CHAPITRE VIII. 94s
^^^^PPO'^i^*'''^ '^^ résultats de quelques expériences de )a commission sur la platinure. Les six éléments qui avaient servi pour la dorure ont été encore employés dans cette circonstance. La solution avait la même composition atomique que pour l'or et l'argent. On a opéré à so ou 85°, température à laquelle le poids de l'or déposé ne s'élevait qu'à O^iOSO par minute au moins. Pendant une minute, le dépAt obtenu pour le platine aurait été inappréciable ; on a été obligé de prolonger l'expérience pendant quatre minutes. Ou a obtenu alors les résultats suivants :
»t" immersion de quatre minutes 0,001 «• 0,001 3" 0,001
On voit par ces résultats que dans l'espace de douze minutes une lame qui nurait reçu o^ars d'or , n'aurait pris dans le même temps que 0",003 de platine ; mais, nous le répétons, en opérant avec une dissolution de chlorure de platine dans la potasse , l'opération marche aussi vite qu'avec t'or.
Keprenous la dorure électro- chimique à son origine. Aussitôt que l'on eut connaissance du procédé de doinirc dont M. de la Rive venait de dotei' l'industrie , que de toutes parts on se mit à l'œuvre pour le rendre pratique, on substitua h l'appareil simple un appareil composé, c'est-à-dire qu'on fit usage d'un bain d'or et d'une pile formée de plusieurs couples, alin de voir comment l'intensité du courant modifiait les effets. On reconnut que pour que la dorure fût bonne, il fallait que cette intensité fùE suffisante pour que le dégagement de l'hydrogène fût sur le point de s'effectuer au pûle négatif; que toutes les fois que la dissolution d'or renfermait plus ou moins de cuivre , la dorure devenait plus ou moins rouge; qu'en étendant snfUsamment une dissolution neutre d'or, et employant l'action de plusieurs couples , on pouvait obtenir une bonne dorure sur cuivre sans avoir à craindre la dorure rouge ; mais qu'il était toujours nécessaire de frotter les pièces pour faij'e ressortir la dorure.
M. Sturgeon parvint à dorer des ressorts de montre, des aiguilles de boussole et autres objets en acier, sans avoir besoin de les cuivi'er préalablement. Quand ils étaient recouverts d'une couche bleue d'oxyde , il les en débarrassait en les plongeant pendant quelques instants dans de l'acide chlorhydrique étendu,
M. Elsner substitua à la poche en vessie de M, de la Bive , on cy» }ipdre^v£rjvuverc^r 4a Iwut, fermé ^u YBUM«>e)i'auirivi&.^''^aib >
844 ÉLGUEnTS d'électro-choiie.
vessie, et plongeant dans l'enu acidulée où se trouvait le zfnc. RiA' eerva que l'eaa devait Être seulement aiguisée par l'acide sulfuriqiw dans laproportionde vingt gouttes d'acide pour 600 grammes d'eaa ; que ta dissolution d"or devait être formée d'une partie de chlorure â'or bien sec et de 160 parties d'cnu distillée; que les objets polii étaient ceux qui se doraient le mieux, et que la dorure était d'autant . plus belle que le courant avait moins d'intensité; que pour assurer le succès des opérations il était convenable de saturer la dissolution d'or avec du carbonale de soude : observation très-importante, pni)qu'elle laissait déjà entrevoii* la propriété des dissolutions alcalines d'or; maisM. EIsner ne paraît avoir tiré de ce fait aucune conséquence relative aux dissolutions employées ultérieurement.
M. Boettger perfectionna aussi la méthode de M. de la Rive; il en fit l'application non -seulement à la dorure, mais encore à l'argenture, au platinure, sur le laiton , l'argent, !e raaillecliort, etc. Voici quelques-uns des résultats qu'il a obtenus : il vaut mieux employer une dissolution de double ciilorure d'or et de sodium qu'une dissolution de chlorure d'or. Pour avoir une bonne dorure sur orgeat, il faut attacher les objets avec des fils de platine et non avec des flls de cuivre , qui donnent une teinte de plus en plus rouge i la couche d'or; lorsque la dissolution d'or ne renferme que de trèspetites quantités de cuivre , ce dernier métal est en grande partie précipité au commencement de l'action électro-cbimique; il se forme dans ce cns un alliage de cuivre et d'or. Dans les appareils simples, les fils de cuivre étant attaqués par la dissolution d'or , il faut done éviter de les employer. C'est pour ce motif que des pièces d'acier recouvertes d'une couche de cuivre ne se dorent pas, ou du moins ne 98 dorent que très-mal avec la dissolution de chlorure d'or. M. Boettger a fait voir qu'en opérant avec des aciers bomogèues parfaitement polis sans l'emploi d'huile , on obtenait une bonne dorure.
