‹ Elements d'electrochimie appliquee aux sciences naturelles et aux artsChapitre 19 sur 111 · CHAPITRE It · texte numérisé non relu

CHAPITRE It

corps solide conducteur se trouve dans un liquide traversé par un courant , l’extrcmité de ce corps qui regarde le pôle positif devient un pôle négatif, et l’autre extrémité un pôle positif , de sorte que le corps constitue un élément voltaïque qui , en réagissant sur le liquide ambiant , opère la décomposition des substances qu’il tient en solution. Il faut éviter d’après cela que les diaphragmes ne contiennent du charbon , des pyrites et autres substances métalliques ; c’est à cause de la présence de ces matières dans l’argile que des décompositions s’opèrent quelquefois dans la croûte du globe.

Les substances organiques ne présentent pas cet inconvénient , car elles ne sont conductrices que lorsqu’elles sont mouillées ; néanmoins, quand quelques-unes de leurs parties sont très-denses , elles peuvent servir d’éléments décomposants. Enfin dans les liquides organiques il existe des globules qui peuvent servir de conducteurs.

Du zinc amalgamé.

Une plaque de zinc amalgamé n’est pas attaquée par l’eau légèrement acidulée par l’acide sulfurique ; tandis que si on la touche avec un fil de cuivre ou de platine, elle est attaquée assez vivement; le zinc se dissout et l’hydrogène se dégage. Cette, différence, dans les effets, parait provenir, comme on le verra plus loin , de ce que l’hydrogène dans le premier cas adhérant à la surface du métal, s’oppose à l’action ultérieure de l’acide, ce qui n’a pas lieu dans le second.

On amalgame le zinc en le décapant dans de l’eau acidulée par l’acide sulfurique , et étendant dessus du mercure. Si on plonge dans de l’eau ainsi acidulée une lame en zinc ordinaire et une autre amalgamée, et qu’on les fasse communiquer au moyen d’un fil de cuivre, la lame amalgamée se comporte comme le zinc, et l’autre comme le cuivre dans un couple voltaïque ordinaire. Ce qui distingue les effets produits dans l’eau acidulée par une lame de zinc amalgamé en relation avec une lame de cuivre ou autre, de ceux qui ont lieu avec une lame de zinc et ïine lame de cuivre , c’est que l’action chimique , d’ordinaire violente et intense sur le zinc , est tranquille et uniforme sur les lames de zinc amalgamé. En outre, les pouvoirs électriques sont plus fortement exaltés , et ont une plus grande durée qu’avec du zinc seulement : en employant une solution d’acide nitieux, ces pouvoirs acquièrent un grand degré d’intensité. Voici les résultats d’une expérience de M. Faraday avec un couple zinc amalgamé et platine; la surface de chaque lame était de quatre pouces (anglais) carrés, et le liquide intermédiaire de l’eau acidulée par l’acide sulfurique :

ÉLÉMENTS d’ÉLECTBO-CHIMIE.

Dans le premier moment, la déviation a été de 62°, 5, puis

En 5 minutes

JO

L’appareil ayant fonetionné pendant une heure , le circuit fut interrompu pendant une minute , et la solution agitée avec les lames qu’elle contenait; puis, la communication rétablie , l’aiguille, après quelques oscillations , s’est arrêtée à 47°, c’est-à-dire que le courant a repris son intensité première. Le circuit étant resté fermé pendant une heure, la déviation était encore de 42°; au bout d’une heure, elle n’était pas changée. On trouve dans ce résultat une preuve que le zinc amalgamé peut être employé avec avantage dans la construction des piles à courant constant ; mais d’où peuvent donc provenir les propriétés du zinc amalgamé? Jusqu’à présent on n’a pu répondre catégoriquement à cette question. Nous allons donner l’opinion de M. Faraday, qui s’en est beaucoup occupé. Une solution de trente parties d’eau et d’une partie d’acide sulfurique n’agit que faiblement sur le zinc pur, tandis qu'elle attaque énergiquement le zinc du commerce. Cette différence a été attribuée à la présence du fer, du cadmium qui se trouvent dans le zinc impur, lesquels constituent autant de couples voltaïques; il résulte, de cette multiplicité d’actions, qu’il y a beaucoup de zinc détruit, et que l’hydrogène se dégage en apparence sur la surface , bien qu’en réalité ce dégagement n’ait lieu qu’à la surface des particules métalliques étrangères : on conclut évidemment de là que ces particules servent en même temps à décharger l’électricité du zinc, et diminuent ainsi le pouvoir qu’a ce métal de produire un courant électrique , ce qui fait que l’intensité du courant qui passe dans le circuit métallique se trouve beaucoup affaiblie. En amalgamant la surface de zinc , on amène la surface dans une condition uniforme qui détruit l’action des petits couples voltaïques. La

Page 1