CHAPITRE IV
de la soude et de la silice. En opérant avec un vase de platine , la surface du vase se couvrit de fluorure de platine. Nous avons enipioyé un autre moyen , mais qui ne nous réussit pas mieux.
Nous plaçâmes dans une cloche une petite spirale en platine , terminée en pointe, dont les deux bouts communiquaient à deux lils de platine d'un plus gros diamètre, passant par deux ouvertures pratiquées aux parois de la cloche, et en relation avec une pile â la Wollaston de douze éléments. La cloche fut placée sur la platine d’une machine pneumatique ; quand l’air intérieur eut été desséché par le chlorure de calcium , on lit le vide , et la pile fonctionna. La spirale, dans laquelle de très-petits fragments de fluorure de calcium avaient été placés, entra dans une vive incandescence, qui dura quelques secondes. On fit entrer l’air, et l’on examina le fluorure en grande partie décomposé, puisque des morceaux placés sur du papier de curcuma le rougirent fortement. La surface du fil de platine était recouverte d’une pellicule grisâtre. Nul doute que, dans cette expérience, le fluorure n’ait été décomposé hors de l’influence de l’air ou de l’eau ; à moins d'admettre cependant que la petite quantité d’air et d’eau dont on ne peut jamais priver les milieux où se fait le vide ne soit la cause des effets produits; ce qui tendrait à faire admettre cette supposition, c’est que le calcaire s’est changé en chaux.
L’expérience que nous venons de rapporter prouve qu'à une haute température, dans un milieu où il n’y a pas des quantités appréciables d’air et d’eau, le fluorure de calcium est décomposé en présence du platine.