CHAPITRE IV
2fl
le petit creuset de platine ; on y ajoute un peu d'eau et on opère comme ci-dessus.
Voici encore un autre procédé d’un emploi facile , et qui est dû à M. Smifhson. On met sur une lame d'or le composé de mercure avec une goutte d’acide chlorhydrique et un morceau d’étain ; il se forme aussitôt un amalgame d’or qui masque la couleur de ce métal. Quand on opère avec le sublimé, il est inutile d’ajouter de l’acide.
Les diverses méthodes que nous venons de décrire peuvent servir dans des cas de médecine légale. En effet , prenons des mélanges de matières organiques et de sublimé, comme M. Ed. Davy l’a fait , et d’abord du lait dans lequel on a mis une. très-petite quantité d’une solution de sublimé. Ce chimiste ayant ajouté au mélange environ moitié de son poids d’acide chlorhydrique, mit une petite quantité du liquide dans un creuset de platine, puis établit le contact avec le zinc. Peu d'instants après, le platine fut recouvert d'une couche grise de mercure. Ce résultat montre avec quelle facilité on peut reconnaiirc la présence du mercure dans des cas d'empoisonnement. Nous ferons observer qu’il vaut mieux expérimenter avec des creusets de platine doré qu’avec des creusets de platine , par les motifs indiqués précédemment.
CÜIVHE.
Ce métal, très-répandu dans la nature, tantôt se trouve cristallisé en cubes ou en cristaux qui en dérivent , tantôt combiné avec l’oxygène, le soufre, tantôt à l’état de sulfate, d’arséniate , de phosphate ou de silicate.
C’est un des métaux les plus malléables; on le réduit en lames trèsminces, et on le tire en fils très-fins. Il fond à environ i091® du thermomètre à air. Il cristallise par refroidissement; mais, dans ce cas , suivant M. Seelieck, les cristaux dérivent du système rhomboédrique, tandis que les cristaux naturels ou ceux obtenus par la voie humide appartiennent au système régulier. Cette différence dans le mode de cristallisation est à prendre en considération, quand on cherche à remonter aux causes qui ont concouru à sa formation dans les gitrs métallifères.
Le cuivre renfermant fréquemment des cavités , sa densité doit varier avec l’état moléculaire.
iG
ÉLÉMENTS O’ÉLECTBO-CHIMIE.
Densité : cuivre fondu
— laminé ou forgé
— (d’après Brisson)
— rosette
— tiré en cylindre
Chaleur spéeifîque (Dulong et Petit)
Poids atomique {2 H— T
Pour mettre à nu le cuivre qui se trouve, même en petite quantité, dans une solution, il suffit d’en placer une goutte sur une lame de platine , et d’établir le contact avec un morceau de zinc ; celui-ci est attaqué aussitôt , et le cuivre apparaît sur le platine. Quant aux composés insolubles , on y ajoute une petite quantité d’acide chlorhydrique ou azotique. Quand la surface du précipité est terne, il suffit d’un léger frottement pour voir l’aspect du cuivre. Ce métal est toujours employé concurremment avec le zinc pour la composition d’un couple voltaïque. Mais quand on veut avoir une action forte, il faut disposer la surface pour que le gaz hydrogène n’y adhère pas; à cet effet, on la recouvre, comme nous l’avons déjà dit, d’un précipité électro-chimique de platine qui rend sa surface rugueuse. Nous reviendrons sur cette préparation dans la galvano plastie.
