CHAPITRE II
agents chimiques les détruisent promptement. La présence des métaux réduits sur leur surface présente des inconvénients dont il va être question ci-après. ^ ,
Le cuir et la peau tannés à sec , c’est-à-dire sans apprêt avec les corps gras , ont à la vérité tes mêmes inconvénients; mais comme ils sont plus résistants , leur durée est plus grande. Le cuir doit être plongé pendant plusieurs jours dans l’eau , afin d’enlever toutes les matières organiques solubles; quand il a séjourné dans l’eau salée, qu'il a été laissé à l’air et qu'on le fait servir de nouveau , il acquiert une densité telle que les courants ne passent plus. Cet effet est dû non-seulement à la cristallisation du sel marin dans les pores du cuir, mais encore à la formation d’un composé que l’eau chaude ne saurait dissoudre. D’après cela il faut , toutes les fois que les diaphragmes ont été plongés dans l’eau salée, les remettre tremper dans l’eau, aûn d’éviter les effets signalés. On conçoit que l’on puisse donner de grandes dimensions à des diaphragmes de ce genre , en réunissant plusieurs peaux par une couture à points serrés , et goudronnant les points de suture. De semblables diaphragmes bien préparés tiennent longtemps le liquide sans perte sensible ; le seul inconvénient est l’épaisseur souvent un peu forte du cuir. La peau chamoisée et la peau en général sont trop perméables au liquide. On ne peut les employer que dans le cas où les deux liquides possèdent un très-faible degré d’endosmose. Le cuir préparé avec des corps gras ne peut convenir , parce qu’il s’oppose au passage du courant.
La toile à voile est un des meilleurs diaphragmes , surtout avec des dissolutions neutres n’ayant qu’un faible degré d’endosmose, car le courant n’est pas sensiblement arrêté, et l’on peut enlever facilement les cristaux de sel résultant de la réaction des deux dissolutions l’une sur l’autre. On peut donner aux diaphragmes de toile à voile la grandeur que l'on veut , ce qui est un avantage dans l’industrie ; la couture doit être faite avec un fil enduit de poix.
Les planches de sapin ou de tout autre bois fibreux à tissu lâche ne peuvent être employées que lorsqu’elles n’ont pas plus de deux à trois millimètres d’épaisseur; mais il faut encore avoir soin d’enlever la sève et les matières résineuses en plongeant le bois pendant longtemps dans de l’eau bouillante alcalisée; ces diaphragmes ne peuvent servir que dans des cas assez bornés , car ils finissent par se cambrer lorsqu’ils sèchent.
Le kaolin ou l’argile exempte de carbonate de chaux est sans contredit la matière qui offre les plus grands avantages pour former des
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diaphragmes , attendu que l’on peut leur donner une épaisseur de plusieurs centimètres sans que l’intensité du courant diminue sensibiement , pourvu toutefois que l’argile soit imbibée d’un liquide bon conducteur, et qu’elle ne soit pas trop fortement tassée. Ces diaphragmes présentent plusieurs avantages quand ils ont une certaine épaisseur : 1° les effets d’endosmose sont nuis ; 2° le mélange des dissolutions est tellement retardé, qu’il se passe souvent plusieurs mois avant qu’il se soit effectué. Il en résulte cependant quelquefois aussi un inconvénient dont il faut se garantir : lorsque deux dissolutions réagissent l’une sur l’autre par l’intermédiaire de l’argile, s’il se forme une combinaison hydratée, alors l’argile perd l’eau qui servait à l’humecter , et acquiert une compacité telle , que le courant finit par ne plus passer. C’est un motif pour placer dans le circuit une boussole destinée à faire connaître les variations du courant. Quand on reconnaît que l’argile est devenue trop compaque, il faut l’enlever et la remplacer. On évite d’employer de l’argile qui renferme des carbonates , parce que lorsqu’un des liquides est acide , il se produit un dégagement d’acide carbonique qui vient porter le trouble dans l'appareil.
La porcelaine dégourdie est employée avec avantagé , et offre plus de résistance que la terre demi-cuite et les creusets : seulement il faut avoir soin de laver les diaphragmes de temps à autre , afin d’enlever les sels qui , en cristallisant dans l’intérieur, finissent par faire éclater les parois. On peut à la vérité donner la même qualité aux creusets en leur faisant supporter un plus fort degré de cuisson. Les creusets sont les diaphragmes les plus commodes en raison de la facilité que l’on trouve à se les procurer ; seulement quand leurs parois sont trop épaisses , il faut diminuer cette épaisseur avec la lime. Les diaphragmes en plâtre peuvent être employés , mais non avec des dissolutions renfermant de l’acide sulfurique libre, qui dissoudrait peu à peu le sulfate de chaux ; de sorte que le diaphragme finirait par disparaître.
Le papier ou carton goudronné perméable au liquide est un bon diaphragme facile à préparer , le goudron n’étant employé que pour empêcher le carton de se délayer dans l’eau.
En général , toute substance perméable aux liquides , qui n’est pas attaquée ou délayée par eux , peut servir à établir des diaphragmes ; mais elle ne doit pas renfermer de matières conductrices de l’électricité, car il en résulterait , par suite du passage du courant, autant de centres d’actions décomposantes. En effet, toutes les fois qu’un