‹ Elements d'electrochimie appliquee aux sciences naturelles et aux artsChapitre 30 sur 111 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

conducteurs, il faut tenir compte de la résistance de la pile et de la longueur du fil qui forme le circuit de ia boussole. Dans tout autre cas, ce n’est pas nécessaire. Il faut toujours avoir l’attention de plonger dans le liquide le même métal, et le prendre d’une nature telle qu’il ne soit pas attaqué par le liquide, alin d’éviter un courant électro-chimique qui empêcherait de considérer la source comme constante. M. Pouillet a reconnu que la loi de l'intensité se vérifie toutes ies fois que la longueur des colonnes liquides est égale au moins à cinq ou six fois le diamètre. Une fois celle-ci bien constatée, il a comparé la conductibilité d’un iiquidc à un métal , et ensuite celle de ce liquide avec tous ies autres. Le liquide qu’il a choisi était une dissoiution saturée de sulfate de cuivre à la température de 15°. Voici de queiie manière il a procédé à la comparaison de sa conductibilité à celle du platine [Éléments de physique, tome I''', page 629, trois, édit.) :

" Sur une planche de 2 mètres de longueur et d’une largeur con- « venable, on a planté à chaque bout une rangée de petites chevilles « de 2 centimètres de hauteur, de 5 millimètres de diamètre, et es-

paeées de 1 centimètre de centre en centre ; puis l’on a fait passer « un fd de platine d’une cheville à sa correspondante de l’autre bout «de la planche, jusqu’à ce que les 200 mètres de longueur de fil « fussent ainsi étalés sans se toucher; à chaque cheville d’une rangée « correspondent ainsi 4 mètres de fli, ce qui donne 50 chevilles dans « chaque rangée : à chacune le 111 est arrêté par une goutte de cire à « cacheter.

«A côté de cet appareil, on a dis{H)sé horizontalement un long « tube cylindrique de l mètre de long et de 20 millimètres de diamè- « tre, rempli de la dissolution de sulfate de cuivre; puis l’on a fait « passer le courant d’une pile sur une boussole et par la dissolution; « en observant avec soin la déviation correspondante immédiate- « ment après , on a fait passer le même courant par la même «boussole et par une longueur convenable du fil de platine, de « manière à obtenir la même déviation à la boussole , ce qui n’exige « pas de longs tâtonnements , parce qu’on touche le fil de pla- « tine avec une pince de cuivre bien amalgamée que l’on fait passer O d'un lil à l’autre , ou que l’on promène sur le fil jusqu’à ce que la « condition soit remplie; alors, il est évident que cette longueur du fil « de platine, qu’il faut introduire dans le circuit, est équivalente à «la colonne liquide; par conséquent, la conductibilité du platine « et celle du liquide sont entre elles comme le rapport direct

ÉLÉMENTS d’ÉLECTBO-CHIMIE. .

n des longueurs multiplié par le rapport inverse des sections.

« La longueur du fil de platine est de 132 mètres, et son diamètre “ '^éêû millimètre.

<• La longueur de la colonne liquide est l mètre, et son diamètre « de 20 millimètres, d’où il est facile de conclure que la conductibilité « du platine est 2546680, c’est-à-dire qu’elle est deux millions cinq « cent mille fois et demie plus grande que celle du sulfate de cuivre.

« La conductibilité du cuivre étant six fois et demie celle du platine, « on voit qu’elle est seize millions de fois plus grande que celle de la « dissolution ; et celle du palladium est environ trente miliions de fois « plus grande.»

Pour comparer maintenaut les autres liquides au sulfate de cuivre, il s’est servi de l’appareil, pl. III , fig. 6, composé de trois tubes cylindriques de différents diamètres , terminés par en bas par des bouchons de cuivre , et recevant à ieur partie supérieure un long fil de cuivre pouvant s’enfoncer plus ou moins dans les tubes où se trouve la solution de cuivre ; l’autre liquide est placé dans un tube horizontal et de dimension convenable ; l'on fait passer le courant par la boussole et par le liquide à essayer, puis par la boussole et par celui des tubes verticaux qui convient le mieux , en enfonçant le fil de cuivre jusqu’à ce qu’on arrive à obtenir la même déviation que dans l’expérience qui a été faite avec le liquide ; il suffit de comparer ensuite les longueurs et les sections des colonnes soumises à l’expérience. Nous rapportons ici les résultats obtenus.

Conductibilité.

Dissolution saturée de sulfate de cuivre 1

Idem étendue de 1 volume d’eau 0,64

Idem 2 » 0,44

Idem 4 » 0,31

Idem saturée de sulfaté de zinc 0,417

Eau distillée 0,0025

Eau avec jûuôïï d’acide nittique 0,015

Ces expériences sont les seules qui aient encore été faites pour comparer le pouvoir conducteur des métaux pour l’électricité au pouvoir conducteur des liquides. La méthode, quoique très-rationnelle , n’est pourtant pas à l’abri d’erreurs que nous allons signaler. Toutes les fois qu’on ne change pas le métal qui sert à établir la communication entre les liquides et !e circuit métallique, la perte d’électricité est la même ; mais comme M. Edmond Becquerel l’a démontré, elle varie avec l’intensité du courant et avec les effets électro-chimiques ;

Page 1