la libre concurrence? Rien ne s’oppose donc a ce qu on laisse ainsi de côté la démonstration du svstème, une fois faite, et à ce qu’on en retienne seulement l’affirmation pour 1 utiliser dans l’étude des questions d’économie politique a|>pliquée ou d’économie politique ))rati(pie; mais, quant à moi, je devais donner l’une et l’autre pour esquisser, comme je le voulais, une théorie vraiment scientifique de la richesse sociale.

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