‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 103 sur 284 · ÉBAUCHE ÉPITHÉLIALE DU FOIE · texte numérisé non relu

ÉBAUCHE ÉPITHÉLIALE DU FOIE

A côté de ces trabécules canaliculées, se trouvent dans le voisinage des canaux hépatiques et cholédoque des conduits à lumière beaucoup plus large, tapissée par un épithélium cylindrique; ce sont certainement les premières branches de la ramification hépatique générale, destinées à fournir les plus grosses voies biliaires. C’est donc de cette époque que date, chez l’Homme, la différenciation des canaux sécréteurs et des conduits excréteurs de la glande hépatique.

A la 10e semaine apparaît çà et là comme deuxième élément constituant des travées, une autre forme de cellules, du type arrondi, isolées entre les cellules polyédriques ou bien disposées en amas dans la paroi d'un canalicule. Ces cellules, qui seront le plus abondantes du 4° au 7° mois, disparaissent vers la naissance. Aussi sont-elles considérées par Toldt et Zuckerkandl comme des formes jeunes des cellules hépatiques définitives. Chez les embryons de Poulet et des Mammifères, van der Stricht les regarde comme de jeunes globules rouges (1). Au voisinage des ramifications de la veine porte, on trouve des conduits tapissés par des cellules plates ou plutôt fusiformes, qui reçoivent perpendiculairement les travées hépatiques finement canaliculées, etqui, à n’en pas douter, représentent déjà, tant par leur structure que par leur situation, les canaux biliaires interlobulaires du foie de l’adulte (fig. 131, C).

C'est vers la naissance et dans les premières années de la vie que la glande tubuleuse ramifiée perd chez l’Homme ses caractères, et que s’opère la transformation des tubes en rangées cellulaires telles qu’on les trouve dans le foie adulte (fig. 131, comp. A et B). Rappelons, pour mettre une fois de plus en parallèle le développement ontogénique avec l’évolution phylogénique, que, si l’on examine la série des Vertébrés, la structure glandulaire tubuleuse, évidente dans le foie des Batraciens et des Reptiles, fait place dans l’organe des Vertébrés plus élevés à une constitution

(1) Sous l'influence de l'idée de la dualité physiologique du foie, que nous avons vue plus haut déjà s’exercer à propos de la constitution des travées hépatiques, certains auteurs (Ch. Robin et Legros) avaient considéré le foie comme formé de deux glandes, biliaire et glycogène, enchevêtrées l'une dans l’autre, à chacune desquelles correspondrait l'une des deux catégories cellulaires dont il vient d’être question (Ch. Robin, Wertheimer).

DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN DIGESTIF

spéciale, hépatique, connue depuis les recherches de Gerlach et de Hering. Gomment s’opère ontogénétiquement cette transformation ? Plusieurs hypothèses ont été émises. Précisons auparavant qu’il s’agit d’expliquer comment les travées hépatiques larges, creusées d’une lumière circonscrite par plusieurs cellules, que l’on trouve aux stades embryonnaires, deviennent chez l’adulte des trabécules le plus souvent plus minces, chez certains animaux même réduites à une rangée cellulaire simple, qui contient sur le milieu des faces

Fig. 131. — Développement des travées épithéliales dufoie chez l'Homme (selon Toldt et Zuckerkandl).

A. Embryon tle 6 mois. — B. Enfant de 4 ans. — C. Embryon de 4 mois et demi ; apparition des canaux biliaires interlobulaires cb’, dans lesquels se jettent perpendiculairement les canalicules ou capillaires biliaires intralobulaires cb.

contiguës de deux cellules voisines une lumière glandulaire minime. Kolliker a cherché l’explication de ces différences, en invoquant deux processus ; ou bien les travées hépatiques minces de l’adulte naissent sous forme de bourgeons secondaires développés sur les premiers formés. Ou bien ces mêmes travées sont le résultat d’une division des cylindres primitifs, effectuée par des bourgeons vasculaires qui les envahissent; les faits récents indiqués par van der Stricht disposent en faveur de cette hypothèse.

Toldt et Zuckerkandl admettent que, lentement mais d’unefaçon

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