I CHAPITRE III
produit est bien dû à l'alcali mis en liberté pnr l'effet de la trituration, et non âTactioa des matières colorantes sur la mésotype; car ilsuffll de laver fa poussière à plusieurs reprises avec de l'eau distillée, pour lui enlever la propriété de réagir sur les couleurs végétales. Avec pelqnes gouttes d'acide chlorhydrique vei'sécs dans l'eau , puis en bisnnt évaporer et cristalliser, on obtient de petits cristaux de chlorure de sodium.Le basalte, lefeldspatb, différentes substances qui renferment de lu potasse et de la soude, ainsi que le verre, produisent les mêmes effets, mais à des degrés diiîérents ; quelquefois on est obligé de se servir de papier de tournesol rougi par un acide, pour reconnettre la présence de l'alcali.
Pour savoir jusqu'à quel point la chaleur dégagée dans la porphyrisation intervient dans la production des effets , il suftit d'élever jusip'aa rouge la température d'un fragment de mésotype, et de le placer , après le refroidissement, sur un papier à réactif avec une goutte d'eau ï on reconnaît aloi's que la réaction alcaline ne se manifeste plus. Il est prouvé par là que la soude n'a été mise à nu dans l'expérience précédente que par l'effet de la porphyrisation.
On peut opérer également des doubles décompositions nu moyen dts actions mécaniques. Lorsqu'on broie dans un mortier d'agate do nitrate d'ammoniaque et du cat'bonate de chaux , il y a formation âe carbonate d'ammoniaque qui se dégage et de nitrate de chaux. La Tolalilité du carbonate d'ammoniaque détermine la réaction. Le sulliile et le phosphate d'ammoniaque sont également décomposés quand ils sont broyés avec du carbonate de chaux. Il en est de même de loas les sels ammoniacaux en présence du carbonate de cbaux et des urbonates terreux.
Le soua-carbonate de plomb, en présence du sulfate d'ammoniaque , donne naissance à une forte quantité de carbonate d'ammoniaque. Le ttos-carbonatede plomb avec le sulfate)de soude ramène au bleu le papier rougi. L'expérience suivante est encore très-significative. On broie dans un mortier d'agate du nitrate de plomb et de l'iodure de potastiam, dans les proportions voulues pour se décomposer réciproquement. La réaction des deux composés l'un sur l'autre ne tarde pas à l'opérer ; le mélange se colore peu à peu en jaune , prend une teinte Usez foncée ; preuve qu'il se forme une quantité considérable d'iodare de plomb.
Le simple frottement des molécules non suivi de désagrégation pfoduit également des doubles décompositions. Pour le çïowNtT .. W tttf&t de passer rapidement un ciistal de sulfate de '^U'^&ft »« >n»
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114 BLBHEKTS D'iLSCTBO-CBIHIE.
plaque de calcaire ou de carbonate de baryte ; il y a ausst deux sels l'un sur l'autre, comme on peut s'en assurer avec le cureuma.
On pourrait croire que, dans les doubles décompositions, les tiona ont lien par l'iutermédiaire de l'eau interposée ; mais pour partr à cette objection , on opère avec du sulfate de soude fondu et du s[ d'Islande ; dnns ce cas , on obtient du carbonate de soude et du : fate de chaux.
Voici encore un exemple où il ne peut y avoir intervention d' de cristsIIJsatiou ou d'eau interposée : dans la porphyrisation âi sulfate d'argent avec du mercure, le premier est décomposé forme de l'amalgame d'argent et du sulfure de mercure.
On conçoit que le nitrate de plomb et l'iodure de potassium se ttcomposent réciproquement, puisque leur composition atomique pemt rechange des bases.
( I atome de protoxyde de plomb.
1 1 atome d'acide nitrique.
1 atome de potassium, j 1 atome d'iode.
Nitrate de plomb.
lodure de potassium.!
Hitrate de potasse, lodure de plomb.
Produit! formés.
i 1 atome de potasse.
i 1 atome d'acide nitrique.
Il atome de plomb.
1 atome d'iode.
Le bichlorure de mercure et l'iodure de potassium donnent: â un biiodure de mercure couleur vermillon.
Le nitrate d'argentet le cbromate neutre de potasse Jauntfl uu chromate d'argent rouge brîqueté.
Le sous-sulfate de peroxyde de fer et le sulfocyanure de donnent du sulfocyanure de fer d'une couleur rouge sanguin. l'arséniate de potasse et le nitrate d'ai'geut produisent de l'arséiAito (fargent.
La formation du bteu de Thénard au moyen de la porphyrisalîffl est un fait assez important pour que nous eu fassions mentioa ii*t parce qu'elle démontrera l'énergie avec laquelle agissent les affinilà dans les actions mécaniques. Ce bleu est obtenu , comme on le «fti wriaéfeiit avec stAa ww gaittg te^boB^bMe Aa gritewift.vMKWftr
CHAPITBE III, 116
S tfïfamaine pure, et chaDffant le mélange dans un creaset
eonvert jusqu'au rouge blanc. La teinte bleue est d'autani plus belle qae l'on chauffe plus fortement , et qne l'on emploie de l'alamine eiempte de fei'.
Si l'on porphj lise dans un mortier d'agate , en exerçant une forte pression, du phosphate de cobalt, il prend peu à peu une teinte viula- Cffl, puis bleuâtre; et comme on ne peut admettre que le phosphate fffde de l'acide phosphorique par le frottement , il faut doue que eeliil-ci fasse prendre aux moléeules un arrangement particulier qui linnie an composé une couleur bleue. Tout porte à croire que l'alumine, jsiis l'acte de la combinaison , produit un effbt semblable. Pour conniltre l'infiuence de cette substance, il suffit d'exercer la porphyrisatkndausun mortier de porcelaine , et In belle couleur bleue parait çà (t Ift sur la paroi; et si l'on porphyrise pendant une demi -heure quelques décigrammes de phosphate neutre, on obtient une couleur bleue assez foncée. On peut se demander alors si la chaleur qui se dégage dans le frottement est capable de produire cet effet. Quoique cette ttiaieur soit considérable, nous ignorons si elle est aussi intense que telle qui est nécessaire pour former le .bleu de Thénard. Tous les feltï que nous venons de présenter tendent à prouver que l'ébranleneDt des particules dans la porpbyrisatîon , en leur rendant momen- Iméraent leurs propriétés électriques qui constituent l'état naissant, M capable de provoquer l'action des affinités.
Nous ne quitterons pas ce sujet intéressant sans laisser entrevoir les qiplications qu'on pourra peut-être tirer un jour des effets que noua tuons d'indiquer. On a vu que la porphyrisation du sulfate de soude ttdn carbonate de chaux donne naissance à du sulfate de chaux et du eirboDate de soude ; or on sait que pour transformer le sel marin en Mrbonate de soude, pour les arts, on le change d'abord en sulfate, îoe l'on calcine dans des fourneaux à réverbère avec du carbonate de eiaux- Or, rien ne prouve que l'on n'obtiendrait pas immédiatement Wte transformation en pulvérisant entre deux meules un mélange nuTenable de ces deux sels.
ELEMENTS D EtECTRO-CHIMIK.