CHAPITRE II
difficulté est d'expliquer pourquoi la présence du mercure s’oppose à ce que le zinc suit attaqué tant qu'on ne le touche pas avec un fli de cuivre ou de platine. Tout ce qu'on peut dire à cet égard, c'est que la surface du zinc étant partout recouverte de mercure , une partie ne peut agir comme déchargeur vis-à-vis de l’autre ; dès lors l’action chimique est suspendue.
Trois avantages importants résultent de l’emploi des lames de zinc amalgamé. Le premier est que l'équivalent complet d'électricité s’obtient par l’oxydation d’une certaine quantité de zinc , c’est-à-dire que si l’on opère la décomposition d’un sel métallique en dissolution avec l'appareil simple, on obtient un équivalent de métal réduit pour un équivalent de zinc consommé. Le second avantage est que le zinc ne soit pas attaqué quand le circuit n’est pas fermé. Le troisième est que l’action n’étant pas régulière avec un couple dans lequel se trouve du zinc ordinaire , la perturbation portée dans le liquide par le gaz amène à la surface du zinc des quantités inégales d’acide qui ne décape pas également les surfaces, ce qui n’arrive pas avec le zinc amalgamé en raison de son action régulière.
Nous ferons remarquer que , lorsque la circulation du courant est génée entre le zinc amalgamé et le cuivre ou le platine par la présence d’un diaphragme, la quantité de zinc consommée diminue également, ce qui établit une relation remarquable entre l’intensité du courant, la quantité de zinc dissoute et la quantité de sel métallique décomposée.
De l’influence de la température des lames de platine servant à conduire les courants électro-chimiques.
Pour bien se rendre compte des effets électriques qui ont lieu dans la réaction des dissolutions les unes sur les autres, il faut tenir compte de ceux produits quand on chauffe une lame de platine qui plonge dans une dissolution neutre, acide ou alcaline. On conçoit que la lame échauffée introduite dans le liquide élève la température de la couche de liquide en contact avec elle, de sorte qu’il y a réaction de cette couche sur le liquide ambiant et courant électrique qui peut être dans le sens ou en sens inverse de celui que l’on veut obtenir. Pour résoudre cette question, il faut savoir ce qui se passe dans la réaction d’un liquide chaud sur un liquide froid. Pour cela, on prend deux capsules contenant, l’une un liquide chaud, l’autre un liquide froid. Ou plonge, dans chacune d’elles, une lame de plnlinc communiquant avec un multiplicateur , et on établit la
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communication entre les deux capsules avec une mèche de coton. Voici ce que l’expérience donne : quand de l’eau ou une solution alcaline chaude réagit sur de l’eau ou une solution alcaline froide, celle-ci prend l’électricité positive , et le liquide échauffé l’électricité contraire. Une solution acide chaude et une solution froide produisent des effets contraires , c’est-à-dire que le liquide chaud prend l’électricité positive; les effets électriques sont inverses pendant le refroidissement Ces expériences peuvent être faites avec un multiplicateur à dl long destiné à reconnaître les effets électro-chimiques, et qui ne peut servir à transmettre que difficilement les courants thermo-électriques ; par conséquent on doit en conclure que , dans le mélange d’une solution chaude avec une solution froide, il s’opère un phénomène chimique analogue aux combinaisons, sous le rapport des effets électriques; le mélange de l’eau chaude avec l’eau froide donne donc réellement lieu à une action chimique.
On conçoit, d’après cela, que, lorsqu’un liquide réagit vivement sur un métal , non-seulement il y a effet électrique résultant de l’action chimique, mais la couche de liquide adhérente s’échauffant si l’action est vive, il doit y avoir réaction du liquide chauffé sur le liquide environnant ; dans l’analyse des effets électriques , on doit donc en tenir compte.
Des effets électriques produits dans la combustion.
Le principe relatif au dégagement de l’électricité dans les combinaisons se retrouve dans la combustion ; l’oxygène prend l’électricité positive , le combustible l’électricité négative. Voici comment on observe les effets produits dans la combustion du charbon. Un cylindre de charbon est placé verticalement à quelques centimètres au-dessous du plateau inférieur d’un condensateur en faisant communiquer le charbon avec le sol ; puis on l’allume à sa partie supérieure : une colonne de gaz acide carbonique s’élève aussitôt , et transmet au plateau inférieur un excès d’électricité positive. Pour recueillir l’électricité du charbon , on le pose par sa base sur le plateau supérieur, et on active le feu par un léger courant d’air, afin d’enlever promptement le gaz chargé d’électricité positive. Cette expérience suffit pour mettre en évidence le dégagement de l'électricité dans la combustion, lequel n’est qu’une conséquence des effets électriques produits dans les combinaisons.
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CHAPITBB IT.
Réflexions sur la théorie du contact.