Quoique l'art de la dorure électro -chimique ait fait de rapides pii> grès dans l'espace de trois ans, il reste néanmoins à résoudre noe foule de questions théoriques et pratiques, afin de satisfaire aux besoins de l'industrie. Pour y parvenir , il faut avoir égard â des propriétés non encore étudiées des courants électriques agissant conune force chimique, et sans lesquelles il n'est guère possible de se rendrt compted'ungrandnombred'effets capables d'embarrasser le praticien. Voici les questions sur lesquelles nous allons attirer l'attention do lecteur :
^aCQiwfles sont les conditioPB i^ Tem0\t ym 'fta«tft.T\ iilM «ii Bi
CHAPITBB Ylir. S4S
plus ou moins forte ctes mclnux déposés sur des surfoces mëtalliquea par faction lîlectro-cbîmique ? Comment agissent l'intensité du courant, l'état de suturation de la dissolution, et la chaleur 7
2" L'adheitncB est-elle le résultat des affinités qui B'eJterceraient entre les parties métalliques, par suite de leur état électrique contraire à l'instant du dépôt, ou bien est-elle due ù l'attraction moléculaire développée sous l'influence du courant?
Comment peut-Au obtenir à volonté le brillant ou le mut dans la dorure et le dépât d'un métal sur un antre métal ?
première condition à remplir pour avoir une bonne dorure , est kiparfaite adhérence de l'or sur la surface qu'il recouvre. Nous avons d^àfiittconnattrequelqucs-unesdes conditions auxquelles il faut avoir égard pour l'obtenir (p. 338); nous devons actuellement compléter ce qne nous avons dit à cet égard. On avu qu'il fallait mettre en première ligne l'absence de la cooche d'air qui revêt ordinairement la surface des corps, condition que l'on remplit en chauffant les corps oa frottant les surfaces , quand elles sont bien polies, avec une solution de potasse ou de l'acide nitrique étendu. Voyons d'autres causes.
On a fait intervenir le mode de cristallisation entre les deux corps , lequel doit être le plus semblable possible , pour que l'adhérence soit Irès-grande.On s'est fondé pour cela sur ce fait que des dépôts successifs d'un même métal adhèrent d'autant moins ensemble , que l'un des dépôts présente une cristallisation à gros grains, et Tautre une cristallisation à petits cristaux. Nous sommes de cet avis, (piand il s'agit du même corps, c'est-à-dire, lorsqu'on augmente la masse par l'addition de couches successives de même nature; mais lorsqu'il est question d'appliquer de l'or sur un autre métal, cette condition n'est plus nécessaire, puisque vous pouvez le faire adhérer forlemeot sur des corps non cristallisés. Par exemple, dans le traitement électro-chimique des rainerais d'argent, de cuivre et de plomb, il nous est arrivé souvent que les dépôts de ces métaux adhéraient d'aotant plus que les dissolutions étaient plus étendues et le courant plus faible. Ainsi l'adhérence du plomb sur de grandes lames de cuivre était quelquefois si considérable , comme on l'a vu précédemment, qu'on était obligé d'employer des instruments tranchants pour l'enlever; il y avait donc pour ainsi dire corabinai- Gon des deux métaux au contact, bien que l'affinité de l'un pour l'autre fut trés-faible. Dans la dorure électro-chimique, nous avons toujours remarqué un effet semblable ; raallw\iïe\]iî.çTOft\A «w wt \rs*. m pratique les moyens employés , cav W îwA è.X"w\&&as'w. •*■-
