‹ Elements d'electrochimie appliquee aux sciences naturelles et aux artsChapitre 72 sur 111 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

mlei' complètement saturé, le deuxième moins, le troisième encore moins : le premier donne un dépôt dur et cassant, formé de très-gros cristaux; le deuxième, un dépôt plus flexible; le troisième, une masse spongieuse, formée de cristaux non agrégés , ou seulement une poudre noire. Emploie-t-on un courant moins fort, le troisième devient ce qu’était le deuxième, et le premier peut posséder les propriétés du deuxième. Il résulte de là, 1° qu’en augmentant la conductibilité de la solution , on peut , avec la même source d’électricité , modifier considérablement les propriétés physiques du dépôt; 2° que si, en conservant la même solution , on fait varier la source d’électricité de manière à fournir à la solution une plus grande quantité d’électricité dans un temps donné, on obtient les mêmes effets. Il est à regretter que l’on n’ait pas indiqué l’intensité du courant nécessaire pour obtenir avec une dissolution donnée un effet déterminé.

Pour avoir un dépôt constamment doué des mêmes propriétés physiques, il faut donc que le courant ait toujours la même intensité et que la dissolution soit au même degré de saturation. Pour être certain que le courant ne change pas, on place dans le circuit un multiplicateur, dont l’aiguille aimantée doit rester toujours dans la même position , ou un voltaïmètre qui sert à mesurer la quantité d'action chimique produite. Mais le premier moyen est préférable. Quant à conserver à la dissolution le même degré de saturation, on y parvient au moyen d’un expédient très-simple, quand le métal tenu en dissolution est facilement attaqué par l’acide avec lequel il est combiné ; au lieu de prendre une lame de platine pour l'électrode positive, dans l’appareil décomposant, on y substitue un morceau de ce même métal , de sorte que l’oxygène et l’acide qui proviennent de la décomposition du sel métallique, reproduisant la même quantité de sels, la dissolution reste au même degré de saturation. D'un autre côté , M réaction chimique qui a lieu , augmentant l’intensité du courant , permet de n’employer qu’un seul couple voltaïque ou deux au plus , avantage précieux en industrie; tandis qu’avec la lame de platine il faut en employer un plus grand nombre.

Nous ferons observer cependant que pour qu’il y ait reproduction exacte au pôle positif de la quantité de sel décomposée au pôle négatif, il faut que l’acide n’éprouve pas lui-même une décomposition partielle; ce qui arrive quand le courant a trop d'énergie. 11 est donc nécessaire d’en régler la force par différents essais.

La décomposition des sels d’argent , de fer , de plomb , d'étain et de cuivre, permet de se scr\ ir d'électrodes positives de chacun de ces

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métaux. Avec les doubles cyanures d'or et de potassium on peut en agir de même à l’égard de l’or. 11 est bien entendu que le degré de réaction des éléments transportés sur l'électrode positif varie avec chaque sel du même métal. Nous indiquerons dans les applications comment on arrive à une égalité d’action. Nous dirons seulement, pour l’instant, qu’on y parvient soit en ajoutant à la dissolution métallique des acides plus ou moins oxydants , soit en élevant ou abaissant la température; une augmentation de température rendant le pouvoir conducteur de la dissolution plus grand et le métal étant plus attaqué. Or, nous avons déjà vu précédemment qu'eu employant un électrode positif de grande dimension, mise en communication avec une forte batterie de faible intensité, et une dissolution concentrée , on obtient alors de gros cristaux très-résistants.

Il faut donc avoir égard , selon l’état moléculaire que l’on veut obtenir, 1° à l'étendue de la surface de la pile; 2° au degré de concentration de la dissolution; S” à la disposition des électrodes dans l’appareil de décomposition ; 4° enfin à la température de la dissolution.

Si donc, avec une dissolution donnée, on veut obtenir le dépôt pulvérulent, il faut, afin d'avoir un dégagement d'hydrogène plus considérable, augmenter l’électricité du courant, et pour cela diminuer le volume de l’électrode négatif, ou augmenter celui de l'électrode positive, rapprocher les électrodes, ou bien élever la température. Si le volume de l’éleclrode négative ne change pas, ou peut augmenter l'intensité du courant, ou bien diminuer la quantité de sel dissoute , et ajouter en même temps de l'acide. Veut-on obtenir un dépôt cristallin, avec une dissolution quelconque, il faut augmenter le volume de l'électrode positif, ou diminuer celui de l’électrode négatif, ou bien encore les rapprocher l’une de l’autre. On peut avoir un dépôt cristallin, avec une lame négative quelconque, en diminuant la force de la batterie, augmentant l’étendue de cette dernière, ou saturant la dissolution. On peut encore augmenter l'électrode positif et le rapprocher de l’autre.

Enfin, si l'on veut avoir le même dépôt avec une batterie dont la force est invariable , il faut opérer avec une dissolution saturée, diminuer le volume de l’électrode négative, ou aitgmenter l’autre , ou bien les rapprocher l’une de l’autre.

On voit donc que l’on peut obtenir le métal sous la forme de poudre noire, sons celle de cristaux ou de couche cohérente, en mettant une quantité plus ou moins considérable de sel métallique dans la dis-

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