Les efTets électro-chimiques que nous venons d’analyser ont lieu au contact des métaux et des liquides, et des liquides avec des liquides. Volta , le créateur de la pile , crut pouvoir les expliquer en admettant l’existence d’une force électro-motrice, dont l’action était telle, que deux corps conducteurs en contact se constituaient dans deux états électriques différents par le seul fait du contact. Cette théorie fut vivement combattue et défendue par des hommes supérieurs ; mais ce n’est réellement que lorsque l’on eut analysé les effets électriques produits, suit dans les actions chimiques, soit dans les phénomènes moléculaires , que l’on fut obligé d’admettre l'influence directe des réactions chimiques sur la production des effets électriques de contact, ou bien l’action de la chaleur ou d’une cause mécanique quelconque pouvant troubler l’équilibre naturel des molécules. Les effets de contact de Volta peuvent bien avoir lieu quand les afflnités commencent à exercer leur action, et par conséquent avant que la combinaison s’effectue ; mais ces effets , dont nous ne nions pas entièrement l'existence , disparaissent vis-à-vis de ceux que nous venons de mentionner. Il est inutile de rappeler ici les faits qui ont été nais en avant pour défendre la théorie du contact , attendu que , suivant nous , ils n’ont aucune valeur. Nous nous en tenons donc à l’origine chimique, la seule qui puisse expliquer tous les faits.
Des effets électriques produits dans les décompositions chimiques.
11 a été établi que, dans la combinaison d’ün acide avec un alcali , le premier laisse dégager de l’électricité positivé, le second de l’électricité négative. Dans les décompositions chimiques, les effets sont inverses. Pour le prouver, on procède de la manière suivante : on place sur un disque de métal , fixé à l’un des bouts d’une tige horizontale soudée nu plateau inférieur d’un condensateur , üh creuset de platine préalablement chauffé au rouge, dans lequel on verse le liquide sur lequel on veut opérer. A la place de la capsule, on se Sert avec plus d’avantage de lames épaisses de platine qui conservent plus longtemps la chaleur communiquée. Si l’on jette quelques gouttes d’eau distillée, on n’obtient aucun signe d’électricité; par conséquent l’évaporation seule n'est pas une cause du dégagement de cet agent. Quand l’eau
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renferme de la strontiane ou d’autres bases, la capsule se charge d’un excès d’électricité positive , et la vapeur prend l’électricité négative. Cet effet n’a lieu néanmoins qu’à l’instant où l’eau de combinaison s’échappe. Les effets sont inverses avec l’ammoniaque étendue d’eau. Dans cette dernière expérience, l’ammoniaque se vaporisant plus facilement que l’eau , emporte avec elle l’électricité positive, et laisse à l’eau, et par suite à la capsule,' l’électricité négative. Dès lors , les effets sont inverses de ceux qui ont lieu dans les combinaisons. Quand l’eau renferme un acide et que l’acide s’évapore , il emporte avec lui l’électricité négative ; effet également inverse de celui que l’on obtient dans les combinaisons chimiques. Pour bien voir les effets électriques produits dans les décompositions , on opère avec le bicarbonate de soude que l’on projette dans la capsule rougie ; ce sel se décompose eu laissant échapper de l’acide carbonique. La capsule possède un fort excès d’électricité positive , tandis que l’acide emporte avec lui l’électricité négative. Si l’on remplace le bicarbonate par du sel marin , le sel décrépite , l’eau de cristallisation emporte avec elle l’électricité positive.
M. Peltier a précisé une circonstance indispensable pour la production du phénomène : si l’on verse quelques gouttes d’eau sur un morceau épais de platine , légèrement bombé , et dont on a élevé la température au moyen d’une lampe, il s’opère différents effets connus des physiciens relativement à la forme et au mouvement de l’eau , qui s’arrondit en sphère et qui, après diverses évolutions, finit par mouiller le platine , s’aplatir, et se vaporiser sans qu’il y ait d’électricité produite si l’eau est parfaitement pure et le morceau de platine trèspropre. Avec une dissolution peu étendue de sel marin , l’effet est le même la première fois; mais le sel abandonné par l'eau forme alors une couche légère sur le platine; si l’on ajoute une nouvelle quantité d’eau, cette couche est reprise par celle-ci ; dès l’instant que la goutte est diminuée de volume par suite de l’évaporation , elle devient presque opaque, et l’on voit une multitude de petits filets cristallins s’agiter dans l’intérieur. Bientôt après on entend de petites décrépitations accompagnées de projections salines. Le vase devient alors négatif; mais si la température est assez abaissée pour permettre le mouillage , la décrépitation cesse, la goutte s’étend, l’eau se transforme en vapeur, et l’électricité s’échappe avec celle-ci. L’effet augmente à mesure que la couche saline est plus épaisse, et il est en rapport avec la décrépitation. Le sel qui décrépite sans fusion aqueuse produit le même effet,