J^re B
346 ELEMEWia I> ELECTEO-CBIMIE.
lérité et économie; l'éconoinie s'y trouverait, mail non U célérité. Quoi qu'il en soit , oa tire de ce fait une couséqueuce utile : c'est qu'en employimt un couraut énergique et une dissolutiou étendue, on perd en adhérence , et par suite en qualité. Or, que se passe-t-il dans tes deux cas7 Lorsque li^ dépât métal]i([ue s'opère lentement, les molécules cristallisent sans trouble dans les interstices moléculairea du corps qu'il recouvre ; tandis que lorsque la force augmente eu latea* Gité , la cristollistftioa devient de plus eu plus tumultueuse , confase, et le dépôt finit par ne plus être composé que de parties qui n'oHtqof peu ou point d'adhérence entre elles- Nousdironsencoreque lorsque les deux corps sont dissemblables et que l'un d'eux nedoit former qu'il» dépôt très-mince sur l'auti'e, l'adhérence, toutes choses égales d'ailleais, e^t d'autant plus forte que le corps recouvert présente une surface plus rugueuse. Voyonsee qui se passe dans l'action électro-chimique. Lersque les éléments de deux corps sont à l'état naissant , ils se trouTTOl daqg l'état le plus favorable pour se combiner ensemble. Or, pour uoat, l'état naissant n'est autre qu'un état électrique difTéreni pour chaîne élément hétérogène, et en vertu duquel la combinaison s'effectue aussitôt. Si donc on communique à deux corps hétérogènes en préwQce, et dont les molécules de l'un d'eux soient à l'état libre, les états électriques en question, ils se combineront, si toutefois ils ont de l'alADité l'un pour l'autre ; dans le cas contraire , ils devront adhérer fortement l'un à l'autre, c'est-à-dire que la force d'agrégation sera aaltée au plus haut degré , pourvu toutefois que les surfaces soient décïpées au vif.
On ne peut donc pas dire qu'en général dans la dorure électrochimique il y ait combinaison au contact , quoique cependant l'actiOD du courant ait mis ces deux corps dans l'état électrique convenable pour que cette combinaison s'effectue. 11 se produit tout simplement un effet d'agrégation , de cohésion, qui peut toujours être vaincu pU des forces physiques , puisqu'il arrive quelquefois qu'on enlève ea feuilles l'or déposé ; ce qui ne saurait avoir lieu s'il y avait comiinaison. En raison de cela, plus la couche de métal déposé cet considérable , s'il y a seulement adhérence , plus la différence de dilatabilité entre le métal qui reçoit le dépôt et le dépôt lui-miéoie est grande, plus les variations de température tendent à les séparer l'un de l'autre, parce que la résultante des eftets de dilatatioD est d'autant plus considérable que la quantité de matière déposée est plus grande. Concluons de là que lorsque l'adhérence est faible, il faut tjotmer pen d'épalaflear h\o. cottcfag gai. 'S» çijtt.
CHAPITBB VIII. 84r I
de la surface eserec une grande inQDeDcfl snr l'adhérenoâ) |
s devons en conclure que le décapage est la préparation qui doit |
e prise d'aboid en considératiou. En effet , te décHpagQ coDHiate i, |
plonger les pièces de cuivre, avant leur immersion dans le bain d'or , I
dans un ou plusieurs mélanges d'acides concentrés ou étendus , puis 1
dans plusieurs eaux de lavage , aliu d'enlever tous les corps qui H I
llivent à leur surface; en même temps l'action des acides, eii I
■rodant les surfaces , les couvre d'aspérités qui facilitent néces- 1
cément la dorure; mais il se passe toujours quelques secondes ontns I sortie des pièces de leur dernière eau et leur immersion dans le
lu d'or ; il n'en faut pas dovantage pour que la pièce s'irise at 1
rouve par conséquent un commencement d'oxydation. Ainsi , il 1
Dt arriver que le dépôt d'or ne s'effectue pas, rigoureusement part» I
, sur la surface du métal, mais bien sur une pellicule d'oxyde I
sgsivement mince. Le décapage par voie humide, quoique» ren^ I
pt les surfaces rugueuses , n'est donc pas celui qui met les surfacn 1
Italliques dans l'état le plus convenable pour que l'adhérence soH '1
plus grande possible; le décapage par voie sèche n'a pas le même 1