Nous rapporterons un fait assez curieux qui doit trouver place dans un traité d’électro-chimie. Lorsque l’on prépare en grand le sulfate de cuivre et qu’on le conserve dans des vases de bois, on observe qu’au bout de quelque temps il se dépose du cuivre métallique à l’extrémité de quelques douves. Le dépôt de cuivre continue peu à peu et finit par former de grandes masses de cuivre cohérentes. Cette réduction est attribuée au sulfate de protoxyde qui se change en sulfate de deutoxyde. Mais il restait à expliquer pour quel motif le dépôt s'effectue en certains points, et pourquoi toutes les parties présentent de la cohérence. Admettons, comme tout semble le prouver, que les premières particules de cuivre déposées sur les douves soient dues à la réaction dont on vient de parler. Ces particules sont évidemment en contact avec des molécules de protosulfate et d’eau ; il en résulte donc un couple voltaïque. Le protosulfate, en se décomposant, prend l’électricité négative, et l’eau, ainsique le deuto sulfate, l’électricité positive. Dès lors la partie du cuivre en contact avec le protüsulfate est le pôle positif et la partie opposée le pôle négatif sur lequel le cuivre doit se précipiter, tandis que l’oxygène etl’a-
CHAPITBE IT. 34S
eide sulfurique sont transportés de l’autre côté et se combinent avec les éléments du protosulfute.
iSous parlerons à l'article des actions lentes, des altérations du cuivre considérées comme effets électro-chimiques.
CBANIUM,
Ce métal est retiré d’un minerai appelé vrane oxydulé par Haüy.Tel qu’on l’a obtenu, il se présentait sous la forme d'une poudre d’un brun cannelle qui n’a rien de métallique. Mais on sait aujourd’hui que cette poudre est un autre degré d’oxydation de ce métal, comme l’a prouvé M. Péligot , qui a obtenu ce métal en partie à l’état de. poudre noire , en partie à l’état aggloméré ; il est parvenu à façonner des plaques et des fils d’un aspect comparable à celui de l’argent, qui peuvent être limés et sont doués d’une certaine malléabilité.
Poids atomique ( Péligot ~
Jusqu’ici on n’a fait aucune expérience électro-chimique pour obtenir ce métal.
BtSMDTH.
Le bismuth se trouve presque toujours à l’état métallique , cependant il se montre quelquefois combiné avec le soufre et le tellure. Il a beaucoup de ressemblance avec l’antimoine; mais, comme il a un reflet rougeâtre et que sa texture offre une cristallisation plus prononcée , on distingue facilement ces deux métaux à la vue. La forme primitive de ce métal est l'octaèdre régulier; il est plus fusible que le plomb, car il fond à 246°, et sa température augmente jusqu’à 264° avant de se solidifier.
— après avoir été comprimé
Chaleur spécifique (Duloiig et Petit).. , 10 = 100
Poids atomique.
On doit à Sérullas un moyen très-simple à l’aide duquel on peut reconnaître la présence du bismuth dans un alliage dont le potassium fait partie. On jette sur un bain de mercure aqueux un alliage de potassium et du métal renfermant le bismuth; l’alliage tourne aussitôt rapidement, et il se forme sur la surface une pellicule légère de
Digilized by Goc^le
244 ÉLÉMENTS D’ÉLECTKO-CHIMIE.
bismuth divisé , renfermant entre ses parties des bulles d’hydrogène extrêmement fines, et qui est attirée avec une grande promptitude par les substances métalliques mises en contact avec le morceau sur lequel les fragments d’alliage sont en mouvement. Cette pellicule est attirée vivement vers le pôle positif quand les deux conducteurs touchent l’eau du bain. Sérullas a encore remarqué que lorsque l’on place une tige métallique au milieu ou en un point quelconque du bain de mercure, dans l’action dont il vient d’être question , cette tige attire l’eau du bain, qui s’élève au-dessus du niveau. Un douzecentième de bismuth dissous dans le mercure peut être rendu visible pur l’addition d’une certaine quantité d’amalgame de potassium et d’un peu d’eau ; on voit aussitôt s’élever du sein de la masse une poudre noire, mélange de bismuth et de mercure très-divisé, qui vient se placer à la surface , ou qui adhère aux parois du vase. Sérullas a avancé qu’il n’existait aucun réactif aussi sensible pour aucun corps, que l’amalgame de potassium, pour reconnaître la présence du bismuth dissous dans le mercure.