‹ Èléments d'économique progressive [microform]Chapitre 26 sur 48 · DE L’HABITATION · texte numérisé non relu

DE L’HABITATION

tiens d’une foule d’hommes bienveillants et prévoyants. Cités industrielles, constructions ouvrières de toutes sortes, on a essayé divers types, mais malheureusement toujours sur une échelle trop restreinte, ne pouvant conséquemment s’adresser qu’à un petit nombre de privilégiés, soit comme locataires dans les cités, soit comme acquéreurs de maisonnettes peu chères assurément, mais inabordables pourtant encore à la presque totalité des travailleurs. Aussi, ce mouvement philanthropique s’est-il arrêté court et se trouve-t-il aujourd’hui complètement abandonné.

Cependant, pour n’avoir pas été résolu, le problème n’en reste pas moins debout et menaçant, il faut même dire plus impérieux que jamais, ainsi que l’ont prouvé les mesures attentatoires au droit de propriété qu’ont cru devoir prendre parfois certains gouvernements révolutionnaires. Ajourner la

1S6 ÉCONOMIQUE PROGRESSIVE, question, ce n’est ni la trancher, ni l’atté-

nuer.

Si indispensable que soit l’habitation pour agir sur les idées, les sentiments, les mœurs des classes laborieuses, on n’a donc pu jusqu’ici, faute de ressources, ou plutôt de plans bien conçus et réalisables au point de vue d’une spéculation regardée comme suffisamment fructueuse, on n’a pu jusqu’ici

entrer utilement dans cette voie. Il v avait

néanmoins quelque chose à tenter de trèsavantageux pour les masses et pour la paix sociale, et dont nous avions soumis, en 1867, un projet étudié au gouvernement impérial (1); mais il eût fallu, pour y amener, soit l’administration, soit quelques capitalistes, des recommandations et des influences

(1) Projet d’établissement d’iin quartier libre et mixte. Voies directes et profrressives d’association en diverses branches. — Capelle.

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qui manquent toujours, sous tous les régimes, aux conceptions qui n’ont pour elles que leur propre valeur et leur utilité. Les grandes cités turbulentes et révolutionnaires seront donc privées bien longtemps encore sans doute de ce puissant élément de soulagement et d’apaisement. Il y a même lieu de croire, au train dont vont les choses humaines, que l’on décentralisera la grande industrie et que l’on essayera sérieusement l’association agricole et manufacturière avant de songer à loger un peu convenablement et à faire jouir d’un certain ensemble de ressources économiques la classe la plus nombreuse et la plus pauvre de la capitale et des autres gros centres de population.

C’est dans la campagne, du reste, que les vastes habitations unitaires avec dépendances d’église, d’écoles, de bibliothèque,

de salles de réunion, de théâtre même, au

‘ besoin, fourniront les meilleurs et les plus concluants résultats, comme on le voit avec étonnement au Familistère de Guise. Là, sur les bords de l’Oise, au sein d’un immense parc planté à l’anglaise, dans trois vastes corps de bâtiment à trois étages, disposés en centre et ailes avancées, reliés entre eux par des galeries de communication, munis d'un système combiné d’aération, de ventilation, d’éclairage, de chauffage, de conduites pour eaux froides ou chaudes, de nettoyage, etc., logent environ trois cents familles, approvisionnées, sans intermédiaires, de toutes choses et vivant dans la plus parfaite tranquillité.

A l’extérieur, en avant, à droite et à gauche, en arrière, de l’autre côté de la rivière, se trouvent : le théâtre entouré des salles d’instruction générale, — les cours et bâtiments d’industrie domestique, — les salles de la basse enfance, — la buanderie, les

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