ionvénient , en ce qu'il permet de mettre à nu les surfaces tout en I
|recoBvrantd'aspérités;en outre, on n'a pas à craindre unealtératiou 1
BSl immédiate que lorsqu'elles sont humides. MallieureusDment il f I
une inflnité de cas , et c'est le plus grand nombre , où il ne pei^t I
■fi employé, entre autres lorsqu'il s'agit de dorer des objets de 1)1- I
Iterie ; et lors même qu'il pourrait être employé , le temps qu'il esV I
rait serait une dépense tellement onéreuse, que l'industrie ne poun- |
it l'employer; il faut donc presque toujours employer le décapage |
r voie humide. On évite en partie l'inconvénient que nous venuqi 1
^diquer en opérant rapidement. L'emploi du mercure lève entière^ I
But cette difficulté ; ce métal servant d'intermédiaire entre le cul- I
p et l'or ou l'argent, détermine leur combinaison au contact, de |
e que l'adhérence est à son maximum. Entrons dans quelques I
taîls à cet égard. ■ I
M. d'Arcet , qui s'est occupé avec succès de tout ce qui coDcenfç i
grt du doreur , a indiqué , il y a longtemps , que pour se préserve^ I
- effets délétères du gaz nitreux , il était convenable de tremper , I
iS upe dissolution étendue de protonitrate de mercure , les pièc«^ I
destinées à être dorées au mercure. Par ce moyen , i| I
ient plus facile d'appliquer ensuite l'or sur les pièces déjà amalr I nées. M, Elkington , dans son brevet pour lu dorure oa. t\
wotoiA'on
i te wa^wj^^t^
MM ELEMENTS D ELErTRO-CHIHIE.
dorure an trempé; mais U consellli! seulement une seule Immersion dans une dissolution très-étendue de ee sel , et un lavage avant it plonger dans le bain boaîllant d'or ; par ce moyen la surface du cuivre n'est qu'amelgamée imparfaitement. Ce n'est pas ainsi qu'on doit employer le nitrate de mercure : il faut plonger les pièces préalablement décapées dans une dissolution qui renferme sufDsamment de «e sel pour les blanchir, les laver b grande eau, puis les frotter btw une peau très-douce pour bien étendre le mercure , et recommencer l'immersion jusqu'à ee que ce métal soit également réparti sur la surface. Dans cet état , les pièces sont disposées A recevoir une bonne dorure éleetro-chimique , ayant un aspect mat ou brillant, suivant que la surface recouverte de mercure est elle-même mate on brillante.
Présentons quelques considérations sur les causes physiques (pli donnent aux pièces durées ces deux aspects , parce qu'il sera plos ftelle ensuite d'adopter la marche à suivre , pour obtenir immédiatement le raat ou le brillant. Le poli d'une surface consiste dans la faculté qu'elle possède de réfléchir i-égulièrement la Itimière , ce qoi exige que cette surface soit composée de particules disposées toutes de la même manière, c'est-à-dire, ayant leurs facettes supérieures placées dans le même plan. Far ce moyen, la réflexion de lalumièn est régulière.
Le mat, au contraire, parait être lerésultatdc la réflexion irréguUÈre de la lumière, condition qui est remplie lorsque lasurfaee est reeooverte d'une infinité de petites aspérités dont les facettes sont dirigées dans toutes sortes de directions. Il résulte de là que les objets extérieon sont réfléchis par cette surface plus ou moins confusément. Il y > absence d'image quand les particules sont disposées le plus irrégulièrement possible.
Cela posé, quand on soumet une surface métallique, polie ou mata, à l'action uniforme d'un courant électrique dans une dissolution coi>venablc , afin de la recouvrir d'une couche excessivement mince d'or, d'argent ou d'un autre métal, il est bien évident que l'état primitif de la surface ne sera pas changé sensiblement, puisque, dans le premht CBS, celui où la surfnce est polte, toutes les lamelles situées régulièrement serout chacune recouvertes d'une couche, qui, en raison deu faible épaisseur , ne changera pas l'état moléculaire primitif. Dans le deuxième cas, c'esl^à-dire , avec la surface mate , les Inégalités conserveront encore leur même idafett , cm \^ tf^ a. cas de motif poar que cette situatioD soit duoÊfee. Otv cfiimçïï!t&ïKrts;*KîMs&.iç».