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III. — Développement du foie et du pancréas

§ 1. Première ébauche du foie et du pancréas. — Les rudiments du foie et du pancréas apparaissent comme des diverticules de la cavité intestinale limités par un repli de l’entoderme. La région intestinale qui leur donne naissance correspond exactement à Yciditus anterior ad inlestinum , c’est-à-dire au lieu de passage, alors remarquable par l’existence de villosités, entre la portion antérieure et déjà tubuleuse de l’intestin et la partie demeurée à l’état de gouttière ouverte dans la cavité vitelline (fîg. 126). L’étude des rapports de la région intestinale formatrice du foie et du pancréas et par suite de ceux de ces organes euxmêmes ne pourrait être faite complètement dès maintenant, parce que nous n’acquerrons que plus tard les connaissances nécessaires à ce sujet. Il est très indispensable toutefois que nous indiquions quels sont essentiellement ces rapports, examinés sur la coupe antéro-postérieure d’un embryon, sans nous préoccuper de la façon dont ils se sont établis.

A l’endroit où naît le diverticule (diverticule hépatique) qui est figuré en 126, l’éperon entodermique qui correspond à la limite actuelle de l’intestin antérieur tubuleux, de la gouttière.intestinale et de la vésicule vitelline ou ombilicale, se montre doublé par un épaississement du mésoblaste splanchnique ou viscéral et du mésenchyme sous-jacent; cet épaississement est situé juste au-devant et au-dessus du diverticule hépatique qui semble s’v enfoncer. Il est placé d’autre part derrière une cavité qui contient le cœur, et qui est la « cavité pariétale » ou « cavité péricardique primitive ». Une intéressante particularité de cet épaississement, c’est que sa face, qui est tournée vers le cœur et qui appartient par conséquent à la paroi de la cavité pariétale, n’est pas lisse, mais soulevée en villosités irrégulières, qui proéminent dans la cavité (fîg. 127, vm). Ces villosités, que nous retrouverons tout à l’heure, sont connues depuis longtemps chez le Poulet (His) et chez les Mammifères (Lieberkühn), décrites depuis par Kôlliker, His, Uskow, etc. chez les Mammifères et chez l’Homme.

La masse cellulaire épaissie dont nous parlonsa été désignée sous

DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN DIGESTIF

divers noms, entre autres sousceux de bourrelet hépatique (Kolliker) et d'avant-foie (His), qui rappellent ses relations avec l’ébauche du foie. Nous n’examinerons pas ici son développement qui sera reporté au moment où nous étudierons l’évolution du cœlome, dans laquelle elle se comporte comme une importante cloison de cette cavité. Nous dirons seulement qu’elle est en réalité formée de deux masses confondues mais dérivant d’ébauches distinctes (Ravn) : Tune, transversalement dirigée ou frontale, le septum iransversum , est due à la présence de deux veines, logées dans son épaisseur, les veines vitellines ou omphalo -mésentériques, qui, venues des parois de la vésicule vitelline convergent vers le cœur; l’autre, perpendiculaire à la précédente, sagittale par conséquent, le diaphragme primaire, est le résultat de la persistance du mésentère ventral dans cette région (voy. p. 220). Le soi-disant bourrelet hépatique ainsi constitué est important pour nous, parce qu’il forme le substratum dans lequel va se développer le diverticule hépatique.

Dans l’étude du développement du foie et du pancréas nous trouvons tout d’abord une question qui est la base même de l’organogénie de toutes les glandes et qui s’est posée surtout pour les deux organes glandulaires dont il s’agit ici. C’est celle de savoir si les diverticules intestinaux, ébauches hépatique etpancréatique, sont le produit d’une végétation active et d’une évagination véritable de la paroi intestinale, comme la plupart des auteurs l’ont soutenu, ou bien si avec His et Goette on doit les considérer comme un résultat mécanique de l’accroissement du feuillet entodermique.

Pour Goette, le diverticule sacciforme, qui chez le Crapaud représente, au côté ventral de l’intestin, le rudiment du foie (fig. 124), est dû à un processus de plissement; le lieu de sa formation est déterminé par la moindre résistance que l’intestin rencontre à ce niveau lors de son extension ; sa direction en bas et en avant est la conséquence de la présence de la cavité péricardique qui n’oppose qu’un obstacle très faible à son allongement (fig. 125).

His a défendu pour le Poulet une opinion analogue. Il représente la face ventrale d’un embryon de Poulet au 3e jour ; on voit le fond de la gouttière intestinale largement béante ; sur ce fond courent en direction longitudinale, parallèlement à la ligne médiane, deux sillons. La fermeture de ces

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